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Résumé

### 1. Titre et référence **Titre :** Proposition de motion pour l’intégration de l’intelligence artificielle dans tous les programmes de l’université et des hautes écoles spécialisées (HES) de Genève **Référence :** M 2988-A **Date de dépôt :** 18 novembre 2025 ### 2. Objectif principal L'objectif principal de la motion est de promouvoir l'intégration de l'intelligence artificielle (IA) dans tous les programmes de l'université et des hautes écoles spécialisées (HES) de Genève, afin de préparer les étudiants aux défis contemporains et de développer des compétences essentielles. ### 3. Modifications législatives proposées et leur portée Les modifications proposées incluent : - **Soutien à l'intégration de l'IA :** Le Conseil d'État est invité à promouvoir activement l'intégration de l'IA dans tous les programmes académiques. - **Allocation de ressources :** Des ressources doivent être allouées pour la formation du personnel enseignant et la création d'infrastructures adaptées. - **Collaboration interdisciplinaire :** Encouragement de la collaboration entre départements académiques pour intégrer l'IA dans divers domaines. - **Partenariats stratégiques :** Développement de partenariats avec des entreprises technologiques et des instituts de recherche en IA. - **Mise en place d'une commission spécialisée :** Création d'une commission composée d'experts pour conseiller sur l'intégration de l'IA dans les curriculums. ### 4. Discussions ou avis exprimés dans le document - **Rapport de majorité (Danièle Magnin) :** La majorité soutient la motion, soulignant l'importance de l'IA dans l'éducation et la nécessité d'une intégration systématique dans tous les cursus. - **Rapport de minorité (Djawed Sangdel) :** Le rapport de minorité insiste sur l'importance d'une formation automatisée en IA dans toutes les filières, sans optionnalité, et souligne les enjeux éthiques liés à l'utilisation de l'IA. ### 5. Implications principales de ce projet Les implications principales de ce projet incluent : - Une transformation des programmes académiques pour répondre aux besoins du marché du travail. - Une meilleure préparation des étudiants face aux évolutions technologiques. - La nécessité d'une réflexion critique et éthique sur l'utilisation de l'IA dans divers domaines. - Un renforcement des liens entre l'université, l'industrie et les instituts de recherche, favorisant ainsi l'innovation et l'employabilité des diplômés.

Texte extrait

GRAND CONSEIL

de la République et canton de Genève

M 2988-A

Date de dépôt : 18 novembre 2025

Rapport

de la commission de l’enseignement supérieur chargée d’étudier
la proposition de motion de Djawed Sangdel, Marc Saudan,
Francisco Taboada, Masha Alimi, Jacques Jeannerat, Jean-Pierre
Tombola pour l’intégration de l’intelligence artificielle dans tous
les programmes de l’université et des hautes écoles spécialisées
(HES) de Genève
Rapport de majorité de Danièle Magnin (page 4)
Rapport de minorité de Djawed Sangdel (page 13)

ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 12.25

M 2988-A

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Proposition de motion
(2988-A)

pour l’intégration de l’intelligence artificielle dans tous les programmes
de l’université et des hautes écoles spécialisées (HES) de Genève

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que l’intelligence artificielle (IA) est une discipline en pleine expansion qui
joue un rôle crucial dans la transformation rapide de divers secteurs de la
société ;
– que l’IA a un impact significatif sur le monde du travail, avec une demande
croissante de professionnels compétents dans ce domaine ;
– que l’intégration de l’IA dans toutes les formations supérieures prépare les
étudiants aux défis et aux opportunités du monde contemporain en
favorisant le développement de compétences telles que la pensée critique,
la résolution de problèmes et la créativité ;
– que la maîtrise des concepts de base de l’IA est devenue une compétence
essentielle pour les diplômés de toutes les disciplines, en raison de son
influence sur la recherche, l’innovation et la productivité ;
– que l’IA offre des possibilités d’innovation pédagogique, permettant le
développement de programmes académiques novateurs et axés sur les
besoins du marché,
invite le Conseil d’Etat
– à promouvoir activement et à soutenir l’intégration de l’IA dans tous les
programmes de l’université et des hautes écoles spécialisées (HES) de
Genève ;
– à allouer les ressources nécessaires pour la formation du personnel
enseignant et la création d’infrastructures adaptées, afin de favoriser
l’enseignement et la recherche en IA ;
– à encourager la collaboration interdisciplinaire entre les départements
académiques pour faciliter l’intégration de l’IA dans divers domaines, tels
que la santé, les sciences humaines, les sciences politiques, la littérature
créative, le design, l’architecture, les programmes environnementaux, le
tourisme, l’hospitalité, le droit, et plus encore ;

