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Importé le: 07/01/2026 13:15
Statut: Traité
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Résumé
### Résumé du Document Législatif
1. **Titre et Référence**
- **Titre :** Proposition de motion pour la création d’une haute école numérique
- **Référence :** M 2934-A, Grand Conseil de la République et canton de Genève, Date de dépôt : 13 mai 2024
2. **Objectif Principal**
- L'objectif principal de la proposition de motion est de créer une haute école numérique à Genève afin de répondre à la forte demande du marché de l'emploi dans le domaine des technologies de l'information et de la communication numérique, et de positionner Genève comme un pôle d'excellence international dans ce secteur.
3. **Modifications Législatives Proposées et Leur Portée**
- La motion invite le Conseil d'État à encourager l'enseignement des nouvelles technologies numériques en soutenant la réalisation d'une haute école numérique. Aucune modification législative précise n'est mentionnée dans le document, mais la création de cette école est envisagée comme une réponse à la pénurie de compétences dans le domaine numérique.
4. **Discussions ou Avis Exprimés dans le Document**
- **Rapport de Majorité (Sophie Demaurex) :** La commission de l'enseignement supérieur a reconnu l'importance de la création d'une haute école numérique mais a également souligné que les formations actuelles intègrent déjà des compétences numériques. Elle a noté que le développement des apprentissages dans les métiers de l'informatique pourrait être plus efficace que la création d'une nouvelle institution.
- **Rapport de Première Minorité (Danièle Magnin) :** Ce rapport n'est pas détaillé dans le texte fourni.
- **Rapport de Seconde Minorité (Djawed Sangdel) :** Le motionnaire a souligné la nécessité d'une haute école numérique pour former des experts en intelligence artificielle, cybersécurité, et autres domaines essentiels, tout en mettant en avant les conséquences d'une absence d'intervention.
5. **Implications Principales de ce Projet**
- La création d'une haute école numérique pourrait entraîner une réduction de la dépendance à l'importation de main-d'œuvre spécialisée, favoriser la création d'emplois, et stimuler l'innovation et la recherche dans le numérique. En revanche, le manque d'intervention pourrait mener à une pénurie de compétences, une perte de compétitivité, et un isolement de la communauté technologique. Les discussions ont également mis en lumière la nécessité d'harmoniser les formations existantes et d'étudier le marché pour mieux répondre aux besoins des entreprises.
Texte extrait
GRAND CONSEIL
de la République et canton de Genève
M 2934-A
Date de dépôt : 13 mai 2024
Rapport
de la commission de l’enseignement supérieur chargée d’étudier
la proposition de motion de Djawed Sangdel, Jean-Louis Fazio,
Laurent Seydoux, Masha Alimi, Jacques Jeannerat, Francisco
Taboada, Raphaël Dunand, Stefan Balaban pour la création d’une
haute école numérique
Rapport de majorité de Sophie Demaurex (page 3)
Rapport de première minorité de Danièle Magnin (page 57)
Rapport de seconde minorité de Djawed Sangdel (page 59)
ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 05bis.24
M 2934-A
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Proposition de motion
(2934-A)
pour la création d’une haute école numérique
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que la constitution genevoise garantit l’accès et le droit à la formation ;
– que la constitution genevoise prévoit un enseignement supérieur dispensé
par une haute école spécialisée ;
– que la Haute école spécialisée de Suisse occidentale – Genève au sens de
la LHES-SO-GE (C I 26) est orientée vers l’innovation et la créativité ;
– qu’une adaptation de la formation à l’évolution de la technologie de
l’information et de la communication numérique est devenue nécessaire
pour répondre à la forte demande du marché de l’emploi genevois dans ce
domaine et pour mieux appréhender les enjeux du numérique ;
– qu’il en résultera une croissance économique grâce à une main-d’œuvre
genevoise qualifiée et un renforcement de l’attractivité de Genève en tant
que pôle d’excellence des technologies numériques,
invite le Conseil d’Etat
à encourager l’enseignement des nouvelles technologies de l’information et de
la communication numérique en soutenant la réalisation d’une haute école
numérique.
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RAPPORT DE LA MAJORITÉ
Rapport de Sophie Demaurex
La commission de l’enseignement supérieur s’est réunie à quatre reprises
du 19 octobre 2023 au 14 mars 2024 afin d’étudier la proposition de motion
M 2934 « Pour la création d’une haute école numérique », sous la présidence
de M. Alexandre de Senarclens. Nous remercions Mme Sophie Gainon,
M. Vincent Dey et Mme Lara Tomacelli, procès-verbalistes, de leur travail. Ont
également assisté aux séances : Mme Anne Hiltpold (11.01.24), conseillère
d’Etat (DIP), Mme Ivana Vrbica (19.10.23), directrice de l’unité des hautes
écoles (DIP), et Mme Tamara Diaz, adjointe à l’unité des hautes écoles
(14.03.24).
Ont été auditionnés :
– M. Yves Flückiger, recteur, UNIGE ;
– Mme Sophie Huber, directrice du centre pour la formation continue et à
distance, UNIGE ;
– Mme Daniela Di Mare Appéré, directrice générale de la HES-SO ;
– Mme Claire Baribaud, directrice de l’HEPIA ;
– M. Frank Sobczak, directeur formation à la FER.
Résumé
L’auteur invite la commission à se pencher sur la création d’une haute école
numérique invoquant l’importance de ce projet pour le canton et plus
largement pour le pays en raison des défis qui se présentent en matière de
technologie. Le motionnaire interpelle les députés face à la pénurie annoncée :
il manque des experts en informatique et chaque entreprise tente d’attirer les
meilleurs éléments. La commission a auditionné la conseillère d’Etat du DIP,
les milieux de l’enseignement supérieur (université, HES, HEPIA) et les
milieux patronaux (FER). Les propos tenus au cours des diverses auditions
démontrent d’une part que les enjeux liés aux besoins actuels et futurs en
termes numériques sont partagés, mais d’autre part que les formations actuelles
intègrent le développement de compétences dans ce domaine. D’autres pistes
ont été relevées telles que favoriser l’accès à la maturité professionnelle, ce qui
augmenterait le nombre de candidats et candidates se présentant à la HES et à
l’HEPIA, les classes pouvant accueillir davantage d’étudiants et étudiantes. Il
a été rappelé que la création d’une nouvelle haute école est le fruit d’une
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décision intercantonale (Suisse orientale) et que seule une impulsion peut être
donnée par Genève. Du côté du département, la création d’une haute école
numérique ne serait pas la solution à la pénurie dans le domaine. Développer
les apprentissages dans les métiers de l’informatique serait plus efficient.
Audition du motionnaire, M. Djawed Sangdel
Il y a actuellement 6 hautes écoles spécialisées à Genève, soit l’HEPIA, la
HEAD, la HEG, la HEM, la HEdS et la HETS. L’objectif des signataires de la
présente motion est d’en créer une septième, la Haute école numérique, qui
offrirait des formations techniques afin de répondre à un besoin indispensable
et qui ne fera que de s’accroître dans le futur.
Selon l’auteur, la HEG et l’UNIGE dispensent actuellement quelques
formations dans le domaine informatique, mais elles ne sont pas suffisamment
spécialisées. Le nombre d’étudiants, insuffisant, ne répondra jamais à la
demande du canton actuelle et future. En outre, il manquerait des formations
spécifiques dans plusieurs domaines essentiels pour les entreprises.
En partant de ces constatations, le groupe LJS estime donc indispensable
la création d’une haute école numérique pour les raisons suivantes :
– Répondre à la forte demande du marché de l’emploi genevois en
technologies de l’information et de la communication numérique.
