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Importé le: 28/01/2026 13:20
Statut: Traité
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Résumé
### Résumé du Document Législatif
**Titre et Référence :**
Proposition de motion pour la sauvegarde du Centre universitaire d’informatique (CUI) de l’Université de Genève, M 3187.
**Objectif Principal :**
L'objectif principal de cette motion est de préserver le Centre universitaire d’informatique (CUI) de l’Université de Genève, suite à l'annonce de sa dissolution et de la suspension des nouvelles inscriptions à partir de la rentrée académique 2026-2027.
**Modifications Législatives Proposées et Leur Portée :**
La motion invite le Conseil d’Etat à :
- Engager un dialogue avec le rectorat de l’Université de Genève pour clarifier les motivations et conséquences de la dissolution du CUI.
- Examiner les possibilités de maintien, de revalorisation ou de refonte du CUI en tant que structure interdisciplinaire.
- Évaluer les besoins financiers nécessaires au maintien d’une formation universitaire interdisciplinaire en informatique de qualité.
- Garantir que les étudiants actuels et futurs aient accès à une formation publique répondant aux besoins du marché du travail.
- Maintenir les inscriptions pour la rentrée 2026, au moins via un plan d’études transitoire.
- S’assurer que le diplôme du CUI conserve sa valeur si la fermeture se confirme.
**Discussions ou Avis Exprimés :**
Le document souligne une majorité d'opinions préoccupées par la décision de fermeture du CUI, notamment en raison de l'augmentation de la demande pour des compétences en informatique et des inquiétudes concernant l'impact sur l'écosystème numérique genevois. Les professeurs du CUI expriment des réserves sur la fermeture, tout en reconnaissant la souveraineté de l’Université dans cette décision.
**Implications Principales :**
Les implications principales de cette motion incluent :
- La nécessité de maintenir une offre de formation interdisciplinaire en informatique à Genève, essentielle pour répondre aux besoins croissants du marché du travail.
- La préservation d'un savoir-faire reconnu en informatique, crucial pour le développement économique et numérique du canton.
- La crainte que la fermeture du CUI affaiblisse durablement l'enseignement interdisciplinaire en informatique dans la région, limitant ainsi les options pour les futurs étudiants.
Texte extrait
GRAND CONSEIL
de la République et canton de Genève
M 3187
Signataires : Dilara Bayrak, Pierre Eckert, Emilie Fernandez, Sophie
Bobillier, Céline Bartolomucci, Laura Mach, Yves de Matteis, Ayari Félix
Beltrametti, Alexandre Grünig, Masha Alimi, Julien Nicolet-dit-Félix, Léo
Peterschmitt
Date de dépôt : 5 janvier 2026
Proposition de motion
pour la sauvegarde du Centre universitaire d’informatique (CUI)
de l’Université de Genève
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que les compétences en informatique, en systèmes d’information et en
sciences des services constituent aujourd’hui un enjeu stratégique majeur
pour les administrations publiques comme pour le tissu économique
genevois ;
– que la demande du marché du travail en spécialistes de l’informatique
dépasse actuellement l’offre de formation disponible, tant au niveau
cantonal que national ;
– que le Centre universitaire d’informatique (CUI) de l’Université de
Genève, fondé en 1973, est un centre pionnier en Suisse et reconnu pour
la qualité et le caractère interdisciplinaire de ses formations ;
– que le rectorat de l’Université de Genève a tout récemment annoncé la
dissolution du CUI et la suspension des nouvelles inscriptions dès la
rentrée académique 2026-2027 ;
– que la diminution progressive des moyens d’enseignement alloués au CUI
a contribué à fragiliser son fonctionnement et à dégrader progressivement
les conditions d’enseignement ;
– que la fermeture de l’accès à une formation universitaire publique,
interdisciplinaire et répondant à des besoins avérés du marché du travail
ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 01.26
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de notre canton fait partie des questions dont notre parlement doit se saisir
dans le cadre de l’exercice des responsabilités politiques qui nous
incombent,
invite le Conseil d’Etat
– à engager sans délai un dialogue avec le rectorat de l’Université de
Genève afin de clarifier les motivations, les conséquences et les
alternatives à la dissolution du CUI ;
– à examiner les possibilités de maintien, de revalorisation ou de refonte du
CUI en tant que structure interdisciplinaire autonome ou intégrée,
garantissant la continuité de l’offre de formation au sein de l’Université
de Genève ;
– à évaluer les besoins financiers nécessaires au maintien d’une formation
universitaire interdisciplinaire en informatique de qualité et à proposer, le
cas échéant, des solutions de financement adaptées et pérennes ;
– à veiller à ce que les étudiantes et étudiants actuels et futurs disposent
d’une offre de formation publique accessible et répondant aux besoins du
marché du travail cantonal, respectivement national ;
– à maintenir les inscriptions pour la rentrée 2026, à tout le moins à l’aide
d’un plan d’études transitoire ;
– à s’assurer que le diplôme du CUI préserve sa valeur si la fermeture de ce
dernier devait se confirmer.