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– à développer des partenariats stratégiques avec des entreprises
technologiques et des instituts de recherche en IA pour faciliter le transfert
de connaissances, offrir des stages pratiques aux étudiants et garantir que
les programmes d’études restent à la pointe de l’innovation et des besoins
du marché ;
– à mettre en place une commission spécialisée en IA composée d’experts,
de professeurs et de représentants de l’industrie pour conseiller sur les
meilleures pratiques d’intégration de l’IA dans les curriculums, assurer la
mise à jour continue des programmes et évaluer les besoins en ressources
et infrastructures.

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RAPPORT DE LA MAJORITÉ
Rapport de Danièle Magnin
Mesdames et Messieurs les députés, la commission de l’enseignement
supérieur a étudié la motion 2988 pour l’intégration de l’intelligence artificielle
dans tous les programmes de l’université et des hautes écoles spécialisées
(HES) de Genève lors des séances des 14 mars et 25 avril 2024.
Séance du 14 mars 2024
Présentation de M. Djawed Sangdel, auteur
En présence de Mme Tamara Diaz, adjointe à l’unité des hautes écoles
M. Sangdel explique que l’intelligence artificielle fait désormais partie de
la vie de tous. Il explique qu’elle est globalement de plus en plus utilisée. Après
avoir étudié les programmes de l’UNIGE et des hautes écoles suisses, il
constate qu’une grande partie ne propose pas de formation à cette nouvelle
matière. Il estime indispensable d’intégrer l’intelligence artificielle, peu
importe le domaine d’activité. Cette motion permettrait d’étudier la possibilité
d’intégrer l’intelligence artificielle dans le cursus de certaines formations.
Une commissaire (S) se demande si l’intelligence artificielle n’est pas déjà
intégrée dans le cadre de nombreuses formations de l’UNIGE ou des HES.
M. Sangdel répond que l’intelligence artificielle est intégrée dans certaines
formations, mais non dans toutes. De plus, bien que ce domaine soit intégré, il
n’est pas automatisé. Il souhaite que cette formation soit automatisée à toutes
les filières.
Un commissaire (Ve) demande si M. Sangdel a des auditions à proposer.
M. Sangdel pense qu’il n’est pas nécessaire de faire des auditions, car il
estime que c’est un besoin qui n’est actuellement pas rempli. Il souhaite
intégrer une formation à l’intelligence artificielle d’une valeur de 4 ou 5 crédits
ECTS qui seraient à ajouter au cursus, mais qui n’impacteraient pas réellement
la qualité de la formation initiale.
Une commissaire (S) trouve les invites assez vastes. Elle se demande ce
qu’il imagine concrètement.
M. Sangdel propose d’instaurer un cours de 4 à 5 crédits ECTS, selon les
formations, afin que tous puissent avoir des notions de base en la matière.
Une commissaire (S) demande s’il pourrait s’agir de cours à option.