– Positionner Genève comme un pôle d’excellence international en
technologies numériques.
– Former des experts en intelligence artificielle, cybersécurité, science des
données et développement de logiciels.
– Prévenir les conséquences des cyberattaques en formant une population
informée.
– Satisfaire les besoins des entreprises genevoises de divers secteurs
économiques.
– Réduire la dépendance à l’importation de main-d’œuvre spécialisée.
– Favoriser la création d’emplois et la croissance économique.
– Eviter de perdre environ 31 milliards de dollars d’ici 2030 en manque de
main-d’œuvre spécialisée.
– Stimuler l’innovation et la recherche dans le numérique.
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Avec les conséquences suivantes en cas de non-intervention :
Pénurie de compétences ralentissant la croissance des entreprises locales.
Perte de compétitivité internationale et d’attractivité pour les entreprises
internationales.
Risques croissants en cybersécurité pour les entreprises et les
infrastructures.
Dépendance continue à l’importation de main-d’œuvre spécialisée,
impactant l’économie et l’emploi.
Perte de croissance économique due à un manque de main-d’œuvre
qualifiée et d’innovation.
Retard dans la recherche et l’innovation numériques, laissant d’autres
régions prendre l’avantage.
Fuite des cerveaux avec des talents locaux cherchant des opportunités à
l’étranger.
Déséquilibre en éducation, avec un écart de compétences difficile à
combler.
Isolement de la communauté technologique, limitant les collaborations
internationales et l’accès aux avancées technologiques.
Inefficacité dans la lutte contre les menaces numériques, affectant la
sécurité des données et des infrastructures.
Il est évoqué le cas de la Poste qui a ouvert un site de développement
informatique à Lisbonne pour pallier le manque d’experts locaux. Cet exemple
montre que des entreprises suisses sont obligées de faire appel à du personnel
étranger par manque de spécialistes dans le pays.
M. Sangdel attire l’attention de la commission sur le terme d’« expert ». En
effet, pour atteindre ce statut, il faut 10 ans depuis le niveau Bachelor, ce qui
signifie obtenir un Master, accumuler de l’expérience professionnelle,
entreprendre des formations complémentaires spécialisées et enfin maîtriser un
domaine technique spécifique. Dès lors, quand bien même une haute école
numérique serait créée aujourd’hui, les résultats n’apparaîtront que dans une
décennie. Il s’agit donc de préparer l’avenir.
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Questions des groupes
MCG :
Est-ce qu’il existe une estimation quant aux coûts de la mise en place d’une
telle école, y a-t-il une projection sur le nombre d’étudiants qui seraient
intéressés et comment les enseignants seraient-ils trouvés ?
M. Sangdel répond que le coût d’une formation s’élèverait à 16 000 francs
par année. Il s’agirait d’harmoniser la formation entre le CFC, le collège et la
HEG, car on observe actuellement un manque d’intérêt pour les formations
techniques. Les jeunes doivent être motivés et informés de manière plus
adéquate. Quant au nombre potentiel d’étudiants, il faut partir du principe que
les jeunes souhaitent se former aux métiers d’avenir mais, là encore,
l’harmonisation précédemment évoquée est cruciale.
PLR :
1) Le manque de formations est un problème réel qui touche aussi les
médecins. Cependant, il serait peut-être judicieux de penser le concept de la
haute école numérique en tant que filiale de la HEG, ou de renforcer la filiale
informatique, dès lors que la structure existe déjà, et que les 16 000 francs par
étudiant évoqués correspondent au coût d’une formation dans une telle
structure. Il faudrait dès lors chiffrer précisément le coût de la création de la
haute école désirée par les signataires.
2) Quelle serait la raison de l’absence des hautes écoles polytechniques
dans les chiffres présentés, au vu du fait que la Suisse est un petit pays et que
les étudiants peuvent aisément se déplacer entre les cantons ?
M. Sangdel est d’avis qu’une filiale de la HEG ne répondrait pas aux
besoins, car cette école propose déjà des formations dans le domaine de
l’informatique de gestion, mais ce ne sont pas celles qui pallieront les besoins
de main-d’œuvre dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la
cybersécurité, etc. La HEG, ainsi que les autres hautes écoles et universités
suisses d’ailleurs, ne possède pas la capacité d’accueillir tous les programmes
évoqués en début de présentation, ni tous les étudiants potentiels.
Concernant la structure requise pour une haute école numérique, plusieurs
locaux actuellement vides pourraient être utilisés. Un budget précis pour la
création n’a néanmoins pas encore pu être établi, mais l’on peut l’estimer à
50 millions de francs.
L’absence de la mention des EPF dans la présentation s’explique par la
volonté des signataires de présenter la situation au niveau cantonal, mais la
plupart des universités se trouvent dans la même situation que l’UNIGE et
manquent de formation dans les domaines techniques répondant aux besoins
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du marché. Néanmoins, toutes les universités suisses ainsi que l’EPFL et
l’ETHZ ont été prises en compte par les experts pour leurs études.
3) Le motionnaire révèle que le CFPT, qui n’a pas été mentionné, possède
une filière informatique et qu’en réalité il n’est pas nécessaire de sortir d’une
université pour être « expert ». Les chiffres donnés quant au nombre
d’étudiants potentiels et au nombre de personnes formées désiré paraissent
également problématiques au niveau des coûts. De surcroît, s’il est nécessaire
d’attendre dix années pour que les futurs étudiants atteignent le stade
d’experts, il n’y a pas d’urgence à décider immédiatement et la commission
doit prendre le temps d’étudier correctement la question.
M. Sangdel n’a pas parlé du CFPT car il s’est concentré sur les HES, bien
que la nécessité d’augmenter les places d’apprentissage dans le domaine
informatique existe. Le besoin actuel est d’harmoniser les formations pour
inciter les jeunes à étudier dans une haute école spécialisée. Les chiffres et le
plan d’action relatifs à la création d’une HEN devront être établis par le
département concerné. Concernant la temporalité, il est évidemment possible
de procéder à des auditions.
LC :
Un député LC revient sur le nombre d’étudiants qui pourraient être
acceptés dans cette HEN si elle ouvrait ses portes maintenant, le nombre de
Bachelors/Masters qui seraient proposés, quels en seraient les débouchés et la
raison de la nécessité d’une formation HES alors que le niveau proposé par le
CPFT par exemple suffit à entrer dans le marché du travail en Suisse.
M. Sangdel atteste du besoin de réaliser une étude de marché et de
questionner les entreprises pour établir dans quels domaines la main-d’œuvre
manque le plus avant d’envisager le nombre d’étudiants et de formations
potentiels. Les jeunes doivent être informés et orientés vers les formations
demandées par le marché du travail, mais les formations dispensées par la HEN
seraient destinées aux détenteurs d’un CFC avec maturité professionnelle ainsi
qu’aux étudiants sortant des collèges.
S:
1) La pertinence de la motion est reconnue. En effet, selon une étude
mandatée par LinkedIn, 7 métiers « du futur » sur 10 en Suisse seront liés à
l’informatique et à l’intelligence artificielle. Les salaires proposés au sortir
d’une HES sont très intéressants pour les jeunes et une haute école spécialisée
dans le numérique n’aurait pas de difficulté à attirer des étudiants. Pour
rejoindre les propos d’une députée PLR, la mobilité intercantonale des
universitaires est malheureusement absente des données de la présentation.
Pour le député, l’écueil le plus important est le fait que 8 à 9 personnes
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engagées dans les domaines techniques sur 10 sont des hommes, et il faut se
pencher sur cette problématique.
