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Importé le: 07/01/2026 14:40
Statut: Traité
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Résumé
### Résumé du Document Législatif
1. **Titre et Référence**
- **Titre** : Proposition de motion : La création d’un musée dédié à l’horlogerie
- **Référence** : M 2978-A
2. **Objectif Principal**
- L'objectif principal de la motion est de préserver et valoriser l'identité horlogère genevoise en créant un espace culturel et éducatif qui met en avant les savoir-faire, innovations et créations liés à l'horlogerie.
3. **Modifications Législatives Proposées et Leur Portée**
- La motion invite le Conseil d’État à étudier la faisabilité d'une Maison des savoir-faire horlogers dans le cadre d’un partenariat public-privé, plutôt que de créer un musée statique. Cette maison serait un lieu vivant et participatif, combinant expositions, ateliers pédagogiques, résidences d’artisans et dispositifs numériques interactifs.
4. **Discussions ou Avis Exprimés dans le Document**
- La commission a constaté un large accord entre les différents départements et acteurs auditionnés sur la pertinence d'un projet valorisant le savoir-faire horloger genevois. Toutefois, l'idée d'un musée indépendant a été rejetée, jugée redondante et coûteuse. La majorité a salué l'esprit de la motion, tout en appelant à une approche pragmatique et concertée.
5. **Implications Principales de ce Projet**
- La création de la Maison des savoir-faire horlogers permettrait de fédérer l'écosystème horloger, de renforcer le rayonnement international de Genève, d'encourager les vocations dans les métiers de l'horlogerie, et de sensibiliser le grand public à l'importance de l'horlogerie comme patrimoine culturel. Ce projet illustre la convergence entre culture, économie et éducation, au service de la valorisation du patrimoine genevois.
Texte extrait
GRAND CONSEIL
de la République et canton de Genève
M 2978-A
Date de dépôt : 4 novembre 2025
Rapport
de la commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture
et du sport chargée d’étudier la proposition de motion de Masha
Alimi, Sébastien Desfayes, François Erard, Xavier Magnin, Laurent
Seydoux, Jean-Louis Fazio, Francisco Taboada, Jacques
Jeannerat, Jacques Blondin, Vincent Canonica, Daniel Sormanni,
Djawed Sangdel, Raphaël Dunand : La création d’un musée dédié
à l’horlogerie
Rapport de Djawed Sangdel (page 3)
ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 11.25
M 2978-A
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Proposition de motion
(2978-A)
La création d’un musée dédié à l’horlogerie
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– qu’au sens des articles 1 al. 2 LRT-2 et 11a Rculture, le canton et les
communes encouragent et favorisent la création et le développement de
lieux culturels ;
– qu’au sens de l’art. 5 LCulture, le canton conserve et valorise son
patrimoine matériel et immatériel ;
– qu’au sens de l’art. 3 LRT-2, il appartient au canton de maintenir et
développer des formations artistiques de base et professionnelles au sens
notamment de la loi sur la Haute école spécialisée de Suisse occidentale ;
– que le canton de Genève est la capitale mondiale de l’horlogerie et qu’il
appartient à sa ville d’organiser des évènements horlogers destinés aussi
bien aux professionnels de la branche qu’au quidam ;
– qu’à cet égard, plus de 20 000 pièces de collection sont enfouies dans les
entrepôts du MAH et sont donc non inaccessibles au public ;
– que, de cette façon, l’industrie horlogère et son savoir-faire pourront se
développer de manière pérenne,
invite le Conseil d’Etat
à étudier la possibilité de développer une maison des savoir-faire horlogers
dans le cadre d’un partenariat public-privé et à en favoriser l’accès auprès des
jeunes et du grand public.
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Rapport de Djawed Sangdel
La commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport
s’est réunie à cinq reprises, sous la présidence de M. Thierry Arn, les 4 et
11 décembre 2024, le 15 janvier 2025 et le 26 mars 2025, et, sous la présidence
de Mme Francine de Planta, le 24 septembre 2025, afin d’examiner la
proposition de motion 2978.
Les procès-verbaux ont été rédigés par Mme Alicia Nguyen, que le
rapporteur tient à remercier chaleureusement de la qualité de son travail.
Ont également participé aux travaux de la commission :
– M. Nicolas Kerguen, secrétaire général adjoint chargé de la culture et du
sport – DCS ;
– M. Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève ;
– M. Bertrand Mazeirat, chargé de projet « Nouveau MAH » ;
– Mme Estelle Fallet, conservatrice en chef ;
– M. Jan Behrendt, responsable de l’unité conservations et valorisation ;
– Mme Dorina Xhixho, collaboratrice personnelle à la direction et au
secrétariat du département de la culture et de la transition numérique ;
– M. Marc-Olivier Wahler, directeur du MAH ;
– Mme Delphine Bachmann, conseillère d’Etat – DEE ;
– M. Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint – DEE.
Le rapporteur exprime sa reconnaissance pour leurs précieuses
contributions aux travaux de la commission.
Résumé du rapport
La motion M 2978, déposée par plusieurs députées et députés du Grand
Conseil, proposait initialement la création d’un musée dédié à l’horlogerie à
Genève, capitale mondiale de la haute horlogerie. Cette motion est née d’un
constat largement partagé : l’horlogerie constitue un pilier du patrimoine
genevois, un moteur économique majeur, ainsi qu’un savoir-faire d’exception
reconnu internationalement. Pourtant, malgré son importance historique et
culturelle, Genève ne dispose plus, depuis la fermeture du Musée de
l’horlogerie et de l’émaillerie, en 2002, d’un lieu spécifiquement consacré à la
valorisation publique de cet héritage.
Les travaux de la commission de l’enseignement, de l’éducation, de la
culture et du sport (CEECS) se sont étendus sur plusieurs mois, avec cinq
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séances réunissant les principaux acteurs concernés : la Ville de Genève, le
département de la culture et du sport (DCS), le département de l’économie et
de l’emploi (DEE), le département de l’instruction publique (DIP), ainsi que
les directions du Musée d’art et d’histoire (MAH) et plusieurs fondations
horlogères. Ces auditions ont permis d’obtenir une vision globale du paysage
horloger genevois, de l’état actuel des collections publiques, et des réflexions
en cours sur la valorisation du patrimoine horloger.
Les débats ont d’abord confirmé la richesse et la diversité du patrimoine
conservé à Genève. Le MAH détient environ 20 000 pièces liées à l’horlogerie,
à l’émaillerie et à la bijouterie, constituant l’un des ensembles les plus
importants d’Europe. Ces pièces, issues de dons, de legs et d’achats,
témoignent de plusieurs siècles d’histoire et de savoir-faire. Toutefois, la
majorité de ces objets n’est pas exposée, notamment en raison des contraintes
techniques et sécuritaires liées au bâtiment actuel.
La commission a également pris note de l’avancement du projet de
rénovation et d’extension du MAH, qui prévoit d’ici 2030 la création de
nouveaux espaces d’exposition, notamment pour les arts décoratifs et
l’horlogerie. Ce projet s’inscrit dans une vision moderne, pluridisciplinaire et
inclusive de la culture, où les savoir-faire artisanaux côtoient les arts plastiques
et les sciences humaines.
En parallèle, le DEE a présenté ses travaux avec les principales faîtières du
secteur (UFGVV, Fondation de la haute horlogerie, Watch Library
Foundation, Timelab, Horopedia, etc.). Ces échanges ont conduit à
l’émergence d’une idée complémentaire et novatrice : celle d’une Maison des
savoir-faire horlogers, lieu fédérateur à la croisée de la culture, de l’éducation,
de l’innovation et du tourisme. Cette maison aurait pour vocation de réunir les
acteurs publics et privés autour d’un projet commun, tout en valorisant la
transmission des métiers, la formation et la promotion du patrimoine
immatériel.
La commission a ainsi observé un consensus croissant entre la Ville, le
canton et les partenaires privés : plutôt que de multiplier les institutions, il est
préférable de concevoir un lieu unique, inclusif et collaboratif, capable
d’incarner la tradition horlogère tout en s’ouvrant à la modernité et aux
nouvelles générations.
Objectifs de la motion
L’objectif premier de la motion 2978 est de préserver et valoriser
l’identité horlogère genevoise en lui offrant une vitrine culturelle et
éducative à la hauteur de son importance historique. Les initiants ont
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souhaité redonner à Genève un lieu symbolique où seraient présentés les
savoir-faire, les innovations et les créations ayant façonné la réputation
mondiale du canton dans ce domaine.
Plus précisément, la motion vise à :
1. mettre en valeur le patrimoine horloger genevois, tant matériel (collections,
objets, archives) qu’immatériel (savoir-faire, métiers d’art, innovations
techniques) ;
2. sensibiliser le grand public et les jeunes générations à l’histoire, à la
technique et à la créativité du secteur, en dépassant la perception de la
montre comme simple objet de luxe ;
3. encourager les vocations dans les métiers de l’horlogerie et des arts
appliqués, en créant des passerelles entre la culture, la formation
professionnelle et l’économie ;
4. renforcer l’attractivité touristique et économique de Genève en valorisant
l’un de ses atouts identitaires les plus forts ;
5. fédérer les acteurs publics et privés (Etat, Ville, musées, manufactures,
fondations et écoles) autour d’un projet commun et durable.
Au fil des travaux, ces objectifs ont été reformulés sous une forme plus
opérationnelle : plutôt qu’un musée statique, il s’agit désormais de concevoir
un espace vivant, évolutif et participatif – une Maison des savoir-faire
horlogers – où se rencontreraient culture, innovation et formation. Ce lieu
pourrait combiner expositions, ateliers pédagogiques, résidences d’artisans,
conférences et dispositifs numériques interactifs, dans une logique d’ouverture
et de collaboration internationale.
Ainsi, la motion révisée invite le Conseil d’Etat à étudier la faisabilité de
cette maison dans le cadre d’un partenariat public-privé, et à veiller à son
accessibilité pour les jeunes et le grand public.
Conclusion
A l’issue de ses travaux, la commission a constaté un large accord entre les
différents départements et acteurs auditionnés sur la pertinence d’un projet
valorisant le savoir-faire horloger genevois, tout en rejetant l’idée d’un musée
indépendant, jugée redondante et coûteuse. La majorité a salué l’esprit de la
motion, qui met en lumière une part essentielle de l’identité culturelle et
économique de Genève, tout en appelant à une approche pragmatique et
concertée.
Le DEE, en concertation avec le DCS et le DIP, a confirmé qu’un groupe
de travail associant les principaux partenaires du secteur est déjà actif et qu’il
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examine les contours d’une future Maison des savoir-faire horlogers. Ce lieu,
pensé comme un espace d’innovation, de formation et de rencontre, permettrait
de fédérer l’écosystème horloger et de renforcer le rayonnement international
de Genève dans ce domaine d’excellence.
La majorité de la commission recommande donc l’adoption de la
motion ainsi amendée, qui ne demande pas la création immédiate d’une
structure, mais mandate le Conseil d’Etat pour en étudier la faisabilité et
proposer un modèle de gouvernance et de financement équilibré, associant
partenaires publics et privés. Cette approche permet d’éviter les doublons
institutionnels, tout en valorisant pleinement les 20 000 pièces existantes
et les savoir-faire qu’elles représentent.
En conclusion, la commission considère que cette motion offre une
impulsion positive et fédératrice, à même de consolider la position de Genève
comme capitale mondiale de la haute horlogerie, tout en ouvrant la voie à une
meilleure reconnaissance des métiers d’art, de la créativité et de la
transmission. Le rapporteur de majorité souligne que ce projet illustre
parfaitement la convergence entre culture, économie et éducation, au service
du rayonnement de Genève et de la valorisation de son patrimoine.
Séance du 4 décembre 2024
Présentation de Mme Masha Alimi, auteur
Mme Alimi est ravie de présenter enfin sa motion, qui était suspendue
depuis un an. Elle explique avoir la volonté de créer un musée dédié à
l’horlogerie, Genève étant la capitale de la haute horlogerie, où les marques
bénéficient d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et d’un rayonnement
mondial qu’il conviendrait de pérenniser. Elle souligne que l’horlogerie
participe à la prospérité de la Suisse par la production de 15 000 montres par
an, ce qui représente 50% du marché mondial de l’horlogerie ainsi que
10 000 emplois.
Mme Alimi informe que 20 000 pièces représentant la collection horlogère
la plus importante sont stockées dans les entrepôts du MAH.
Mme Alimi relève qu’en 2020, l’UNESCO a inscrit les savoir-faire en
mécanique horlogère d’art sur la liste représentative du patrimoine culturel
immatériel de l’humanité. Actuellement, les manifestations horlogères sont
nombreuses à Genève, et sont organisées par des entités privées. Elle ajoute
que ces manifestations accueillent principalement un public de professionnels.
Elle pense qu’il est essentiel aujourd’hui de favoriser le développement d’un
musée dédié et accessible à un large nombre.
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Mme Alimi ajoute que le but de la création d’un tel musée est d’organiser
des évènements et des expositions de sorte à encourager la population à
s’intéresser à l’horlogerie, et de ne plus percevoir les montres comme des
objets de luxe, mais comme des objets d’art et de savoir-faire uniques. Elle
souligne que cela permettrait aussi de créer des vocations. Elle relève qu’un
musée dédié permettrait également d’exposer toutes les marques de montres,
qu’elles soient prestigieuses ou pas, et de collaborer de manière étroite avec
toutes les manifestations actuelles privées, qui sont en grand nombre à Genève.
Mme Alimi indique avoir rencontré plusieurs personnes issues du milieu
horloger pendant la préparation de cette motion, et avoir assisté à plusieurs
manifestations y relatives. Elle fait part du fait que toutes ces personnes
souhaitent ardemment la création d’un musée dédié à l’horlogerie, et parlent
avec passion de ce domaine. Elle suggère de les auditionner. Elle cite, parmi
les personnes qu’elle a rencontrées, M. Serge Maillard, qui dirige la maison
d’édition Europa Star, qui publie depuis plusieurs décennies des publications
de référence dans différentes langues sur l’horlogerie, la joaillerie et la
microtechnique, et ce dans plusieurs pays. Il a également cofondé « The Watch
Library », qui est une fondation reconnue d’utilité publique dédiée à la
préservation et à la valorisation du patrimoine horloger. Elle a également
rencontré Mme Martine Depresle, qui est cofondatrice et directrice générale de
« The Watch Library », et qui a pour ambition de préserver et valoriser les
archives de l’horlogerie en Suisse en les numérisant et en les rendant
accessibles au public via une plateforme accessible à tous. Elle partage avoir
aussi rencontré le directeur de la Fondation de la haute horlogerie, M. Pascal
Ravessoud, ainsi que sa directrice adjointe, Mme Aurélie Streit. Elle explique
que la fondation est créatrice de contenu, de compétence, de collections et
d’expérience pour la fonction de la haute horlogerie. Celle-ci organise des
expositions et des évènements, et offre une gamme de formations dans
10 langues différentes. Elle indique que celle-ci organise par ailleurs à Genève
de petites expéditions ludiques pour les enfants. Elle conclut avoir rencontré
M. Kanaan, directeur administratif de la culture à la Ville de Genève, et
M. Wahler, le directeur général du MAH. Elle relève que ce dernier lui a
indiqué qu’un musée dédié n’est pas une vision moderne de l’art. Il soutiendrait
une exposition permanente dans une annexe du futur MAH où se rencontreront
toutes sortes d’arts allant de l’horlogerie à la culture égyptienne. Elle n’est
personnellement pas d’accord avec sa vision : l’histoire horlogère est
particulière à Genève, et c’est pour cette raison qu’il lui semble important qu’il
y ait un musée dédié, qui permettrait de pérenniser l’histoire, la culture et le
savoir-faire de l’excellence.
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Questions et réponses
Une commissaire (PLR) demande combien il y a de musées de l’horlogerie
en Suisse.
Mme Alimi ne sait pas. Elle indique qu’il y a le Musée Patek Philippe à
Genève, qui est privé. Elle soulève que chaque marque possède son propre
musée qui se trouve généralement dans son entreprise. Elle ajoute qu’il existe
également le Musée international d’horlogerie, qui se trouve à La
Chaux-de-Fonds.
Un commissaire (PLR) demande si elle a eu des contacts avec le Musée
Patek Philippe, car elle voit que Mme Alimi n’a rencontré aucun horloger.
Mme Alimi précise qu’elle n’a rencontré aucun horloger travaillant dans une
entreprise privée. Elle n’a pas rencontré le directeur de Patek Philippe, mais
celui de Vacheron Constantin, qui était tout à fait favorable à cette motion. Elle
a par ailleurs visité le Musée Patek Philippe, qui retrace l’histoire de la marque.
Elle explique que le musée dédié qu’elle a imaginé exposerait des montres, que
ce soit des marques prestigieuses ou non, qu’elles existent encore ou n’existent
plus, afin de raconter l’histoire horlogère de Genève.
Un commissaire (PLR) a cru comprend que Mme Alimi souhaitait mettre en
valeur les 20 000 pièces se trouvant au MAH.
Mme Alimi confirme, et ajoute que cela n’empêche pas la mise en place
d’expositions éphémères. Elle souligne que le savoir-faire et les artisans seront
également mis en avant, afin que tous les métiers gravitant autour de la montre
soient mis en lumière.
Un commissaire (PLR) explique que c’est pour cette raison qu’elle
s’interroge sur le fait que Mme Alimi ne soit pas allée rencontrer les horlogers.
Elle n’est pas sûre que ces derniers souhaitent se réunir pour exposer leurs
pièces dans un musée dédié.
Mme Alimi informe qu’elle a rencontré des artisans, visité le salon qui a eu
lieu, rencontré l’ancien directeur général de Vacheron Constantin, mais n’a
effectivement pas rencontré les dirigeants de Patek Philippe et de Audemars
Piguet.
Un commissaire (PLR) demande en quoi consistent les 20 000 pièces
enfouies au MAH.
Mme Alimi répond qu’il s’agit d’émaillerie, de vieilles montres, etc. Elle a
appris que Gilbert Albert avait également donné des pièces de collection.
N’ayant pas vu ces pièces depuis des années, elle ne se rappelle pas tout. Elle
indique ne pas avoir contacté directement Mme Falquet, la conservatrice.
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Un commissaire (PLR) demande ce qu’elle entend par les termes « donner
l’impulsion » qui figurent dans la motion, et si cela comprendrait par exemple
le fait de mettre un lieu à disposition.
Mme Alimi avait imaginé que ce musée pourrait prendre place au sein du
Musée Rath, qui est sous-occupé. Cependant, elle n’a pas fait d’étude et ne sait
pas si cela serait viable. Elle laisse le soin au Conseil d’Etat d’effectuer une
étude et de donner des pistes.
Un commissaire (S) remarque qu’elle n’a pas abordé le volet économique
lié au tourisme. Il demande combien de visiteurs le Musée Patek Philippe
accueille chaque année. Il trouve qu’il pourrait être une bonne chose de
regrouper toutes les marques horlogères dans une exposition afin de valoriser
l’aspect touristique et patrimonial du canton de Genève au travers de
l’horlogerie. Il demande si Mme Alimi a abordé cette question lors de ses prises
de contact.
Mme Alimi répond qu’elle n’a effectivement pas abordé ces questions dans
les prises de contact, mais dans les statistiques. Elle répète qu’il existe
aujourd’hui beaucoup de manifestations, et qu’elles pourraient être déplacées
dans le musée dédié, ce qui permettrait de faire venir des professionnels mais
aussi des touristes. Elle indique ensuite ne pas connaître le nombre de visiteurs
du Musée Patek Philippe par année, mais sait qu’il est très visité. Elle
souhaiterait, par ce musée dédié, créer des vocations. Le monde privé et
amateur pourrait s’y réunir, et assister à divers évènements. Elle aborde
également le sujet des formations privées, et trouve dommage que
l’administration publique n’ait pas un droit de regard là-dessus.
Un commissaire (PLR) rappelle que Genève avait bénéficié d’un musée de
l’horlogerie jusqu’en 2002, mais que celui-ci avait été cambriolé deux fois. Il
avait ensuite été imaginé dans le projet 2016 qu’une exposition horlogère fasse
partie du MAH, suite à la rénovation et l’agrandissement de ce dernier. Il
rappelle qu’un apport très conséquent devait se faire par la fondation Wilsdorf
et par le groupe Richemont afin de participer à l’agrandissement du MAH qui
aurait compris une partie horlogère. Ce projet avait cependant été refusé en
février 2016. Le nouveau projet du MAH, qui dort depuis quelques années dans
les méandres de la Ville de Genève, comprendrait également un projet
horloger. Il souligne qu’il s’agit d’un projet municipal et non pas cantonal. Il
comprend les motivations de la motion, et sa volonté qu’un tel musée soit de
la compétence du canton. Il demande cependant comment Mme Alimi a
imaginé la répartition des compétences entre les communes et le canton.
Mme Alimi a travaillé à la Ville de Genève, et se rappelle ces évènements.
Elle explique que le musée n’avait pas rouvert, car l’assurance avait refusé
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d’assurer un lieu dont les systèmes de sécurité n’étaient pas conformes. Le
Musée Rath avait alors été rénové pour répondre à ces normes sécuritaires. Elle
sait qu’à l’époque, ce musée horloger avait eu beaucoup de succès. Elle trouve
que le canton devrait prendre en main le pilotage de ce projet, la commune
n’ayant pas encore fait grand-chose.
Un commissaire (PLR) demande quelle serait la place de l’horlogerie dans
le nouveau MAH.
Mme Alimi répond qu’il y aurait une annexe accueillant la collection
permanente. Elle rappelle la vision de M. Wahler selon laquelle un musée
moderne n’est plus dédié à une seule thématique. Elle regrette cela pour
l’horlogerie, qui mériterait qu’on la mette en avant.
Une commissaire (Ve) indique que la plupart des musées se trouvent dans
des lieux traditionnellement horlogers. Lorsqu’elle voit cela, elle aurait
également envie qu’il y ait un musée genevois. Le Musée Patek Philippe est
censé accueillir toutes les marques, mais elle imagine qu’il y a tout de même
de l’autopromotion. Elle demande pourquoi cela pose un problème à
Mme Alimi que l’horlogerie ne soit exposée que dans une aile du MAH.