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M. Sangdel répond par la négative. Son objectif est que la formation soit
automatisée à toutes les filières de niveau bachelor et master.
Un commissaire (S) trouve la motion intéressante. Toutefois, il pense qu’il
lui manque l’aspect lié à l’enjeu éthique de l’utilisation de l’intelligence
artificielle. Il trouverait intéressant que la motion aille dans le sens de
sensibiliser aux enjeux éthiques.
M. Sangdel indique mentionner les enjeux éthiques dans son exposé des
motifs.
Une commissaire (PLR) peine à comprendre en quoi consiste la
commission dont il est question dans la dernière invite de la motion.
M. Sangdel explique qu’il devrait y avoir dans chaque institution un comité
qui s’interroge sur la façon d’appliquer l’intelligence artificielle. Ce comité
serait composé de différents experts.
Un commissaire (LC) estime que l’intelligence artificielle est déjà intégrée
dans les écoles actuelles. Il ne pense pas que l’UNIGE et les HES ont attendu
que la commission s’y intéresse pour les intégrer dans leurs domaines. Il pense
qu’il faut faire confiance à l’UNIGE et aux HES.
M. Sangdel précise que la formation à l’intelligence artificielle existe dans
certaines formations, mais pas dans d’autres. L’objectif de la motion est de
l’intégrer dans les formations où elle n’existe pas.
Le président propose de remettre ce point à l’ordre du jour le 25 avril 2024.
Il explique que la nouvelle rectrice de l’UNIGE pourra se présenter à la
commission. Il pense que ce sera l’occasion de lui demander son avis sur la
motion.
Il n’y a pas d’opposition.
Mme Diaz propose que la rectrice soit accompagnée de la vice-rectrice
chargée de l’intelligence artificielle.
Il n’y a pas d’opposition.
Séance du 25 avril 2024
Audition de M me Audrey Leuba, rectrice, accompagnée de Mme Juliane
Schröter, vice-rectrice chargée du numérique et de l’intelligence
artificielle
Mme Schröter remercie la commission. Pour commencer, il faut savoir que
l’Université de Genève est déterminée à jouer un rôle moteur dans la
transformation numérique depuis des années. En 2018, ils ont mis en place une
stratégie numérique qui a pour objectif de développer leur expertise et de

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favoriser la capacité d’innovation au niveau de l’enseignement, de la recherche
et de l’administration. En 2022, l’intelligence artificielle générative est
devenue accessible et utilisable pour toutes et tous. Du point de vue de
l’UNIGE, l’intelligence artificielle générative a effectivement le potentiel de
transformer leur façon d’effectuer des recherches, de rédiger des textes
(scientifiques ou non), d’apprendre, d’enseigner et d’évaluer les compétences.
Mais les transformations liées à l’intelligence artificielle générative vont bien
au-delà. L’UNIGE est très consciente de ce fait, mais elle n’est pas un objet
soumis aux transformations ; elle est actrice de ces transformations. Elle y
contribue et les façonne activement. Cela se traduit entre autres par le fait qu’il
y a depuis le 1er avril un nouveau dicastère qui s’occupe du numérique et de
l’intelligence artificielle. Elle est la vice-rectrice chargée de ce dicastère. De
manière générale, le nouveau rectorat est favorable à l’évolution et à
l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ils y voient surtout une opportunité, et
les risques peuvent être minimisés par une approche responsable. Trois
éléments en lien avec l’intelligence artificielle sont d’une importance
particulière pour le rectorat : premièrement, le développement d’une
intelligence artificielle au service de la science en la croisant avec d’autres
domaines de recherche ; deuxièmement, l’intégration de l’intelligence
artificielle générative dans les études, l’enseignement et l’administration ;
troisièmement, la contribution à une réflexion critique et éthique sur
l’intelligence artificielle et sur son impact sur notre société.
Elle aimerait désormais détailler les 5 objectifs de la motion. Le premier
objectif est de promouvoir activement et soutenir l’intégration de l’intelligence
artificielle dans tous les programmes de l’université. En ce qui concerne la
recherche, il est important de savoir que la quasi-totalité des facultés de
l’Université de Genève se sont dotées de chairs ou de centres portant sur le
numérique (Lettres, Sciences, Droit, Médecine, Sciences de la société,
Economie et management, Psychologie et sciences de l’éducation). Les
chercheuses et chercheurs qui travaillent dans ces centres sont déjà très actives
et actifs dans la recherche sur l’intelligence artificielle. En médecine, par
exemple, des équipes utilisent l’intelligence artificielle notamment pour
analyser des tumeurs ou encore pour trouver des traitements plus efficaces.
Des équipes en neurosciences ont conçu une intelligence artificielle capable
d’apprendre une seule tâche. S’agissant du volet enseignement, de nouveaux
cursus et programmes, toutes facultés confondues, ont intégré l’intelligence
artificielle. Cette intégration existe déjà dans des domaines aussi divers que la
biologie, la physique, la langue et la littérature allemande, la sociologie, les
sciences de la Terre, les sciences pharmaceutiques, etc. De plus, ils ont pendant
cette année académique 2023-2024 deux cours transversaux qui portent sur