M. Sangdel concède qu’il manque des femmes dans les domaines
techniques et rappelle que toutes les HES et universités ont été prises en
compte dans les études.
2) Il est admis que la motion révèle un manque dans un domaine en plein
essor. Cependant, une HES regroupe plusieurs types de formations par souci
d’optimisation, comme c’est le cas pour la HEG, et il paraît précipité
d’amener un produit fini tel que la création d’une HES supplémentaire alors
que l’on pourrait étudier l’implémentation d’une filière ou d’un projet pilote
dans une structure existante pour répondre à l’urgence apparente. La HEG, si
cela n’a pas déjà été fait, devrait être interrogée sur la pertinence de la
création d’une nouvelle haute école spécialisée.
M. Sangdel opère la distinction entre une école de gestion et une école
technique numérique. Il ne s’agit pas seulement d’implémenter un ou deux
programmes supplémentaires qui ne pourront pas répondre à tous les besoins
du marché et ne feront que repousser dans le temps la nécessité réelle d’une
école entièrement dédiée aux domaines techniques cités en début de
présentation.
Position de Mme Ivana Vrbica, directrice de l’unité des hautes écoles
La présentation mériterait d’être affinée, notamment sur le contenu des
formations. Il faut préciser que l’HEPIA propose déjà un Bachelor en
informatique et systèmes de communication, et que le CUI est un centre
interfacultaire offrant des formations interdisciplinaires. Au niveau de la
recherche, il faut distinguer les HES, dont les liens avec le monde
professionnel sont inscrits dans leur ADN, et les universités. Il serait aussi
judicieux d’explorer les options existantes de manière plus approfondie dans
un souci de compréhension. Le chiffre de 16 000 francs évoqué pour la
formation d’un étudiant paraît en outre quelque peu fantaisiste. L’audition des
hautes écoles offrant une ou des formations dans le domaine numérique serait
souhaitable.
Concernant la gouvernance, la HES Genève fait partie de l’ensemble
HES-SO qui est sous couvert d’une convention intercantonale et d’un
processus légal de gouvernance. L’ouverture ou l’extension d’une filière est
une décision ne dépendant donc pas uniquement du canton de Genève et elle
repose sur une analyse fine des besoins du monde professionnel.
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30.11.2023 – Audition de M. Yves Flückiger, recteur, UNIGE, et
Mme Sophie Huber, directrice du centre pour la formation continue et à
distance
Résumé de l’audition : M. Flückiger parle de la pénurie d’informaticiens
en Suisse et propose des mesures pour y faire face. Il souligne l’importance de
l’orientation des écoliers basée sur une information large et pertinente, et du
rôle des hautes écoles pour guider les étudiants vers les opportunités
professionnelles. Il préconise d’inciter les étudiants à poursuivre des
formations en informatique plutôt que d’imposer un numerus clausus. Il insiste
sur la nécessité pour les hautes écoles de s’adapter rapidement aux besoins
changeants, tant pour la formation continue que pour la formation de base. Il
appelle à un contact étroit avec le monde économique et social pour adapter
les compétences numériques nécessaires. Enfin, il souligne l’importance de
former non seulement des techniciens et des ingénieurs, mais aussi des
personnes conscientes des conséquences de l’évolution numérique sur la
société.
Sa présentation fournit une vue d’ensemble des initiatives prises pour
encourager l’intérêt des jeunes pour l’informatique, notamment par le biais du
programme « Bootstrap » destiné aux collégiennes pour équilibrer la
représentation des femmes dans ce domaine. Il mentionne également la
collaboration avec la HEG et la HES-SO, ainsi que le club « Coding Dojo »
qui offre des opportunités de programmation. L’importance de la flexibilité et
de l’évolution est soulignée, avec des références à la plateforme « Infoscope »
et au « Scienscope » de la faculté des sciences qui permettent aux jeunes de
s’engager dans l’informatique. Le texte aborde aussi la formation des futurs
enseignants en informatique et les statistiques encourageantes sur
l’augmentation des inscriptions et de la participation féminine dans les filières
informatiques de l’UNIGE. Il discute de l’importance des cours d’informatique
dans toutes les disciplines universitaires et de la création de nouvelles
formations, comme le Bachelor en science computationnel qui combine
l’informatique avec d’autres disciplines comme la biologie. Enfin, il décrit le
programme « Make IT Easy » qui aide les étudiants et les employés à évaluer
et à améliorer leurs compétences informatiques, leur offrant un passeport de
compétences qui peut être présenté aux employeurs. Il serait intéressant que ce
programme puisse être développé idéalement au sein de l’arc lémanique dans
son ensemble, ceci avec la HES-SO, l’EPFL, l’UNIL et l’Université de
Neuchâtel. Ceux-ci semblent particulièrement intéressés et semblent
également le mettre en œuvre.
Mme Huber évoque l’amélioration continue de la formation en compétences
numériques, avec une augmentation notable des flux. En 2022, une centaine
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de personnes en emploi ou en reconversion professionnelle ont rejoint les
15 programmes de formation continue du centre universitaire informatique,
dont 5 nouvelles micro-certifications. Ces formations courtes et condensées
ont connu un succès immédiat, notamment la session sur l’intelligence
artificielle. Elle souligne l’importance de la flexibilité dans ces formats courts
pour répondre à la demande. Parmi les 102 participants, 49 ont été diplômés et
peuvent avancer dans le monde du travail. Les compétences numériques ne se
limitent pas à l’informatique et sont présentes dans divers domaines, comme
le droit du numérique, le CAS « Banking and Finance Law », l’éducation avec
l’e-learning et même la dentisterie. Elle mentionne également l’existence de
MOOCs gratuits et accessibles, qui attirent un grand nombre de personnes. En
2024, une formation continue pour les enseignants souhaitant devenir des
personnes-ressources en numérique sera lancée par l’Institut universitaire de
formation des enseignants avec toutes les hautes écoles pédagogiques de
Suisse romande. Mme Huber souligne l’importance de l’agilité dans la création
de nouvelles formations et de la flexibilité pour les participants. Les microcertifications, souvent créées avec les employeurs, ajoutent un élément
important à l’offre de formation. Les formations continues sont étroitement
liées à l’employabilité et sont souvent créées sur mesure, en cocréation avec
des entreprises genevoises. Elle conclut en soulignant les défis liés au
financement de la formation continue et à la nécessité de mobiliser des fonds
et des énergies pour créer de nouvelles formations.
M. Flückiger conclut au sujet de cette motion en soulignant deux
problèmes principaux : la pénurie d’informaticiens et la nécessité que les
formations correspondent aux besoins du marché du travail. Il insiste sur
l’importance de l’adaptation et du nombre, et propose d’agir par l’incitation et
l’information. Il remet en question la création d’une haute école numérique, la
jugeant coûteuse, longue à mettre en place et cyclique. Il note que le codage,
autrefois considéré comme une compétence essentielle, peut maintenant être
effectué efficacement par des outils comme ChatGPT. Il souligne que
l’UNIGE et la HES-SO sont capables de fournir des formations adaptées aux
enjeux sociétaux et aux transformations rapides du numérique. Il mentionne
également l’importance croissante de la santé digitale. Il établit un lien entre la
cybersécurité et l’informatique quantique, soulignant la nécessité de préparer
les personnes à développer ce type d’informatique et les instruments qui seront
utilisés dans l’informatique quantique. Il mentionne que Genève est un leader
mondial dans la communication quantique et que l’entreprise « ID
Quantique SA » permettra bientôt d’avoir des systèmes totalement sécurisés,
ce qui est une réponse adaptée au problème majeur de la cybersécurité. Il
conclut en soulignant la nécessité d’avoir des chercheurs, des doctorants en
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physique et des apprentis pour développer l’information quantique, en
coordination étroite avec la HEG et l’HEPIA.