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EXPOSÉ DES MOTIFS
Depuis d’une dizaine d’années, la Confédération s’emploie à définir le
cadre de la transition numérique et de la gouvernance des données 1. Dans ce
cadre, le Conseil fédéral vient de présenter sa stratégie numérique, laquelle
porte une attention toute particulière à la souveraineté numérique 2. Genève
s’est également distinguée sur les questions liées au numérique : en
juin 2023, la population genevoise a accepté le principe du droit à l’intégrité
numérique et l’a introduit dans sa constitution par plus de 94% des voix.
Cette impulsion a été suivie par la création du nouveau département des
institutions et du numérique (DIN) 3.
De manière générale, il est manifeste que les compétences en
informatique, en systèmes d’information et en sciences des services sont
aujourd’hui devenues indispensables. Par voie de conséquence, de
nombreuses formations pour étudiantes et étudiants ont vu le jour afin de
répondre aux besoins toujours croissants des administrations publiques et des
entreprises. Il sied de relever que le tissu économique genevois est composé à
plus de 93% du secteur tertiaire, secteur qui emploie de nombreux jeunes
informaticiens pour leurs compétences techniques 4. Ainsi, une formation de
spécialistes disposant de compétences interdisciplinaires constitue un enjeu
stratégique majeur pour notre canton, et ce d’autant plus que la formation de
cette main-d’œuvre qualifiée dans les domaines liés à l’informatique ne
parvient toujours pas à répondre à la demande du marché.
C’est dans le contexte précité que le Centre universitaire d’informatique
(CUI) de l’Université de Genève, pionnier en Suisse, a en 1973 déjà décerné
les premiers diplômes en informatique scientifique 5. Le CUI assure
également une formation précisément reconnue pour son caractère
interdisciplinaire dans le domaine des systèmes d’information. Ces
spécificités font la force de ce cursus, qui forme des profils hybrides
particulièrement recherchés sur le marché de l’emploi, et non exclusivement
des ingénieurs, des managers, des informaticiens, etc.
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4
5
https://www.esa.admin.ch/fr/newnsb/d6evGIoTYTmY4VMGk0-v0
https://digital.swiss/fr/
https://www.ge.ch/dossier/geneve-numerique
https://www.geneve.ch/public/entreprises/portrait-economique-villegeneve/secteurs-economiques
https://archives.unige.ch/authorities/view/379
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A la surprise des Genevoises et Genevois, le rectorat de l’Université de
Genève a annoncé le 18 décembre 2025 – à la veille des fêtes de fin
d’année – la dissolution du CUI et la suspension des nouvelles inscriptions
dès la rentrée académique 2026-2027. Cette décision intervient alors même
que les effectifs étudiants du CUI ont connu une croissance de 222% en dix
ans, faisant de cette formation l’une des plus dynamiques de l’Université de
Genève 6.
Rien que sur l’année académique 2025-2026, le CUI se maintient parmi
les cursus ayant le taux de croissance le plus fort de l’Université de Genève 7.
Cette dissolution intervient donc non seulement à un moment où la Cité n’a
pas pleinement pris conscience de ce que signifiait une telle fermeture, mais
également dans un contexte où les besoins en compétences numériques ne
cessent d’augmenter face aux défis posés par la transformation numérique et
le développement rapide de l’intelligence artificielle. Ces questions ont
d’ailleurs plusieurs fois occupé notre Grand Conseil.
Même si le rectorat affirme que les étudiantes et les étudiants
actuellement en formation pourront terminer leur cursus et que les activités
du CUI seront partiellement repositionnées au sein d’autres facultés, de
nombreuses incertitudes demeurent quant à l’avenir de cette formation 8. La
décision de suspendre les inscriptions constitue un signal particulièrement
préoccupant, car elle ferme l’accès à une filière en pleine expansion et qui
répond non seulement au besoin du marché genevois mais plus généralement
à celui du marché suisse.
Certains collaborateurs du CUI ont également souligné que cette décision
risquait d’affaiblir durablement l’offre d’enseignement interdisciplinaire en
informatique à Genève. En effet, le CUI offre la seule formation universitaire
en systèmes d’information de la région lémanique : ni l’UNIL ni l’EPFL ne
proposent des cursus similaires. Ainsi, pour trouver le programme
s’approchant au plus près de celui proposé par le CUI, les futurs étudiantes et
étudiants devront se tourner vers des institutions qui ne répondent pas ou que
partiellement à leurs besoins. Celles-ci sont proposées par la HES-SO ou par
des universités hors du canton comme les EPF 9, critère qui pourrait
6
7
8
9
https://www.letemps.ch/cyber/exclusif-le-rectorat-de-l-universite-de-genevedissout-son-centre-dedie-a-l-informatique-et-suspend-les-inscriptions
https://www.unige.ch/stat/application/files/9917/6431/8155/StatUNIGE_Etudiantes_2025.pdf
https://www.letemps.ch/cyber/exclusif-le-rectorat-de-l-universite-de-genevedissout-son-centre-dedie-a-l-informatique-et-suspend-les-inscriptions
https://www.orientation.ch/dyn/show/4002
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manifestement dissuader les élèves intéressés de concrétiser leur inscription
dans ces institutions.