Mme Alimi répond qu’un musée dédié donnerait une meilleure visibilité à
l’horlogerie, dont Genève est la capitale. Elle ajoute que l’horlogerie côtoierait
l’art égyptien au sein du MAH, ce qui ne permettra pas qu’elle soit mise en
avant.
Un commissaire (UDC) trouve la motion intéressante, mais relève qu’elle
se heurte à un problème : la nouvelle loi sur la culture votée par le peuple, et
la loi sur la répartition des tâches entre les communes et le canton. Il s’agit
dans ce cas plutôt de la compétence de la Ville de Genève. Il pense que ce texte
devrait être déposé à la Ville de Genève.
Mme Alimi répond que sa motion se base sur l’art. 1 de la LRT-2 et sur
l’art. 5 de la loi sur la culture, qu’elle lit. Elle pense que ce musée pourrait être
créé par ce canton en partenariat avec plusieurs communes. Lorsqu’elle lit les
articles, la nouvelle loi donne selon elle des prérogatives au canton qu’il n’avait
pas avant.
Un commissaire (UDC) rappelle que le peuple a voté l’IN 167, qui a été
suivie par un projet de loi sur l’application de cette initiative, largement voté
par le peuple à 83%. Il trouve qu’il y a des priorités, et que cette motion n’en
fait pas partie. Il indique que la question sera posée au département.
Mme Alimi souligne qu’il s’agit d’une motion et non pas d’un projet de loi.
Un commissaire (PLR) soulève que les horlogers n’ont pas l’air de bien
s’entendre entre eux. Il a vu qu’il existe des salons concurrents qui se font la
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guerre. Si les horlogers avaient souhaité se réunir à des fins culturelles, il pense
qu’ils l’auraient déjà fait.
Mme Alimi ne pense pas que ce soit le cas et propose de poser la question
aux horlogers. Elle est d’avis que le pouvoir public doit s’intéresser à cette
question, et pourrait influencer la création d’une exposition de toutes les
marques horlogères confondues. Elle pense que c’est au pouvoir public de les
rassembler. Dans le cas où la motion est acceptée, elle laissera le Conseil d’Etat
vérifier la faisabilité de ce projet.
Un commissaire (PLR) relève que la collaboration des grandes marques
serait nécessaire. Il imagine que certaines d’entre elles pourraient ne pas être
enchantées à l’idée d’être exposées aux côtés de marques bon marché.
Mme Alimi remarque que des montres bon marché ont toujours existé, et
que certaines de ces marques n’existent plus. Elle pense qu’il serait bien de les
ressortir et de les exposer afin de pouvoir suivre l’évolution des marques.
Un commissaire (PLR) pense que cela est un peu optimiste, d’autant plus
qu’il existe l’Ecole d’horlogerie de Genève, qui est la plus ancienne de Suisse,
ainsi que des écoles proposées par différentes marques. Selon lui, le vivre
ensemble n’est pas garanti, surtout au sein d’un musée. En effet, ce dernier
nécessiterait des fonds réguliers.
Mme Alimi suggère que ces questions soient posées à M. Ravessoud.
Un commissaire (UDC) lit l’invite de la motion. Il demande ce qu’il
adviendra des 20 000 pièces qui sont actuellement entreposées au MAH. Il
demande si ces pièces pourront être intégrées dans ce musée moderne. Il
souhaite également savoir si ces 20 000 pièces sont encore exposées.
Mme Alimi répond que ces questions pourraient être posées à Mme Falquet,
la conservatrice. Il lui semble qu’une vingtaine de ces pièces avaient été
exposées au MAH il y a quelques années. Il n’y a cependant eu aucune
publicité. Elles n’ont pas été réexposées depuis.
Un commissaire (PLR) précise que c’est le musée qui est moderne, et non
pas les pièces horlogères qui y seront exposées.
Un commissaire (S) pense qu’il existe une rivalité plutôt au niveau des
villes que des marques. Il lui semble que ces dernières réussissent à cohabiter.
Il admet qu’il est arrivé que certaines marques créent leur propre salon, mais il
pense qu’il y a principalement eu une rivalité entre Bâle et Genève. Il indique
ensuite être frappé, lorsqu’il se promène à Genève, par le nombre de petits
ateliers proposant divers concepts. Il souhaite savoir si le musée de l’horlogerie
sera également un centre de promotion dédié à la Genève horlogère ainsi que
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tout ce qu’elle offre et apporte au canton. Il se dit finalement surpris du nombre
de personnes portant une Apple Watch ou une autre montre du genre.
Mme Alimi répond imaginer ce projet tout d’abord comme un musée dédié,
qui accueillerait des pièces de collection et retracerait l’histoire. Elle pense que
des expositions éphémères pourraient également se mettre en place afin de
mettre en lumière certaines marques, ou encore des thèmes sans que la marque
soit mise en avant. Elle répète que ce serait une décision de l’ordre du public.
Elle précise que chaque marque serait bien sûr libre d’accepter ou non
d’exposer ses pièces.
Le commissaire (LJS) informe que le Musée Patek Philippe accueille
environ 30 000 visiteurs par année. Il demande pourquoi un projet tel que
présenté Mme Alimi n’intéresse par la Ville de Genève.
Mme Alimi répond que la Ville de Genève est intéressée par un tel projet,
mais qu’elle est dans l’attente du nouveau MAH et de son annexe. Elle répète
être personnellement contre le fait que l’horlogerie soit exposée dans une
annexe, à côté d’autres arts. Elle est persuadée que créer un musée dédié à
l’horlogerie aurait un impact sur Genève et son économie.
Discussion
Le président rappelle que l’audition du DCS est prévue la semaine
prochaine. Il relève que Mme Alimi a suggéré l’audition de M. Kanaan, de
M. Wahler, de M. Serge Maillard, de Mme Martine Depresle et de
M. Ravessoud.
Une commissaire (PLR) souhaite lier l’audition du DCS à celle de
M. Kanaan, le magistrat du département de la culture à la Ville de Genève. Elle
souligne qu’il s’agit avant tout d’une affaire de la Ville de Genève.
Le président, pour résumer, déclare que la commission procédera d’abord
aux auditions du DCS et de M. Kanaan, puis avisera de la suite.
Séance du 11 décembre 2024
Audition : M. Nicolas Kerguen, secrétaire général adjoint chargé de la
culture et du sport – DCS
M. Kerguen remercie la commission de le recevoir. Il rappelle que
beaucoup de choses ont déjà été mentionnées la semaine dernière par la
motionnaire. Il dit que le DCS souscrit à bon nombre des arguments de
l’exposé des motifs de la motion. Néanmoins, sa position est plutôt négative
au sujet de cette dernière.
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M. Kerguen pense qu’il est nécessaire de se demander d’où vient ce besoin,
et qui l’exprime. En l’occurrence, il a compris que ce ne sont pas les horlogers
eux-mêmes qui se sont fédérés et qui ont émis le souhait de créer un musée
dédié à l’horlogerie. Selon lui, il s’agit plutôt ici d’une démarche politique. Il
souligne qu’il existe déjà à Genève le Musée Patek Philippe qui expose
l’histoire de l’horlogerie à Genève sur les cinq derniers siècles. Il ajoute qu’il
existe également d’autres musées dans le grand bassin lémanique. Il émet des
réserves sur l’existence d’un réel besoin.
M. Kerguen mentionne que créer un musée nécessite un certain
investissement, mais engendre également des coûts de fonctionnement non
négligeables. Il relève que le DCS a beaucoup à faire avec les institutions
culturelles déjà prévues, notamment le Musée de la BD. Il réitère que la
position du DCS est assez claire au sujet de cette motion.
Un commissaire (UDC) demande, concernant le contreprojet à l’IN 167
votée par le peuple à 83% des voix, comment les compétences entre le canton
et la Ville sont déterminées. Il souhaite savoir comment ce type de projet va
s’inscrire dans le futur concernant la stratégie mise en place au niveau de
l’équilibre entre le canton, la Ville et les communes.
M. Kerguen confirme que l’IN 167 a été plébiscitée par le peuple, ce qui a
mené à l’adoption de la nouvelle LPCCA qui est entrée en vigueur en
janvier 2024. Cette dernière répartit les différents rôles entre le canton et les
communes. Il indique que plusieurs projets demandant la collaboration de la
Ville et du canton sont déjà en cours à Genève. Il ajoute que les nouvelles
compétences du canton impliquent également un cofinancement : l’Etat
devient un réel cofinanceur et intègre la gouvernance des établissements
faisant partie de la liste. En matière d’institutions existantes, les choses sont
aujourd’hui assez claires. Concernant les futurs projets potentiels, il explique
ne pas être en mesure de donner une réponse pour l’instant. Il n’a pas encore
de visibilité sur la manière dont ces projets seront gérés, car ils ne figurent pas
dans la liste actuelle. Il imagine cependant que la question d’un cofinancement
pourrait se poser si, par exemple, le musée de l’horlogerie venait à s’établir
dans une commune.
Une commissaire (PLR) le remercie de ses propos et indique ne pas être
surprise de la position du département, qui la rassure. Elle mentionne les
20 000 pièces horlogères entreposées au MAH, qui sont du ressort de la Ville
de Genève. Elle demande si le canton a connaissance de l’existence de
celles-ci. Elle souhaite savoir où se situe le point d’équilibre dans la répartition
des compétences et les relations entre la Ville et le canton.
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M. Kerguen rappelle n’avoir pris ses fonctions que depuis un mois, il n’a
pas eu l’occasion d’aborder ce point avec son homologue du département de
la culture de la Ville de Genève. Concernant ces 20 000 pièces, il souligne
qu’elles ont une vraie valeur patrimoniale et qu’il serait dommage de se priver
de les mettre en avant. Il se demande cependant si un musée dédié est
nécessaire pour cela. Il imagine qu’il serait possible d’exposer ces pièces dans
un musée déjà existant, ou lors d’évènements tels que Watches and Wonders.
Il soulève que le magistrat en charge à la Ville de Genève serait plus à même
de répondre à cette question.
Un commissaire (PLR) rappelle que Genève avait déjà accueilli un musée
de l’horlogerie. Elle demande si, suite à sa fermeture, il n’y a pas eu la volonté
d’en ouvrir un nouveau.
M. Kerguen répond que ça n’a pas été le cas à sa connaissance.
Un commissaire (PLR) comprend qu’une collection horlogère devait être
intégrée au nouveau MAH.
M. Kerguen confirme.
Une commissaire (S) indique que le MAH avait effectivement prévu
d’accueillir différentes expositions, et notamment une sur l’horlogerie. Elle
précise que la contribution du canton va se faire via les 700 bâtiments prévus
pour l’extension du MAH, et que l’exposition horlogère devrait y trouver sa
place.
Un commissaire (PLR) demande si une exposition sur l’horlogerie est
prévue dans l’extension du MAH.
Une commissaire (S) répond ne pas connaître la programmation, mais il lui
semble que cela était initialement prévu. Elle estime que, si un réel besoin d’un
musée dédié à l’horlogerie avait été identifié, les acteurs du milieu culturel
l’auraient déjà évoqué.
Une commissaire (Ve) souhaiterait en entendre davantage sur la position
du département. Elle a l’impression que cette motion souhaitait soutenir et
encourager la vocation et la formation. Elle souligne que Genève est l’un des
creusets de l’horlogerie suisse. Elle demande si le canton est intéressé à
soutenir d’une façon ou d’une autre l’engouement pour ce type de formations.
Elle demande si des actions privées uniquement, menées grâce à l’argent
généré autour des montres de luxe, sont suffisantes pour maintenir un savoirfaire artisanal. Elle demande si l’Etat ne devrait pas avoir un rôle à jouer, et
s’il souhaite soutenir ainsi que maintenir le savoir-faire genevois au niveau
cantonal.
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M. Kerguen répond qu’il ne peut exprimer que la position du DCS, et non
celle du DIP, concernant la volonté de l’Etat de soutenir la formation
horlogère. Sur le principe, il se dit favorable à l’idée de soutenir et de susciter
des vocations pour le métier d’horloger. Toutefois, il estime que cette question
devrait être adressée au DIP. Il s’interroge néanmoins sur la nécessité de créer
un musée dédié à l’horlogerie pour encourager ces vocations. Il rappelle que
trois évènements majeurs consacrés à l’horlogerie se tiennent chaque année à
Genève. Il réaffirme que le DCS n’est pas convaincu de la nécessité d’un
nouveau musée et suggère que cette question soit également posée au DIP ou
à l’OFPC.
Un commissaire (Ve) souhaite savoir si une diminution des vocations dans
les métiers de l’horlogerie est observée.
M. Kerguen indique qu’il y a eu, il y a quelques semaines, des journées
portes ouvertes à Plan-les-Ouates. Il informe que celles-ci ont réuni beaucoup
de personnes intéressées par la filière. Il ne détient cependant pas les chiffres
concrets.
Un commissaire (PLR) rebondit en disant que la motion ne mentionne rien
au niveau de la formation. Il existe une formation en horlogerie à Plan-lesOuates ainsi que le campus horloger du groupe Richemont, qui forment à des
métiers très pointus qui disparaitraient si ces établissements n’existaient pas. Il
estime que les entités privées gèrent très efficacement ce domaine, rendant
l’intervention de l’Etat superflue.
Un commissaire (LJS) demande à M. Kerguen s’il fonde son affirmation
selon laquelle un musée dédié ne répondrait à aucun besoin sur une étude ou
simplement sur son avis personnel. Il exprime un avis contraire, rappelant que
le musée Patek Philippe a accueilli 600 000 visiteurs au cours des 20 dernières
années. Il souligne que cette motion ne vise pas à analyser les moyens
financiers, mais plutôt à encourager les communes et le canton à créer un
musée dédié à l’horlogerie. Il s’interroge sur le potentiel d’un tel musée à
attirer davantage de touristes, ce qui pourrait générer une nouvelle dynamique
économique.
M. Kerguen pense s’être mal exprimé : il ne dit pas qu’il n’y a pas de
besoin, mais se demande qui a exprimé ce besoin. Il précise que ce ne sont pas
les horlogers, et il estime qu’il faut s’interroger sur les raisons de cette absence
de demande. Il répète que le DCS estime qu’il n’est pas nécessaire de créer un
musée dédié pour susciter des vocations auprès des jeunes. En réponse à la
deuxième question de même commissaire (LJS), il souligne qu’ouvrir un
second musée proposant une offre similaire pourrait créer une forme de
concurrence. Il fait ensuite le lien avec la troisième question, en rappelant que
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le Musée Patek Philippe existe déjà et fait partie des sites incontournables à
visiter à Genève. Il se demande donc s’il est nécessaire de créer un autre musée
alors qu’un musée dédié à l’horlogerie est déjà en place. Selon le DCS, la
réponse est non.
Le commissaire (LJS) trouve que ce n’est pas le rôle des horlogers
d’exprimer leurs besoins, mais celui canton et des communes de prendre les
devants, et de proposer davantage d’offres.
M. Kerguen répond que, dans le cas où la préoccupation du commissaire
(LJS) serait d’attirer les touristes, il existe déjà des projets en cours qui peuvent
s’inscrire dans une politique publique de tourisme. Concernant sa dernière
question, il reconnaît que les députés ont le rôle de proposer des initiatives pour
la cité. Cependant, il s’interroge sur la raison pour laquelle les horlogers,
établis à Genève depuis des siècles, ne se sont pas unis pour demander à l’Etat
la création d’une institution muséale visant à mettre en valeur le métier et les
pièces horlogères. Il estime qu’ils se seraient exprimés s’il y avait eu un réel
besoin.
Discussion
Le président rappelle que M. Kanaan sera auditionné le 15 janvier 2025 au
sujet de cette motion. Il propose d’ouvrir la discussion, ou de passer
directement au point suivant.
Un commissaire (S) souhaite passer au point suivant.
Une commissaire (PLR) pense qu’il est nécessaire d’auditionner
M. Kanaan au sujet des 20 000 pièces horlogères, qui sont le point d’accroche
de cette motion. Elle indique cependant que, si cela était nécessaire, le groupe
PLR serait prêt à voter ce soir. Elle ne souhaite pas proposer d’autres auditions.
Un commissaire (LJS) remarque que les départements indiquent toujours
qu’il n’y a pas de problèmes. Il suggère l’audition des autres personnes
concernées afin de leur demander s’il existe des besoins.
Une commissaire (S) pense qu’il serait possible de demander par écrit à
M. Kanaan si certaines des 20 000 pièces horlogères seront exposées au sein
du MAH. Elle n’est pas convaincue que ce soit pertinent de l’auditionner
spécifiquement pour cette question. Elle ajoute que, si la commission souhaite
lui poser des questions plus générales concernant le MAH, il serait préférable
de lui en faire part en amont. Elle trouve ensuite assez particulier de demander
aux grandes entreprises horlogères pourquoi elles ne créent pas de musée,
estimant que ce n’est pas très pertinent.
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Un commissaire (UDC) souscrit aux propos de sa collègue (S). Il pense
qu’il est important que M. Kanaan puisse donner à la commission des
informations sur d’autres sujets concernant la culture, notamment sa vision de
la répartition des tâches entre le canton et les communes suite au vote de
l’IN 167 et avec le futur MAH. Il mentionne ensuite que le groupe UDC trouve
que la M 2978 est une fausse bonne idée : des musées et des formations
existent déjà, il ne pense pas que les horlogers pourraient faire autre chose. Il
souhaite cependant que la piste de l’exposition de certaines des 20 000 pièces
lors d’évènements horlogers importants soit explorée. Le groupe UDC refusera
cette proposition de motion, mais souhaite tout de même maintenir l’audition
de M. Kanaan.
Le président propose d’attendre l’audition de M. Kanaan avant de discuter
d’autres auditions.
Séance du 15 janvier 2025
Audition de :
– M. Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève
– M. Bertrand Mazeirat, chargé de projet « Nouveau MAH »
– Mme Estelle Fallet, conservatrice en chef
– M. Jan Behrendt, responsable de l’unité conservations et valorisation
– Mme Dorina Xhixho, collaboratrice personnelle, direction et secrétariat
du département de la culture et de la transition numérique
– M. Marc-Olivier Wahler, directeur du MAH
Le président indique avoir informé M. Kanaan que la commission
souhaitait également obtenir un retour sur les avancées concernant le MAH.
M. Kanaan remercie la commission de les recevoir aujourd’hui sur une
thématique qui est au cœur de l’identité collective à Genève : l’horlogerie.
Cette activité s’est ancrée dans l’histoire de la cité et demeure aujourd’hui
encore un fleuron de l’économie. Mais, au-delà de l’économie, elle représente
aussi des métiers d’art et des compétences très spécifiques que Genève est
heureuse de préserver, constituant ainsi un patrimoine précieux. Le MAH
dispose à ce titre d’une collection exceptionnelle dans ce domaine. Il rappelle
le traumatisme du vol survenu en 2002 au Musée de l’horlogerie. Celui-ci n’a
pas été rouvert, car il serait impossible de le sécuriser de manière adéquate. Le
MAH est actuellement en pleine mutation, tant dans sa gestion que dans ses
perspectives d’avenir. Le concours international d’architecture et
d’aménagement urbain se termine ce printemps, et les résultats seront publiés
en mai. Cela permettra de lancer un nouveau projet de restauration,
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d’optimisation et d’intégration urbaine du MAH. Il s’agira non seulement du
musée en tant que tel, mais également de son intégration dans un périmètre
plus large. Il ajoute que la CEECS a traité la LPCCA. Le MAH figure parmi
les institutions phares mentionnées par l’accord comme relevant d’une gestion
conjointe entre le canton et la Ville. A terme, le MAH fera l’objet de
discussions conjointes entre ces deux entités.
M. Wahler est originaire de Neuchâtel, issu d’un milieu horloger, et a passé
une grande partie de sa vie entouré de passionnés. Ces cinq dernières années,
l’horlogerie a occupé une place prépondérante sur la scène genevoise,
notamment à travers des expositions temporaires.
Mme Fallet déclare qu’avant 1910, date de création du MAH destiné à
rassembler sur un même site plusieurs collections patrimoniales gérées par la
Ville de Genève, des entités liées à la mesure du temps et aux métiers connexes
existaient depuis le XVIIIᵉ siècle. Ces entités avaient développé des objectifs
et des missions convergentes. L’imbrication des domaines de l’horlogerie, de
l’émaillerie et des miniatures, intégrés aujourd’hui au MAH, est le fruit de
l’histoire des institutions culturelles. Le patrimoine horloger public genevois
jouit d’une large renommée grâce à des dons prestigieux faits à la bibliothèque
et au musée académique, ainsi qu’à la collecte d’objets phares complétée par
des pièces de série. Ce patrimoine se distingue par plusieurs dimensions : la
didactique et la transmission, en lien avec les savoir-faire locaux hérités de
la Société des Arts et du Musée de l’horlogerie, la technologique, à travers la
maîtrise des matériaux, l’innovation et les savoir-faire mécaniques et
scientifiques et, finalement, l’artistique, en rapport avec le développement des
arts appliqués et décoratifs.
Mme Fallet poursuite qu’en 1943, l’absorption du Musée de l’Ecole
d’horlogerie par le MAH a marqué une étape importante, réunissant les
collections de montres du Musée archéologique et du Musée des arts
décoratifs. Un espace dédié à l’horlogerie et aux émaux, fondateurs de la
renommée de Genève, a été organisé. La politique d’acquisition, qui accentue
les comparaisons avec les productions européennes, demeure active.
Mme Fallet indique que la valorisation de cet ensemble a été renforcée en
1969 par la décision de créer une filiale du MAH dédiée à la fabrique et aux
émaux, soit un musée spécialisé, similaire à ceux de l’arc jurassien liés aux
écoles d’horlogerie. Ce projet, élaboré dans un contexte de crise du quartz par
crainte de perdre des savoir-faire ancestraux, a conduit à l’inauguration en
1972 du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie. Toutefois, après les
évènements de 2001-2002 (le cambriolage), cette filiale a été réintégrée à la
maison mère en 2010, constituant depuis le domaine de conservation de
l’horlogerie, de l’émaillerie, de la bijouterie et des miniatures.
