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Statut: Traité

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Résumé

### Résumé du Document Législatif 1. **Titre et Référence** Proposition de motion pour une campagne cantonale ambitieuse de prévention et de promotion de la protection sexuelle, en partenariat avec les associations locales. Référence : M 3154, Grand Conseil de la République et canton de Genève, Date de dépôt : 26 août 2025. 2. **Objectif Principal** Lancer une campagne cantonale de grande ampleur visant à promouvoir l'usage systématique du préservatif et la prévention globale des infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH. 3. **Modifications Législatives Proposées et Leur Portée** - Lancement d'une campagne en partenariat avec les associations locales actives en santé sexuelle et en prévention. - Utilisation de canaux numériques pour toucher efficacement les jeunes et l'ensemble de la population. - Adaptation des messages aux différents publics cibles, y compris les jeunes, les personnes précarisées et les professionnels du sexe. - Intensification du dépistage précoce et de l'information sur toutes les IST. - Suivi et évaluation rigoureux de la campagne, avec un rapport au Grand Conseil dans un délai de deux ans. 4. **Discussions ou Avis Exprimés dans le Document** - Consensus sur la nécessité de maintenir et de renforcer les efforts de prévention, en particulier auprès des jeunes et des publics vulnérables. - Mise en lumière d'une tendance préoccupante à la baisse de l'usage du préservatif, en dépit des avancées dans la lutte contre le VIH. - Importance des associations locales dans la transmission des messages de prévention. 5. **Implications Principales de ce Projet** - Renforcement de la culture de prévention en matière de santé sexuelle. - Réduction des comportements à risque, notamment chez les jeunes. - Amélioration de l'accès à l'information et aux moyens de protection contre les IST. - Engagement continu de la population envers la santé sexuelle, indépendamment des progrès technologiques ou médicaux.

Texte extrait

GRAND CONSEIL

de la République et canton de Genève

M 3154

Signataires : Ana Roch, François Baertschi, Arber Jahija, Gabrielle Le Goff,
Gabriela Sonderegger, Christian Flury, Christian Steiner, Thierry Cerutti,
Sandro Pistis, Sami Gashi, Skender Salihi, Amar Madani
Date de dépôt : 26 août 2025

Proposition de motion

pour une campagne cantonale ambitieuse de prévention et de
promotion de la protection sexuelle, en partenariat avec les
associations locales
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que la Suisse et Genève ont réalisé des avancées notables dans la lutte
contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST) ;
– que, selon les données 2023, 352 nouvelles infections au VIH ont été
enregistrées en Suisse, en baisse par rapport à 2022, et que près de 93%
des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 98% sont
traitées, et la grande majorité bénéficie d’une charge virale indétectable,
dépassant ainsi les objectifs « 95-95-95 » fixés par l’Organisation
mondiale de la santé ;
– que ces succès sont le fruit de politiques publiques robustes, d’un accès
facilité aux traitements et d’une prévention soutenue, mais qu’ils peuvent
être compromis par un relâchement des comportements préventifs ;
– que l’article récent du média 20 Minutes met en lumière une
augmentation préoccupante des rapports sexuels non protégés dans le
cadre de la prostitution, traduisant un recul de l’usage du préservatif,
parfois motivé par une impression trompeuse de sécurité liée aux
traitements contre le VIH (trithérapie, PrEP) ;