L’on remarque aussi que le CUI a vu ses moyens d’enseignement
diminuer de manière significative au cours de ces dix dernières années, alors
même que – comme indiqué ci-dessus – le nombre d’étudiants ne cesse
d’augmenter 10. Cette situation a conduit à des tensions croissantes, mettant en
péril la qualité de l’enseignement, et a servi de justification à une
réorganisation qui apparaît aujourd’hui comme une réponse hautement
inadaptée à un problème structurel et budgétaire 11. Il s’avérerait que la
faculté d’économie et de management (GSEM) ne souhaite plus soutenir les
coûts d’exploitation d’une partie de l’enseignement du centre, la condamnant
ainsi de facto. Une première intervention entre les parties prenantes avait été
entamée en juin 2024 avec une pétition des étudiantes et étudiants 12, suivi
d’un dialogue avec le rectorat de l’UNIGE pour trouver une solution
pérenne 13. Cet échange se serait soldé par le maintien du statu quo par la
reconduction temporaire des financements du CUI. Cela étant, l’incertitude
quant à l’avenir du centre était pleine et entière jusqu’à la date fatidique du
18 décembre 2025, marquant l’annonce de la fermeture du CUI par le
rectorat.
La fin des inscriptions au CUI dépendant d’une université publique et
devant répondre tant aux besoins de la société qu’à ceux du marché du travail
pose également une réelle question de responsabilité politique. En tant que
parlement, nous débattons continuellement des questions de formation, avec
pour but d’anticiper au mieux les métiers de demain. A ce titre, nous avons
notre mot à dire quant à la décision unilatérale de l’UNIGE, dont l’impact va
au-delà de ce qui semble avoir été estimé par le rectorat. L’affaiblissement
durable de l’écosystème numérique genevois aurait dû faire l’objet, en amont,
de discussions plus larges que celles internes à l’UNIGE.
Au vu de ce qui précède, il apparaît indispensable que le Conseil d’Etat et
le Grand Conseil s’emparent de cette thématique, afin de garantir le maintien
d’une offre de formation publique, accessible et interdisciplinaire en
informatique à Genève. Comme indiqué, il s’agit non seulement de préserver
10
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https://www.linkedin.com/posts/jhmorin_le-rectorat-de-luniversit%C3%A9-degen%C3%A8ve-activity-7407657507445338112-4LPz
https://www.letemps.ch/cyber/exclusif-le-rectorat-de-l-universite-de-genevedissout-son-centre-dedie-a-l-informatique-et-suspend-les-inscriptions
https://www.petitionenligne.ch/petition_pour_sauver_le_cui
https://cuae.ch/resume-du-mois-de-juin-2024/
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un savoir-faire reconnu, mais également d’anticiper les besoins futurs du
tissu économique genevois face aux défis du numérique qui s’annonce.
Annexe : courrier de la professeure Giovanna Di Marzo Serugendo (vicedirectrice du CUI chargée de l’enseignement et directrice du master en
systèmes et services numériques) et du professeur Jean-Henry Morin
(codirecteur du bachelor en systèmes d’information et science des services)
du 23 décembre 2025.
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ANNEXE
Lettre à l’attention des membres du Grand Conseil du Canton de Genève
23 décembre 2025
Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil,
Nous vous écrivons en nos qualités de Professeurs à l’Université de Genève, plus particulièrement comme directeurs
de programmes de formation bachelor, master et formation continue, rattachés au Centre Universitaire d’Informatique
(CUI).
En date du 17 décembre 2025, le Rectorat de l’Université de Genève a communiqué à l’ensemble des corps du CUI
la décision de fermeture du CUI. Le CUI est un centre interfacultaire créé en 1976 par le Professeur Bernard Levrat.
Premier de ce genre en Suisse, il rassemble six Facultés (Sciences, SDS, GSEM, FAPSE, Médecine et Lettres). Cette
décision s’inscrit dans le prolongement d’un audit réalisé cette année au CUI et dont le rapport est disponible sur
demande. Cet audit répondait à une volonté exprimée par plusieurs facultés souhaitant fermer le centre afin de
développer, de manière autonome, leurs propres activités dans le domaine numérique. À la suite de cet audit, les six
facultés membres ont été invitées à se prononcer formellement pour entériner la fermeture du CUI. Quatre d'entre
elles (Sciences, GSEM, Médecine et Lettres) ont voté dans leurs Conseils Participatifs pour la fermeture. Deux
Facultés (SDS et FAPSE) n’ont pas souhaité se positionner. D’après le Statut de l’Université de Genève, dans son
article 21, al. 2, il est prévu la possibilité pour le Rectorat de décider de la suppression d’un centre interfacultaire à la
demande d’au moins 2 Facultés.