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Mme Fallet souligne que ce domaine est vivant et continue de se développer,
assurant ses missions envers un patrimoine collectif. Cet ensemble se distingue
des autres collections ou musées d’horlogerie par sa pluridisciplinarité,
intégrant émaux, bijoux anciens et contemporains, fonds d’atelier, etc. Il reflète
les métiers pratiqués à Genève depuis le XVIᵉ siècle et présente des pièces
phares, des produits finis, des mécanismes, des prototypes, et des modèles de
démonstration. Contrairement aux musées privés, il valorise son indépendance
vis-à-vis des marques, facilitant ainsi les partenariats public-privé.
Mme Fallet relève que le domaine met en lumière l’identité collective
genevoise, s’inscrivant dans la reconnaissance de l’arc jurassien par
l’UNESCO pour l’inscription des savoir-faire de mécanique d’art et
d’horlogerie au patrimoine immatériel de l’humanité en 2004. Mme Fallet
insiste sur le fait qu’il s’agit d’un patrimoine collectif construit par les
horlogers, collectionneurs, conservateurs et partenaires privés, qu’ils soient
des individus ou des marques. Ce domaine illustre la tradition, l’innovation et
la créativité, tout en racontant les métiers d’art, les gestes techniques, et les
réseaux économiques. L’horlogerie, en tant qu’industrie d’exportation,
s’inscrit dans un contexte global de développement scientifique et
technologique, d’évolution sociale et de courants artistiques européens.
Mme Fallet conclut que ce domaine pluridisciplinaire produit des récits
divers, croisant les autres collections du MAH pour contextualiser et interroger
notre société à travers des thématiques telles que l’histoire de Genève et de
l’Europe, la science, l’art, les techniques, l’économie, et les échanges culturels
et technologiques.
M. Mazeirat poursuit en évoquant les nombreux projets consacrés à
l’horlogerie au MAH au cours des dernières années. Il dit que des expositions
ont été dédiées à l’horlogerie, à l’émaillerie et à la bijouterie, mettant en
lumière ces champs disciplinaires spécifiques. Ces thématiques ont été
abordées de manière autonome ou intégrées dans des expositions thématiques
et pluridisciplinaires, organisées régulièrement depuis une vingtaine d’années,
avec une intensification notable de ces initiatives ces dernières années. Il
présente une liste non exhaustive de ces nombreux projets, incluant notamment
un partenariat annuel avec le Grand prix d’horlogerie. Cependant, ces
initiatives se heurtent à des contraintes structurelles importantes. Il explique
que le musée est confronté à des défis liés à la conservation préventive :
certains étages du MAH sont parfois fermés au public en raison de problèmes
de température et de sécurité. Ces enjeux nécessitent une augmentation de la
présence du personnel de sécurité ainsi que des primes d’assurance élevées,
liées aux traumatismes des deux cambriolages passés. Ces contraintes
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s’appliquent de manière générale au MAH, mais elles impactent
particulièrement les fonds d’horlogerie, de bijouterie et d’émaillerie.
M. Mazeirat explique que le projet du MAH de demain vise à résoudre une
partie de ces difficultés. Il relève que ce projet comprend l’amélioration et
l’extension des espaces d’exposition. En effet, le MAH ambitionne d’ajouter
3000 m² de galeries d’exposition, soit dans les bâtiments existants, soit grâce
à des extensions. Le périmètre du projet englobe le musée principal, les
bâtiments administratifs, l’école des beaux-arts, ainsi que les bâtiments de
« Pin 5 ». Cette extension est cruciale, non seulement pour les fonds liés à
l’horlogerie, mais aussi pour l’ensemble des collections du MAH.
M. Mazeirat rappelle que le MAH est le deuxième musée de Suisse, tant
par sa fréquentation, composée pour moitié de touristes, que par la richesse de
ses collections. Celles-ci se répartissent en six domaines : histoire et
archéologie, beaux-arts (référentiel pour toute l’histoire de l’art), arts
graphiques (l’un des plus importants d’Europe avec plus de 300 000 dessins et
estampes), arts appliqués, et un fonds bibliothécaire exceptionnel de plus d’un
million d’ouvrages, incluant des livres précieux et des livres d’artistes. Ces
collections, constituées principalement grâce à des dons et legs genevois,
reflètent à la fois une identité locale et une ouverture sur le monde. Leur
complémentarité et leur capacité de mise en contexte confèrent au MAH son
originalité et sa singularité.
M. Mazeirat relève que le projet du futur MAH intègre également des
enjeux de restauration et de mise à jour des infrastructures : absence de sas de
déchargement, problèmes de climatisation, absence de salle de quarantaine,
vestiaires insuffisants, inaccessibilité pour les personnes à mobilité réduite, etc.
Ces aménagements devront respecter le classement du bâtiment et intégrer la
restauration des espaces historiques. Le projet ambitionne aussi de connecter
le musée à son environnement urbain, en favorisant une mobilité douce et en
rendant le MAH plus accessible et familier pour les Genevois.
M. Mazeirat ajoute que la volonté du MAH est de renforcer sa mission
pédagogique, notamment par la création de salles de classe et d’animation,
actuellement absentes. Il souhaite également développer des espaces pour la
consultation des collections, en particulier dans le domaine de l’horlogerie, et
renforcer les ateliers de restauration existants.
M. Mazeirat insiste sur le fait que l’horlogerie est un élément fondamental
du MAH et qu’elle bénéficiera d’un traitement spécifique dans le projet. Des
centaines de mètres carrés lui seront dédiés, offrant des espaces d’exposition
et de consultation distincts. Le musée prévoit aussi de développer des pôles de
compétence axés sur les savoir-faire et le patrimoine immatériel, en partenariat
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avec le monde académique, pour inscrire l’horlogerie dans une dynamique de
recherche et de science collective.
M. Mazeirat répète que le concours d’architecture, actuellement dans sa
deuxième phase, désignera un lauréat en mai. Le projet retenu donnera lieu à
des travaux de conception, suivis d’une demande de crédit de construction. Les
travaux devraient aboutir d’ici 2030. En attendant, le MAH poursuit ses
expérimentations pour préfigurer ce que sera le musée de demain. Parmi ces
initiatives, il énonce des nocturnes, de nouvelles formes de projets et
d’expositions, et le développement d’un espace dédié à l’horlogerie dans les
salles historiques du château Zisa. Il indique qu’à partir de 2025, son deuxième
étage accueillera des chefs-d’œuvre de l’horlogerie, intégrant des dimensions
pluridisciplinaires. Des restaurateurs et horlogers y interagiront avec le public.
Le musée prévoit également un cycle de programmation culturelle dédié à
l’horlogerie, qui se déploiera dans les espaces du GamMAH et du MAHLab.
L’exposition « Boîte à musique », prévue dans le cadre des Journées
européennes des métiers d’art, illustre cette dynamique. Il conclut qu’entre
2026 et 2030, le MAH envisage d’intégrer davantage l’horlogerie dans ses
collections permanentes, notamment en la croisant avec les beaux-arts et
l’archéologie, pour enrichir les récits pluridisciplinaires. Ce projet, destiné à
faire rayonner l’identité genevoise, mettra l’horlogerie au cœur de la vision du
MAH de demain.
M. Kanaan indique que la commission, si elle le souhaite, est la bienvenue
au musée pour une visite ciblée qui permettra de découvrir les différentes
collections. En fonction de la date choisie, les députés pourraient également
être invités à visiter la nouvelle exposition majeure qui débutera le 29 janvier.
M. Kanaan poursuit, concernant la motion, qu’il partage l’idée de
l’importance de l’horlogerie. Il souligne qu’il manque à Genève un espace
spécifiquement dédié à l’horlogerie, qui permettrait de valoriser les savoirfaire, le patrimoine et l’histoire de la ville. Cependant, il exprime des réserves
quant à la création d’un musée indépendant consacré uniquement à
l’horlogerie, estimant que cela risquerait de déconnecter cette thématique des
autres éléments du MAH qui participent au récit global de l’histoire de Genève.
Il juge qu’un tel découpage serait regrettable.
M. Kanaan souligne que la branche horlogère à Genève est actuellement
bien fédérée, et des évènements tels que Watches and Wonders témoignent
d’une dynamique de collaboration nettement améliorée par rapport aux années
précédentes. La branche horlogère elle-même reconnaît qu’il manque un lieu
destiné à la fois à la population locale et aux visiteurs. Ce lieu pourrait être
conçu comme une « Maison de l’horlogerie », dans laquelle le MAH pourrait
jouer un rôle clé grâce à ses collections et à son expertise, mais qui irait au-delà
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des seules pièces historiques. Cette maison pourrait être développée en
partenariat avec l’économie privée, les institutions de formation, ainsi que le
canton.
M. Kanaan dit que le préavis de la Ville de Genève est que la création d’un
musée exclusivement dédié à l’horlogerie serait regrettable, car cela retirerait
un volet essentiel du MAH, où l’horlogerie a déjà une place significative qui
est amenée à croître et à se développer. Cependant, la réflexion autour d’un
espace spécifiquement consacré à ce domaine reste pertinente et mérite d’être
approfondie en collaboration.
Une commissaire (PLR) remercie les intervenants de leur présentation, qui
l’a rassurée sur le fait que tous ces trésors de l’horlogerie ont leur place au
MAH. Cependant, elle exprime une réserve. Elle rappelle que la motion
mentionne 20 000 pièces qui seraient conservées dans les entrepôts du MAH
et demande si ce chiffre est exact. Elle souligne que, compte tenu des
contraintes liées à la rénovation du musée, les espaces actuellement dédiés aux
pièces d’horlogerie exposées sont extrêmement limités. Elle perçoit une
certaine frustration face à ce qui pourrait être fait mais ne l’est pas. Elle évoque
également la question du timing : cela fait bientôt plus de 10 ans que Genève
est sans lieu d’exposition réel pour l’horlogerie. Bien qu’elle estime que
l’horlogerie a toute sa place au MAH et qu’elle n’est pas favorable à la
création d’un lieu indépendant, elle s’interroge sur ce qu’il adviendra de ces
20 000 pièces.
M. Kanaan note que de nombreuses personnes lui ont confié ne pas être
retournées au MAH depuis longtemps, mais qu’elles y vont de nouveau grâce
au travail de M. Wahler et de son équipe. Il précise qu’un espace dédié à
l’horlogerie a été proposé, accompagné d’un aperçu prometteur. En parallèle,
une collaboration régulière avec le Grand prix d’horlogerie a été mise en place,
permettant des legs et des dons fréquents, ce qui est très apprécié.
Mme Fallet confirme le chiffre de 20 000 pièces. Elle précise que le Fonds
d’horlogerie compte environ 8000 pièces, auxquelles s’ajoutent 1000 objets
liés à l’horlogerie pure. L’émaillerie et la bijouterie complètent ce chiffre, car
ces domaines sont imbriqués dans la création d’objets fabriqués dans les
ateliers. Elle mentionne également 3482 objets provenant d’ateliers
d’outillage, souvent issus de gros fonds privés introduits dans la collection ces
dernières années.
M. Kanaan ajoute que, grâce aux fonds d’assurance reçus après le vol,
Mme Fallet a piloté le remplacement des pièces dérobées, bien que les objets
remplacés ne soient pas identiques.
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Mme Fallet explique que ces pièces ont effectivement été remplacées grâce
à une indemnité. Le MAH a une politique très stricte de remplacement de
pièces similaires, de qualité et d’intérêt similaires. Elle informe qu’une pièce
vient de réapparaître aujourd’hui.
M. Kanaan souligne l’intérêt du lien entre l’horlogerie et la bijouterie,
notant que les marques horlogères ont d’abord été perturbées par l’entrée de
marques de bijouterie dans leur domaine, mais que cela est désormais accepté.
Un commissaire (PLR) comprend que, jusqu’en 2030, il ne sera pas
possible de faire davantage que ce qui est actuellement proposé.
M. Kanaan rétorque que, dès l’année prochaine, la Ville prévoit de faire
mieux en matière de visibilité.
Un commissaire (PLR) remarque qu’il n’est pas choqué par le fait qu’il soit
impossible d’exposer la totalité des collections, ce qui est normal. Il s’interroge
sur le projet Camoletti, qu’il trouve magnifique, et propose d’envisager la
suppression de la « bulle » artificielle afin d’offrir une vue directe sur le lac
depuis le MAH, une idée qui pourrait selon lui être pertinente dans d’autres
villes.
M. Kanaan informe que la bulle abrite une sous-station des SIG, essentielle
et coûteuse à déplacer – environ 100 millions de francs. Toutefois, le concours
d’architecture inclut une réflexion sur l’insertion urbaine du musée. Le
périmètre de Rive sera réaménagé pour inclure un espace vert, et le boulevard
Jacques-Dalcroze deviendra une promenade urbaine.
Un commissaire (PLR) demande si un espace dédié à l’art horloger pourrait
être articulé avec l’Ecole d’horlogerie ou le Musée Patek Philippe.
M. Kanaan ne se prononce pas pour le Musée Patek Philippe, mais propose
de discuter du sujet avec la famille Stern. Selon lui, un espace dédié à
l’horlogerie devrait impliquer tous les partenaires pour devenir un carrefour
vivant et représenter pleinement le potentiel genevois.
Un commissaire (MCG) rappelle la M-1373, qui avait été acceptée par le
Conseil municipal demandant l’exposition des 20 000 pièces, et propose le
Musée Rath comme lieu potentiel. Il s’interroge sur l’absence d’exposition de
ces pièces avant 2030.
M. Kanaan insiste sur le fait qu’aucun musée n’expose l’intégralité de sa
collection, mais généralement entre 5 et 10%.
M. Wahler précise que cela peut se situer entre 1 et 7%.
M. Kanaan souligne qu’un tournus des pièces exposées permet de
dynamiser les expositions.
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M. Wahler évoque une expérimentation en cours où les expositions
permanentes sont gratuites et les temporaires payantes, ou proposées en « pay
what you wish ». Cela a entraîné une augmentation de 30% des recettes de
billetterie, bien que 80% des visiteurs ne paient pas. Ce modèle favorise une
fréquentation accrue et diversifiée, bénéfique pour attirer des publics
spécifiques, comme ceux intéressés par l’horlogerie.
M. Kanaan rappelle que le Musée Rath, dédié aux beaux-arts, servira
temporairement d’espace pour le MAH durant les travaux, tandis que le
chantier du bâtiment d’art contemporain débutera ce printemps.
M. Mazeirat précise que, parmi les 20 000 pièces mentionnées, 7000 sont
liées à l’horlogerie, incluant des éléments documentaires. Il souligne que les
chiffres relatifs aux espaces du Musée Rath, d’environ 650 m², sont parfois
trompeurs.
Une commissaire (Ve) relève que, bien qu’elle se soit déjà rendue au MAH,
elle ne connaissait cependant pas tout cet espace dédié à l’horlogerie.
M. Kanaan rectifie que cet espace n’existe pas encore.
Un commissaire (Ve) demande si, dans le cadre des transformations
prévues, il a été envisagé de renommer le musée pour inclure explicitement
l’horlogerie, par exemple en « Musée d’art, d’histoire et d’horlogerie ». Elle
souligne qu’à Genève, il serait compréhensible que des touristes s’interrogent
sur l’absence d’un musée spécifiquement dédié à l’horlogerie, et qu’un tel
changement pourrait contribuer à mieux valoriser cet aspect.
M. Kanaan répond qu’il partage l’idée de valoriser davantage l’horlogerie
de manière visible, tant pour les Genevois que pour les visiteurs. Il estime que
c’est un défi réel à relever.
Un commissaire (UDC) demande si les alarmes et dispositifs actuels seront
renforcés dans le cadre des rénovations.
M. Kanaan répond que la sécurité est optimisée au maximum dans les
limites imposées par le bâtiment ancien. En l’absence de sas adaptés, des
moyens humains supplémentaires sont déployés en compensation. Il souligne
qu’aucun cambriolage n’a eu lieu ces dernières années.
M. Mazeirat complète en indiquant qu’en plus des moyens humains, le
système de caméras a été renforcé. Des audits réalisés par Interpol ont permis
au musée de bénéficier d’expertises en matière de sécurité. Cependant, il
reconnaît que travailler dans un bâtiment datant de 1910 reste un défi, et qu’une
infrastructure moderne pourrait être plus efficace et moins coûteuse.
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M 2978-A
Une commissaire (PLR) interroge sur la LPCCA et demande si la Ville est
engagée dans un schéma de cofinancement 50-50 avec le canton, incluant
également une cogouvernance.
M. Kanaan confirme. Il ajoute que, dans le budget 2025, le canton et la
Ville partagent ce modèle de cofinancement pour quatre institutions. Pour
chacune d’elles, la question de la cogouvernance est également étudiée.
Discussion
Le président demande si de nouvelles auditions sont souhaitées.
Un commissaire (PLR) déclare que le PLR est satisfait de l’audition
d’aujourd’hui et est prêt à voter.
Un commissaire (LJS) estime qu’il pourrait être nécessaire d’amender la
motion. Il propose l’idée d’une Maison de l’horlogerie, répondant à une
demande manifeste. Selon lui, il serait pertinent d’auditionner certaines
entreprises horlogères afin d’affiner la proposition. Il suggère donc d’amender
le texte initial.
Un commissaire (S) exprime son regret que les initiants de la motion
n’aient pas pu assister à la présentation d’aujourd’hui. Il souligne qu’il s’agit
de deux visions très différentes : d’un côté, l’aspect historique présenté ici ; de
l’autre, la volonté des initiants de promouvoir l’horlogerie à Genève avec
l’ensemble des acteurs locaux, dans une perspective plus orientée vers la
valorisation et le rayonnement de Genève. Il estime qu’une étape
supplémentaire serait nécessaire, tout en reconnaissant qu’un projet tel que la
rénovation du MAH peut demander beaucoup de temps.
Une commissaire (PLR) complète la position du PLR. Elle juge que les
remarques de commissaire (S) sont pertinentes et rejoignent les propos de
M. Kanaan. Selon elle, il faudrait presque rédiger un nouveau texte, car deux
approches très différentes se dessinent : soit la création d’un musée dédié à
l’horlogerie, soit celle d’une « Maison de l’horlogerie », qui impliquerait des
synergies avec le secteur privé et les institutions de formation. Elle invite le
groupe LJS à réfléchir à des amendements pour clarifier le texte. Si cela n’est
pas possible, le groupe PLR refusera le texte en l’état.
M 2978-A
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Séance du 26 mars 2025
Audition de :
– Mme Delphine Bachmann, conseillère d’Etat – DEE
– M. Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint – DEE
Mme Bachmann indique qu’il y a eu de nombreux échanges dans le cadre
du renouvellement de la stratégie économique du canton, un secteur très actif
regroupant plusieurs faîtières. Elle jugeait intéressant de venir présenter à la
commission le contenu de ces discussions avec les acteurs concernés, d’autant
plus que ce domaine est en partie lié à l’objet de cette motion.
M. Loeffler expose les réflexions menées autour de cette motion et
explique le contexte : il s’agit d’un secteur clé représentant 11 000 emplois à
Genève et générant 13 milliards de francs, soit plus de la moitié des
exportations du canton et plus de 48% des exportations horlogères suisses.
L’industrie horlogère est essentielle non seulement pour Genève, mais aussi
pour la Suisse. Le canton bénéficie de la présence de grands groupes horlogers
et de manufactures prestigieuses telles que Rolex, Richemont, Patek Philippe
ou Chopard. Compte tenu de l’importance du secteur, le DEE a engagé une
réflexion sur la stratégie économique et a jugé essentiel de réunir les acteurs
horlogers afin de mieux comprendre leurs attentes. A cet effet, la DEE a pris
contact avec l’UFGVV. Cette démarche était d’autant plus importante que les
relations entre manufactures sont parfois délicates : inviter l’une peut entraîner
la réticence de l’autre. La question était donc de structurer ce travail pour
définir au mieux les attentes du secteur.
M. Loeffler indique que l’association faîtière ainsi que d’autres
associations et fondations ont été réunies afin d’examiner le soutien de l’Etat
sous deux angles : d’une part, la promotion de Genève en tant que capitale de
la haute horlogerie. En effet, la ville accueille tout au long de l’année des
évènements majeurs liés à l’horlogerie, et la DEE souhaitait collaborer avec
les différents organisateurs pour renforcer cette visibilité. Il rappelle également
le rôle du poinçon de Genève pour renforcer la visibilité de Genève. Certaines
manufactures souhaitent obtenir le poinçon de Genève, garant de qualité, et
doivent suivre un processus de fabrication strict. D’autre part, la réflexion
portait sur la formation et l’innovation, avec un focus sur la promotion des
métiers non seulement d’horlogerie mais aussi de la sous-traitance. Par
ailleurs, Timelab développe des projets innovants en lien avec l’horlogerie et
délivre le poinçon de Genève. Il conclut que c’est sur ces deux axes que le DEE
a rassemblé les différents acteurs du secteur lors d’un premier workshop, qui
s’est tenu le 16 janvier 2025. Lors du deuxième workshop, trois nouveaux
participants ont rejoint la discussion.
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M 2978-A
M. Loeffler poursuit en expliquant les travaux réalisés, notamment les
discussions sur l’amélioration de la visibilité de Genève et le renforcement de
la collaboration entre les grands acteurs du secteur. 5 à 6 fondations qui sont
actives dans le domaine promeuvent le savoir-faire, l’excellence et la culture
horlogère. Bien que leurs objectifs diffèrent, ils restent étroitement liés. Un
autre axe de réflexion a porté sur la valorisation des professions horlogères,
notamment celles de la sous-traitance. Il est également ressorti des discussions
la nécessité de fédérer les acteurs : de nombreuses initiatives existent déjà, et
l’objectif est de mieux coordonner ces actions. Lors du premier workshop,
l’idée de créer un musée de l’horlogerie a émergé. Cependant, les participants
ont préféré une approche plus dynamique en optant pour l’appellation
« Maison de l’horlogerie », un lieu de rencontre favorisant les échanges entre
les différents acteurs du secteur.