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l’intelligence artificielle : « Comprendre le numérique » et « Intelligence
artificielle et science des données en médecine ». Ils ont déjà eu le premier
atelier autour de ChatGPT en 2023 et leur bibliothèque propose actuellement
un atelier sur la recherche documentaire à l’aide des intelligences artificielles.
Pour les enseignants, ils ont un atelier prévu pour ChatGPT : « Enseigner à
l’ère de ChatGPT : interdire ou en faire son allié ». Ils organisent aussi un
lunch pédagogique : « Quelle note obtiendrait ChatGPT à mon cours ? ». Ils
proposent aussi plusieurs formations continues : « Intelligence artificielle et
éthique » ou « Intelligence artificielle : une perspective pragmatique pour
professionnels ou professionnels non spécialistes ». Ils proposent déjà
beaucoup de formations, mais le nouveau rectorat a comme priorité d’aller
encore plus loin et d’élargir encore cette offre. Concernant le troisième objectif
de la motion « Encourager la collaboration interdisciplinaire entre les
départements académiques » : le nouveau rectorat est d’avis que les liens entre
l’intelligence artificielle et les différents domaines scientifiques sont vraiment
un développement scientifique important auquel une université polyvalente
devrait contribuer. Ils ont de nombreux projets de recherche qui se déroulent
dans un domaine non informatique et, en ce sens, ils sont interdisciplinaires.
En outre, il existe plusieurs initiatives interdisciplinaires, par exemple le
Digital Law Center.
Le quatrième objectif vise à développer des partenariats stratégiques avec
des entreprises technologiques et des instituts de recherche en intelligence
artificielle pour faciliter le transfert de connaissances, offrir des stages
pratiques aux étudiants et garantir que le programme reste à la pointe de
l’innovation et des besoins du marché. L’Université de Genève est à la pointe
de la recherche internationale sur l’intelligence artificielle. Elle a des
compétences dans tous les domaines confondus : Big Data, Big Learning,
Machine Learning, etc. Il existe aussi des liens entre leurs experts et expertes
et l’industrie et les instituts en matière d’intelligence artificielle. Par exemple,
ils ont eu un symposium axé sur le transfert de connaissances au niveau de
l’utilisation de l’intelligence artificielle organisé par toutes les facultés de
l’université. Ils sont aussi l’un des cofondateurs de l’institut de recherche actif
dans le domaine de l’intelligence artificielle. Les pratiques de stages en
entreprise existent aussi dans plusieurs formations en lien avec l’intelligence
artificielle. L’employabilité est une vraie priorité pour le rectorat. Ils sont très
ouverts à un élargissement de l’offre de stages. Malheureusement, certaines
entreprises exigent des rémunérations en échange de leur activité formatrice.
D’autres pistes pour augmenter l’employabilité des étudiantes et étudiants est
par exemple de développer de nouveaux formats d’enseignement, notamment
les micro-certifications, comme évoqué tout à l’heure.