C’est dans ces conditions que le Rectorat de l’Université de Genève a donc décidé de la fermeture du CUI. Bien
que la fermeture d’un centre interfacultaire en informatique puisse être considérée sur le fond comme discutable, tant
au regard des enjeux et défis liés à la transition numérique dans l’ensemble des domaines de la société que des
motivations avancées par les facultés, il convient de rappeler que, sur la forme, l’Université demeure souveraine en
la matière et que les procédures officielles ont donc été respectées.
Cette décision de fermeture du CUI étant actée, se pose maintenant la question de la “liquidation” des “atouts”
existants du CUI. En particulier une série de dispositifs construits autour des formations, comme : le FacLab, le Pôle
d’Innovation Numérique, et une série de programmes et initiatives comme : le Coding Dojo, Bootstrap, Adopt-A-Skill,
les Digital Innovators, la Cellule R&D, le Ciné-Club Technologie et Futurs de nos Sociétés, etc.
Le rectorat a aussi annoncé la fermeture des inscriptions aux programmes de formations (bachelor et master)
du CUI pour la rentrée 2026. Une telle décision ne sera pas sans conséquences et ceci à plusieurs titres :
Ce sont actuellement 233 étudiants inscrits dans nos programmes de Bachelor en Systèmes d’Information et Science
des Services et de Master en Systèmes et Services Numériques. Ces programmes sont en plein essor et attirent de
plus en plus d’étudiants depuis leur intégration au CUI en 2015 suite à la scission de la Faculté des Sciences
Economiques et Sociales (SES). Les taux de croissance sont parmi les plus forts de l’Université de Genève depuis
plusieurs années (30.3 % d’augmentation en première année de Bachelor cette année). Tout aussi remarquable, ces
deux programmes attirent les femmes, qui représentent 27% des effectifs, soit bien au-dessus de la moyenne
européenne des filières en IT. L’interruption de ces programmes représente un double danger :
1) Premièrement, celui de créer une rupture dans la formation de personnes ayant ces compétences et
dont le positionnement actuel représente une réelle valeur ajoutée et une réponse à un besoin sur le marché
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avec les défis numériques que nous vivons. Ce positionnement est parfaitement complémentaire aux autres
filières de formations plus orientées vers la pratique (HEG, HEPIA) et celles centrées sur l’informatique
scientifique (Science Informatique en Faculté des Sciences).
2) Deuxièmement, c’est un danger de perte d’une formation et de nombreux diplômés dans une discipline
aujourd’hui reconnue par l’économie et qui ne relève ni du management des systèmes d’information, ni de
l’informatique scientifique. Il s’agit de programmes interdisciplinaires d'ingénierie de systèmes et de services
numériques évoluant au plus près des progrès scientifiques et du marché. C’est néanmoins le risque que
représente cette décision, notamment parce que la Faculté d’Économie et de Management (GSEM), qui a
voté en faveur de la dissolution du CUI, envisage de reprendre les formations existantes, au risque d’en
modifier profondément la nature. Un tel scénario, serait la disparition de cette discipline si des conditions
cadres claires de son maintien ne sont pas respectées. Nous rappelons également qu’il s’agit de la seule
formation universitaire de cette discipline dans la région lémanique, ni l’UNIL, ni l’EPFL n’ont des formations
similaires.
De plus, ces décisions ne sont pas sans conséquences sur le tissu économique local avec lequel nous avons
développé un réseau de plus de 80 entreprises locales avec qui nous collaborons pour des stages, des sujets de
mémoires, des défis réels dans le cadre de nos cours, et qui engagent beaucoup de nos étudiants formés. Depuis
2015, ce sont 11 éditions du programme Adopt-A-Skill qui représentent chaque année un moment particulier de
rencontres entre nos étudiants et les entreprises. Ce programme soutenu par l’OPI est un partenariat entre le CUI, la
filière Informatique de Gestion de la HEG Genève, et la filière Informatique et systèmes de communication de l’HEPIA.
Voir article dans Le Temps en 2019 :
https://www.letemps.ch/economie/etudiants-informatique-ignorent-leurs-talents. Les entreprises locales ne
comprendraient pas l’extinction ou une transformation opportuniste de telles formations alors que tous les indicateurs
montrent une pénurie de compétences locales dans ces domaines et une filière en pleine croissance.
Conscient aussi des conditions budgétaires auxquelles nous sommes soumis, tant au niveau institutionnel, que
cantonal et fédéral, nous n’ignorons pas ces impératifs et sommes ouverts à toute discussion ou option constructive,
y compris un rattachement facultaire, mais à condition que les conditions cadres du maintien de la discipline et de ses
atouts soient respectés. Ces éléments ont été discutés lors d’une séance intervenue le 17 décembre avec le Rectorat
et seront mis en avant dans le cadre de deux groupes de travail qui seront constitués à la mi-janvier pour organiser la
dissolution.
Toutefois, le maintien des inscriptions est le point fondamental sur lequel nous insistons ici. En général, en pareilles
circonstances, il est prévu un plan d’étude transitoire, ce qui ne représente pas un défi majeur mais assure la réponse
à la demande vis-à-vis d’un public étudiant significatif en demande de formations dans un secteur en grande
croissance et d’importance pour l’économie locale. Une fois fermée, même temporairement, une formation est
déstabilisée dans son recrutement, et la redémarrer peut être compliqué.