M. Loeffler souligne qu’à la suite de l’atelier du 16 janvier, une deuxième
rencontre a eu lieu avec de nouveaux participants afin d’explorer les modalités
de mise en place de cette Maison de l’horlogerie. Les acteurs souhaitent
poursuivre la réflexion, définir les besoins et missions de chacun et travailler
ensemble sur ce projet. Comme la commission a pu le lire dans la presse, la
Fondation Horopedia porte un projet de « Maison des métiers d’art de
l’horlogerie » et fait désormais partie du groupe de travail. Le DEE tenait à
présenter l’état des réflexions en cours à la commission et à souligner la
volonté des acteurs de collaborer pour promouvoir l’horlogerie. A ce stade, les
manufactures n’ont pas encore été intégrées au groupe de travail, mais elles
pourront suivre l’avancement des discussions via l’association faîtière.
Mme Bachmann précise que cette volonté s’inscrit dans les discussions sur
la stratégie économique. Il est vrai que le secteur horloger a exprimé le souhait
d’une coordination de l’Etat afin de mutualiser les efforts et d’organiser des
échanges tout au long de l’année. L’idée de la création de cette « Maison des
savoir-faire horlogers » en est encore à ses prémices, et un atelier est prévu en
mai pour approfondir la réflexion. Elle a échangé à ce sujet avec ses
homologues du DCS et du DIP, et il a été convenu de poursuivre les travaux
exploratoires pour voir cela aboutir à un concept solide. Elle a également
discuté avec M. Kanaan, qui lui a fait part des projets initiaux. Il lui semblait
essentiel, dans le cadre des travaux liés à cette motion, d’informer la
commission des échanges en cours et de la volonté des parties prenantes de
poursuivre ce projet, tout en soulignant que du temps sera nécessaire. Etant
donné l’importance économique de l’horlogerie à Genève, il est primordial de
renforcer son rayonnement.
Un commissaire (UDC) interroge le département sur la pertinence de ce
projet en tenant compte de l’existence du Musée Patek Philippe et des
M 2978-A
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infrastructures de formation internes à Rolex. Il demande également quels
retours ont été obtenus de ces acteurs concernant la Maison de l’horlogerie.
Mme Bachmann répond que des échanges ont eu lieu avec ces
manufactures, principalement via l’UFGVV, car les priorités varient selon les
marques. Le Musée Patek Philippe appartient à une marque spécifique, mais,
plus largement, les évènements horlogers génèrent un fort engouement du
public et une demande accrue. Si ces évènements ne sont pas accessibles à tous
les touristes, certains visitent Genève spécifiquement pour eux. Elle estime que
cette dynamique représente un atout pour la promotion de la ville.
Un commissaire (UDC) les interroge ensuite sur la collaboration avec la
Fondation Horopedia, qui semble prête à porter le projet.
Mme Bachmann rappelle que la fondation a été intégrée au groupe de
travail.
M. Loeffler confirme cette intégration et souligne la nécessité d’une
approche inclusive afin que tous les acteurs puissent être impliqués. Il précise
que le projet est en constante évolution et que le DEE s’attache à rassembler
l’ensemble des parties prenantes, y compris Horopedia. Le calendrier de cette
fondation prévoit une ouverture en 2026, ce qui impose des délais relativement
courts. Il estime donc primordial de maintenir un dialogue avec les autres
partenaires. Le DEE ne souhaite pas exclure Horopedia des travaux et suit
attentivement l’évolution du projet.
Mme Bachmann ajoute que Horopedia participera également à la discussion
prévue en mai 2025. Une question essentielle reste la viabilité financière du
modèle, notamment en raison des exigences élevées en matière de sécurité
pour l’exposition de pièces horlogères, ce qui engendre des coûts importants.
Elle estime que ce point devra être clarifié au fil du temps.
Un commissaire (UDC) souligne que 2026 s’approche rapidement et il
demande si l’Etat envisage de s’associer au projet.
M. Loeffler répond que cette possibilité n’est pas exclue. Si l’approche
retenue est ouverte et satisfait l’ensemble des acteurs, le DEE pourrait
travailler avec Horopedia. L’objectif est d’éviter la coexistence de deux projets
distincts.
Mme Bachmann rappelle que le projet nécessite encore du temps. Elle
estime que le texte actuel de la motion ne reflète pas exactement la direction
qu’elle envisage et elle souhaiterait clarifier certains points d’ici la fin du mois
de juin. Elle n’exclut pas une approche légèrement différente de celle
initialement envisagée.
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M 2978-A
Une commissaire (PLR) rappelle que la commission était initialement
partie d’un texte demandant un musée, qui a ensuite évolué vers une Maison
de l’horlogerie. Elle se demande si cette motion correspond réellement à ce
que Mme Bachmann a présenté, et elle a l’impression que ce n’est pas tout à fait
le cas. Elle s’interroge sur l’opportunité de demander un gel du texte, si celui-ci
est désormais trop éloigné des nouvelles orientations. Elle questionne
également la coordination entre le département et la Ville de Genève.
M. Kanaan ayant été le premier à évoquer la Maison de l’horlogerie, elle
souhaiterait éviter un doublon. Elle a compris que le MAH pourrait accueillir
un éventuel musée de l’horlogerie et rappelle qu’un texte sur ce sujet a été
déposé par des conseillers municipaux à la Ville de Genève.
Mme Bachmann indique avoir abordé ce sujet avec M. Kanaan, et précise
que la Ville et l’Etat sont alignés sur le principe d’un seul lieu. De plus,
Mme Fallet, conservatrice du Musée de l’horlogerie au MAH, fait partie du
groupe de travail et participe aux discussions.
M. Loeffler complète en expliquant qu’une des réflexions en cours porte
sur l’exploitation des collections du Musée de l’horlogerie. Il rappelle
également que, dans le cadre du Grand prix de l’horlogerie, les lauréats de
l’Aiguille d’Or avaient pour tradition de laisser une montre à Genève pour
exposition. Or, en l’absence d’un musée dédié, cette pratique a cessé. La
création d’une Maison de l’horlogerie permettrait de rétablir cette tradition.
Un commissaire (PLR) revient sur le calendrier et comprend que le DEE
souhaite prendre du temps avant d’avancer davantage.
Mme Bachmann précise qu’elle ne peut pas apporter plus d’éléments à ce
stade. Un groupe de travail planche actuellement sur la question d’un « Musée
des savoir-faire horlogers » et, à travers les échanges avec les faîtières, un
consensus s’est dégagé sur la nécessité de renforcer le rayonnement de Genève
comme capitale de l’horlogerie. Elle insiste sur le fait que les discussions
doivent encore se poursuivre avant d’aboutir à une proposition concrète.
Un commissaire (PLR) demande dans quel délai le DEE pourra apporter
des précisions, s’il s’agit plutôt de six mois ou plusieurs années.
M. Loeffler estime que le processus de réflexion en cours prendra encore
environ une année avant d’aboutir à un concept précis, avec la participation de
l’ensemble des acteurs concernés. Il souligne que, pour la haute horlogerie, il
sera également crucial d’identifier un lieu prestigieux, garantissant une
visibilité optimale pour les différentes fondations impliquées. Selon lui, le
travail à venir permettra de renforcer les acteurs du secteur et d’améliorer leur
visibilité.
M 2978-A
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Mme Bachmann propose de faire un point de situation auprès de la
commission d’ici à fin juin 2025. Si le DEE décide d’aller de l’avant et que
cette initiative correspond à la volonté de la branche, une motion amendée en
ce sens constituerait un signal de soutien bienvenu de la part du parlement,
notamment en ce qui concerne le fonctionnement et le financement, si celui-ci
le souhaite.
Une commissaire (Ve) demande si Mme Bachmann serait disposée à
proposer un amendement en juin.
Mme Bachmann estime qu’à cette échéance, elle aura une meilleure
visibilité sur la direction vers laquelle les acteurs souhaitent converger et
pourrait alors être en mesure de proposer un texte.
M. Loeffler ajoute qu’à ce stade des projets en cours, notamment celui
d’Horopedia, le DEE devrait avoir une vision plus claire de leur aboutissement.
Les décisions auront été prises et l’ensemble des acteurs concernés se sera
positionné.
Un commissaire (Ve) souligne que, si une motion de soutien devait être
votée, il serait important qu’elle soit bien ciblée.
Discussion
Le président comprend que la commission souhaite geler cette motion.
Un commissaire (UDC) confirme cette décision, en attendant le retour du
département sur les avancées.
Le président met aux voix le gel de la M 2978 :
Oui :
unanimité
Séance du 24 septembre 2025
Audition de :
– Mme Delphine Bachmann, conseillère d’Etat – DEE
– M. Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint – DEE
La présidente rappelle que ce texte a été présenté par sa première signataire,
Mme Alimi, en décembre 2024, que la CEECS avait déjà auditionné le DCS et
la Ville de Genève, et que Mme Bachmann était déjà venue devant la CEECS
pour demander de suspendre la motion en attendant le retour de son
département, qui avait constitué un groupe de travail chargé de réfléchir à cette
question et qui pouvait potentiellement revenir avec des amendements.
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M 2978-A
Mme Bachmann indique que le DEE n’a pas avancé autant que souhaité,
mais a tout de même progressé. Dans le cadre du renouvellement de la stratégie
économique, des groupes ont été constitués par les fédérations et associations
représentatives des secteurs industriels. Le DEE a profité de cette dynamique
pour créer un groupe de travail autour de l’industrie horlogère, secteur
particulièrement important à Genève.
M. Loeffler rappelle les membres de ce groupe de travail : l’UFGVV,
association faîtière regroupant les manufactures genevoises. Il souligne qu’il
est délicat pour l’Etat de privilégier une manufacture plutôt qu’une autre, et
que l’UFGVV est idéale, car elle rassemble les grands acteurs. Il rappelle les
deux axes retenus : promouvoir Genève comme pôle d’excellence de la haute
horlogerie et renforcer la formation. Dans le groupe figurent aussi l’Ecole
d’horlogerie, la Fondation de la haute horlogerie, Watches and Wonders, ainsi
que Timelab. Au départ, l’idée n’était pas de créer un musée, mais de réfléchir
à la manière de soutenir le secteur, et c’est ainsi que le projet d’une Maison de
l’horlogerie a émergé. Le DEE a intégré le MAH, détenteur de collections,
ainsi que la Fondation Horopedia, qui avait annoncé un projet de Maison des
arts et de la culture horlogère, et la Watch Library Foundation, chargée de
répertorier les montres. Avec ces acteurs, le DEE a organisé un atelier le
1er juillet. Cinq axes en sont ressortis : créer un lieu emblématique, fédérer
l’écosystème horloger, rayonner localement et internationalement, encourager
l’innovation et développer une forte présence touristique.
Mme Bachmann estime que ce travail a permis de poser un premier constat :
le secteur a un réel intérêt pour un lieu dédié, à la fois touristique, innovant,
pédagogique et valorisant les savoir-faire horlogers. Elle constate une volonté
claire d’avancer, ce qui rend la motion pertinente sur le fond. Le DEE avait
initialement constitué le groupe de travail pour réfléchir à la fois au contenant
et au contenu. En parallèle, la Fondation Horopedia a présenté son projet de
Maison des arts et de la culture horlogère, d’où son intégration au groupe. Il y
a donc un intérêt partagé pour un lieu unique, mais aussi un constat : il n’y a
pas de place pour deux projets concurrents à Genève. Le directeur de la
Fondation Horopedia a été rencontré à plusieurs reprises pour évaluer l’état
d’avancement de son initiative. La plupart des acteurs avaient été surpris par
l’annonce du projet, peu connu auparavant. Le directeur a expliqué qu’il avait
déjà trouvé un lieu, élaboré un business plan et qu’il lui restait à sécuriser des
partenariats et financements. Aujourd’hui, le DEE sait qu’il est en contact avec
la Ville de Genève et d’autres acteurs institutionnels. Le DEE souhaite un
message commun sur ce projet afin de déterminer s’il est solide et viable. Les
acteurs privés ont indiqué que, si une convergence était possible, le projet
pourrait devenir fédérateur. Les discussions se poursuivent. Le financement
M 2978-A
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reste l’enjeu central, notamment en raison du prêt éventuel de collections de la
Ville de Genève, impliquant des exigences de sécurité particulières. Le projet
n’est pas encore totalement mûr sur ce plan. Le DEE a échangé avec
M. Deschoux, qui a donné des informations sur ses démarches auprès de
financeurs potentiels. L’idée serait que l’Etat soutienne le projet sur le plan
institutionnel, sans financement direct, mais en apportant une légitimité
officielle. Selon le DEE, un appui de la Ville ou du canton renforcerait la
crédibilité du projet et des demandes de financement en cours. Toutefois, il
n’est pas encore certain que ce projet soit viable, ni de la manière dont il
intégrerait l’ensemble des parties prenantes. Si ce processus n’aboutit pas, le
groupe de travail envisagera une alternative. Le contenu souhaité pour ce futur
lieu a déjà été travaillé lors des ateliers et sera conservé. Il faudra encore
quelques semaines, voire quelques mois, pour tester la solidité du projet actuel
et vérifier s’il peut intégrer les attentes de tous les acteurs.
Elle ajoute qu’il lui semblait qu’au niveau de la Fondation Horopedia, qui
agit en toute indépendance, il est difficile de freiner un acteur désireux
d’avancer. Elle précise que le DEE a toujours souhaité un partenariat publicprivé. Celui-ci pourrait en être un, mais rien n’est encore certain : il s’agit
encore d’une phase de discussion.
Concernant la motion, elle la juge intéressante si cette commission partage
le point de vue du Conseil d’Etat. Cela pourrait toutefois être délicat, puisqu’il
s’agit de soutenir une initiative privée. L’ampleur de ce soutien et la forme de
collaboration dépendront aussi de la volonté du parlement et de l’impulsion
qu’il souhaite donner pour accompagner le DEE dans cette démarche.
Elle ajoute que le DIP a vu un intérêt dans ce projet du point de vue
pédagogique, notamment pour sensibiliser les élèves en leur permettant de
visiter et de vivre une expérience éducative encadrée. La Fondation Horopedia
y est totalement ouverte. Elle estime que ce serait positif pour le Conseil d’Etat
d’obtenir un signal de soutien du parlement, sans figer la forme que doit
prendre le projet. Une motion qui évoque l’étude de faisabilité d’une Maison
des savoir-faire horlogers dans le canton, dans le cadre d’un partenariat publicprivé, correspond bien à l’orientation actuelle du DEE et serait évidemment
bienvenue.
Elle relève que la discussion évolue et que son homologue du DCS, qui au
départ ne voyait pas de réelle nécessité à un tel projet, considère aujourd’hui,
au vu des échanges avec les acteurs, que le niveau de maturité est différent et
mieux aligné avec les besoins. Elle précise avoir évoqué le sujet tant avec le
DCS qu’avec le DIP, tous deux tenus informés de l’évolution du groupe de
travail.
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La présidente précise que la CEECS a reçu en mars 2025 une demande
d’amendement général. Le texte de la motion avait fortement évolué : il ne
s’agit plus d’un musée dédié à l’horlogerie. Cet amendement comprend trois
invitations :
– étudier la possibilité de développer une Maison des savoir-faire horlogers
dans le cadre d’un partenariat public-privé et en favoriser l’accès aux
jeunes ainsi qu’au grand public ;
– donner l’impulsion nécessaire pour créer une Maison de l’horlogerie
moderne et attractive à Genève, notamment en intégrant un centre de
formation et les dernières technologies numériques ;
– examiner un modèle de financement mixte associant fonds publics et
contributions privées pour garantir la viabilité du projet.
Mme Bachmann donne son avis sur les amendements proposés et estime que
le premier suffit, le deuxième étant à son sens trop complexe. Elle souligne
qu’il existe déjà des centres de formation aujourd’hui, partenaires et membres
du groupe de travail. Elle considère que la première invite correspond le mieux
au stade actuel des travaux et qu’elle est suffisamment large pour couvrir ce
qui est en cours. Concernant la troisième invite, sur le financement, le DEE a
encore besoin de temps. Soit la CEECS souhaite maintenir une invite pour
envisager un financement mixte, soit elle l’écarte. A ce stade, aucune
contribution de l’Etat n’est prévue ni sollicitée. Les discussions portent d’abord
sur le projet de la Fondation Horopedia.
Un commissaire (LC) mentionne le centre de formation intégré dans la
demande d’amendement général. Il rappelle qu’un volet pédagogique a été
évoqué dans le projet Horopedia et il demande si un centre de formation dans
la Maison de l’horlogerie serait trop compliqué à mettre en place.
Mme Bachmann confirme et indique que l’Ecole d’horlogerie, partenaire du
projet, est en bon état, en développement et rénovée. Créer un autre centre
n’aurait pas de sens : les structures de formation existent déjà et fonctionnent
très bien. L’enjeu est plutôt de proposer des démarches de sensibilisation et de
permettre aux élèves de découvrir d’autres métiers liés aux savoir-faire
horlogers, dans un contexte où la main-d’œuvre manque à Genève.
Un commissaire (UDC) relève qu’il existe déjà le Musée Patek Philippe et
il demande s’il pourrait rejoindre ce projet plutôt que d’avoir deux musées
distincts.
Mme Bachmann répond que le Musée Patek Philippe est un bel outil, très
visité par les touristes. Toutefois, dans le secteur horloger, il est difficile de
gérer les marques. C’est un milieu structuré, qui sait s’unir pour des
évènements comme Geneva Watch Days ou Watches and Wonders, mais pour
M 2978-A
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le DEE, il serait trop délicat de collaborer avec une marque spécifique. Des
échanges existent avec ces grandes maisons, qui sont informées de
l’avancement, mais il n’est pas possible de privilégier l’une d’elles. Le travail
se fait donc avec les faîtières et les collections de la Ville de Genève. Dès
qu’une marque est mise en avant, cela crée une inégalité de traitement. Le
meilleur moyen reste de collaborer avec l’UFGVV.
Un commissaire (S) considère que le DEE pourrait, dans sa réponse à la
motion, expliciter ces éléments et prendre le temps nécessaire pour clarifier le
financement. Il demande si geler à nouveau le texte serait pertinent.
Mme Bachmann souligne que, si le parlement envoie un signal de soutien
sur le principe du projet et charge le Conseil d’Etat de poursuivre les travaux
et d’apporter plus d’informations, ce serait positif. Il s’agirait d’un soutien au
travail déjà effectué. Elle ne voit pas d’intérêt à geler à nouveau le texte, qui
visait à donner une impulsion. Le DEE accueillerait volontiers ce soutien.
La présidente précise que le DEE encourage à ne conserver que la première
invite.
Un commissaire (PLR) demande s’il est utile que les services du DEE
passent du temps à rédiger un rapport sur des actions déjà en cours. Il estime
que cela risque de donner encore plus de travail au département.
Mme Bachmann relève que le département a déjà répondu à de nombreuses
motions sans difficulté particulière. Elle considère que celle-ci a le mérite de
mettre en avant une thématique peu traitée récemment et de donner un message
commun. Elle ne peut pas encore anticiper l’issue des travaux, mais ne juge
pas ce texte inutile.
M. Loeffler souligne l’importance, relevée par le groupe de travail, de
continuer à se réunir au-delà du projet d’une Maison de l’horlogerie. Pour le
DEE, c’est une occasion précieuse de rassembler les acteurs du secteur et de
renforcer le rayonnement de Genève. Dans ce cadre, la motion actuelle est une
étape utile qui peut servir d’appui dans les discussions avec les partenaires
privés.
Mme Bachmann ajoute que cela permettrait d’encadrer les échanges.
Un commissaire (UDC) les interroge sur l’intérêt réel de la collection de la
Ville de Genève.
Mme Bachmann répond que le DEE est en contact avec la Ville, qui a
toujours voulu créer un musée de l’horlogerie. Elle ne se prononce pas sur la
qualité de la collection, mais rappelle qu’elle compte 20 000 pièces, qu’il serait
dommage de ne pas exposer.
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La présidente rappelle qu’il y avait déjà eu un musée de l’horlogerie,
cambriolé par le passé.
M. Loeffler complète en précisant que le MAH, dans le cadre du groupe de
travail, a exprimé son souhait de rester la référence du patrimoine horloger et
détient des pièces uniques.
La présidente imagine que la commission est prête à voter ce soir. Elle
constate que c’est le cas.
Un commissaire (PLR) propose d’amender l’amendement et de ne
conserver que la première invite de l’amendement général déposé par
Mme Alimi.
La présidente soumet au vote l’amendement du commissaire (PLR), qui est de
ne garder que la première invite de l’amendement général :
à étudier la possibilité de développer une maison des savoir-faire horlogers
dans le cadre d’un partenariat public-privé et à en favoriser l’accès auprès
des jeunes et du grand public.
Oui :
unanimité
Non :
–
Abstentions : –
L’amendement est accepté.
La présidente soumet au vote la M 2978 ainsi amendée :
Oui :
unanimité
Non :
–
Abstentions : –
La M 2978 est approuvée.
Catégorie de débat préavisée : IV
Conclusion du rapporteur de majorité
Au terme de ses travaux, la commission de l’enseignement, de l’éducation,
de la culture et du sport a unanimement reconnu la valeur patrimoniale,
artistique et économique de l’horlogerie genevoise, pilier identitaire et
symbole d’excellence de notre canton. Ce savoir-faire unique, transmis depuis
des générations, incarne l’alliance entre précision, créativité et innovation, et
contribue au rayonnement international de Genève.
Les échanges menés au sein de la commission ont permis de dégager une
vision partagée et réaliste : plutôt que de créer un musée indépendant, il
M 2978-A
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convient de promouvoir la mise en place d’une Maison des savoir-faire
horlogers, pensée comme un lieu vivant, fédérateur et accessible, où se croisent
culture, formation, innovation et tourisme. Cette orientation, fondée sur une
approche collaborative et partenariale, répond à la fois aux attentes des acteurs
du secteur et aux ambitions du canton de Genève en matière de valorisation du
patrimoine et de développement économique.
Les auditions successives des représentants du DCS, du DEE, de la Ville
de Genève et des institutions horlogères ont confirmé la pertinence de cette
approche. Tous ont exprimé leur volonté de travailler ensemble à un projet
commun, conciliant préservation du patrimoine, transmission des savoir-faire
et ouverture au public, notamment aux jeunes générations.
La commission a donc choisi de soutenir cette orientation concrète et
fédératrice.