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Le cinquième objectif est la mise en place d’une commission spécialisée
en intelligence artificielle composée d’experts, de professeurs et de
représentants de l’industrie. Ils ont eu jusqu’à présent une convention-cadre de
collaboration dans le domaine du numérique avec le canton de Genève et la
HES-SO. Les partenaires de cette convention se sont réunis régulièrement. Des
discussions pour un renouvellement de cette convention sont en cours, avec
probablement l’intelligence artificielle comme axe fort de la collaboration. Les
réunions des partenaires de cette nouvelle convention auront certainement
souvent le caractère d’un échange d’experts en matière d’intelligence
artificielle et les représentants de l’industrie et d’autres externes pourraient
facilement y être invités. L’Université de Genève est aussi en contact régulier
avec le département de l’économie et de l’emploi et des collaborations autour
de l’intelligence artificielle pourraient certainement être développées. C’est
volontairement qu’elle n’avait pas parlé du deuxième objectif, qui est d’allouer
des ressources nécessaires pour la formation du personnel enseignant et la
création d’infrastructures adaptées. Elle ne l’avait pas mentionné, parce que le
financement de la formation du personnel, des licences et des infrastructures
est ce qui leur cause le plus de souci. Dans l’ensemble, les entreprises privées
comme Google, Meta ou Microsoft ont des moyens colossaux et,
malheureusement, ils ne peuvent pas les concurrencer. Les logiciels et la
formation du personnel sont très onéreux. Les équipements sont devenus aussi
onéreux que ceux utilisés en physique. Les coupes budgétaires freinent donc
la progression et l’acquisition de ces outils.
Le président comprend donc que, à l’exception des problématiques de
financement, ils estiment que l’Université de Genève fait déjà une large partie
de ce que propose la motion.
Une commissaire (S) a été intéressée d’apprendre qu’ils ont créé une chaire
dans le rectorat pour s’occuper de ces questions. Elle a été agréablement
surprise que Mme Schröter vienne de la faculté des lettres. Elle demande ce qui
a fait qu’avec son parcours elle se retrouve à cette fonction.
Mme Schröter fait savoir qu’elle est linguiste. En linguistique, ils travaillent
beaucoup avec de grands corpus, et c’est cela le lien avec le numérique. Le
choix d’une personne venant de la faculté des lettres a aussi été un choix
stratégique pour souligner que le numérique n’est pas seulement un sujet
technique. Cela va au-delà, il faut prendre en compte les perspectives éthiques.
Un commissaire (PLR) estime que l’intelligence artificielle ne crée rien ;
elle compile tout. Leur propos est de dire que la Suisse, pays riche, prospère,
formateur n’a pas mis de ressources suffisantes dans cet objectif-là. Elles sousentendent qu’il faut être mieux doté ou alors sacrifier d’autres points. Il
demande quelle politique de recherche ils sacrifieront pour satisfaire celle-là.