C’est donc dans ces conditions que nous souhaitons rendre attentifs les membres du Grand Conseil de cette
situation et de ses enjeux. De notre côté, nous poursuivons nos efforts auprès du Rectorat afin de maintenir ouvertes
ces formations importantes pour l’économie locale et de fournir les conditions cadres nécessaires au maintien
de la discipline. Ceci dans l’optique de ne pas dénaturer ces formations et ainsi continuer à servir la cité en formant
des talents essentiels au développement économique de la région.
En vous remerciant vivement de l’attention que vous porterez à cette lettre, nous restons à votre disposition pour toute
clarification ou question.
Recevez, Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil, nos respectueuses salutations.
Fait au CUI, le 23 décembre 2025
Professeure Giovanna Di Marzo Serugendo
Vice-Directrice du CUI en charge de l’enseignement,
Directrice du Master en Systèmes et Services Numériques
Professeur Jean-Henry Morin
Co-Directeur du Bachelor en Systèmes
d’Information et Science des Services
de la République et canton de Genève
M 3187
Signataires : Dilara Bayrak, Pierre Eckert, Emilie Fernandez, Sophie
Bobillier, Céline Bartolomucci, Laura Mach, Yves de Matteis, Ayari Félix
Beltrametti, Alexandre Grünig, Masha Alimi, Julien Nicolet-dit-Félix, Léo
Peterschmitt
Date de dépôt : 5 janvier 2026
Proposition de motion
pour la sauvegarde du Centre universitaire d’informatique (CUI)
de l’Université de Genève
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que les compétences en informatique, en systèmes d’information et en
sciences des services constituent aujourd’hui un enjeu stratégique majeur
pour les administrations publiques comme pour le tissu économique
genevois ;
– que la demande du marché du travail en spécialistes de l’informatique
dépasse actuellement l’offre de formation disponible, tant au niveau
cantonal que national ;
– que le Centre universitaire d’informatique (CUI) de l’Université de
Genève, fondé en 1973, est un centre pionnier en Suisse et reconnu pour
la qualité et le caractère interdisciplinaire de ses formations ;
– que le rectorat de l’Université de Genève a tout récemment annoncé la
dissolution du CUI et la suspension des nouvelles inscriptions dès la
rentrée académique 2026-2027 ;
– que la diminution progressive des moyens d’enseignement alloués au CUI
a contribué à fragiliser son fonctionnement et à dégrader progressivement
les conditions d’enseignement ;
– que la fermeture de l’accès à une formation universitaire publique,
interdisciplinaire et répondant à des besoins avérés du marché du travail
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de notre canton fait partie des questions dont notre parlement doit se saisir
dans le cadre de l’exercice des responsabilités politiques qui nous
incombent,
invite le Conseil d’Etat
– à engager sans délai un dialogue avec le rectorat de l’Université de
Genève afin de clarifier les motivations, les conséquences et les
alternatives à la dissolution du CUI ;
– à examiner les possibilités de maintien, de revalorisation ou de refonte du
CUI en tant que structure interdisciplinaire autonome ou intégrée,
garantissant la continuité de l’offre de formation au sein de l’Université
de Genève ;
– à évaluer les besoins financiers nécessaires au maintien d’une formation
universitaire interdisciplinaire en informatique de qualité et à proposer, le
cas échéant, des solutions de financement adaptées et pérennes ;
– à veiller à ce que les étudiantes et étudiants actuels et futurs disposent
d’une offre de formation publique accessible et répondant aux besoins du
marché du travail cantonal, respectivement national ;
– à maintenir les inscriptions pour la rentrée 2026, à tout le moins à l’aide
d’un plan d’études transitoire ;
– à s’assurer que le diplôme du CUI préserve sa valeur si la fermeture de ce
dernier devait se confirmer.
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EXPOSÉ DES MOTIFS
Depuis d’une dizaine d’années, la Confédération s’emploie à définir le
cadre de la transition numérique et de la gouvernance des données 1. Dans ce
cadre, le Conseil fédéral vient de présenter sa stratégie numérique, laquelle
porte une attention toute particulière à la souveraineté numérique 2. Genève
s’est également distinguée sur les questions liées au numérique : en
juin 2023, la population genevoise a accepté le principe du droit à l’intégrité
numérique et l’a introduit dans sa constitution par plus de 94% des voix.
Cette impulsion a été suivie par la création du nouveau département des
institutions et du numérique (DIN) 3.
De manière générale, il est manifeste que les compétences en
informatique, en systèmes d’information et en sciences des services sont
aujourd’hui devenues indispensables. Par voie de conséquence, de
nombreuses formations pour étudiantes et étudiants ont vu le jour afin de
répondre aux besoins toujours croissants des administrations publiques et des
entreprises. Il sied de relever que le tissu économique genevois est composé à
plus de 93% du secteur tertiaire, secteur qui emploie de nombreux jeunes
informaticiens pour leurs compétences techniques 4. Ainsi, une formation de
spécialistes disposant de compétences interdisciplinaires constitue un enjeu
stratégique majeur pour notre canton, et ce d’autant plus que la formation de
cette main-d’œuvre qualifiée dans les domaines liés à l’informatique ne
parvient toujours pas à répondre à la demande du marché.