Questions des groupes
MCG :
1) Quelque temps auparavant, la commission a dû se prononcer s’agissant
du fait de distribuer aux élèves du cycle d’orientation du matériel
informatique. Or, il lui semble que plus l’apprentissage s’opère en étant jeune,
plus celui-ci est efficace. Concernant ledit projet, la commission l’avait refusé.
Ainsi, elle demande à partir de quel moment cette proposition effectuée par
M. Flückiger et Mme Huber et concernant l’engagement et l’incitation des
élèves envers l’informatique est envisageable. De plus, s’agissant des
formations offertes par l’université, elle souhaite savoir si les personnes étant
déjà des employés ou entrepreneurs ont la nécessité de présenter un diplôme
de maturité ou un autre diplôme équivalent afin d’accéder à ces cours, car ce
point peut consister en une barrière non négligeable.
M. Flückiger revient sur le programme « Bootstrap », actuellement ouvert
uniquement aux collégiennes, qui pourrait être étendu aux collégiens. Il
mentionne que le programme est offert lors des 3e et 4e année du collège et que
les étudiantes réussissent bien. Il souligne la nécessité d’ouvrir des places de
maturité professionnelle à des domaines techniques pour attirer plus de
personnes dans le domaine de l’informatique ou de la physique quantique. Il
reconnaît qu’il y a actuellement un goulot d’étranglement en raison du nombre
limité de classes de maturité professionnelle dans le domaine technique.
Mme Huber répond au sujet de la formation continue universitaire, qui est
en principe limitée aux personnes ayant acquis un Bachelor/baccalauréat.
Cependant, elle mentionne que les hautes écoles accueillent souvent des
personnes « sur dossier », qui ont démontré par leur parcours professionnel
qu’elles sont aptes à suivre et réussir une formation continue universitaire. Elle
parle également de l’ouverture des micro-certifications, qui rendent les
formations continues universitaires plus accessibles. Ces sessions courtes ne
requièrent aucune connaissance préalable ni formation informatique. Elle
conclut en disant que l’accessibilité des formations continues fait partie des
objectifs pour la nouvelle stratégie de formation continue de l’université durant
les années 2023 à 2027.
2) Qu’est-ce qu’il en est concernant les personnes n’ayant pas suivi de
formation, mais s’étant formées seules et qui possèdent des compétences non
certifiées ? Que faudrait-il leur suggérer ?
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Mme Huber avance qu’il s’agit ici de la validation d’acquis. Elle parle d’une
initiative majeure du gouvernement français qui a mis en place un portail
national pour la validation des acquis de l’expérience (VAE) et facilite la
création de comptes personnels, avec des architectes de parcours disponibles
pour fournir des accompagnements. Ce sujet est actuellement en discussion à
l’université et une réflexion sur la formation continue sur la VAE a été lancée.
Elle espère que l’introduction des micro-certifications facilitera ce processus.
Le principal défi est de s’assurer que le processus de validation des
compétences acquises de manière informelle par les personnes accueillies ne
soit pas trop chronophage et ne constitue pas un obstacle à leur entrée dans la
VAE.
3) Concernant la formation en une semaine pour les étudiants, est-il
nécessaire d’être immatriculé à l’université ou faut-il avoir le projet de l’être ?
Mme Huber répond que, concernant ces formations d’une semaine, ces
ateliers courts et ces formations offertes à propos, par exemple, de ChatGPT
sont réservés à la communauté universitaire. Toutefois, si un besoin naissait au
niveau de la société et des citoyens, la formation continue pourrait y répondre
et offrir un équivalent.
M. Flückiger ajoute que la formation continue fait preuve d’une proximité
particulièrement vigoureuse avec les besoins de la société. De surcroît,
l’UNIGE et la HES-SO ont été ensemble les premières à lancer la VAE au
niveau universitaire, au niveau du Bachelor et au niveau du Master ; lors du
premier jour où la VAE a été ouverte 12 ou 13 ans auparavant, l’UNIGE a reçu
environ un millier d’appels, car les personnes pensaient que la VAE signifiait
qu’ils pouvaient obtenir immédiatement un diplôme de Bachelor ou Master.
Or, le système ne fonctionne pas exactement de cette manière ; certes, il était
reconnu un certain nombre d’acquis et d’expériences, mais ceci faisait l’objet
d’un processus relativement long, car l’objectif n’était pas de distribuer
gratuitement des diplômes ; au sein du domaine informatique, peu de dossiers
sont présentés, car les personnes considèrent qu’il s’agit d’un processus et
d’une démarche trop complexe.
PLR :
1) Un député indique qu’il a eu l’occasion de remettre un prix à l’ESIG,
Ecole supérieure d’informatique et de gestion, quelques semaines
auparavant ; il a constaté, en questionnant les étudiants, que ceux-ci n’avaient
pas tous trouvé une place de travail ; cette constatation s’inscrit mal dans le
corollaire de départ de M. Flückiger et Mme Huber. Ainsi, il demande si ladite
filière de formation est d’ores et déjà obsolète car le numérique connaît un
avancement particulièrement rapide ou s’il s’agit d’un problème de promotion
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desdits étudiants qui sortent tout de même d’une formation de plusieurs
années.
Mme Huber parle de son expérience de travail avec la task force
« employabilité » et le Conseil pour le développement de l’employabilité. Elle
souligne que les étudiants ont du mal à trouver des emplois dans certaines
filières malgré une pénurie apparente dans ces secteurs. Elle mentionne
l’inadéquation entre les compétences visées par les formations et les besoins
réels des entreprises. Elle note également le délai nécessaire pour réviser les
programmes d’études, en particulier lorsque des ordonnances fédérales exigent
des compétences spécifiques. Elle souligne la nécessité pour les universités de
communiquer efficacement sur le profil de compétences des étudiants.
M. Flückiger ajoute que le programme « Make IT Easy » est
particulièrement intéressant et qu’il espère pouvoir l’étendre au maximum. Il
mentionne que les partenaires à qui le programme a été présenté sont très
intéressés. Il explique que ce programme permet aux étudiants qui ont terminé
leur formation de s’informer sur les domaines potentiels où ils pourraient avoir
besoin de certaines compétences, et que le programme leur permettrait de les
acquérir. Il conclut en exprimant l’espoir que le programme « Make IT Easy »
sera généralisé au niveau romand.
2) Ce que M. Flückiger et Mme Huber recommandent est qu’il faut estimer
que la motion telle que présentée n’est pas vraiment opportune et qu’il faut
ainsi plutôt rediriger les ressources afin de faire évoluer rapidement ce qui est
déjà en place, à l’aune d’une obsolescence programmée particulièrement
rapide.
M. Flückiger répond par l’affirmative.
3) Afin de rebondir sur les dires du député PLR, une députée souhaite
revenir sur la slide de conclusion du document affiché. Effectivement, elle
partage l’avis que l’instauration d’une nouvelle école, à l’aune de la vitesse
genevoise, est un processus particulièrement lent et coûteux. Elle demande si
ce qui est préconisé par les auditionnés consiste en une montée en puissance
avec les moyens d’ores et déjà à disposition ; elle souhaite savoir si cette
montée en puissance est faisable avec les acquis actuels, tant en matière de
personnel que de structure et de financement.