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Mme Leuba ne croit pas qu’il y ait l’idée de sacrifier, mais plutôt de mettre
en évidence qu’au niveau de l’intelligence artificielle, ils s’ajustent déjà
particulièrement bien, mais ne peuvent pas rivaliser avec les grandes entités
privées.
Mme Schröter ajoute que c’est aussi une question d’indépendance. S’ils
n’utilisent que des outils conçus par des entreprises américaines, ils
deviendront d’une manière ou d’une autre dépendants. Ils acceptent aussi tous
les biais et les problèmes des données. C’est une problématique.
Mme Leuba ajoute qu’ils vont se positionner avec leurs forces. Ils vont
essayer de travailler avec les spécialistes de l’intelligence artificielle et des
autres domaines pour arriver à être particulièrement performants dans ces
domaines-là et peut-être moins que d’autres universités qui mettront l’accent
sur la recherche. Ils ont réfléchi à leur positionnement sur ce sujet-là.
M. Sangdel, auteur, a consulté le site de l’Université de Genève. Il aimerait
savoir si, dans le cursus de droit, il y a un cours qui s’appelle « Intelligence
artificielle ».
Mme Schröter peut dire que leur but ou objectif n’est pas d’avoir un cours
qui s’appelle « Intelligence artificielle » dans tous les bachelors et masters,
mais que les outils soient intégrés et discutés avec les étudiantes et étudiants
d’une manière critique. Elle reste professeure ordinaire à 50%, donne aussi un
cours d’introduction en linguistique allemande et en parle avec ses étudiants.
Mme Leuba donne l’exemple du droit : il y a des cours transversaux qui sont
offerts par l’institution et qui permettent aux juristes d’enrichir leurs
compétences en la matière. Les étudiants utilisent ChatGPT, c’est certain. Cela
pénètre lentement dans les programmes, même s’il n’y a pas un cours intitulé
« Intelligence artificielle ».
M. Sangdel insiste sur le fait que le but de la motion était d’avoir un cours
sur l’intelligence artificielle, pour que les jeunes puissent avoir toutes les
compétences dans ce domaine.
Mme Schröter comprend parfaitement cet objectif, car cela donne une
visibilité très claire. D’un point de vue intérieur de l’université, elle a des
questionnements. Il lui semble préférable d’intégrer les intelligences
artificielles en lien avec quelque chose qui concerne directement le domaine
de leurs études. C’est là qu’ils utiliseront les outils de l’intelligence artificielle.
Une commissaire (MCG) revient sur la formation des enseignants. Si on
doit former les enseignants qui vont enseigner, cela signifie qu’il n’y a pas la
base qui ferait que ce serait spontané. Elle se dit que comprendre tout ce qui
touche au numérique et à l’intelligence artificielle devient progressivement
comme apprendre à lire, écrire et compter, éléments qui constituaient

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l’enseignement de base. Elle se demande si ce n’est pas cela qui manquerait et
qui permettrait un socle afin de dispatcher dans toutes les facultés.
Mme Schröter répond que le fait qu’ils proposent des formations aux
enseignants ne signifie pas qu’ils partent du principe qu’ils ne savent rien. Il y
a déjà une bonne base de compétences. Les personnes qui sont intéressées
peuvent faire des formations en plus.
Une commissaire (MCG) demande s’il n’y aurait pas le besoin d’un socle
commun avant pour toute la jeunesse.
Mme Schröter croit qu’il faut poser cette question plutôt aux collèges.
Une commissaire (MCG) pense qu’il faudrait peut-être l’enseigner comme
un domaine à part.
Mme Leuba pense que cela se fait, mais ne peut pas parler pour les autres
structures d’enseignement.
Fin de l’audition.
Le président croit savoir qu’il n’y a pas d’autres auditions.
M. Sangdel a été déçu que le président ne le laisse pas poser ses questions.
Il estime que sa question était pertinente. Il aurait aimé connaître les priorités.
Concernant la motion, il faut bien distinguer entre le numérique et
l’intelligence artificielle. Ce n’est pas la même chose. Selon le site de
l’Université de Genève, il n’y a pas de cours d’intelligence artificielle et
certains cours s’intitulent « Numérique ». Le but de la motion n’était pas du
tout de dire que l’Université de Genève ne fait rien, mais de proposer et
d’encourager toutes les institutions à intégrer l’intelligence artificielle si ce
n’est pas prévu. Ceci pas comme une option, mais bien évidemment comme
un cours principal, pour que les jeunes puissent connaître non seulement les
avantages mais aussi les inconvénients.
Une commissaire (MCG) demande quelle est la différence entre le
numérique et l’intelligence artificielle.
M. Sangdel répond que toutes les applications d’intelligence artificielle
sont numériques, mais que toutes les applications numériques ne sont pas de
l’intelligence artificielle.
Une commissaire (S) estime que le débat ne tourne pas autour de
l’importance ou de la non-importance de l’intelligence artificielle dans les
programmes de formation, mais plutôt de la question de savoir s’il faut que ces
programmes soient sortis des cours du quotidien ou intégrés. Ils ont eu à
plusieurs reprises des présentations démontrant qu’il faut que ce soit intégré
dans les cours. Personne ne remet en question l’utilisation de l’intelligence
artificielle. Cette motion lui pose un problème, car il s’agit de créer quelque