C’est dans le contexte précité que le Centre universitaire d’informatique
(CUI) de l’Université de Genève, pionnier en Suisse, a en 1973 déjà décerné
les premiers diplômes en informatique scientifique 5. Le CUI assure
également une formation précisément reconnue pour son caractère
interdisciplinaire dans le domaine des systèmes d’information. Ces
spécificités font la force de ce cursus, qui forme des profils hybrides
particulièrement recherchés sur le marché de l’emploi, et non exclusivement
des ingénieurs, des managers, des informaticiens, etc.
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https://www.esa.admin.ch/fr/newnsb/d6evGIoTYTmY4VMGk0-v0
https://digital.swiss/fr/
https://www.ge.ch/dossier/geneve-numerique
https://www.geneve.ch/public/entreprises/portrait-economique-villegeneve/secteurs-economiques
https://archives.unige.ch/authorities/view/379
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A la surprise des Genevoises et Genevois, le rectorat de l’Université de
Genève a annoncé le 18 décembre 2025 – à la veille des fêtes de fin
d’année – la dissolution du CUI et la suspension des nouvelles inscriptions
dès la rentrée académique 2026-2027. Cette décision intervient alors même
que les effectifs étudiants du CUI ont connu une croissance de 222% en dix
ans, faisant de cette formation l’une des plus dynamiques de l’Université de
Genève 6.
Rien que sur l’année académique 2025-2026, le CUI se maintient parmi
les cursus ayant le taux de croissance le plus fort de l’Université de Genève 7.
Cette dissolution intervient donc non seulement à un moment où la Cité n’a
pas pleinement pris conscience de ce que signifiait une telle fermeture, mais
également dans un contexte où les besoins en compétences numériques ne
cessent d’augmenter face aux défis posés par la transformation numérique et
le développement rapide de l’intelligence artificielle. Ces questions ont
d’ailleurs plusieurs fois occupé notre Grand Conseil.
Même si le rectorat affirme que les étudiantes et les étudiants
actuellement en formation pourront terminer leur cursus et que les activités
du CUI seront partiellement repositionnées au sein d’autres facultés, de
nombreuses incertitudes demeurent quant à l’avenir de cette formation 8. La
décision de suspendre les inscriptions constitue un signal particulièrement
préoccupant, car elle ferme l’accès à une filière en pleine expansion et qui
répond non seulement au besoin du marché genevois mais plus généralement
à celui du marché suisse.
Certains collaborateurs du CUI ont également souligné que cette décision
risquait d’affaiblir durablement l’offre d’enseignement interdisciplinaire en
informatique à Genève. En effet, le CUI offre la seule formation universitaire
en systèmes d’information de la région lémanique : ni l’UNIL ni l’EPFL ne
proposent des cursus similaires. Ainsi, pour trouver le programme
s’approchant au plus près de celui proposé par le CUI, les futurs étudiantes et
étudiants devront se tourner vers des institutions qui ne répondent pas ou que
partiellement à leurs besoins. Celles-ci sont proposées par la HES-SO ou par
des universités hors du canton comme les EPF 9, critère qui pourrait
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https://www.letemps.ch/cyber/exclusif-le-rectorat-de-l-universite-de-genevedissout-son-centre-dedie-a-l-informatique-et-suspend-les-inscriptions
https://www.unige.ch/stat/application/files/9917/6431/8155/StatUNIGE_Etudiantes_2025.pdf
https://www.letemps.ch/cyber/exclusif-le-rectorat-de-l-universite-de-genevedissout-son-centre-dedie-a-l-informatique-et-suspend-les-inscriptions
https://www.orientation.ch/dyn/show/4002
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manifestement dissuader les élèves intéressés de concrétiser leur inscription
dans ces institutions.
L’on remarque aussi que le CUI a vu ses moyens d’enseignement
diminuer de manière significative au cours de ces dix dernières années, alors
même que – comme indiqué ci-dessus – le nombre d’étudiants ne cesse
d’augmenter 10. Cette situation a conduit à des tensions croissantes, mettant en
péril la qualité de l’enseignement, et a servi de justification à une
réorganisation qui apparaît aujourd’hui comme une réponse hautement
inadaptée à un problème structurel et budgétaire 11. Il s’avérerait que la
faculté d’économie et de management (GSEM) ne souhaite plus soutenir les
coûts d’exploitation d’une partie de l’enseignement du centre, la condamnant
ainsi de facto. Une première intervention entre les parties prenantes avait été
entamée en juin 2024 avec une pétition des étudiantes et étudiants 12, suivi
d’un dialogue avec le rectorat de l’UNIGE pour trouver une solution
pérenne 13. Cet échange se serait soldé par le maintien du statu quo par la
reconduction temporaire des financements du CUI. Cela étant, l’incertitude
quant à l’avenir du centre était pleine et entière jusqu’à la date fatidique du
18 décembre 2025, marquant l’annonce de la fermeture du CUI par le
rectorat.