M. Flückiger répond qu’il est nécessaire de le faire pour les étudiants, car
leur position sur le marché du travail serait péjorée dans le cas contraire ;
s’agissant des ressources, la Convention d’objectif no 4 a été moins importante
que la Convention d’objectif no 5 ; l’université a particulièrement insisté sur la
nécessité de pouvoir combler l’ensemble des besoins au sein de chaque faculté.
Ainsi, au bout de 4 années, le défi de créer des postes dans différents domaines
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a été rempli ; les différents domaines sont couverts au sein de toutes les
facultés. Si l’on observe le domaine de la médecine personnalisée et cette
question qui se développe autour de l’usage des données et de la gestion des
données dans le domaine de la médecine, il s’agit de besoins particulièrement
importants. Certes, certaines ressources seront nécessaires, mais il s’agit d’un
devoir tout à fait nécessaire de la part de l’université ; par conséquent, il faut
agir au mieux avec les ressources à disposition.
4) Sont-ils ainsi plutôt confiants quant à ce processus en général ?
M. Flückiger répond par l’affirmative ; au sein des facultés, il existe une
prise de conscience tout à fait lucide au sein de ce domaine-là.
Mme Huber explique que la formation continue est autofinancée,
conformément à la loi fédérale. Les sessions sont dupliquées dès qu’elles
rencontrent un grand succès, comme c’est le cas pour la session sur l’IA. Le
financement n’est donc pas un problème. Le véritable défi réside dans la
disponibilité des enseignants. Pour être plus original et efficace, il est envisagé
de proposer certains enseignements à distance. Grâce à la scénarisation, il est
possible d’offrir une formation de qualité à distance. Les conseillers
pédagogiques contribuent à améliorer l’efficacité. Par exemple, il ne serait pas
possible d’offrir la session sur l’IA dix fois en un an, mais il serait envisageable
de la proposer deux fois en présentiel et deux fois à distance. L’idée est de
rechercher une certaine efficacité dans l’offre de formation, la principale
contrainte étant le temps disponible pour les enseignants.
5) Ce qu’affirment Mme Huber et M. Flückiger consiste à dire qu’il est
nécessaire d’évoluer rapidement, d’être agile, et que les ressources humaines
sont limitées ; toutefois, est-ce qu’ils n’ont pas de demandes particulières afin
de pouvoir atteindre lesdits objectifs ?
M. Flückiger exprime sa réticence à demander des fonds supplémentaires
à l’Etat et sa gratitude pour la décision prise concernant la Convention
d’objectif no 5. Mme Huber parle de la formation continue et des réflexions sur
l’employabilité qui concernent tous les établissements de formation, pas
seulement les hautes écoles. Elle note que ces institutions sont parfois en
avance sur les besoins du marché du travail, ce qui peut créer un décalage entre
la reconnaissance d’un besoin de formation et la capacité des entreprises à
libérer du temps pour la formation. Ce décalage crée un risque pour la
formation continue autofinancée. Elle suggère que la FFPC pourrait être
transformée en une « petite banque d’investissement » pour gérer la trésorerie
pendant les périodes d’investissement dans les besoins de formation. Elle
souligne que ce risque d’investissement concerne tous les prestataires de
formation continue, pas seulement les hautes écoles.
15/63
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LJS :
1) Est-ce que l’université comporte bel et bien 461 étudiants dans la faculté
de sciences et au sein de l’université informatique ?
M. Flückiger répond par l’affirmative.
2) Quel est le nombre d’étudiants par niveau d’études, qu’il s’agisse du
Bachelor et du Master, ainsi que par type de formation ?
M. Flückiger précise au préalable qu’au sein de toutes les formations, y
compris au sein de la formation économie et management, se trouvent des
formations informatiques. Ainsi, il serait intéressant d’obtenir ces données sur
l’ensemble des cours qui sont introduits au sein de l’ensemble des formations
universitaires. Il pense que l’informatique sera bientôt nécessaire dans tous les
domaines, et c’est ce que l’université essaie aujourd’hui de développer.
3) La motion ne vise que la formation dite spécialisée en informatique.
M. Flückiger répond qu’un problème pourrait ainsi apparaître, puisque s’il
est formé uniquement des informaticiens qui arrivent par la suite dans une
entreprise où ils doivent ensuite faire le lien entre le développement
pharmaceutique et l’informatique, il faut que ces personnes soient capables
d’effectuer ce lien ; il s’agit justement de ce qui est actuellement prévu avec
cette formation en sciences computationnelles qui pourra former des personnes
qui auront ainsi la double compétence nécessaire.
Mme Huber précise que ce qui a été souligné lors de la conférence du Grand
Genève à la CCIG c’est également la nécessité pour les personnes de savoir
communiquer entre professionnels à un niveau avancé ; ainsi, une surspécialisation pourra être particulièrement utile, notamment pour effectuer des
recherches, mais celle-ci peut également être un frein à l’entrée au sein d’une
entreprise et une communication interprofessionnelle avancée. Ceci se
remarque au sein même de l’université. Il est nécessaire d’acquérir des
compétences interprofessionnelles pour chaque métier afin de pouvoir
communiquer avec les professionnels informaticiens et vice-versa. Par
conséquent, l’opportunité d’avoir des compétences numériques, ceci quelle
que soit l’autre filière de formation de la personne, paraît absolument
nécessaire.
4) Il faut bien noter que la motion ne vise que les experts du domaine
numérique et non pas les informaticiens au sein de domaines
interdisciplinaires. Est-ce que M. Flückiger pense que Genève n’a pas besoin
d’une école spécialisée dans le domaine numérique ?
M. Flückiger répond par l’affirmative ; Genève est dotée de hautes écoles
de qualité, notamment la HES-SO, l’UNIGE ou encore l’EPFL. Ainsi, au sein
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16/63
de l’arc lémanique, il existe la capacité de répondre aux besoins du marché du
travail ; il est nécessaire d’avoir une certaine agilité et de faire preuve d’écoute
concernant le domaine du numérique.
5) Il n’existe pas de haute école numérique spécialisée, à l’instar d’une
haute école de gestion ou d’une haute école de musique. Est-ce que son
existence ne serait pas nécessaire ?
M. Flückiger répond par la négative, car celle-ci serait relativement
coûteuse et que la formation informatique peut tout à fait être intégrée dans les
écoles qui existent aujourd’hui.
6) Avec les capacités financières actuelles, est-il possible de gérer les défis
d’aujourd’hui, ou est-il nécessaire d’augmenter le budget ?
M. Flückiger répond que la Convention d’objectif no 5 a été relativement
généreuse en comparaison aux Conventions d’objectifs précédentes. En effet,
celle-ci a été la plus généreuse depuis que la nouvelle loi sur l’université est
entrée en vigueur. Ainsi, il est particulièrement reconnaissant concernant cet
aspect-là. De plus, il est nécessaire de se rendre compte que certains
professeurs ainsi que d’autres personnes partent immanquablement à la
retraite ; il s’agit d’une occasion de reconfigurer les postes. Ainsi, il n’existe
pas nécessairement le besoin systématique de ressources supplémentaires ; il
est opportun de réfléchir aux besoins d’aujourd’hui et de demain ainsi que de
reconfigurer les postes et de les rediriger ; ceci est quelque chose que les
entreprises effectuent constamment et que l’Université de Genève doit
également faire.
En outre, il faut constamment réfléchir s’agissant de l’ouverture des postes
mis au concours afin que ces exigences soient systématiquement introduites,
que ceci soit en médecine, en sciences ou au sein d’autres disciplines ; ceci
s’inscrit dans un cadre de restructuration et de réorientation des moyens
existants. Ainsi, il est possible de trouver la capacité de répondre aux besoins.