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chose en plus de ce qui est créé, alors que ce qui existe semble satisfaire le
corps universitaire. Par rapport aux besoins de formation, quand on va sur le
site de l’université, on voit qu’il y a plus de trois sessions sur l’intelligence
artificielle pour le corps enseignant obligatoire et postobligatoire, etc. Elle
pense que l’université remplit sa mission en créant des formations continues
dans le domaine. Elle ne pense pas que d’autres auditions soient nécessaires.
Mais elle n’est pas contre, si besoin.
Une commissaire (PLR) fait savoir que le PLR a été totalement rassuré avec
l’audition de la vice-rectrice. La proposition de motion dans son titre parle
d’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes de l’université.
C’est exactement ce que fait l’université. Par conséquent, le PLR ne soutiendra
pas cette proposition de motion.
Un commissaire (LC) indique que Le Centre va suivre cette même voie. Il
faut laisser l’université traiter ces problématiques. Elle sait ce qu’elle doit faire
ou ne pas faire.
Une commissaire (UDC) annonce que le groupe UDC va se positionner
contre la proposition de motion, qui arrive presque un peu tard puisque le
travail est déjà fait.
Une commissaire (S) se permet une petite remarque : elle trouve qu’ils ont
eu la chance de voir la rectrice et la vice-rectrice venir avec beaucoup
d’enthousiasme. Elle trouve que c’est aussi une façon de saluer l’entrée en
fonction de ces personnes.
Un commissaire (Ve) partage les propos de la commissaire (S). Les
auditionnées les ont convaincus que le problème est pris à bras le corps et est
pris en sérieux. Ils refusent donc la proposition de motion.
Une commissaire (PLR) souligne le fait que le nouveau rectorat a voulu de
manière proactive la création d’un dicastère dédié à l’intelligence artificielle et
au numérique. Cela montre l’importance que l’UNIGE accorde à la
thématique.
Mme Hiltpold, conseillère d’Etat, n’est pas convaincue que le parlement
puisse dire à l’université quels cours ils doivent ou non donner. Elle pense que
cette motion va un peu loin, même s’il était très intéressant d’entendre ce qui
est fait.

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Vote
Le président met aux voix la M 2988 :
Oui :
1 (1 LJS)
Non :
12 (2 Ve, 3 S, 2 MCG, 1 LC, 3 PLR, 1 UDC)
Cette motion est refusée.
Catégorie de traitement préavisée : II, 30 minutes

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Date de dépôt : 4 juin 2024
RAPPORT DE LA MINORITÉ
Rapport de Djawed Sangdel
Le rapport présenté par la minorité souligne l’importance de l’intégration
de l’intelligence artificielle (IA) dans tous les programmes de l’université et
des hautes écoles spécialisées (HES) de Genève, comme proposé dans la
motion M 2988. Ce rapport expose les arguments en faveur de cette
proposition, mettant en évidence la nécessité de former les étudiants aux
compétences en IA pour répondre aux défis de la société moderne.
La minorité estime que cette motion n’a pas été examinée de manière
approfondie par la majorité de la commission. En particulier, nous notons que
nous n’avons eu qu’une seule audition du représentant de l’Université de
Genève, qui a duré environ 28 minutes. Durant cette audition, une présentation
générale de l’IA et du numérique a été faite, sans lien direct avec la motion. En
effet, l’objectif de cette initiative est d’intégrer l’IA dans toutes les formations
dans lesquelles cette formation n’existe pas encore, et non de mettre en avant
les activités d’IA spécifiques à l’Université de Genève ou aux HES.
La minorité souligne également qu’il y a eu un mélange entre compétence
numérique et IA dans les travaux de la commission, alors que ces deux
domaines sont distincts. Selon notre analyse du site de l’Université de Genève,
ainsi que des HES, la plupart des formations ne proposent pas de cours sur
l’IA. Nous considérons que les compétences en IA sont indispensables dans
tous les domaines d’activité, quelles que soient les spécialisations.
Dans un programme de 3 ans avec 180 crédits ECTS pour un bachelor, ou
un master avec 60, 90 ou 120 crédits ECTS, il est essentiel d’inclure un cours
sur l’IA d’une valeur de 3 à 5 crédits, sans impact négatif sur la formation
principale.
Pertinence de l’IA dans tous les domaines
L’IA est devenue omniprésente dans de nombreux secteurs, de la santé à la
finance en passant par l’éducation. Il est essentiel que les étudiants acquièrent
des connaissances et des compétences en IA, quel que soit leur domaine