La fin des inscriptions au CUI dépendant d’une université publique et
devant répondre tant aux besoins de la société qu’à ceux du marché du travail
pose également une réelle question de responsabilité politique. En tant que
parlement, nous débattons continuellement des questions de formation, avec
pour but d’anticiper au mieux les métiers de demain. A ce titre, nous avons
notre mot à dire quant à la décision unilatérale de l’UNIGE, dont l’impact va
au-delà de ce qui semble avoir été estimé par le rectorat. L’affaiblissement
durable de l’écosystème numérique genevois aurait dû faire l’objet, en amont,
de discussions plus larges que celles internes à l’UNIGE.
Au vu de ce qui précède, il apparaît indispensable que le Conseil d’Etat et
le Grand Conseil s’emparent de cette thématique, afin de garantir le maintien
d’une offre de formation publique, accessible et interdisciplinaire en
informatique à Genève. Comme indiqué, il s’agit non seulement de préserver
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https://www.linkedin.com/posts/jhmorin_le-rectorat-de-luniversit%C3%A9-degen%C3%A8ve-activity-7407657507445338112-4LPz
https://www.letemps.ch/cyber/exclusif-le-rectorat-de-l-universite-de-genevedissout-son-centre-dedie-a-l-informatique-et-suspend-les-inscriptions
https://www.petitionenligne.ch/petition_pour_sauver_le_cui
https://cuae.ch/resume-du-mois-de-juin-2024/
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un savoir-faire reconnu, mais également d’anticiper les besoins futurs du
tissu économique genevois face aux défis du numérique qui s’annonce.
Annexe : courrier de la professeure Giovanna Di Marzo Serugendo (vicedirectrice du CUI chargée de l’enseignement et directrice du master en
systèmes et services numériques) et du professeur Jean-Henry Morin
(codirecteur du bachelor en systèmes d’information et science des services)
du 23 décembre 2025.
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ANNEXE
Lettre à l’attention des membres du Grand Conseil du Canton de Genève
23 décembre 2025
Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil,
Nous vous écrivons en nos qualités de Professeurs à l’Université de Genève, plus particulièrement comme directeurs
de programmes de formation bachelor, master et formation continue, rattachés au Centre Universitaire d’Informatique
(CUI).
En date du 17 décembre 2025, le Rectorat de l’Université de Genève a communiqué à l’ensemble des corps du CUI
la décision de fermeture du CUI. Le CUI est un centre interfacultaire créé en 1976 par le Professeur Bernard Levrat.
Premier de ce genre en Suisse, il rassemble six Facultés (Sciences, SDS, GSEM, FAPSE, Médecine et Lettres). Cette
décision s’inscrit dans le prolongement d’un audit réalisé cette année au CUI et dont le rapport est disponible sur
demande. Cet audit répondait à une volonté exprimée par plusieurs facultés souhaitant fermer le centre afin de
développer, de manière autonome, leurs propres activités dans le domaine numérique. À la suite de cet audit, les six
facultés membres ont été invitées à se prononcer formellement pour entériner la fermeture du CUI. Quatre d'entre
elles (Sciences, GSEM, Médecine et Lettres) ont voté dans leurs Conseils Participatifs pour la fermeture. Deux
Facultés (SDS et FAPSE) n’ont pas souhaité se positionner. D’après le Statut de l’Université de Genève, dans son
article 21, al. 2, il est prévu la possibilité pour le Rectorat de décider de la suppression d’un centre interfacultaire à la
demande d’au moins 2 Facultés.
C’est dans ces conditions que le Rectorat de l’Université de Genève a donc décidé de la fermeture du CUI. Bien
que la fermeture d’un centre interfacultaire en informatique puisse être considérée sur le fond comme discutable, tant
au regard des enjeux et défis liés à la transition numérique dans l’ensemble des domaines de la société que des
motivations avancées par les facultés, il convient de rappeler que, sur la forme, l’Université demeure souveraine en
la matière et que les procédures officielles ont donc été respectées.
Cette décision de fermeture du CUI étant actée, se pose maintenant la question de la “liquidation” des “atouts”
existants du CUI. En particulier une série de dispositifs construits autour des formations, comme : le FacLab, le Pôle
d’Innovation Numérique, et une série de programmes et initiatives comme : le Coding Dojo, Bootstrap, Adopt-A-Skill,
les Digital Innovators, la Cellule R&D, le Ciné-Club Technologie et Futurs de nos Sociétés, etc.