La motion M 2978 ainsi amendée a été approuvée à l’unanimité.
Cette décision unanime illustre la volonté commune de valoriser le
patrimoine horloger genevois à travers un projet fédérateur, inclusif et tourné
vers l’avenir.
En conclusion, la majorité de la commission estime que cette motion,
désormais recentrée sur l’étude de faisabilité d’une Maison des savoir-faire
horlogers, constitue une impulsion forte et symbolique pour le canton de
Genève. Elle permettra de renforcer le lien entre tradition et innovation,
d’encourager la transmission intergénérationnelle, et de consolider la place
de Genève comme capitale mondiale de la haute horlogerie.
Le rapporteur de majorité salue l’esprit de collaboration qui a animé
l’ensemble des participants et exprime sa conviction que ce projet contribuera
durablement à l’enrichissement culturel, éducatif et économique de notre
canton.
de la République et canton de Genève
M 2978-A
Date de dépôt : 4 novembre 2025
Rapport
de la commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture
et du sport chargée d’étudier la proposition de motion de Masha
Alimi, Sébastien Desfayes, François Erard, Xavier Magnin, Laurent
Seydoux, Jean-Louis Fazio, Francisco Taboada, Jacques
Jeannerat, Jacques Blondin, Vincent Canonica, Daniel Sormanni,
Djawed Sangdel, Raphaël Dunand : La création d’un musée dédié
à l’horlogerie
Rapport de Djawed Sangdel (page 3)
ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 11.25
M 2978-A
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Proposition de motion
(2978-A)
La création d’un musée dédié à l’horlogerie
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– qu’au sens des articles 1 al. 2 LRT-2 et 11a Rculture, le canton et les
communes encouragent et favorisent la création et le développement de
lieux culturels ;
– qu’au sens de l’art. 5 LCulture, le canton conserve et valorise son
patrimoine matériel et immatériel ;
– qu’au sens de l’art. 3 LRT-2, il appartient au canton de maintenir et
développer des formations artistiques de base et professionnelles au sens
notamment de la loi sur la Haute école spécialisée de Suisse occidentale ;
– que le canton de Genève est la capitale mondiale de l’horlogerie et qu’il
appartient à sa ville d’organiser des évènements horlogers destinés aussi
bien aux professionnels de la branche qu’au quidam ;
– qu’à cet égard, plus de 20 000 pièces de collection sont enfouies dans les
entrepôts du MAH et sont donc non inaccessibles au public ;
– que, de cette façon, l’industrie horlogère et son savoir-faire pourront se
développer de manière pérenne,
invite le Conseil d’Etat
à étudier la possibilité de développer une maison des savoir-faire horlogers
dans le cadre d’un partenariat public-privé et à en favoriser l’accès auprès des
jeunes et du grand public.
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M 2978-A
Rapport de Djawed Sangdel
La commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport
s’est réunie à cinq reprises, sous la présidence de M. Thierry Arn, les 4 et
11 décembre 2024, le 15 janvier 2025 et le 26 mars 2025, et, sous la présidence
de Mme Francine de Planta, le 24 septembre 2025, afin d’examiner la
proposition de motion 2978.
Les procès-verbaux ont été rédigés par Mme Alicia Nguyen, que le
rapporteur tient à remercier chaleureusement de la qualité de son travail.
Ont également participé aux travaux de la commission :
– M. Nicolas Kerguen, secrétaire général adjoint chargé de la culture et du
sport – DCS ;
– M. Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève ;
– M. Bertrand Mazeirat, chargé de projet « Nouveau MAH » ;
– Mme Estelle Fallet, conservatrice en chef ;
– M. Jan Behrendt, responsable de l’unité conservations et valorisation ;
– Mme Dorina Xhixho, collaboratrice personnelle à la direction et au
secrétariat du département de la culture et de la transition numérique ;
– M. Marc-Olivier Wahler, directeur du MAH ;
– Mme Delphine Bachmann, conseillère d’Etat – DEE ;
– M. Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint – DEE.
Le rapporteur exprime sa reconnaissance pour leurs précieuses
contributions aux travaux de la commission.
Résumé du rapport
La motion M 2978, déposée par plusieurs députées et députés du Grand
Conseil, proposait initialement la création d’un musée dédié à l’horlogerie à
Genève, capitale mondiale de la haute horlogerie. Cette motion est née d’un
constat largement partagé : l’horlogerie constitue un pilier du patrimoine
genevois, un moteur économique majeur, ainsi qu’un savoir-faire d’exception
reconnu internationalement. Pourtant, malgré son importance historique et
culturelle, Genève ne dispose plus, depuis la fermeture du Musée de
l’horlogerie et de l’émaillerie, en 2002, d’un lieu spécifiquement consacré à la
valorisation publique de cet héritage.
Les travaux de la commission de l’enseignement, de l’éducation, de la
culture et du sport (CEECS) se sont étendus sur plusieurs mois, avec cinq
M 2978-A
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séances réunissant les principaux acteurs concernés : la Ville de Genève, le
département de la culture et du sport (DCS), le département de l’économie et
de l’emploi (DEE), le département de l’instruction publique (DIP), ainsi que
les directions du Musée d’art et d’histoire (MAH) et plusieurs fondations
horlogères. Ces auditions ont permis d’obtenir une vision globale du paysage
horloger genevois, de l’état actuel des collections publiques, et des réflexions
en cours sur la valorisation du patrimoine horloger.
Les débats ont d’abord confirmé la richesse et la diversité du patrimoine
conservé à Genève. Le MAH détient environ 20 000 pièces liées à l’horlogerie,
à l’émaillerie et à la bijouterie, constituant l’un des ensembles les plus
importants d’Europe. Ces pièces, issues de dons, de legs et d’achats,
témoignent de plusieurs siècles d’histoire et de savoir-faire. Toutefois, la
majorité de ces objets n’est pas exposée, notamment en raison des contraintes
techniques et sécuritaires liées au bâtiment actuel.
La commission a également pris note de l’avancement du projet de
rénovation et d’extension du MAH, qui prévoit d’ici 2030 la création de
nouveaux espaces d’exposition, notamment pour les arts décoratifs et
l’horlogerie. Ce projet s’inscrit dans une vision moderne, pluridisciplinaire et
inclusive de la culture, où les savoir-faire artisanaux côtoient les arts plastiques
et les sciences humaines.
En parallèle, le DEE a présenté ses travaux avec les principales faîtières du
secteur (UFGVV, Fondation de la haute horlogerie, Watch Library
Foundation, Timelab, Horopedia, etc.). Ces échanges ont conduit à
l’émergence d’une idée complémentaire et novatrice : celle d’une Maison des
savoir-faire horlogers, lieu fédérateur à la croisée de la culture, de l’éducation,
de l’innovation et du tourisme. Cette maison aurait pour vocation de réunir les
acteurs publics et privés autour d’un projet commun, tout en valorisant la
transmission des métiers, la formation et la promotion du patrimoine
immatériel.
La commission a ainsi observé un consensus croissant entre la Ville, le
canton et les partenaires privés : plutôt que de multiplier les institutions, il est
préférable de concevoir un lieu unique, inclusif et collaboratif, capable
d’incarner la tradition horlogère tout en s’ouvrant à la modernité et aux
nouvelles générations.
Objectifs de la motion
L’objectif premier de la motion 2978 est de préserver et valoriser
l’identité horlogère genevoise en lui offrant une vitrine culturelle et
éducative à la hauteur de son importance historique. Les initiants ont
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souhaité redonner à Genève un lieu symbolique où seraient présentés les
savoir-faire, les innovations et les créations ayant façonné la réputation
mondiale du canton dans ce domaine.
Plus précisément, la motion vise à :
1. mettre en valeur le patrimoine horloger genevois, tant matériel (collections,
objets, archives) qu’immatériel (savoir-faire, métiers d’art, innovations
techniques) ;
2. sensibiliser le grand public et les jeunes générations à l’histoire, à la
technique et à la créativité du secteur, en dépassant la perception de la
montre comme simple objet de luxe ;
3. encourager les vocations dans les métiers de l’horlogerie et des arts
appliqués, en créant des passerelles entre la culture, la formation
professionnelle et l’économie ;
4. renforcer l’attractivité touristique et économique de Genève en valorisant
l’un de ses atouts identitaires les plus forts ;
5. fédérer les acteurs publics et privés (Etat, Ville, musées, manufactures,
fondations et écoles) autour d’un projet commun et durable.
Au fil des travaux, ces objectifs ont été reformulés sous une forme plus
opérationnelle : plutôt qu’un musée statique, il s’agit désormais de concevoir
un espace vivant, évolutif et participatif – une Maison des savoir-faire
horlogers – où se rencontreraient culture, innovation et formation. Ce lieu
pourrait combiner expositions, ateliers pédagogiques, résidences d’artisans,
conférences et dispositifs numériques interactifs, dans une logique d’ouverture
et de collaboration internationale.
Ainsi, la motion révisée invite le Conseil d’Etat à étudier la faisabilité de
cette maison dans le cadre d’un partenariat public-privé, et à veiller à son
accessibilité pour les jeunes et le grand public.
Conclusion
A l’issue de ses travaux, la commission a constaté un large accord entre les
différents départements et acteurs auditionnés sur la pertinence d’un projet
valorisant le savoir-faire horloger genevois, tout en rejetant l’idée d’un musée
indépendant, jugée redondante et coûteuse. La majorité a salué l’esprit de la
motion, qui met en lumière une part essentielle de l’identité culturelle et
économique de Genève, tout en appelant à une approche pragmatique et
concertée.
Le DEE, en concertation avec le DCS et le DIP, a confirmé qu’un groupe
de travail associant les principaux partenaires du secteur est déjà actif et qu’il
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examine les contours d’une future Maison des savoir-faire horlogers. Ce lieu,
pensé comme un espace d’innovation, de formation et de rencontre, permettrait
de fédérer l’écosystème horloger et de renforcer le rayonnement international
de Genève dans ce domaine d’excellence.
La majorité de la commission recommande donc l’adoption de la
motion ainsi amendée, qui ne demande pas la création immédiate d’une
structure, mais mandate le Conseil d’Etat pour en étudier la faisabilité et
proposer un modèle de gouvernance et de financement équilibré, associant
partenaires publics et privés. Cette approche permet d’éviter les doublons
institutionnels, tout en valorisant pleinement les 20 000 pièces existantes
et les savoir-faire qu’elles représentent.
En conclusion, la commission considère que cette motion offre une
impulsion positive et fédératrice, à même de consolider la position de Genève
comme capitale mondiale de la haute horlogerie, tout en ouvrant la voie à une
meilleure reconnaissance des métiers d’art, de la créativité et de la
transmission. Le rapporteur de majorité souligne que ce projet illustre
parfaitement la convergence entre culture, économie et éducation, au service
du rayonnement de Genève et de la valorisation de son patrimoine.
Séance du 4 décembre 2024
Présentation de Mme Masha Alimi, auteur
Mme Alimi est ravie de présenter enfin sa motion, qui était suspendue
depuis un an. Elle explique avoir la volonté de créer un musée dédié à
l’horlogerie, Genève étant la capitale de la haute horlogerie, où les marques
bénéficient d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et d’un rayonnement
mondial qu’il conviendrait de pérenniser. Elle souligne que l’horlogerie
participe à la prospérité de la Suisse par la production de 15 000 montres par
an, ce qui représente 50% du marché mondial de l’horlogerie ainsi que
10 000 emplois.
Mme Alimi informe que 20 000 pièces représentant la collection horlogère
la plus importante sont stockées dans les entrepôts du MAH.
Mme Alimi relève qu’en 2020, l’UNESCO a inscrit les savoir-faire en
mécanique horlogère d’art sur la liste représentative du patrimoine culturel
immatériel de l’humanité. Actuellement, les manifestations horlogères sont
nombreuses à Genève, et sont organisées par des entités privées. Elle ajoute
que ces manifestations accueillent principalement un public de professionnels.
Elle pense qu’il est essentiel aujourd’hui de favoriser le développement d’un
musée dédié et accessible à un large nombre.
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Mme Alimi ajoute que le but de la création d’un tel musée est d’organiser
des évènements et des expositions de sorte à encourager la population à
s’intéresser à l’horlogerie, et de ne plus percevoir les montres comme des
objets de luxe, mais comme des objets d’art et de savoir-faire uniques. Elle
souligne que cela permettrait aussi de créer des vocations. Elle relève qu’un
musée dédié permettrait également d’exposer toutes les marques de montres,
qu’elles soient prestigieuses ou pas, et de collaborer de manière étroite avec
toutes les manifestations actuelles privées, qui sont en grand nombre à Genève.
Mme Alimi indique avoir rencontré plusieurs personnes issues du milieu
horloger pendant la préparation de cette motion, et avoir assisté à plusieurs
manifestations y relatives. Elle fait part du fait que toutes ces personnes
souhaitent ardemment la création d’un musée dédié à l’horlogerie, et parlent
avec passion de ce domaine. Elle suggère de les auditionner. Elle cite, parmi
les personnes qu’elle a rencontrées, M. Serge Maillard, qui dirige la maison
d’édition Europa Star, qui publie depuis plusieurs décennies des publications
de référence dans différentes langues sur l’horlogerie, la joaillerie et la
microtechnique, et ce dans plusieurs pays. Il a également cofondé « The Watch
Library », qui est une fondation reconnue d’utilité publique dédiée à la
préservation et à la valorisation du patrimoine horloger. Elle a également
rencontré Mme Martine Depresle, qui est cofondatrice et directrice générale de
« The Watch Library », et qui a pour ambition de préserver et valoriser les
archives de l’horlogerie en Suisse en les numérisant et en les rendant
accessibles au public via une plateforme accessible à tous. Elle partage avoir
aussi rencontré le directeur de la Fondation de la haute horlogerie, M. Pascal
Ravessoud, ainsi que sa directrice adjointe, Mme Aurélie Streit. Elle explique
que la fondation est créatrice de contenu, de compétence, de collections et
d’expérience pour la fonction de la haute horlogerie. Celle-ci organise des
expositions et des évènements, et offre une gamme de formations dans
10 langues différentes. Elle indique que celle-ci organise par ailleurs à Genève
de petites expéditions ludiques pour les enfants. Elle conclut avoir rencontré
M. Kanaan, directeur administratif de la culture à la Ville de Genève, et
M. Wahler, le directeur général du MAH. Elle relève que ce dernier lui a
indiqué qu’un musée dédié n’est pas une vision moderne de l’art. Il soutiendrait
une exposition permanente dans une annexe du futur MAH où se rencontreront
toutes sortes d’arts allant de l’horlogerie à la culture égyptienne. Elle n’est
personnellement pas d’accord avec sa vision : l’histoire horlogère est
particulière à Genève, et c’est pour cette raison qu’il lui semble important qu’il
y ait un musée dédié, qui permettrait de pérenniser l’histoire, la culture et le
savoir-faire de l’excellence.
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Questions et réponses
Une commissaire (PLR) demande combien il y a de musées de l’horlogerie
en Suisse.
Mme Alimi ne sait pas. Elle indique qu’il y a le Musée Patek Philippe à
Genève, qui est privé. Elle soulève que chaque marque possède son propre
musée qui se trouve généralement dans son entreprise. Elle ajoute qu’il existe
également le Musée international d’horlogerie, qui se trouve à La
Chaux-de-Fonds.
Un commissaire (PLR) demande si elle a eu des contacts avec le Musée
Patek Philippe, car elle voit que Mme Alimi n’a rencontré aucun horloger.
Mme Alimi précise qu’elle n’a rencontré aucun horloger travaillant dans une
entreprise privée. Elle n’a pas rencontré le directeur de Patek Philippe, mais
celui de Vacheron Constantin, qui était tout à fait favorable à cette motion. Elle
a par ailleurs visité le Musée Patek Philippe, qui retrace l’histoire de la marque.
Elle explique que le musée dédié qu’elle a imaginé exposerait des montres, que
ce soit des marques prestigieuses ou non, qu’elles existent encore ou n’existent
plus, afin de raconter l’histoire horlogère de Genève.
Un commissaire (PLR) a cru comprend que Mme Alimi souhaitait mettre en
valeur les 20 000 pièces se trouvant au MAH.
Mme Alimi confirme, et ajoute que cela n’empêche pas la mise en place
d’expositions éphémères. Elle souligne que le savoir-faire et les artisans seront
également mis en avant, afin que tous les métiers gravitant autour de la montre
soient mis en lumière.
Un commissaire (PLR) explique que c’est pour cette raison qu’elle
s’interroge sur le fait que Mme Alimi ne soit pas allée rencontrer les horlogers.
Elle n’est pas sûre que ces derniers souhaitent se réunir pour exposer leurs
pièces dans un musée dédié.
Mme Alimi informe qu’elle a rencontré des artisans, visité le salon qui a eu
lieu, rencontré l’ancien directeur général de Vacheron Constantin, mais n’a
effectivement pas rencontré les dirigeants de Patek Philippe et de Audemars
Piguet.
Un commissaire (PLR) demande en quoi consistent les 20 000 pièces
enfouies au MAH.
Mme Alimi répond qu’il s’agit d’émaillerie, de vieilles montres, etc. Elle a
appris que Gilbert Albert avait également donné des pièces de collection.
N’ayant pas vu ces pièces depuis des années, elle ne se rappelle pas tout. Elle
indique ne pas avoir contacté directement Mme Falquet, la conservatrice.
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Un commissaire (PLR) demande ce qu’elle entend par les termes « donner
l’impulsion » qui figurent dans la motion, et si cela comprendrait par exemple
le fait de mettre un lieu à disposition.
Mme Alimi avait imaginé que ce musée pourrait prendre place au sein du
Musée Rath, qui est sous-occupé. Cependant, elle n’a pas fait d’étude et ne sait
pas si cela serait viable. Elle laisse le soin au Conseil d’Etat d’effectuer une
étude et de donner des pistes.
Un commissaire (S) remarque qu’elle n’a pas abordé le volet économique
lié au tourisme. Il demande combien de visiteurs le Musée Patek Philippe
accueille chaque année. Il trouve qu’il pourrait être une bonne chose de
regrouper toutes les marques horlogères dans une exposition afin de valoriser
l’aspect touristique et patrimonial du canton de Genève au travers de
l’horlogerie. Il demande si Mme Alimi a abordé cette question lors de ses prises
de contact.
Mme Alimi répond qu’elle n’a effectivement pas abordé ces questions dans
les prises de contact, mais dans les statistiques. Elle répète qu’il existe
aujourd’hui beaucoup de manifestations, et qu’elles pourraient être déplacées
dans le musée dédié, ce qui permettrait de faire venir des professionnels mais
aussi des touristes. Elle indique ensuite ne pas connaître le nombre de visiteurs
du Musée Patek Philippe par année, mais sait qu’il est très visité. Elle
souhaiterait, par ce musée dédié, créer des vocations. Le monde privé et
amateur pourrait s’y réunir, et assister à divers évènements. Elle aborde
également le sujet des formations privées, et trouve dommage que
l’administration publique n’ait pas un droit de regard là-dessus.
Un commissaire (PLR) rappelle que Genève avait bénéficié d’un musée de
l’horlogerie jusqu’en 2002, mais que celui-ci avait été cambriolé deux fois. Il
avait ensuite été imaginé dans le projet 2016 qu’une exposition horlogère fasse
partie du MAH, suite à la rénovation et l’agrandissement de ce dernier. Il
rappelle qu’un apport très conséquent devait se faire par la fondation Wilsdorf
et par le groupe Richemont afin de participer à l’agrandissement du MAH qui
aurait compris une partie horlogère. Ce projet avait cependant été refusé en
février 2016. Le nouveau projet du MAH, qui dort depuis quelques années dans
les méandres de la Ville de Genève, comprendrait également un projet
horloger. Il souligne qu’il s’agit d’un projet municipal et non pas cantonal. Il
comprend les motivations de la motion, et sa volonté qu’un tel musée soit de
la compétence du canton. Il demande cependant comment Mme Alimi a
imaginé la répartition des compétences entre les communes et le canton.
Mme Alimi a travaillé à la Ville de Genève, et se rappelle ces évènements.
Elle explique que le musée n’avait pas rouvert, car l’assurance avait refusé
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d’assurer un lieu dont les systèmes de sécurité n’étaient pas conformes. Le
Musée Rath avait alors été rénové pour répondre à ces normes sécuritaires. Elle
sait qu’à l’époque, ce musée horloger avait eu beaucoup de succès. Elle trouve
que le canton devrait prendre en main le pilotage de ce projet, la commune
n’ayant pas encore fait grand-chose.
Un commissaire (PLR) demande quelle serait la place de l’horlogerie dans
le nouveau MAH.
Mme Alimi répond qu’il y aurait une annexe accueillant la collection
permanente. Elle rappelle la vision de M. Wahler selon laquelle un musée
moderne n’est plus dédié à une seule thématique. Elle regrette cela pour
l’horlogerie, qui mériterait qu’on la mette en avant.
Une commissaire (Ve) indique que la plupart des musées se trouvent dans
des lieux traditionnellement horlogers. Lorsqu’elle voit cela, elle aurait
également envie qu’il y ait un musée genevois. Le Musée Patek Philippe est
censé accueillir toutes les marques, mais elle imagine qu’il y a tout de même
de l’autopromotion. Elle demande pourquoi cela pose un problème à
Mme Alimi que l’horlogerie ne soit exposée que dans une aile du MAH.
Mme Alimi répond qu’un musée dédié donnerait une meilleure visibilité à
l’horlogerie, dont Genève est la capitale. Elle ajoute que l’horlogerie côtoierait
l’art égyptien au sein du MAH, ce qui ne permettra pas qu’elle soit mise en
avant.
Un commissaire (UDC) trouve la motion intéressante, mais relève qu’elle
se heurte à un problème : la nouvelle loi sur la culture votée par le peuple, et
la loi sur la répartition des tâches entre les communes et le canton. Il s’agit
dans ce cas plutôt de la compétence de la Ville de Genève. Il pense que ce texte
devrait être déposé à la Ville de Genève.