7) Est-ce que M. Flückiger pense que l’Université de Genève possède les
moyens d’effectuer le travail d’une école spécialisée en informatique ?
M. Flückiger répond que les hautes écoles universitaires ont notamment été
créées afin d’offrir cette complémentarité par rapport à l’UNIGE. Cette
dernière est une richesse et une force de la Suisse qu’il faut garder ; la haute
école spécialisée concerne davantage le domaine appliqué, et le
développement de l’industrie quantique, par exemple, est une très belle carte à
jouer dans ce domaine-là. Concernant la cybersécurité, il pense que
l’information quantique permettra de relever ce défi ; pour ceci, il est
nécessaire d’avoir des apprentis, des ingénieurs et des doctorants, notamment
des doctorants en physique. Il ne s’agit pas d’affirmer que l’UNIGE formera
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des ingénieurs : il s’agit d’une complémentarité entre l’UNIGE et les hautes
écoles. Ainsi, il est convaincu que les ressources sont suffisantes pour faire
face à ce défi et que la création d’une école supplémentaire n’est pas
nécessaire.
En outre, il est possible d’agir au niveau de la HEG et de l’HEPIA en
instaurant des mesures permettant d’augmenter le nombre de personnes
formées. Concernant les chiffres à propos du nombre d’étudiants par formation
et par niveau d’études, ceux-ci seront fournis à la commission postérieurement.
LC :
1) Il est souvent évoqué des besoins qui sont gigantesques. Concernant la
formation et les engagements, à quel type d’employeurs ou de chercheurs
s’adresse l’université afin de savoir le type d’informaticiens nécessaire ? A
propos de la formation continue, le système est excellent, car comme ceci a été
affirmé plus tôt, la double formation est aussi une idée remarquable.
M. Flückiger répond que l’UNIGE forme des personnes pour l’ensemble
des entreprises qui peuvent exister, tous secteurs confondus ; il s’agit de la
raison pour laquelle il existe des formations qui allient les compétences
informatiques avec les compétences concernant différents secteurs. Ainsi, a
priori, il ne s’agit pas de cibler un unique secteur ou une seule entreprise.
D’Infomaniak à l’industrie pharmaceutique, le besoin d’informaticiens se fait
ressentir ; en outre, le secteur financier connaît également le besoin d’avoir des
informaticiens. Au sein de la physique quantique, il existe une concurrence
manifeste et les talents sont choisis à travers le monde entier. Ainsi, ces
personnes formées ne sont pas contraintes de trouver un emploi à Genève.
2) A quel niveau est-il nécessaire d’effectuer de l’incitation ? Puisque,
finalement, il est opportun d’inciter les plus jeunes avant l’université ou
d’ouvrir les possibilités de maturité professionnelles afin d’offrir cette
possibilité d’accéder à la HES ou à l’université.
M. Flückiger répond qu’il faudrait déjà mettre en place ceci au niveau
secondaire I, puisqu’il est vrai qu’au stade du secondaire II, les élèves sont déjà
notablement avancés. Ainsi, il faudrait l’effectuer le plus rapidement possible ;
il est alors nécessaire de former des enseignants dans cette perspective.
3) Dans quelles filières informatiques faudrait-il insister, s’agit-il de
filières informatiques particulières ou non, à l’aune de demandes particulières
futures ?
M. Flückiger explique qu’il s’agit véritablement de former l’ensemble des
élèves dans le domaine informatique. S’agissant de cette question de la
maturité professionnelle, les débouchés ne sont pas si évidents ; il existe des
jeunes effectuant des maturités professionnelles dans des domaines techniques
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avec un potentiel assez conséquent ; à ce propos, il lui semble que le nombre
de classes ouvertes n’est pas suffisant. Concernant ceci et dans la perspective
de la motion discutée actuellement, il pense qu’il s’agit d’une manière
opportune d’effectuer une action afin d’attirer plus d’étudiants au sein des HES
et de l’université.
Mme Huber indique que son fils se trouve actuellement en 9e année du cycle
d’orientation et affirme être surprise que l’informatique soit enseignée durant
cette année mais non pas en 10e et en 11e année ; il faut alors attendre le collège
afin que l’informatique soit à nouveau un cours dispensé. Ainsi, il est
nécessaire, lors des deux années précitées, de prendre des cours
complémentaires offerts pour les professeurs afin de suivre des cours
d’informatique ; elle trouve ceci regrettable, car il s’agit d’une perte
d’opportunité pour certains jeunes de s’intéresser davantage à cette matière.
En outre, il est possible que ces étudiants développent des compétences
informatiques par une pratique personnelle et de loisir, mais celles-ci ne seront
pas forcément valorisées. Ainsi, la problématique arrive notablement en
amont.
S:
1) Dans l’éventualité où il devrait manquer certaines compétences
informatiques telles que décrites dans cette motion, l’université serait plus
agile par le biais des formations continues qu’en déployant une seule
formation uniquement numérique et informatique.
M. Flückiger répond que, par définition et par essence, la formation
continue se doit d’être agile. Il est nécessaire que l’université s’adapte d’une
manière manifestement rapide ; les formations continues sont un instrument
particulièrement précieux. Les changements s’opèrent d’une manière plus
lente au niveau de la formation de base telle que le Bachelor ou le Master ; à
ce propos, la formation en sciences computationnelles a connu une mise en
place qui a duré environ deux années ; concernant les ressources, il indique que
ceci a été mis en place sans avoir besoin de suppléments. Toutefois, si ceci
connaît un certain succès, il est possible que les personnes responsables soient
amenées à demander davantage de ressources à l’avenir. A ce propos,
l’université incite les facultés à réorienter les ressources afin d’éviter que ces
premières ne viennent en demander davantage.
2) Est-ce qu’il y a une volonté de formation relativement large afin de
répondre à une demande d’évolution technologique des entreprises ou des
administrations qui est propre à la Suisse, sachant que la grande volonté
d’avoir des spécialistes informatiques est propre à de nombreux pays ?
19/63
M 2934-A
Mme Huber répond qu’il est nécessaire d’avoir à la fois ces spécialisations
et ces compétences qu’on appelle « soft », qui sont cruciales pour tous les
étudiants en formation de base ou continue, qui sont des compétences de travail
en équipe, de communication interprofessionnelle, de négociation, etc. Ces
compétences sont en train d’être introduites au sein des curriculums au même
titre que les compétences techniques, car une personne extrêmement formée et
spécialisée pourrait rencontrer des difficultés à déployer ces compétences dans
certains contextes. Or, l’objectif d’une formation est de pouvoir déployer ces
compétences dans différents contextes ; aujourd’hui, la problématique
concerne non seulement le fait d’offrir des compétences techniques avancées,
mais également des compétences transversales qui permettent de déployer ces
premières de manière efficace ; ces compétences « soft » sont actuellement
mises en évidence comme les compétences clefs du XXIe siècle.
Ainsi, les compétences « métiers » vont devenir obsolètes particulièrement
rapidement. Il faudra systématiquement continuer à se former.
M. Flückiger pense qu’il existe un changement véritable entre les
générations d’informaticiens, car les formations se sont modifiées ; il existe
actuellement des spécialistes dans un domaine précis connaissant des
difficultés afin de pouvoir évoluer.