Le rectorat a aussi annoncé la fermeture des inscriptions aux programmes de formations (bachelor et master)
du CUI pour la rentrée 2026. Une telle décision ne sera pas sans conséquences et ceci à plusieurs titres :
Ce sont actuellement 233 étudiants inscrits dans nos programmes de Bachelor en Systèmes d’Information et Science
des Services et de Master en Systèmes et Services Numériques. Ces programmes sont en plein essor et attirent de
plus en plus d’étudiants depuis leur intégration au CUI en 2015 suite à la scission de la Faculté des Sciences
Economiques et Sociales (SES). Les taux de croissance sont parmi les plus forts de l’Université de Genève depuis
plusieurs années (30.3 % d’augmentation en première année de Bachelor cette année). Tout aussi remarquable, ces
deux programmes attirent les femmes, qui représentent 27% des effectifs, soit bien au-dessus de la moyenne
européenne des filières en IT. L’interruption de ces programmes représente un double danger :
1) Premièrement, celui de créer une rupture dans la formation de personnes ayant ces compétences et
dont le positionnement actuel représente une réelle valeur ajoutée et une réponse à un besoin sur le marché
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avec les défis numériques que nous vivons. Ce positionnement est parfaitement complémentaire aux autres
filières de formations plus orientées vers la pratique (HEG, HEPIA) et celles centrées sur l’informatique
scientifique (Science Informatique en Faculté des Sciences).
2) Deuxièmement, c’est un danger de perte d’une formation et de nombreux diplômés dans une discipline
aujourd’hui reconnue par l’économie et qui ne relève ni du management des systèmes d’information, ni de
l’informatique scientifique. Il s’agit de programmes interdisciplinaires d'ingénierie de systèmes et de services
numériques évoluant au plus près des progrès scientifiques et du marché. C’est néanmoins le risque que
représente cette décision, notamment parce que la Faculté d’Économie et de Management (GSEM), qui a
voté en faveur de la dissolution du CUI, envisage de reprendre les formations existantes, au risque d’en
modifier profondément la nature. Un tel scénario, serait la disparition de cette discipline si des conditions
cadres claires de son maintien ne sont pas respectées. Nous rappelons également qu’il s’agit de la seule
formation universitaire de cette discipline dans la région lémanique, ni l’UNIL, ni l’EPFL n’ont des formations
similaires.
De plus, ces décisions ne sont pas sans conséquences sur le tissu économique local avec lequel nous avons
développé un réseau de plus de 80 entreprises locales avec qui nous collaborons pour des stages, des sujets de
mémoires, des défis réels dans le cadre de nos cours, et qui engagent beaucoup de nos étudiants formés. Depuis
2015, ce sont 11 éditions du programme Adopt-A-Skill qui représentent chaque année un moment particulier de
rencontres entre nos étudiants et les entreprises. Ce programme soutenu par l’OPI est un partenariat entre le CUI, la
filière Informatique de Gestion de la HEG Genève, et la filière Informatique et systèmes de communication de l’HEPIA.
Voir article dans Le Temps en 2019 :
https://www.letemps.ch/economie/etudiants-informatique-ignorent-leurs-talents. Les entreprises locales ne
comprendraient pas l’extinction ou une transformation opportuniste de telles formations alors que tous les indicateurs
montrent une pénurie de compétences locales dans ces domaines et une filière en pleine croissance.
Conscient aussi des conditions budgétaires auxquelles nous sommes soumis, tant au niveau institutionnel, que
cantonal et fédéral, nous n’ignorons pas ces impératifs et sommes ouverts à toute discussion ou option constructive,
y compris un rattachement facultaire, mais à condition que les conditions cadres du maintien de la discipline et de ses
atouts soient respectés. Ces éléments ont été discutés lors d’une séance intervenue le 17 décembre avec le Rectorat
et seront mis en avant dans le cadre de deux groupes de travail qui seront constitués à la mi-janvier pour organiser la
dissolution.
Toutefois, le maintien des inscriptions est le point fondamental sur lequel nous insistons ici. En général, en pareilles
circonstances, il est prévu un plan d’étude transitoire, ce qui ne représente pas un défi majeur mais assure la réponse
à la demande vis-à-vis d’un public étudiant significatif en demande de formations dans un secteur en grande
croissance et d’importance pour l’économie locale. Une fois fermée, même temporairement, une formation est
déstabilisée dans son recrutement, et la redémarrer peut être compliqué.
C’est donc dans ces conditions que nous souhaitons rendre attentifs les membres du Grand Conseil de cette
situation et de ses enjeux. De notre côté, nous poursuivons nos efforts auprès du Rectorat afin de maintenir ouvertes
ces formations importantes pour l’économie locale et de fournir les conditions cadres nécessaires au maintien
de la discipline. Ceci dans l’optique de ne pas dénaturer ces formations et ainsi continuer à servir la cité en formant
des talents essentiels au développement économique de la région.
En vous remerciant vivement de l’attention que vous porterez à cette lettre, nous restons à votre disposition pour toute
clarification ou question.
Recevez, Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil, nos respectueuses salutations.
Fait au CUI, le 23 décembre 2025
Professeure Giovanna Di Marzo Serugendo
Vice-Directrice du CUI en charge de l’enseignement,
Directrice du Master en Systèmes et Services Numériques
Professeur Jean-Henry Morin
Co-Directeur du Bachelor en Systèmes
d’Information et Science des Services