Mme Alimi répond que sa motion se base sur l’art. 1 de la LRT-2 et sur
l’art. 5 de la loi sur la culture, qu’elle lit. Elle pense que ce musée pourrait être
créé par ce canton en partenariat avec plusieurs communes. Lorsqu’elle lit les
articles, la nouvelle loi donne selon elle des prérogatives au canton qu’il n’avait
pas avant.
Un commissaire (UDC) rappelle que le peuple a voté l’IN 167, qui a été
suivie par un projet de loi sur l’application de cette initiative, largement voté
par le peuple à 83%. Il trouve qu’il y a des priorités, et que cette motion n’en
fait pas partie. Il indique que la question sera posée au département.
Mme Alimi souligne qu’il s’agit d’une motion et non pas d’un projet de loi.
Un commissaire (PLR) soulève que les horlogers n’ont pas l’air de bien
s’entendre entre eux. Il a vu qu’il existe des salons concurrents qui se font la
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guerre. Si les horlogers avaient souhaité se réunir à des fins culturelles, il pense
qu’ils l’auraient déjà fait.
Mme Alimi ne pense pas que ce soit le cas et propose de poser la question
aux horlogers. Elle est d’avis que le pouvoir public doit s’intéresser à cette
question, et pourrait influencer la création d’une exposition de toutes les
marques horlogères confondues. Elle pense que c’est au pouvoir public de les
rassembler. Dans le cas où la motion est acceptée, elle laissera le Conseil d’Etat
vérifier la faisabilité de ce projet.
Un commissaire (PLR) relève que la collaboration des grandes marques
serait nécessaire. Il imagine que certaines d’entre elles pourraient ne pas être
enchantées à l’idée d’être exposées aux côtés de marques bon marché.
Mme Alimi remarque que des montres bon marché ont toujours existé, et
que certaines de ces marques n’existent plus. Elle pense qu’il serait bien de les
ressortir et de les exposer afin de pouvoir suivre l’évolution des marques.
Un commissaire (PLR) pense que cela est un peu optimiste, d’autant plus
qu’il existe l’Ecole d’horlogerie de Genève, qui est la plus ancienne de Suisse,
ainsi que des écoles proposées par différentes marques. Selon lui, le vivre
ensemble n’est pas garanti, surtout au sein d’un musée. En effet, ce dernier
nécessiterait des fonds réguliers.
Mme Alimi suggère que ces questions soient posées à M. Ravessoud.
Un commissaire (UDC) lit l’invite de la motion. Il demande ce qu’il
adviendra des 20 000 pièces qui sont actuellement entreposées au MAH. Il
demande si ces pièces pourront être intégrées dans ce musée moderne. Il
souhaite également savoir si ces 20 000 pièces sont encore exposées.
Mme Alimi répond que ces questions pourraient être posées à Mme Falquet,
la conservatrice. Il lui semble qu’une vingtaine de ces pièces avaient été
exposées au MAH il y a quelques années. Il n’y a cependant eu aucune
publicité. Elles n’ont pas été réexposées depuis.
Un commissaire (PLR) précise que c’est le musée qui est moderne, et non
pas les pièces horlogères qui y seront exposées.
Un commissaire (S) pense qu’il existe une rivalité plutôt au niveau des
villes que des marques. Il lui semble que ces dernières réussissent à cohabiter.
Il admet qu’il est arrivé que certaines marques créent leur propre salon, mais il
pense qu’il y a principalement eu une rivalité entre Bâle et Genève. Il indique
ensuite être frappé, lorsqu’il se promène à Genève, par le nombre de petits
ateliers proposant divers concepts. Il souhaite savoir si le musée de l’horlogerie
sera également un centre de promotion dédié à la Genève horlogère ainsi que
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tout ce qu’elle offre et apporte au canton. Il se dit finalement surpris du nombre
de personnes portant une Apple Watch ou une autre montre du genre.
Mme Alimi répond imaginer ce projet tout d’abord comme un musée dédié,
qui accueillerait des pièces de collection et retracerait l’histoire. Elle pense que
des expositions éphémères pourraient également se mettre en place afin de
mettre en lumière certaines marques, ou encore des thèmes sans que la marque
soit mise en avant. Elle répète que ce serait une décision de l’ordre du public.
Elle précise que chaque marque serait bien sûr libre d’accepter ou non
d’exposer ses pièces.
Le commissaire (LJS) informe que le Musée Patek Philippe accueille
environ 30 000 visiteurs par année. Il demande pourquoi un projet tel que
présenté Mme Alimi n’intéresse par la Ville de Genève.
Mme Alimi répond que la Ville de Genève est intéressée par un tel projet,
mais qu’elle est dans l’attente du nouveau MAH et de son annexe. Elle répète
être personnellement contre le fait que l’horlogerie soit exposée dans une
annexe, à côté d’autres arts. Elle est persuadée que créer un musée dédié à
l’horlogerie aurait un impact sur Genève et son économie.
Discussion
Le président rappelle que l’audition du DCS est prévue la semaine
prochaine. Il relève que Mme Alimi a suggéré l’audition de M. Kanaan, de
M. Wahler, de M. Serge Maillard, de Mme Martine Depresle et de
M. Ravessoud.
Une commissaire (PLR) souhaite lier l’audition du DCS à celle de
M. Kanaan, le magistrat du département de la culture à la Ville de Genève. Elle
souligne qu’il s’agit avant tout d’une affaire de la Ville de Genève.
Le président, pour résumer, déclare que la commission procédera d’abord
aux auditions du DCS et de M. Kanaan, puis avisera de la suite.
Séance du 11 décembre 2024
Audition : M. Nicolas Kerguen, secrétaire général adjoint chargé de la
culture et du sport – DCS
M. Kerguen remercie la commission de le recevoir. Il rappelle que
beaucoup de choses ont déjà été mentionnées la semaine dernière par la
motionnaire. Il dit que le DCS souscrit à bon nombre des arguments de
l’exposé des motifs de la motion. Néanmoins, sa position est plutôt négative
au sujet de cette dernière.
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M. Kerguen pense qu’il est nécessaire de se demander d’où vient ce besoin,
et qui l’exprime. En l’occurrence, il a compris que ce ne sont pas les horlogers
eux-mêmes qui se sont fédérés et qui ont émis le souhait de créer un musée
dédié à l’horlogerie. Selon lui, il s’agit plutôt ici d’une démarche politique. Il
souligne qu’il existe déjà à Genève le Musée Patek Philippe qui expose
l’histoire de l’horlogerie à Genève sur les cinq derniers siècles. Il ajoute qu’il
existe également d’autres musées dans le grand bassin lémanique. Il émet des
réserves sur l’existence d’un réel besoin.
M. Kerguen mentionne que créer un musée nécessite un certain
investissement, mais engendre également des coûts de fonctionnement non
négligeables. Il relève que le DCS a beaucoup à faire avec les institutions
culturelles déjà prévues, notamment le Musée de la BD. Il réitère que la
position du DCS est assez claire au sujet de cette motion.
Un commissaire (UDC) demande, concernant le contreprojet à l’IN 167
votée par le peuple à 83% des voix, comment les compétences entre le canton
et la Ville sont déterminées. Il souhaite savoir comment ce type de projet va
s’inscrire dans le futur concernant la stratégie mise en place au niveau de
l’équilibre entre le canton, la Ville et les communes.
M. Kerguen confirme que l’IN 167 a été plébiscitée par le peuple, ce qui a
mené à l’adoption de la nouvelle LPCCA qui est entrée en vigueur en
janvier 2024. Cette dernière répartit les différents rôles entre le canton et les
communes. Il indique que plusieurs projets demandant la collaboration de la
Ville et du canton sont déjà en cours à Genève. Il ajoute que les nouvelles
compétences du canton impliquent également un cofinancement : l’Etat
devient un réel cofinanceur et intègre la gouvernance des établissements
faisant partie de la liste. En matière d’institutions existantes, les choses sont
aujourd’hui assez claires. Concernant les futurs projets potentiels, il explique
ne pas être en mesure de donner une réponse pour l’instant. Il n’a pas encore
de visibilité sur la manière dont ces projets seront gérés, car ils ne figurent pas
dans la liste actuelle. Il imagine cependant que la question d’un cofinancement
pourrait se poser si, par exemple, le musée de l’horlogerie venait à s’établir
dans une commune.
Une commissaire (PLR) le remercie de ses propos et indique ne pas être
surprise de la position du département, qui la rassure. Elle mentionne les
20 000 pièces horlogères entreposées au MAH, qui sont du ressort de la Ville
de Genève. Elle demande si le canton a connaissance de l’existence de
celles-ci. Elle souhaite savoir où se situe le point d’équilibre dans la répartition
des compétences et les relations entre la Ville et le canton.
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M. Kerguen rappelle n’avoir pris ses fonctions que depuis un mois, il n’a
pas eu l’occasion d’aborder ce point avec son homologue du département de
la culture de la Ville de Genève. Concernant ces 20 000 pièces, il souligne
qu’elles ont une vraie valeur patrimoniale et qu’il serait dommage de se priver
de les mettre en avant. Il se demande cependant si un musée dédié est
nécessaire pour cela. Il imagine qu’il serait possible d’exposer ces pièces dans
un musée déjà existant, ou lors d’évènements tels que Watches and Wonders.
Il soulève que le magistrat en charge à la Ville de Genève serait plus à même
de répondre à cette question.
Un commissaire (PLR) rappelle que Genève avait déjà accueilli un musée
de l’horlogerie. Elle demande si, suite à sa fermeture, il n’y a pas eu la volonté
d’en ouvrir un nouveau.
M. Kerguen répond que ça n’a pas été le cas à sa connaissance.
Un commissaire (PLR) comprend qu’une collection horlogère devait être
intégrée au nouveau MAH.
M. Kerguen confirme.
Une commissaire (S) indique que le MAH avait effectivement prévu
d’accueillir différentes expositions, et notamment une sur l’horlogerie. Elle
précise que la contribution du canton va se faire via les 700 bâtiments prévus
pour l’extension du MAH, et que l’exposition horlogère devrait y trouver sa
place.
Un commissaire (PLR) demande si une exposition sur l’horlogerie est
prévue dans l’extension du MAH.
Une commissaire (S) répond ne pas connaître la programmation, mais il lui
semble que cela était initialement prévu. Elle estime que, si un réel besoin d’un
musée dédié à l’horlogerie avait été identifié, les acteurs du milieu culturel
l’auraient déjà évoqué.
Une commissaire (Ve) souhaiterait en entendre davantage sur la position
du département. Elle a l’impression que cette motion souhaitait soutenir et
encourager la vocation et la formation. Elle souligne que Genève est l’un des
creusets de l’horlogerie suisse. Elle demande si le canton est intéressé à
soutenir d’une façon ou d’une autre l’engouement pour ce type de formations.
Elle demande si des actions privées uniquement, menées grâce à l’argent
généré autour des montres de luxe, sont suffisantes pour maintenir un savoirfaire artisanal. Elle demande si l’Etat ne devrait pas avoir un rôle à jouer, et
s’il souhaite soutenir ainsi que maintenir le savoir-faire genevois au niveau
cantonal.
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M. Kerguen répond qu’il ne peut exprimer que la position du DCS, et non
celle du DIP, concernant la volonté de l’Etat de soutenir la formation
horlogère. Sur le principe, il se dit favorable à l’idée de soutenir et de susciter
des vocations pour le métier d’horloger. Toutefois, il estime que cette question
devrait être adressée au DIP. Il s’interroge néanmoins sur la nécessité de créer
un musée dédié à l’horlogerie pour encourager ces vocations. Il rappelle que
trois évènements majeurs consacrés à l’horlogerie se tiennent chaque année à
Genève. Il réaffirme que le DCS n’est pas convaincu de la nécessité d’un
nouveau musée et suggère que cette question soit également posée au DIP ou
à l’OFPC.
Un commissaire (Ve) souhaite savoir si une diminution des vocations dans
les métiers de l’horlogerie est observée.
M. Kerguen indique qu’il y a eu, il y a quelques semaines, des journées
portes ouvertes à Plan-les-Ouates. Il informe que celles-ci ont réuni beaucoup
de personnes intéressées par la filière. Il ne détient cependant pas les chiffres
concrets.
Un commissaire (PLR) rebondit en disant que la motion ne mentionne rien
au niveau de la formation. Il existe une formation en horlogerie à Plan-lesOuates ainsi que le campus horloger du groupe Richemont, qui forment à des
métiers très pointus qui disparaitraient si ces établissements n’existaient pas. Il
estime que les entités privées gèrent très efficacement ce domaine, rendant
l’intervention de l’Etat superflue.
Un commissaire (LJS) demande à M. Kerguen s’il fonde son affirmation
selon laquelle un musée dédié ne répondrait à aucun besoin sur une étude ou
simplement sur son avis personnel. Il exprime un avis contraire, rappelant que
le musée Patek Philippe a accueilli 600 000 visiteurs au cours des 20 dernières
années. Il souligne que cette motion ne vise pas à analyser les moyens
financiers, mais plutôt à encourager les communes et le canton à créer un
musée dédié à l’horlogerie. Il s’interroge sur le potentiel d’un tel musée à
attirer davantage de touristes, ce qui pourrait générer une nouvelle dynamique
économique.
M. Kerguen pense s’être mal exprimé : il ne dit pas qu’il n’y a pas de
besoin, mais se demande qui a exprimé ce besoin. Il précise que ce ne sont pas
les horlogers, et il estime qu’il faut s’interroger sur les raisons de cette absence
de demande. Il répète que le DCS estime qu’il n’est pas nécessaire de créer un
musée dédié pour susciter des vocations auprès des jeunes. En réponse à la
deuxième question de même commissaire (LJS), il souligne qu’ouvrir un
second musée proposant une offre similaire pourrait créer une forme de
concurrence. Il fait ensuite le lien avec la troisième question, en rappelant que
M 2978-A
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le Musée Patek Philippe existe déjà et fait partie des sites incontournables à
visiter à Genève. Il se demande donc s’il est nécessaire de créer un autre musée
alors qu’un musée dédié à l’horlogerie est déjà en place. Selon le DCS, la
réponse est non.
Le commissaire (LJS) trouve que ce n’est pas le rôle des horlogers
d’exprimer leurs besoins, mais celui canton et des communes de prendre les
devants, et de proposer davantage d’offres.
M. Kerguen répond que, dans le cas où la préoccupation du commissaire
(LJS) serait d’attirer les touristes, il existe déjà des projets en cours qui peuvent
s’inscrire dans une politique publique de tourisme. Concernant sa dernière
question, il reconnaît que les députés ont le rôle de proposer des initiatives pour
la cité. Cependant, il s’interroge sur la raison pour laquelle les horlogers,
établis à Genève depuis des siècles, ne se sont pas unis pour demander à l’Etat
la création d’une institution muséale visant à mettre en valeur le métier et les
pièces horlogères. Il estime qu’ils se seraient exprimés s’il y avait eu un réel
besoin.
Discussion
Le président rappelle que M. Kanaan sera auditionné le 15 janvier 2025 au
sujet de cette motion. Il propose d’ouvrir la discussion, ou de passer
directement au point suivant.
Un commissaire (S) souhaite passer au point suivant.
Une commissaire (PLR) pense qu’il est nécessaire d’auditionner
M. Kanaan au sujet des 20 000 pièces horlogères, qui sont le point d’accroche
de cette motion. Elle indique cependant que, si cela était nécessaire, le groupe
PLR serait prêt à voter ce soir. Elle ne souhaite pas proposer d’autres auditions.
Un commissaire (LJS) remarque que les départements indiquent toujours
qu’il n’y a pas de problèmes. Il suggère l’audition des autres personnes
concernées afin de leur demander s’il existe des besoins.
Une commissaire (S) pense qu’il serait possible de demander par écrit à
M. Kanaan si certaines des 20 000 pièces horlogères seront exposées au sein
du MAH. Elle n’est pas convaincue que ce soit pertinent de l’auditionner
spécifiquement pour cette question. Elle ajoute que, si la commission souhaite
lui poser des questions plus générales concernant le MAH, il serait préférable
de lui en faire part en amont. Elle trouve ensuite assez particulier de demander
aux grandes entreprises horlogères pourquoi elles ne créent pas de musée,
estimant que ce n’est pas très pertinent.
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M 2978-A
Un commissaire (UDC) souscrit aux propos de sa collègue (S). Il pense
qu’il est important que M. Kanaan puisse donner à la commission des
informations sur d’autres sujets concernant la culture, notamment sa vision de
la répartition des tâches entre le canton et les communes suite au vote de
l’IN 167 et avec le futur MAH. Il mentionne ensuite que le groupe UDC trouve
que la M 2978 est une fausse bonne idée : des musées et des formations
existent déjà, il ne pense pas que les horlogers pourraient faire autre chose. Il
souhaite cependant que la piste de l’exposition de certaines des 20 000 pièces
lors d’évènements horlogers importants soit explorée. Le groupe UDC refusera
cette proposition de motion, mais souhaite tout de même maintenir l’audition
de M. Kanaan.
Le président propose d’attendre l’audition de M. Kanaan avant de discuter
d’autres auditions.
Séance du 15 janvier 2025
Audition de :
– M. Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève
– M. Bertrand Mazeirat, chargé de projet « Nouveau MAH »
– Mme Estelle Fallet, conservatrice en chef
– M. Jan Behrendt, responsable de l’unité conservations et valorisation
– Mme Dorina Xhixho, collaboratrice personnelle, direction et secrétariat
du département de la culture et de la transition numérique
– M. Marc-Olivier Wahler, directeur du MAH
Le président indique avoir informé M. Kanaan que la commission
souhaitait également obtenir un retour sur les avancées concernant le MAH.
M. Kanaan remercie la commission de les recevoir aujourd’hui sur une
thématique qui est au cœur de l’identité collective à Genève : l’horlogerie.
Cette activité s’est ancrée dans l’histoire de la cité et demeure aujourd’hui
encore un fleuron de l’économie. Mais, au-delà de l’économie, elle représente
aussi des métiers d’art et des compétences très spécifiques que Genève est
heureuse de préserver, constituant ainsi un patrimoine précieux. Le MAH
dispose à ce titre d’une collection exceptionnelle dans ce domaine. Il rappelle
le traumatisme du vol survenu en 2002 au Musée de l’horlogerie. Celui-ci n’a
pas été rouvert, car il serait impossible de le sécuriser de manière adéquate. Le
MAH est actuellement en pleine mutation, tant dans sa gestion que dans ses
perspectives d’avenir. Le concours international d’architecture et
d’aménagement urbain se termine ce printemps, et les résultats seront publiés
en mai. Cela permettra de lancer un nouveau projet de restauration,
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d’optimisation et d’intégration urbaine du MAH. Il s’agira non seulement du
musée en tant que tel, mais également de son intégration dans un périmètre
plus large. Il ajoute que la CEECS a traité la LPCCA. Le MAH figure parmi
les institutions phares mentionnées par l’accord comme relevant d’une gestion
conjointe entre le canton et la Ville. A terme, le MAH fera l’objet de
discussions conjointes entre ces deux entités.
M. Wahler est originaire de Neuchâtel, issu d’un milieu horloger, et a passé
une grande partie de sa vie entouré de passionnés. Ces cinq dernières années,
l’horlogerie a occupé une place prépondérante sur la scène genevoise,
notamment à travers des expositions temporaires.
Mme Fallet déclare qu’avant 1910, date de création du MAH destiné à
rassembler sur un même site plusieurs collections patrimoniales gérées par la
Ville de Genève, des entités liées à la mesure du temps et aux métiers connexes
existaient depuis le XVIIIᵉ siècle. Ces entités avaient développé des objectifs
et des missions convergentes. L’imbrication des domaines de l’horlogerie, de
l’émaillerie et des miniatures, intégrés aujourd’hui au MAH, est le fruit de
l’histoire des institutions culturelles. Le patrimoine horloger public genevois
jouit d’une large renommée grâce à des dons prestigieux faits à la bibliothèque
et au musée académique, ainsi qu’à la collecte d’objets phares complétée par
des pièces de série. Ce patrimoine se distingue par plusieurs dimensions : la
didactique et la transmission, en lien avec les savoir-faire locaux hérités de
la Société des Arts et du Musée de l’horlogerie, la technologique, à travers la
maîtrise des matériaux, l’innovation et les savoir-faire mécaniques et
scientifiques et, finalement, l’artistique, en rapport avec le développement des
arts appliqués et décoratifs.
Mme Fallet poursuite qu’en 1943, l’absorption du Musée de l’Ecole
d’horlogerie par le MAH a marqué une étape importante, réunissant les
collections de montres du Musée archéologique et du Musée des arts
décoratifs. Un espace dédié à l’horlogerie et aux émaux, fondateurs de la
renommée de Genève, a été organisé. La politique d’acquisition, qui accentue
les comparaisons avec les productions européennes, demeure active.
Mme Fallet indique que la valorisation de cet ensemble a été renforcée en
1969 par la décision de créer une filiale du MAH dédiée à la fabrique et aux
émaux, soit un musée spécialisé, similaire à ceux de l’arc jurassien liés aux
écoles d’horlogerie. Ce projet, élaboré dans un contexte de crise du quartz par
crainte de perdre des savoir-faire ancestraux, a conduit à l’inauguration en
1972 du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie. Toutefois, après les
évènements de 2001-2002 (le cambriolage), cette filiale a été réintégrée à la
maison mère en 2010, constituant depuis le domaine de conservation de
l’horlogerie, de l’émaillerie, de la bijouterie et des miniatures.
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Mme Fallet souligne que ce domaine est vivant et continue de se développer,
assurant ses missions envers un patrimoine collectif. Cet ensemble se distingue
des autres collections ou musées d’horlogerie par sa pluridisciplinarité,
intégrant émaux, bijoux anciens et contemporains, fonds d’atelier, etc. Il reflète
les métiers pratiqués à Genève depuis le XVIᵉ siècle et présente des pièces
phares, des produits finis, des mécanismes, des prototypes, et des modèles de
démonstration. Contrairement aux musées privés, il valorise son indépendance
vis-à-vis des marques, facilitant ainsi les partenariats public-privé.