30.11.2023 – Audition de Mme Daniela Di Mare Appéré, directrice
générale de la HES-SO, et Mme Claire Baribaud, directrice de l’HEPIA
Résumé de l’audition : Mmes Baribaud et Di Mare Appéré ont examiné la
proposition de motion pour la création d’une haute école numérique et
soutiennent fortement l’adaptation de la formation à l’évolution de la
technologie de l’information et de la communication numérique pour répondre
à la forte demande du marché de l’emploi genevois dans ce domaine. Elles
contribuent activement à cette adaptation, en particulier depuis la création de
la HES-SO. Les hautes écoles spécialisées contribuent également à la
croissance économique et à l’attractivité de Genève en formant des diplômés.
La remise des diplômes de l’HEPIA et de la HEG a eu lieu récemment, et un
grand nombre de diplômés signent des contrats avant même l’obtention de leur
diplôme. L’innovation et la créativité sont au cœur de la HES-SO Genève.
L’activité principale de la HES-SO est de délivrer des formations tertiaires en
collaboration avec les milieux professionnels. L’offre de formations de la
HES-SO Genève comprend des formations spécialisées en informatique et en
numérique, avec une dimension informatique proprement dite et une
dimension liée à l’usage du numérique. L’interdisciplinarité est considérée
comme essentielle pour répondre aux enjeux des métiers de demain. Des
M 2934-A
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formations spécifiques en informatique sont dispensées à plein temps ou à
temps partiel en emploi. Sur cette base, la HES-SO est proactive avec un
ensemble de mesures pour renforcer l’adéquation de ces formations aux
besoins de l’économie et du terrain. Ces mesures sont organisées en quatre
axes, dont le premier est lié à l’objectif de former davantage d’experts. La
HES-SO travaille en collaboration avec le DIP pour favoriser un parcours de
formation tout au long de la vie, dès le plus jeune âge. Deux programmes
soutiennent les jeunes filles dans leur intérêt pour ces formations. Enfin,
l’objectif est d’avoir davantage de CFC.
Mmes Baribaud et Di Mare Appéré discutent de la formation duale, qui
dépend des places d’apprentissage disponibles et de l’intérêt du monde
économique pour les apprentis qui vont à la HES-SO Genève. Elles soulignent
l’importance de l’adaptation continue des formations en informatique à
l’évolution des technologies, une préoccupation centrale de la HES-SO. Elles
mentionnent également l’importance d’accroître l’expertise numérique dans
tous les domaines professionnels. Pour cela, elles mettent l’accent sur les
micro-formations et les formations courtes, mises en place en collaboration
avec l’UNIGE, pour répondre aux besoins de formation continue des personnes
déjà en emploi.
Elles parlent également de la stratégie numérique mise en place par les
rectorats de la HES-SO au niveau de la Suisse occidentale et de la HES-SO
Genève. A Genève, un bureau de la stratégie numérique a été créé pour vérifier
les compétences numériques et professionnelles des étudiants et les aider à
acquérir les compétences nécessaires en adéquation avec les besoins.
Elles soulignent l’importance d’encourager les jeunes à choisir cette voie
initiale et de travailler à toutes les étapes de l’enseignement et de la formation,
en étroite concertation avec le DIP. Elles parlent également de l’importance
d’inciter les professionnels à soutenir l’accès à la formation continue et de la
nécessité pour les employeurs de libérer leur personnel pour qu’il puisse
accéder à des formations continues sur mesure.
En conclusion, elles partagent les considérants de la proposition de motion,
mais sont contre la création d’une haute école du numérique qui isolerait cette
question du numérique. Elles préfèrent renforcer l’approche transversale
intégrée actuelle.
Questions des groupes
PLR :
1) Une députée comprend que la HES-SO développe un enseignement au
sein d’un domaine où de réels besoins existent ; elle pense qu’il s’agit de la
21/63
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raison de la rédaction de cette motion, qui est particulièrement ambitieuse,
puisqu’elle demande la création d’une nouvelle école. En outre, ayant bien
entendu les réticences concernant les problématiques de transversalité et de
silo, elle souhaite savoir si la HES-SO possède les moyens de ses ambitions.
Mme Di Mare Appéré exprime son sentiment que la HES-SO manque de
moyens financiers, en particulier dans les filières informatiques ou de gestion.
Cela a pour effet collatéral un taux d’encadrement plus faible, car le nombre
d’étudiants par enseignant est plus élevé. Elle estime que cet aspect pourrait
être amélioré avec de meilleurs moyens financiers. Mme Baribaud ajoute qu’en
termes d’infrastructure, il y a suffisamment de place pour augmenter
sensiblement le nombre d’étudiants. Le véritable problème réside dans les
filières d’apport limitées. Pour être accepté à l’HEPIA, il faut avoir une
maturité professionnelle. Or, seulement 20 à 30% des personnes possédant un
CFC effectuent cette dernière, et le nombre de places est limité dans les écoles
de type CFPT. Concernant l’informatique de gestion, la filière d’apport est plus
importante, car elle concerne les employés de commerce. En 15 ans, la filière
informatique de gestion de la HEG est passée de moins d’une centaine
d’étudiants à environ 300. Le principal problème pour l’HEPIA est le blocage
au niveau du CFPT et les formations duales, car peu d’entreprises sont prêtes
à accueillir des apprentis. Pour résoudre ce problème, l’HEPIA travaille à
accueillir davantage de maturités professionnelles afin d’élargir les filières
d’apport. Un autre thème important pour elle est le faible nombre de femmes
dans les filières informatiques. Elle a constaté que les femmes ont du mal à
s’affirmer dans des classes majoritairement masculines. Cependant, une fois
qu’elles prennent leurs marques, elles font preuve de capacités remarquables.
L’idée à l’HEPIA serait de favoriser des classes passerelles à majorité
féminine, car il est établi que, lorsqu’un genre est représenté dans une
proportion supérieure à 30%, cela attire naturellement les personnes du même
genre. Par conséquent, cette formation est privée en partie du genre féminin
tant que ce taux de 25 à 30% de présence du genre féminin au sein des classes
n’est pas atteint. Il s’agit d’une politique à mettre en place, et un soutien de
l’Etat serait nécessaire.
2) Est-ce que les 300 élèves mentionnés constituent un chiffre important ?
Mme Baribaud répond par l’affirmative. A titre d’exemple, une filière à
dimension humaine susceptible d’être gérée par un responsable de filière et
une secrétaire de filière est composée de 150 étudiants ; il s’agit alors d’une
dimension standard. En outre, les grosses filières sont composées de 600 à
700 étudiants. Ainsi, une filière de 300 étudiants n’est pas en danger du fait de
sa petite taille. S’agissant de la filière informatique à l’HEPIA, celle-ci est
composée de 250 étudiants.
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3) S’il fallait monter en puissance, celle-ci s’effectuerait-elle plutôt à la
HEG ?
Mme Baribaud répond que cela dépend du but recherché, car la filière
informatique de gestion concerne l’informatique liée au fonctionnement des
entreprises ; il peut s’agir de la gestion des logiciels mais aussi de la gérance
du réseau ou encore de la sécurité. Concernant ces 3 exemples, il s’agit du lien
avec l’utilisateur, c’est-à-dire de faire en sorte que le fonctionnement
informatique de l’entreprise soit le plus convivial possible et assure une
pérennité à l’entreprise ; au niveau de l’informatique de l’HEPIA concernant
le système et la communication, il s’agit davantage de codage, notamment
s’agissant des systèmes électroniques se trouvant sur les appareils. Ainsi, il
s’agit des tâches qu’un informaticien de l’HEPIA peut effectuer. Par
conséquent, il ne s’agit pas véritablement du même type d’informatique. En
revanche, l’intersection entre les deux n’est évidemment pas vide, car cela
signifierait qu’un domaine ne serait pas couvert. Ainsi, ceci est relativement
interchangeable ; une personne ayant fait l’HEPIA peut tout de même intégrer
une entreprise afin de fabriquer des logiciels d’entreprise.