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– que ces traitements, bien qu’efficaces contre le VIH, ne protègent pas
contre les autres IST, dont certaines peuvent avoir de graves
conséquences sur la santé reproductive et générale ;
– que les données sur les jeunes révèlent une baisse notable de l’usage du
préservatif entre 2014 et 2022, avec 22% des garçons et 28% des filles de
15 ans déclarant ne pas en avoir utilisé lors de leur dernier rapport sexuel,
et près d’un tiers n’ayant eu recours ni au préservatif ni à un autre moyen
de contraception ;
– que, bien que la Suisse affiche encore des taux de protection élevés par
rapport à d’autres pays européens, ces chiffres témoignent de la nécessité
de maintenir et de renforcer les efforts de prévention, en particulier auprès
des jeunes et des publics vulnérables ;
– que les associations locales jouent un rôle central dans l’information, la
prévention et l’accompagnement des personnes, et constituent des
partenaires essentiels pour mener des campagnes efficaces et adaptées aux
réalités du terrain ;
– que l’utilisation active des canaux numériques (sites internet, réseaux
sociaux, applications interactives) est un levier indispensable pour
atteindre efficacement les jeunes et la population dans son ensemble,
invite le Conseil d’Etat
– à lancer, en partenariat avec les associations locales actives en santé
sexuelle et en prévention, une campagne cantonale de grande ampleur
visant à promouvoir, de manière forte et cohérente, l’usage systématique
du préservatif et la prévention globale des IST (VIH compris), en
recourant aussi activement aux canaux numériques (outils en ligne,
réseaux sociaux, applications interactives), pour toucher les jeunes et
l’ensemble de la population ;
– à adapter les messages aux différents publics cibles, jeunes et moins
jeunes, personnes précarisées, professionnelles et professionnels du sexe,
en tenant compte des réalités socioculturelles et économiques ;
– à intensifier le dépistage précoce et l’information sur l’ensemble des IST,
au-delà du seul VIH, notamment via les structures communautaires,
scolaires, universitaires, et via des formats numériques accessibles ;
– à assurer un suivi et une évaluation rigoureux de la campagne (indicateurs
de couverture, évolution des pratiques, nombre de dépistages) et à rendre
compte au Grand Conseil dans un délai de deux ans après son lancement.

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EXPOSÉ DES MOTIFS
Ces dernières années, la Suisse et Genève ont réalisé des avancées
notables dans la lutte contre le VIH et les infections sexuellement
transmissibles (IST). Les chiffres sont encourageants : en 2023,
352 nouvelles infections au VIH ont été enregistrées, en baisse par rapport à
2022. De plus, près de 93% des personnes vivant avec le VIH connaissent
leur statut, 98% sont traitées, et une large majorité bénéficie d’une charge
virale indétectable – des résultats conformes, voire supérieurs, aux objectifs
« 95-95-95 » fixés par l’Organisation mondiale de la santé. (Les objectifs
« 95-95-95 » fixés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sont des
cibles pour l’élimination du VIH/SIDA d’ici 2030. Ils visent à ce que : 95%
des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 95%
des personnes diagnostiquées reçoivent un traitement antirétroviral, et 95%
des personnes traitées aient une charge virale supprimée (indétectable).)
Ce succès, fruit de politiques de santé publique robustes, de l’accès aux
traitements et d’une prévention soutenue, pourrait malheureusement conduire
à un relâchement. C’est précisément ce que met en lumière un article récent
de 20 Minutes, dénonçant une progression préoccupante des rapports sexuels
non protégés dans le cadre de la prostitution, révélant que le préservatif
semble parfois relégué au second plan, dans un contexte où la trithérapie ou
la PrEP créent une illusion de sécurité. Or, ces moyens n’empêchent en rien
la transmission des autres IST, dont certaines ont des conséquences graves
pour la santé reproductive ou générale.
Souhaitons-nous vraiment laisser s’installer une impression trompeuse de
sécurité ? Les données sur les jeunes sont alarmantes : entre 2014 et 2022, le
recours au préservatif lors du dernier rapport sexuel est passé de 70% à 61%
chez les garçons, et de 63% à 57% chez les filles. En 2022, un quart des
adolescents (22% des garçons et 28% des filles) n’avaient pas utilisé de
préservatif lors de leur dernière relation, et un tiers n’ont eu recours ni au
préservatif ni à la pilule.
Même si la Suisse se distingue encore par des taux relativement élevés de
protection chez les jeunes, ces chiffres soulignent l’urgence de cultiver une
culture de prévention partagée et durable, particulièrement chez les jeunes,
pour qui l’information et l’accès aux protections doivent toujours être
renouvelés et adaptés.
L’article de 20 Minutes nous rappelle que, même lorsque l’information
semble accessible, le risque persiste. Les associations locales, présentes sur le
terrain, jouent un rôle essentiel pour transmettre des messages porteurs de

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sens et recréer ce réflexe du préservatif, que ni la trithérapie ni la PrEP ne
peuvent remplacer.
Maintenir, voire renforcer, notre vigilance est donc impératif. Une
campagne cantonale ambitieuse, inclusive et innovante doit rappeler que la
protection n’est pas facultative, qu’elle doit accompagner chaque relation
sexuelle, et que la santé sexuelle exige un engagement continu, quel que soit
le progrès technologique ou médical.