Mme Fallet relève que le domaine met en lumière l’identité collective
genevoise, s’inscrivant dans la reconnaissance de l’arc jurassien par
l’UNESCO pour l’inscription des savoir-faire de mécanique d’art et
d’horlogerie au patrimoine immatériel de l’humanité en 2004. Mme Fallet
insiste sur le fait qu’il s’agit d’un patrimoine collectif construit par les
horlogers, collectionneurs, conservateurs et partenaires privés, qu’ils soient
des individus ou des marques. Ce domaine illustre la tradition, l’innovation et
la créativité, tout en racontant les métiers d’art, les gestes techniques, et les
réseaux économiques. L’horlogerie, en tant qu’industrie d’exportation,
s’inscrit dans un contexte global de développement scientifique et
technologique, d’évolution sociale et de courants artistiques européens.
Mme Fallet conclut que ce domaine pluridisciplinaire produit des récits
divers, croisant les autres collections du MAH pour contextualiser et interroger
notre société à travers des thématiques telles que l’histoire de Genève et de
l’Europe, la science, l’art, les techniques, l’économie, et les échanges culturels
et technologiques.
M. Mazeirat poursuit en évoquant les nombreux projets consacrés à
l’horlogerie au MAH au cours des dernières années. Il dit que des expositions
ont été dédiées à l’horlogerie, à l’émaillerie et à la bijouterie, mettant en
lumière ces champs disciplinaires spécifiques. Ces thématiques ont été
abordées de manière autonome ou intégrées dans des expositions thématiques
et pluridisciplinaires, organisées régulièrement depuis une vingtaine d’années,
avec une intensification notable de ces initiatives ces dernières années. Il
présente une liste non exhaustive de ces nombreux projets, incluant notamment
un partenariat annuel avec le Grand prix d’horlogerie. Cependant, ces
initiatives se heurtent à des contraintes structurelles importantes. Il explique
que le musée est confronté à des défis liés à la conservation préventive :
certains étages du MAH sont parfois fermés au public en raison de problèmes
de température et de sécurité. Ces enjeux nécessitent une augmentation de la
présence du personnel de sécurité ainsi que des primes d’assurance élevées,
liées aux traumatismes des deux cambriolages passés. Ces contraintes
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s’appliquent de manière générale au MAH, mais elles impactent
particulièrement les fonds d’horlogerie, de bijouterie et d’émaillerie.
M. Mazeirat explique que le projet du MAH de demain vise à résoudre une
partie de ces difficultés. Il relève que ce projet comprend l’amélioration et
l’extension des espaces d’exposition. En effet, le MAH ambitionne d’ajouter
3000 m² de galeries d’exposition, soit dans les bâtiments existants, soit grâce
à des extensions. Le périmètre du projet englobe le musée principal, les
bâtiments administratifs, l’école des beaux-arts, ainsi que les bâtiments de
« Pin 5 ». Cette extension est cruciale, non seulement pour les fonds liés à
l’horlogerie, mais aussi pour l’ensemble des collections du MAH.
M. Mazeirat rappelle que le MAH est le deuxième musée de Suisse, tant
par sa fréquentation, composée pour moitié de touristes, que par la richesse de
ses collections. Celles-ci se répartissent en six domaines : histoire et
archéologie, beaux-arts (référentiel pour toute l’histoire de l’art), arts
graphiques (l’un des plus importants d’Europe avec plus de 300 000 dessins et
estampes), arts appliqués, et un fonds bibliothécaire exceptionnel de plus d’un
million d’ouvrages, incluant des livres précieux et des livres d’artistes. Ces
collections, constituées principalement grâce à des dons et legs genevois,
reflètent à la fois une identité locale et une ouverture sur le monde. Leur
complémentarité et leur capacité de mise en contexte confèrent au MAH son
originalité et sa singularité.
M. Mazeirat relève que le projet du futur MAH intègre également des
enjeux de restauration et de mise à jour des infrastructures : absence de sas de
déchargement, problèmes de climatisation, absence de salle de quarantaine,
vestiaires insuffisants, inaccessibilité pour les personnes à mobilité réduite, etc.
Ces aménagements devront respecter le classement du bâtiment et intégrer la
restauration des espaces historiques. Le projet ambitionne aussi de connecter
le musée à son environnement urbain, en favorisant une mobilité douce et en
rendant le MAH plus accessible et familier pour les Genevois.
M. Mazeirat ajoute que la volonté du MAH est de renforcer sa mission
pédagogique, notamment par la création de salles de classe et d’animation,
actuellement absentes. Il souhaite également développer des espaces pour la
consultation des collections, en particulier dans le domaine de l’horlogerie, et
renforcer les ateliers de restauration existants.
M. Mazeirat insiste sur le fait que l’horlogerie est un élément fondamental
du MAH et qu’elle bénéficiera d’un traitement spécifique dans le projet. Des
centaines de mètres carrés lui seront dédiés, offrant des espaces d’exposition
et de consultation distincts. Le musée prévoit aussi de développer des pôles de
compétence axés sur les savoir-faire et le patrimoine immatériel, en partenariat
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avec le monde académique, pour inscrire l’horlogerie dans une dynamique de
recherche et de science collective.
M. Mazeirat répète que le concours d’architecture, actuellement dans sa
deuxième phase, désignera un lauréat en mai. Le projet retenu donnera lieu à
des travaux de conception, suivis d’une demande de crédit de construction. Les
travaux devraient aboutir d’ici 2030. En attendant, le MAH poursuit ses
expérimentations pour préfigurer ce que sera le musée de demain. Parmi ces
initiatives, il énonce des nocturnes, de nouvelles formes de projets et
d’expositions, et le développement d’un espace dédié à l’horlogerie dans les
salles historiques du château Zisa. Il indique qu’à partir de 2025, son deuxième
étage accueillera des chefs-d’œuvre de l’horlogerie, intégrant des dimensions
pluridisciplinaires. Des restaurateurs et horlogers y interagiront avec le public.
Le musée prévoit également un cycle de programmation culturelle dédié à
l’horlogerie, qui se déploiera dans les espaces du GamMAH et du MAHLab.
L’exposition « Boîte à musique », prévue dans le cadre des Journées
européennes des métiers d’art, illustre cette dynamique. Il conclut qu’entre
2026 et 2030, le MAH envisage d’intégrer davantage l’horlogerie dans ses
collections permanentes, notamment en la croisant avec les beaux-arts et
l’archéologie, pour enrichir les récits pluridisciplinaires. Ce projet, destiné à
faire rayonner l’identité genevoise, mettra l’horlogerie au cœur de la vision du
MAH de demain.
M. Kanaan indique que la commission, si elle le souhaite, est la bienvenue
au musée pour une visite ciblée qui permettra de découvrir les différentes
collections. En fonction de la date choisie, les députés pourraient également
être invités à visiter la nouvelle exposition majeure qui débutera le 29 janvier.
M. Kanaan poursuit, concernant la motion, qu’il partage l’idée de
l’importance de l’horlogerie. Il souligne qu’il manque à Genève un espace
spécifiquement dédié à l’horlogerie, qui permettrait de valoriser les savoirfaire, le patrimoine et l’histoire de la ville. Cependant, il exprime des réserves
quant à la création d’un musée indépendant consacré uniquement à
l’horlogerie, estimant que cela risquerait de déconnecter cette thématique des
autres éléments du MAH qui participent au récit global de l’histoire de Genève.
Il juge qu’un tel découpage serait regrettable.
M. Kanaan souligne que la branche horlogère à Genève est actuellement
bien fédérée, et des évènements tels que Watches and Wonders témoignent
d’une dynamique de collaboration nettement améliorée par rapport aux années
précédentes. La branche horlogère elle-même reconnaît qu’il manque un lieu
destiné à la fois à la population locale et aux visiteurs. Ce lieu pourrait être
conçu comme une « Maison de l’horlogerie », dans laquelle le MAH pourrait
jouer un rôle clé grâce à ses collections et à son expertise, mais qui irait au-delà
M 2978-A
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des seules pièces historiques. Cette maison pourrait être développée en
partenariat avec l’économie privée, les institutions de formation, ainsi que le
canton.
M. Kanaan dit que le préavis de la Ville de Genève est que la création d’un
musée exclusivement dédié à l’horlogerie serait regrettable, car cela retirerait
un volet essentiel du MAH, où l’horlogerie a déjà une place significative qui
est amenée à croître et à se développer. Cependant, la réflexion autour d’un
espace spécifiquement consacré à ce domaine reste pertinente et mérite d’être
approfondie en collaboration.
Une commissaire (PLR) remercie les intervenants de leur présentation, qui
l’a rassurée sur le fait que tous ces trésors de l’horlogerie ont leur place au
MAH. Cependant, elle exprime une réserve. Elle rappelle que la motion
mentionne 20 000 pièces qui seraient conservées dans les entrepôts du MAH
et demande si ce chiffre est exact. Elle souligne que, compte tenu des
contraintes liées à la rénovation du musée, les espaces actuellement dédiés aux
pièces d’horlogerie exposées sont extrêmement limités. Elle perçoit une
certaine frustration face à ce qui pourrait être fait mais ne l’est pas. Elle évoque
également la question du timing : cela fait bientôt plus de 10 ans que Genève
est sans lieu d’exposition réel pour l’horlogerie. Bien qu’elle estime que
l’horlogerie a toute sa place au MAH et qu’elle n’est pas favorable à la
création d’un lieu indépendant, elle s’interroge sur ce qu’il adviendra de ces
20 000 pièces.
M. Kanaan note que de nombreuses personnes lui ont confié ne pas être
retournées au MAH depuis longtemps, mais qu’elles y vont de nouveau grâce
au travail de M. Wahler et de son équipe. Il précise qu’un espace dédié à
l’horlogerie a été proposé, accompagné d’un aperçu prometteur. En parallèle,
une collaboration régulière avec le Grand prix d’horlogerie a été mise en place,
permettant des legs et des dons fréquents, ce qui est très apprécié.
Mme Fallet confirme le chiffre de 20 000 pièces. Elle précise que le Fonds
d’horlogerie compte environ 8000 pièces, auxquelles s’ajoutent 1000 objets
liés à l’horlogerie pure. L’émaillerie et la bijouterie complètent ce chiffre, car
ces domaines sont imbriqués dans la création d’objets fabriqués dans les
ateliers. Elle mentionne également 3482 objets provenant d’ateliers
d’outillage, souvent issus de gros fonds privés introduits dans la collection ces
dernières années.
M. Kanaan ajoute que, grâce aux fonds d’assurance reçus après le vol,
Mme Fallet a piloté le remplacement des pièces dérobées, bien que les objets
remplacés ne soient pas identiques.
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Mme Fallet explique que ces pièces ont effectivement été remplacées grâce
à une indemnité. Le MAH a une politique très stricte de remplacement de
pièces similaires, de qualité et d’intérêt similaires. Elle informe qu’une pièce
vient de réapparaître aujourd’hui.
M. Kanaan souligne l’intérêt du lien entre l’horlogerie et la bijouterie,
notant que les marques horlogères ont d’abord été perturbées par l’entrée de
marques de bijouterie dans leur domaine, mais que cela est désormais accepté.
Un commissaire (PLR) comprend que, jusqu’en 2030, il ne sera pas
possible de faire davantage que ce qui est actuellement proposé.
M. Kanaan rétorque que, dès l’année prochaine, la Ville prévoit de faire
mieux en matière de visibilité.
Un commissaire (PLR) remarque qu’il n’est pas choqué par le fait qu’il soit
impossible d’exposer la totalité des collections, ce qui est normal. Il s’interroge
sur le projet Camoletti, qu’il trouve magnifique, et propose d’envisager la
suppression de la « bulle » artificielle afin d’offrir une vue directe sur le lac
depuis le MAH, une idée qui pourrait selon lui être pertinente dans d’autres
villes.
M. Kanaan informe que la bulle abrite une sous-station des SIG, essentielle
et coûteuse à déplacer – environ 100 millions de francs. Toutefois, le concours
d’architecture inclut une réflexion sur l’insertion urbaine du musée. Le
périmètre de Rive sera réaménagé pour inclure un espace vert, et le boulevard
Jacques-Dalcroze deviendra une promenade urbaine.
Un commissaire (PLR) demande si un espace dédié à l’art horloger pourrait
être articulé avec l’Ecole d’horlogerie ou le Musée Patek Philippe.
M. Kanaan ne se prononce pas pour le Musée Patek Philippe, mais propose
de discuter du sujet avec la famille Stern. Selon lui, un espace dédié à
l’horlogerie devrait impliquer tous les partenaires pour devenir un carrefour
vivant et représenter pleinement le potentiel genevois.
Un commissaire (MCG) rappelle la M-1373, qui avait été acceptée par le
Conseil municipal demandant l’exposition des 20 000 pièces, et propose le
Musée Rath comme lieu potentiel. Il s’interroge sur l’absence d’exposition de
ces pièces avant 2030.
M. Kanaan insiste sur le fait qu’aucun musée n’expose l’intégralité de sa
collection, mais généralement entre 5 et 10%.
M. Wahler précise que cela peut se situer entre 1 et 7%.
M. Kanaan souligne qu’un tournus des pièces exposées permet de
dynamiser les expositions.
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M. Wahler évoque une expérimentation en cours où les expositions
permanentes sont gratuites et les temporaires payantes, ou proposées en « pay
what you wish ». Cela a entraîné une augmentation de 30% des recettes de
billetterie, bien que 80% des visiteurs ne paient pas. Ce modèle favorise une
fréquentation accrue et diversifiée, bénéfique pour attirer des publics
spécifiques, comme ceux intéressés par l’horlogerie.
M. Kanaan rappelle que le Musée Rath, dédié aux beaux-arts, servira
temporairement d’espace pour le MAH durant les travaux, tandis que le
chantier du bâtiment d’art contemporain débutera ce printemps.
M. Mazeirat précise que, parmi les 20 000 pièces mentionnées, 7000 sont
liées à l’horlogerie, incluant des éléments documentaires. Il souligne que les
chiffres relatifs aux espaces du Musée Rath, d’environ 650 m², sont parfois
trompeurs.
Une commissaire (Ve) relève que, bien qu’elle se soit déjà rendue au MAH,
elle ne connaissait cependant pas tout cet espace dédié à l’horlogerie.
M. Kanaan rectifie que cet espace n’existe pas encore.
Un commissaire (Ve) demande si, dans le cadre des transformations
prévues, il a été envisagé de renommer le musée pour inclure explicitement
l’horlogerie, par exemple en « Musée d’art, d’histoire et d’horlogerie ». Elle
souligne qu’à Genève, il serait compréhensible que des touristes s’interrogent
sur l’absence d’un musée spécifiquement dédié à l’horlogerie, et qu’un tel
changement pourrait contribuer à mieux valoriser cet aspect.
M. Kanaan répond qu’il partage l’idée de valoriser davantage l’horlogerie
de manière visible, tant pour les Genevois que pour les visiteurs. Il estime que
c’est un défi réel à relever.
Un commissaire (UDC) demande si les alarmes et dispositifs actuels seront
renforcés dans le cadre des rénovations.
M. Kanaan répond que la sécurité est optimisée au maximum dans les
limites imposées par le bâtiment ancien. En l’absence de sas adaptés, des
moyens humains supplémentaires sont déployés en compensation. Il souligne
qu’aucun cambriolage n’a eu lieu ces dernières années.
M. Mazeirat complète en indiquant qu’en plus des moyens humains, le
système de caméras a été renforcé. Des audits réalisés par Interpol ont permis
au musée de bénéficier d’expertises en matière de sécurité. Cependant, il
reconnaît que travailler dans un bâtiment datant de 1910 reste un défi, et qu’une
infrastructure moderne pourrait être plus efficace et moins coûteuse.
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Une commissaire (PLR) interroge sur la LPCCA et demande si la Ville est
engagée dans un schéma de cofinancement 50-50 avec le canton, incluant
également une cogouvernance.
M. Kanaan confirme. Il ajoute que, dans le budget 2025, le canton et la
Ville partagent ce modèle de cofinancement pour quatre institutions. Pour
chacune d’elles, la question de la cogouvernance est également étudiée.
Discussion
Le président demande si de nouvelles auditions sont souhaitées.
Un commissaire (PLR) déclare que le PLR est satisfait de l’audition
d’aujourd’hui et est prêt à voter.
Un commissaire (LJS) estime qu’il pourrait être nécessaire d’amender la
motion. Il propose l’idée d’une Maison de l’horlogerie, répondant à une
demande manifeste. Selon lui, il serait pertinent d’auditionner certaines
entreprises horlogères afin d’affiner la proposition. Il suggère donc d’amender
le texte initial.
Un commissaire (S) exprime son regret que les initiants de la motion
n’aient pas pu assister à la présentation d’aujourd’hui. Il souligne qu’il s’agit
de deux visions très différentes : d’un côté, l’aspect historique présenté ici ; de
l’autre, la volonté des initiants de promouvoir l’horlogerie à Genève avec
l’ensemble des acteurs locaux, dans une perspective plus orientée vers la
valorisation et le rayonnement de Genève. Il estime qu’une étape
supplémentaire serait nécessaire, tout en reconnaissant qu’un projet tel que la
rénovation du MAH peut demander beaucoup de temps.
Une commissaire (PLR) complète la position du PLR. Elle juge que les
remarques de commissaire (S) sont pertinentes et rejoignent les propos de
M. Kanaan. Selon elle, il faudrait presque rédiger un nouveau texte, car deux
approches très différentes se dessinent : soit la création d’un musée dédié à
l’horlogerie, soit celle d’une « Maison de l’horlogerie », qui impliquerait des
synergies avec le secteur privé et les institutions de formation. Elle invite le
groupe LJS à réfléchir à des amendements pour clarifier le texte. Si cela n’est
pas possible, le groupe PLR refusera le texte en l’état.
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Séance du 26 mars 2025
Audition de :
– Mme Delphine Bachmann, conseillère d’Etat – DEE
– M. Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint – DEE
Mme Bachmann indique qu’il y a eu de nombreux échanges dans le cadre
du renouvellement de la stratégie économique du canton, un secteur très actif
regroupant plusieurs faîtières. Elle jugeait intéressant de venir présenter à la
commission le contenu de ces discussions avec les acteurs concernés, d’autant
plus que ce domaine est en partie lié à l’objet de cette motion.
M. Loeffler expose les réflexions menées autour de cette motion et
explique le contexte : il s’agit d’un secteur clé représentant 11 000 emplois à
Genève et générant 13 milliards de francs, soit plus de la moitié des
exportations du canton et plus de 48% des exportations horlogères suisses.
L’industrie horlogère est essentielle non seulement pour Genève, mais aussi
pour la Suisse. Le canton bénéficie de la présence de grands groupes horlogers
et de manufactures prestigieuses telles que Rolex, Richemont, Patek Philippe
ou Chopard. Compte tenu de l’importance du secteur, le DEE a engagé une
réflexion sur la stratégie économique et a jugé essentiel de réunir les acteurs
horlogers afin de mieux comprendre leurs attentes. A cet effet, la DEE a pris
contact avec l’UFGVV. Cette démarche était d’autant plus importante que les
relations entre manufactures sont parfois délicates : inviter l’une peut entraîner
la réticence de l’autre. La question était donc de structurer ce travail pour
définir au mieux les attentes du secteur.
M. Loeffler indique que l’association faîtière ainsi que d’autres
associations et fondations ont été réunies afin d’examiner le soutien de l’Etat
sous deux angles : d’une part, la promotion de Genève en tant que capitale de
la haute horlogerie. En effet, la ville accueille tout au long de l’année des
évènements majeurs liés à l’horlogerie, et la DEE souhaitait collaborer avec
les différents organisateurs pour renforcer cette visibilité. Il rappelle également
le rôle du poinçon de Genève pour renforcer la visibilité de Genève. Certaines
manufactures souhaitent obtenir le poinçon de Genève, garant de qualité, et
doivent suivre un processus de fabrication strict. D’autre part, la réflexion
portait sur la formation et l’innovation, avec un focus sur la promotion des
métiers non seulement d’horlogerie mais aussi de la sous-traitance. Par
ailleurs, Timelab développe des projets innovants en lien avec l’horlogerie et
délivre le poinçon de Genève. Il conclut que c’est sur ces deux axes que le DEE
a rassemblé les différents acteurs du secteur lors d’un premier workshop, qui
s’est tenu le 16 janvier 2025. Lors du deuxième workshop, trois nouveaux
participants ont rejoint la discussion.
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M. Loeffler poursuit en expliquant les travaux réalisés, notamment les
discussions sur l’amélioration de la visibilité de Genève et le renforcement de
la collaboration entre les grands acteurs du secteur. 5 à 6 fondations qui sont
actives dans le domaine promeuvent le savoir-faire, l’excellence et la culture
horlogère. Bien que leurs objectifs diffèrent, ils restent étroitement liés. Un
autre axe de réflexion a porté sur la valorisation des professions horlogères,
notamment celles de la sous-traitance. Il est également ressorti des discussions
la nécessité de fédérer les acteurs : de nombreuses initiatives existent déjà, et
l’objectif est de mieux coordonner ces actions. Lors du premier workshop,
l’idée de créer un musée de l’horlogerie a émergé. Cependant, les participants
ont préféré une approche plus dynamique en optant pour l’appellation
« Maison de l’horlogerie », un lieu de rencontre favorisant les échanges entre
les différents acteurs du secteur.
M. Loeffler souligne qu’à la suite de l’atelier du 16 janvier, une deuxième
rencontre a eu lieu avec de nouveaux participants afin d’explorer les modalités
de mise en place de cette Maison de l’horlogerie. Les acteurs souhaitent
poursuivre la réflexion, définir les besoins et missions de chacun et travailler
ensemble sur ce projet. Comme la commission a pu le lire dans la presse, la
Fondation Horopedia porte un projet de « Maison des métiers d’art de
l’horlogerie » et fait désormais partie du groupe de travail. Le DEE tenait à
présenter l’état des réflexions en cours à la commission et à souligner la
volonté des acteurs de collaborer pour promouvoir l’horlogerie. A ce stade, les
manufactures n’ont pas encore été intégrées au groupe de travail, mais elles
pourront suivre l’avancement des discussions via l’association faîtière.
