GRAND CONSEIL Q 4107-A de la République et canton de Genève Date de dépôt : 10 décembre 2025 Réponse du Conseil d’Etat à la question écrite de Sylvain Thévoz : Interdiction totale du téléphone portable à l’école : quel bilan pour la rentrée 2025 ? En date du 31 octobre 2025, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite ordinaire qui a la teneur suivante : Le 26 juin 2025, le Conseil d’Etat annonçait que, dès la rentrée 2025, les téléphones portables seraient interdits dans l’enceinte de tous les établissements du cycle d’orientation, en tout temps, y compris durant les pauses de midi. Cette décision visait à préserver la qualité des apprentissages, la santé mentale des élèves, ainsi qu’à encourager les interactions sociales hors écran. Pour garantir le respect de cette règle, un dispositif de sanctions progressif a été prévu : – 1ʳᵉ infraction : téléphone confisqué, remis à la direction ou au secrétariat, restitué en fin de demi-journée. – 2ᵉ infraction : retenue avec travail de réflexion sur les effets des usages excessifs du numérique. – 3ᵉ infraction : convocation de l’élève et de ses parents par la direction. – 4e infraction : exclusion de l’élève pour une demi-journée. Par ailleurs, le CE rappelait que les outils numériques personnels ne seraient plus autorisés pour les activités en classe, en cohérence avec l’introduction de matériel informatique fourni par les établissements. Une exception pourra être faite lors de sorties pédagogiques spécifiques. L’objectif annoncé n’était pas de stigmatiser, mais de protéger les jeunes, d’informer les familles et de responsabiliser chacun face aux enjeux du numérique. Si les téléphones étaient déjà interdits à l’école primaire durant Q 4107-A 2/4 tout le temps scolaire, et partiellement au cycle d’orientation (CO), les règles et les sanctions variaient selon les cycles d’orientation pendant les pauses de midi ou avant les cours. Le DIP a décidé d’aller un peu plus loin avec une interdiction totale au CO. Il a aussi voulu renforcer et harmoniser les sanctions dans un souci d’égalité de traitement. Le CE a souhaité rappeler l’interdiction du téléphone dans tout le périmètre scolaire et durcir les sanctions, afin d’envoyer un message clair aux enfants comme aux parents. Mes questions sont les suivantes : 1. Quel est le bilan que tire le CE de la mise en œuvre de l’interdiction totale du téléphone portable à l’école à la rentrée 2025 ? 2. Combien d’infractions ont été constatées au CO, de quel type ? 3. Combien d’exceptions ont été faites lors de sorties ou de projets pédagogiques spécifiques ? 4. Au primaire, il y a théoriquement le même cadre : celui du périmètre scolaire. Mais les enfants ont des téléphones toujours plus tôt. Comment le CE considère-t-il la situation au primaire concernant l’interdiction des téléphones portables ? RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT Le département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) a adopté une interdiction totale et généralisée des téléphones portables dans l’enseignement obligatoire, accompagnée de sanctions uniformisées, mise en œuvre depuis la rentrée 2025. Il a aussi déployé une campagne de prévention autour de l’usage des écrans. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie globale visant à préserver la qualité des apprentissages, à protéger la santé mentale des élèves, à réduire le cyberharcèlement et à encourager les interactions sociales pour améliorer le climat scolaire. Il s’agit par ailleurs d’une dynamique romande initiée par la Conférence intercantonale de l'instruction publique et de la culture de la Suisse Romande et du Tessin (CIIP). 3/4 Q 4107-A Cette action rejoint un effort pédagogique d’éducation et de prévention numériques mené auprès de tous les élèves genevois. Elle se rattache, d’une part, aux objectifs du plan d’études romand dans le domaine de l’éducation numérique et, d’autre part, à ceux de la feuille de route du DIP qui vise un renforcement continu des compétences en santé, incluant les enjeux psychosociaux liés au numérique. Pour renforcer le respect de l’interdiction des téléphones portables au cycle d’orientation, un dispositif de sanctions progressif a été prévu et mis en œuvre dès la rentrée scolaire 2025. Les 4 sanctions graduelles citées dans la présente question écrite sont mentionnées dans le carnet de l’élève, que tous les parents signent au début de l’année scolaire. Après moins de 3 mois d’entrée en vigueur, il est trop tôt pour évoquer un véritable bilan. A priori toutefois, les établissements scolaires témoignent du caractère positif d’avoir posé une règle claire, qui véhicule un message jugé nécessaire par les directions, le corps enseignant et les parents d’élève. Voici le tableau des sanctions prises depuis le début de l’année dans l’ensemble des cycles d’orientation genevois : Août Septembre Octobre Total Sanction 1 548 638 399 1 585 Sanction 2 46 107 107 260 Sanction 3 10 40 17 67 Sanction 4 2 8 13 23 Concernant les activités pédagogiques, les outils numériques personnels n’étant plus autorisés en classe, le matériel informatique fourni par les établissements doit permettre d’honorer les objectifs du plan d’études romand en matière d’éducation numérique. Une exception peut être faite lors de sorties pédagogiques spécifiques, comme la visite des SwissSkills organisée pour l’ensemble des élèves de 10e année en 2025 ou de la cité-métiers.ch, l’expo organisée pour l’ensemble des élèves de la 8P à la 1re année de l’enseignement secondaire II. Il n’existe pas de monitorage détaillé des exceptions qui sont faites. Q 4107-A 4/4 A l’école primaire, l’usage des outils numériques privés est aussi interdit dans le périmètre scolaire (bâtiments scolaires et préau), y compris durant les temps de récréation. En cas de non-respect des règles, des sanctions sont prises par les directions d’établissement. Des efforts d’harmonisation cantonale de ces sanctions sont en cours. De même, les modalités d’usage en dehors de l’horaire scolaire, y compris pendant la pause de midi, devra faire l’objet d’une harmonisation en lien également avec les entités chargées de l’accueil parascolaire. Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite à prendre acte de la présente réponse. AU NOM DU CONSEIL D'ÉTAT La chancelière : Michèle RIGHETTI-EL ZAYADI Le président : Thierry APOTHÉLOZ