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d’études, pour être compétitifs sur le marché du travail et contribuer de manière
significative à l’innovation et à la croissance économique.
Réponse aux besoins non satisfaits des programmes actuels
Malgré les progrès dans l’intégration de l’IA dans certains programmes, de
nombreuses filières ne proposent pas de formation spécifique à l’IA. La motion
M 2988 vise à combler cette lacune en introduisant un cours obligatoire sur
l’IA dans tous les programmes, garantissant ainsi que tous les étudiants
reçoivent une formation adéquate dans ce domaine crucial.
Nécessité de généraliser la formation à l’IA
Bien que certains programmes offrent déjà des cours sur l’IA, ceux-ci ne
sont pas systématiquement intégrés et peuvent être optionnels.
L’automatisation de la formation à l’IA dans tous les cursus permettra de
garantir une uniformité et une accessibilité accrues, en veillant à ce que tous
les étudiants acquièrent les compétences nécessaires pour réussir dans un
monde de plus en plus numérique.
Considérations éthiques et implications sociales
L’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur soulève des questions
éthiques importantes concernant la responsabilité et l’utilisation éthique de
cette technologie. En introduisant un cours sur l’IA, les institutions éducatives
peuvent sensibiliser les étudiants aux enjeux éthiques liés à cette technologie
et les préparer à naviguer de manière responsable dans un monde où l’IA joue
un rôle prépondérant.
Conclusion
En conclusion, la motion M 2988 représente une initiative cruciale pour
l’enseignement supérieur à Genève en intégrant l’IA dans tous les programmes
universitaires et des hautes écoles spécialisées. Cette proposition répond aux
besoins contemporains des étudiants en matière de compétences en IA, tout en
soulignant l’importance de préparer les futurs professionnels à relever les défis
de la société numérique. L’introduction d’un cours sur l’IA n’aura aucune
incidence négative sur la durée de la formation.
De plus, cette formation permettra aux étudiants de mieux appréhender les
enjeux, les risques et l’éthique liés à l’IA, un sujet important pour notre société,
surtout avec sa progression rapide dans tous les domaines d’activité.

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Au cours des travaux de la commission, la majorité n’a pas réussi à
convaincre avec des arguments solides. Leur principal argument consistait à
ne pas s’immiscer dans les activités des institutions d’enseignement supérieur,
ce qui ne constitue pas une justification acceptable pour la minorité. Nous
avons le devoir envers la jeunesse et nos institutions de signaler les nouveaux
besoins, d’autant plus que l’introduction d’un tel cours ne nécessiterait pas de
lourdes implications financières. Il s’agit simplement d’offrir aux étudiants les
compétences nécessaires dans le domaine de l’IA pour les rendre plus
opérationnels sur le marché de l’emploi.
Bien que l’Université de Genève et les HES fassent un excellent travail, il
est impératif de tenir compte de la réalité et des besoins éducatifs de notre
société face aux nouvelles technologies. Par conséquent, la minorité
recommande vivement l’adoption de cette motion afin de garantir une
éducation de qualité et pertinente pour les étudiants de Genève, en leur offrant
les compétences nécessaires dans le domaine de l’IA, devenues indispensables
dans tous les métiers et domaines d’activité.