Mme Bachmann précise que cette volonté s’inscrit dans les discussions sur
la stratégie économique. Il est vrai que le secteur horloger a exprimé le souhait
d’une coordination de l’Etat afin de mutualiser les efforts et d’organiser des
échanges tout au long de l’année. L’idée de la création de cette « Maison des
savoir-faire horlogers » en est encore à ses prémices, et un atelier est prévu en
mai pour approfondir la réflexion. Elle a échangé à ce sujet avec ses
homologues du DCS et du DIP, et il a été convenu de poursuivre les travaux
exploratoires pour voir cela aboutir à un concept solide. Elle a également
discuté avec M. Kanaan, qui lui a fait part des projets initiaux. Il lui semblait
essentiel, dans le cadre des travaux liés à cette motion, d’informer la
commission des échanges en cours et de la volonté des parties prenantes de
poursuivre ce projet, tout en soulignant que du temps sera nécessaire. Etant
donné l’importance économique de l’horlogerie à Genève, il est primordial de
renforcer son rayonnement.
Un commissaire (UDC) interroge le département sur la pertinence de ce
projet en tenant compte de l’existence du Musée Patek Philippe et des
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infrastructures de formation internes à Rolex. Il demande également quels
retours ont été obtenus de ces acteurs concernant la Maison de l’horlogerie.
Mme Bachmann répond que des échanges ont eu lieu avec ces
manufactures, principalement via l’UFGVV, car les priorités varient selon les
marques. Le Musée Patek Philippe appartient à une marque spécifique, mais,
plus largement, les évènements horlogers génèrent un fort engouement du
public et une demande accrue. Si ces évènements ne sont pas accessibles à tous
les touristes, certains visitent Genève spécifiquement pour eux. Elle estime que
cette dynamique représente un atout pour la promotion de la ville.
Un commissaire (UDC) les interroge ensuite sur la collaboration avec la
Fondation Horopedia, qui semble prête à porter le projet.
Mme Bachmann rappelle que la fondation a été intégrée au groupe de
travail.
M. Loeffler confirme cette intégration et souligne la nécessité d’une
approche inclusive afin que tous les acteurs puissent être impliqués. Il précise
que le projet est en constante évolution et que le DEE s’attache à rassembler
l’ensemble des parties prenantes, y compris Horopedia. Le calendrier de cette
fondation prévoit une ouverture en 2026, ce qui impose des délais relativement
courts. Il estime donc primordial de maintenir un dialogue avec les autres
partenaires. Le DEE ne souhaite pas exclure Horopedia des travaux et suit
attentivement l’évolution du projet.
Mme Bachmann ajoute que Horopedia participera également à la discussion
prévue en mai 2025. Une question essentielle reste la viabilité financière du
modèle, notamment en raison des exigences élevées en matière de sécurité
pour l’exposition de pièces horlogères, ce qui engendre des coûts importants.
Elle estime que ce point devra être clarifié au fil du temps.
Un commissaire (UDC) souligne que 2026 s’approche rapidement et il
demande si l’Etat envisage de s’associer au projet.
M. Loeffler répond que cette possibilité n’est pas exclue. Si l’approche
retenue est ouverte et satisfait l’ensemble des acteurs, le DEE pourrait
travailler avec Horopedia. L’objectif est d’éviter la coexistence de deux projets
distincts.
Mme Bachmann rappelle que le projet nécessite encore du temps. Elle
estime que le texte actuel de la motion ne reflète pas exactement la direction
qu’elle envisage et elle souhaiterait clarifier certains points d’ici la fin du mois
de juin. Elle n’exclut pas une approche légèrement différente de celle
initialement envisagée.
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Une commissaire (PLR) rappelle que la commission était initialement
partie d’un texte demandant un musée, qui a ensuite évolué vers une Maison
de l’horlogerie. Elle se demande si cette motion correspond réellement à ce
que Mme Bachmann a présenté, et elle a l’impression que ce n’est pas tout à fait
le cas. Elle s’interroge sur l’opportunité de demander un gel du texte, si celui-ci
est désormais trop éloigné des nouvelles orientations. Elle questionne
également la coordination entre le département et la Ville de Genève.
M. Kanaan ayant été le premier à évoquer la Maison de l’horlogerie, elle
souhaiterait éviter un doublon. Elle a compris que le MAH pourrait accueillir
un éventuel musée de l’horlogerie et rappelle qu’un texte sur ce sujet a été
déposé par des conseillers municipaux à la Ville de Genève.
Mme Bachmann indique avoir abordé ce sujet avec M. Kanaan, et précise
que la Ville et l’Etat sont alignés sur le principe d’un seul lieu. De plus,
Mme Fallet, conservatrice du Musée de l’horlogerie au MAH, fait partie du
groupe de travail et participe aux discussions.
M. Loeffler complète en expliquant qu’une des réflexions en cours porte
sur l’exploitation des collections du Musée de l’horlogerie. Il rappelle
également que, dans le cadre du Grand prix de l’horlogerie, les lauréats de
l’Aiguille d’Or avaient pour tradition de laisser une montre à Genève pour
exposition. Or, en l’absence d’un musée dédié, cette pratique a cessé. La
création d’une Maison de l’horlogerie permettrait de rétablir cette tradition.
Un commissaire (PLR) revient sur le calendrier et comprend que le DEE
souhaite prendre du temps avant d’avancer davantage.
Mme Bachmann précise qu’elle ne peut pas apporter plus d’éléments à ce
stade. Un groupe de travail planche actuellement sur la question d’un « Musée
des savoir-faire horlogers » et, à travers les échanges avec les faîtières, un
consensus s’est dégagé sur la nécessité de renforcer le rayonnement de Genève
comme capitale de l’horlogerie. Elle insiste sur le fait que les discussions
doivent encore se poursuivre avant d’aboutir à une proposition concrète.
Un commissaire (PLR) demande dans quel délai le DEE pourra apporter
des précisions, s’il s’agit plutôt de six mois ou plusieurs années.
M. Loeffler estime que le processus de réflexion en cours prendra encore
environ une année avant d’aboutir à un concept précis, avec la participation de
l’ensemble des acteurs concernés. Il souligne que, pour la haute horlogerie, il
sera également crucial d’identifier un lieu prestigieux, garantissant une
visibilité optimale pour les différentes fondations impliquées. Selon lui, le
travail à venir permettra de renforcer les acteurs du secteur et d’améliorer leur
visibilité.
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Mme Bachmann propose de faire un point de situation auprès de la
commission d’ici à fin juin 2025. Si le DEE décide d’aller de l’avant et que
cette initiative correspond à la volonté de la branche, une motion amendée en
ce sens constituerait un signal de soutien bienvenu de la part du parlement,
notamment en ce qui concerne le fonctionnement et le financement, si celui-ci
le souhaite.
Une commissaire (Ve) demande si Mme Bachmann serait disposée à
proposer un amendement en juin.
Mme Bachmann estime qu’à cette échéance, elle aura une meilleure
visibilité sur la direction vers laquelle les acteurs souhaitent converger et
pourrait alors être en mesure de proposer un texte.
M. Loeffler ajoute qu’à ce stade des projets en cours, notamment celui
d’Horopedia, le DEE devrait avoir une vision plus claire de leur aboutissement.
Les décisions auront été prises et l’ensemble des acteurs concernés se sera
positionné.
Un commissaire (Ve) souligne que, si une motion de soutien devait être
votée, il serait important qu’elle soit bien ciblée.
Discussion
Le président comprend que la commission souhaite geler cette motion.
Un commissaire (UDC) confirme cette décision, en attendant le retour du
département sur les avancées.
Le président met aux voix le gel de la M 2978 :
Oui :
unanimité
Séance du 24 septembre 2025
Audition de :
– Mme Delphine Bachmann, conseillère d’Etat – DEE
– M. Daniel Loeffler, secrétaire général adjoint – DEE
La présidente rappelle que ce texte a été présenté par sa première signataire,
Mme Alimi, en décembre 2024, que la CEECS avait déjà auditionné le DCS et
la Ville de Genève, et que Mme Bachmann était déjà venue devant la CEECS
pour demander de suspendre la motion en attendant le retour de son
département, qui avait constitué un groupe de travail chargé de réfléchir à cette
question et qui pouvait potentiellement revenir avec des amendements.
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Mme Bachmann indique que le DEE n’a pas avancé autant que souhaité,
mais a tout de même progressé. Dans le cadre du renouvellement de la stratégie
économique, des groupes ont été constitués par les fédérations et associations
représentatives des secteurs industriels. Le DEE a profité de cette dynamique
pour créer un groupe de travail autour de l’industrie horlogère, secteur
particulièrement important à Genève.
M. Loeffler rappelle les membres de ce groupe de travail : l’UFGVV,
association faîtière regroupant les manufactures genevoises. Il souligne qu’il
est délicat pour l’Etat de privilégier une manufacture plutôt qu’une autre, et
que l’UFGVV est idéale, car elle rassemble les grands acteurs. Il rappelle les
deux axes retenus : promouvoir Genève comme pôle d’excellence de la haute
horlogerie et renforcer la formation. Dans le groupe figurent aussi l’Ecole
d’horlogerie, la Fondation de la haute horlogerie, Watches and Wonders, ainsi
que Timelab. Au départ, l’idée n’était pas de créer un musée, mais de réfléchir
à la manière de soutenir le secteur, et c’est ainsi que le projet d’une Maison de
l’horlogerie a émergé. Le DEE a intégré le MAH, détenteur de collections,
ainsi que la Fondation Horopedia, qui avait annoncé un projet de Maison des
arts et de la culture horlogère, et la Watch Library Foundation, chargée de
répertorier les montres. Avec ces acteurs, le DEE a organisé un atelier le
1er juillet. Cinq axes en sont ressortis : créer un lieu emblématique, fédérer
l’écosystème horloger, rayonner localement et internationalement, encourager
l’innovation et développer une forte présence touristique.
Mme Bachmann estime que ce travail a permis de poser un premier constat :
le secteur a un réel intérêt pour un lieu dédié, à la fois touristique, innovant,
pédagogique et valorisant les savoir-faire horlogers. Elle constate une volonté
claire d’avancer, ce qui rend la motion pertinente sur le fond. Le DEE avait
initialement constitué le groupe de travail pour réfléchir à la fois au contenant
et au contenu. En parallèle, la Fondation Horopedia a présenté son projet de
Maison des arts et de la culture horlogère, d’où son intégration au groupe. Il y
a donc un intérêt partagé pour un lieu unique, mais aussi un constat : il n’y a
pas de place pour deux projets concurrents à Genève. Le directeur de la
Fondation Horopedia a été rencontré à plusieurs reprises pour évaluer l’état
d’avancement de son initiative. La plupart des acteurs avaient été surpris par
l’annonce du projet, peu connu auparavant. Le directeur a expliqué qu’il avait
déjà trouvé un lieu, élaboré un business plan et qu’il lui restait à sécuriser des
partenariats et financements. Aujourd’hui, le DEE sait qu’il est en contact avec
la Ville de Genève et d’autres acteurs institutionnels. Le DEE souhaite un
message commun sur ce projet afin de déterminer s’il est solide et viable. Les
acteurs privés ont indiqué que, si une convergence était possible, le projet
pourrait devenir fédérateur. Les discussions se poursuivent. Le financement
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reste l’enjeu central, notamment en raison du prêt éventuel de collections de la
Ville de Genève, impliquant des exigences de sécurité particulières. Le projet
n’est pas encore totalement mûr sur ce plan. Le DEE a échangé avec
M. Deschoux, qui a donné des informations sur ses démarches auprès de
financeurs potentiels. L’idée serait que l’Etat soutienne le projet sur le plan
institutionnel, sans financement direct, mais en apportant une légitimité
officielle. Selon le DEE, un appui de la Ville ou du canton renforcerait la
crédibilité du projet et des demandes de financement en cours. Toutefois, il
n’est pas encore certain que ce projet soit viable, ni de la manière dont il
intégrerait l’ensemble des parties prenantes. Si ce processus n’aboutit pas, le
groupe de travail envisagera une alternative. Le contenu souhaité pour ce futur
lieu a déjà été travaillé lors des ateliers et sera conservé. Il faudra encore
quelques semaines, voire quelques mois, pour tester la solidité du projet actuel
et vérifier s’il peut intégrer les attentes de tous les acteurs.
Elle ajoute qu’il lui semblait qu’au niveau de la Fondation Horopedia, qui
agit en toute indépendance, il est difficile de freiner un acteur désireux
d’avancer. Elle précise que le DEE a toujours souhaité un partenariat publicprivé. Celui-ci pourrait en être un, mais rien n’est encore certain : il s’agit
encore d’une phase de discussion.
Concernant la motion, elle la juge intéressante si cette commission partage
le point de vue du Conseil d’Etat. Cela pourrait toutefois être délicat, puisqu’il
s’agit de soutenir une initiative privée. L’ampleur de ce soutien et la forme de
collaboration dépendront aussi de la volonté du parlement et de l’impulsion
qu’il souhaite donner pour accompagner le DEE dans cette démarche.
Elle ajoute que le DIP a vu un intérêt dans ce projet du point de vue
pédagogique, notamment pour sensibiliser les élèves en leur permettant de
visiter et de vivre une expérience éducative encadrée. La Fondation Horopedia
y est totalement ouverte. Elle estime que ce serait positif pour le Conseil d’Etat
d’obtenir un signal de soutien du parlement, sans figer la forme que doit
prendre le projet. Une motion qui évoque l’étude de faisabilité d’une Maison
des savoir-faire horlogers dans le canton, dans le cadre d’un partenariat publicprivé, correspond bien à l’orientation actuelle du DEE et serait évidemment
bienvenue.
Elle relève que la discussion évolue et que son homologue du DCS, qui au
départ ne voyait pas de réelle nécessité à un tel projet, considère aujourd’hui,
au vu des échanges avec les acteurs, que le niveau de maturité est différent et
mieux aligné avec les besoins. Elle précise avoir évoqué le sujet tant avec le
DCS qu’avec le DIP, tous deux tenus informés de l’évolution du groupe de
travail.
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La présidente précise que la CEECS a reçu en mars 2025 une demande
d’amendement général. Le texte de la motion avait fortement évolué : il ne
s’agit plus d’un musée dédié à l’horlogerie. Cet amendement comprend trois
invitations :
– étudier la possibilité de développer une Maison des savoir-faire horlogers
dans le cadre d’un partenariat public-privé et en favoriser l’accès aux
jeunes ainsi qu’au grand public ;
– donner l’impulsion nécessaire pour créer une Maison de l’horlogerie
moderne et attractive à Genève, notamment en intégrant un centre de
formation et les dernières technologies numériques ;
– examiner un modèle de financement mixte associant fonds publics et
contributions privées pour garantir la viabilité du projet.
Mme Bachmann donne son avis sur les amendements proposés et estime que
le premier suffit, le deuxième étant à son sens trop complexe. Elle souligne
qu’il existe déjà des centres de formation aujourd’hui, partenaires et membres
du groupe de travail. Elle considère que la première invite correspond le mieux
au stade actuel des travaux et qu’elle est suffisamment large pour couvrir ce
qui est en cours. Concernant la troisième invite, sur le financement, le DEE a
encore besoin de temps. Soit la CEECS souhaite maintenir une invite pour
envisager un financement mixte, soit elle l’écarte. A ce stade, aucune
contribution de l’Etat n’est prévue ni sollicitée. Les discussions portent d’abord
sur le projet de la Fondation Horopedia.
Un commissaire (LC) mentionne le centre de formation intégré dans la
demande d’amendement général. Il rappelle qu’un volet pédagogique a été
évoqué dans le projet Horopedia et il demande si un centre de formation dans
la Maison de l’horlogerie serait trop compliqué à mettre en place.
Mme Bachmann confirme et indique que l’Ecole d’horlogerie, partenaire du
projet, est en bon état, en développement et rénovée. Créer un autre centre
n’aurait pas de sens : les structures de formation existent déjà et fonctionnent
très bien. L’enjeu est plutôt de proposer des démarches de sensibilisation et de
permettre aux élèves de découvrir d’autres métiers liés aux savoir-faire
horlogers, dans un contexte où la main-d’œuvre manque à Genève.
Un commissaire (UDC) relève qu’il existe déjà le Musée Patek Philippe et
il demande s’il pourrait rejoindre ce projet plutôt que d’avoir deux musées
distincts.
Mme Bachmann répond que le Musée Patek Philippe est un bel outil, très
visité par les touristes. Toutefois, dans le secteur horloger, il est difficile de
gérer les marques. C’est un milieu structuré, qui sait s’unir pour des
évènements comme Geneva Watch Days ou Watches and Wonders, mais pour
M 2978-A
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le DEE, il serait trop délicat de collaborer avec une marque spécifique. Des
échanges existent avec ces grandes maisons, qui sont informées de
l’avancement, mais il n’est pas possible de privilégier l’une d’elles. Le travail
se fait donc avec les faîtières et les collections de la Ville de Genève. Dès
qu’une marque est mise en avant, cela crée une inégalité de traitement. Le
meilleur moyen reste de collaborer avec l’UFGVV.
Un commissaire (S) considère que le DEE pourrait, dans sa réponse à la
motion, expliciter ces éléments et prendre le temps nécessaire pour clarifier le
financement. Il demande si geler à nouveau le texte serait pertinent.
Mme Bachmann souligne que, si le parlement envoie un signal de soutien
sur le principe du projet et charge le Conseil d’Etat de poursuivre les travaux
et d’apporter plus d’informations, ce serait positif. Il s’agirait d’un soutien au
travail déjà effectué. Elle ne voit pas d’intérêt à geler à nouveau le texte, qui
visait à donner une impulsion. Le DEE accueillerait volontiers ce soutien.
La présidente précise que le DEE encourage à ne conserver que la première
invite.
Un commissaire (PLR) demande s’il est utile que les services du DEE
passent du temps à rédiger un rapport sur des actions déjà en cours. Il estime
que cela risque de donner encore plus de travail au département.
Mme Bachmann relève que le département a déjà répondu à de nombreuses
motions sans difficulté particulière. Elle considère que celle-ci a le mérite de
mettre en avant une thématique peu traitée récemment et de donner un message
commun. Elle ne peut pas encore anticiper l’issue des travaux, mais ne juge
pas ce texte inutile.
M. Loeffler souligne l’importance, relevée par le groupe de travail, de
continuer à se réunir au-delà du projet d’une Maison de l’horlogerie. Pour le
DEE, c’est une occasion précieuse de rassembler les acteurs du secteur et de
renforcer le rayonnement de Genève. Dans ce cadre, la motion actuelle est une
étape utile qui peut servir d’appui dans les discussions avec les partenaires
privés.
Mme Bachmann ajoute que cela permettrait d’encadrer les échanges.
Un commissaire (UDC) les interroge sur l’intérêt réel de la collection de la
Ville de Genève.
Mme Bachmann répond que le DEE est en contact avec la Ville, qui a
toujours voulu créer un musée de l’horlogerie. Elle ne se prononce pas sur la
qualité de la collection, mais rappelle qu’elle compte 20 000 pièces, qu’il serait
dommage de ne pas exposer.
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La présidente rappelle qu’il y avait déjà eu un musée de l’horlogerie,
cambriolé par le passé.
M. Loeffler complète en précisant que le MAH, dans le cadre du groupe de
travail, a exprimé son souhait de rester la référence du patrimoine horloger et
détient des pièces uniques.
La présidente imagine que la commission est prête à voter ce soir. Elle
constate que c’est le cas.
Un commissaire (PLR) propose d’amender l’amendement et de ne
conserver que la première invite de l’amendement général déposé par
Mme Alimi.
La présidente soumet au vote l’amendement du commissaire (PLR), qui est de
ne garder que la première invite de l’amendement général :
à étudier la possibilité de développer une maison des savoir-faire horlogers
dans le cadre d’un partenariat public-privé et à en favoriser l’accès auprès
des jeunes et du grand public.
Oui :
unanimité
Non :
–
Abstentions : –
L’amendement est accepté.
La présidente soumet au vote la M 2978 ainsi amendée :
Oui :
unanimité
Non :
–
Abstentions : –
La M 2978 est approuvée.
Catégorie de débat préavisée : IV
Conclusion du rapporteur de majorité
Au terme de ses travaux, la commission de l’enseignement, de l’éducation,
de la culture et du sport a unanimement reconnu la valeur patrimoniale,
artistique et économique de l’horlogerie genevoise, pilier identitaire et
symbole d’excellence de notre canton. Ce savoir-faire unique, transmis depuis
des générations, incarne l’alliance entre précision, créativité et innovation, et
contribue au rayonnement international de Genève.
Les échanges menés au sein de la commission ont permis de dégager une
vision partagée et réaliste : plutôt que de créer un musée indépendant, il
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convient de promouvoir la mise en place d’une Maison des savoir-faire
horlogers, pensée comme un lieu vivant, fédérateur et accessible, où se croisent
culture, formation, innovation et tourisme. Cette orientation, fondée sur une
approche collaborative et partenariale, répond à la fois aux attentes des acteurs
du secteur et aux ambitions du canton de Genève en matière de valorisation du
patrimoine et de développement économique.
Les auditions successives des représentants du DCS, du DEE, de la Ville
de Genève et des institutions horlogères ont confirmé la pertinence de cette
approche. Tous ont exprimé leur volonté de travailler ensemble à un projet
commun, conciliant préservation du patrimoine, transmission des savoir-faire
et ouverture au public, notamment aux jeunes générations.
La commission a donc choisi de soutenir cette orientation concrète et
fédératrice.
La motion M 2978 ainsi amendée a été approuvée à l’unanimité.
Cette décision unanime illustre la volonté commune de valoriser le
patrimoine horloger genevois à travers un projet fédérateur, inclusif et tourné
vers l’avenir.
En conclusion, la majorité de la commission estime que cette motion,
désormais recentrée sur l’étude de faisabilité d’une Maison des savoir-faire
horlogers, constitue une impulsion forte et symbolique pour le canton de
Genève. Elle permettra de renforcer le lien entre tradition et innovation,
d’encourager la transmission intergénérationnelle, et de consolider la place
de Genève comme capitale mondiale de la haute horlogerie.
Le rapporteur de majorité salue l’esprit de collaboration qui a animé
l’ensemble des participants et exprime sa conviction que ce projet contribuera
durablement à l’enrichissement culturel, éducatif et économique de notre
canton.