MCG :
1) Est-ce que l’accès était vraiment limité aux porteurs de maturité
professionnelle ou, à l’aune de l’immense besoin d’informaticiens, ne serait-il
pas plus opportun de permettre un accès plus simple ? Serait-il possible
d’intégrer des formations de l’HES-SO et de l’HEPIA uniquement lorsque l’on
est porteur d’une maturité professionnelle ? Pour quelles raisons faudrait-il
empêcher les personnes porteuses d’un CFC d’accéder à l’HES-SO ou à
l’HEPIA si ces dernières souhaitent continuer à se former en informatique ?
Mme Baribaud explique que le titre phare afin d’intégrer une HES est une
maturité professionnelle ; une personne porteuse d’un CFC doit ainsi effectuer
une ou deux années supplémentaires afin d’obtenir une maturité
professionnelle pour qu’elle ait suffisamment de compétences pour intégrer
une HES. Néanmoins, les porteurs de maturité gymnasiale sont également
acceptés, mais il leur est demandé d’avoir effectué 40 semaines de stage
pratique dans le domaine qu’ils vont intégrer au sein de la HES ; ceci découle
d’une loi des HES voulue par la Confédération à laquelle il n’est pas possible
de déroger.
2) Il est compliqué d’effectuer des années de formation supplémentaires
lorsque l’on a déjà 40 ans, par exemple.
Mme Baribaud précise qu’il est possible d’obtenir des validations par
acquis ; il faut alors faire reconnaître ses compétences.
3) Il est demandé des précisions concernant les coûts des formations.
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Mme Baribaud répond qu’en économie d’entreprise, le coût est d’environ
15 000 francs par année pour un étudiant ; en informatique de gestion, le coût
est d’approximativement 25 000 francs ; dans le domaine de l’ingénierie, il
s’agit d’un montant proche de 50 000 francs ; concernant l’informatique à
l’HEPIA, le coût est d’environ 30 000 francs par année.
4) Une inquiétude s’agissant de l’étroitesse des choix offerts est partagée ;
il n’est offert que l’informatique, l’ingénierie et l’informatique de gestion.
Mme Baribaud répond que ceci n’est pas tout à fait exact ; il s’agit
effectivement des deux filières phares en informatique à l’HES-SO Genève,
mais il en existe une autre intitulée « Information Science » qui est l’ancienne
formation documentaire s’occupant de la gestion de données. Au départ, il
s’agissait d’une école de bibliothécaire s’étant largement élargie grâce à
l’informatique, notamment concernant la gestion de données. A ce propos, un
Master a été développé qui connaît un succès significatif, accueillant aussi bien
des porteurs de Bachelor informatique que des porteurs du Bachelor
« Information Science ». D’ailleurs, les porteurs de ce dernier sont notamment
fortement recherchés par les services secrets suisses afin de faire des
recherches d’informations.
5) Les personnes ayant rédigé cette motion l’ont fait en remarquant le vide
laissé entre les filières offertes par l’HEPIA et la HES-SO et les besoins
effectifs de la société.
Mme Baribaud répond qu’il s’agit possiblement d’un problème de
communication au sujet desdites formations, mais la majorité des métiers se
retrouvent au sein des formations de l’HES-SO Genève et HES. S’agissant de
l’EPFL, les informaticiens formés sont de haut niveau, ce qui est une différence
manifeste ; ceux-ci vont davantage gérer des équipes d’informaticiens et
auront une vision plus globale.
Ve :
1) L’information la plus étonnante entendue ce soir est ce goulet
d’étranglement au niveau du CFPT qui empêche l’HEPIA de déployer les
moyens à disposition afin de former davantage d’informaticiens ; ainsi, les
chiffres présentés sont relativement faibles par rapport aux besoins effectifs de
la société. Est-ce que Mme Baribaud et Mme Di Mare Appéré auraient des idées
à proposer ainsi qu’une interaction avec le CFPT s’agissant de la dynamique
de ces filières d’apprentissage qualifié avec maturité professionnelle, qu’il
s’agisse d’apprentissage dual ou en école ?
Mme Baribaud répond que, concernant le nombre de places au sein du
CFPT, ce sujet a d’ores et déjà fait l’œuvre d’une discussion avec Mme EmeryTorracinta qui était entrée en matière mais qui n’avait pas les moyens
M 2934-A
24/63
financiers nécessaires. En outre, elle a constaté que Mme Hitpold soutient la
formation duale ; celle-ci pourrait ainsi être tout à fait attentive à cette
problématique. A priori, il est tout à fait envisageable de pouvoir augmenter le
nombre de classes, sachant que chacune est composée de 40 élèves. A ce
propos, elle ne constate pas d’opposition s’agissant de cette problématique. En
outre, il est envisagé de placer des assistants de formation dans ce programme
afin de former ces étudiants. Ainsi, le seul obstacle réside dans l’obtention de
l’aval du DIP et que la conseillère d’Etat possède le budget pour effectuer ce
changement.
Par ailleurs, concernant les admissions, pour une majorité il s’agit
d’employés de commerce venant d’obtenir une maturité professionnelle.
S’agissant du cursus informatique à l’HEPIA, 40% possèdent une maturité
professionnelle et 50% possèdent une maturité gymnasiale. A ce propos, le
taux de porteurs d’une maturité professionnelle réussissant l’HEPIA est plus
élevé que le taux de porteurs d’une maturité gymnasiale ; ceci signifie que
l’enseignement est parfaitement adapté aux personnes porteuses d’une
maturité professionnelle ; en outre, les enseignants venant du monde
professionnel doivent être porteurs d’un diplôme de Bachelor ou de Master, et
ont tendance à enseigner de la même manière qu’à l’université, c’est-à-dire
qu’ils passent d’abord par la théorie et vont ensuite vers la pratique, alors que
la maturité professionnelle est une formation s’opérant dans le sens contraire.
Par conséquent, ceci demande de renverser la méthode d’enseignement
s’agissant de la filière informatique.
Concernant les pistes auxquelles elle aurait pensé, il serait nécessaire
d’obtenir l’aval du DIP ainsi que d’engager davantage de jeunes femmes ; à
propos de ce dernier point, il s’agit d’un véritable problème, car il est alors
nécessaire de créer une sorte de ségrégation afin que celles-ci prennent
confiance, et le rectorat ne fait pas preuve d’un soutien particulièrement fort
concernant ce point. Toutefois, ce dernier possède de bons arguments tout à
fait audibles ; cependant, elle pense que la mixité est une opportunité d’attirer
plus de personnes dans le domaine informatique.
LJS :
1) La motion a été élaborée après consultation des citoyens genevois, des
jeunes et des professeurs et elle consiste en la création d’un centre
d’excellence numérique à Genève. L’HES-SO est davantage concentrée sur
l’informatique de gestion, alors que cette haute école numérique consisterait,
notamment, à former des personnes dans le domaine de la recherche.
Mme Baribaud répond que l’appellation d’« école numérique » l’interpelle,
car ceci sous-entend qu’ailleurs il n’existerait pas de formation s’agissant du
25/63
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numérique. Or, le numérique est fondamentalement transversal. Ainsi, placer
le numérique au sein d’une école reviendrait à le restreindre à une majorité.
Elle précise qu’elle évoquait l’informatique de gestion parce qu’elle préfère
évoquer les sujets qu’elle connaît particulièrement ; toutefois, il existe du
numérique dans d’autres écoles, telles que la HEAD ou encore la HETS ; ainsi,
le numérique se trouve de manière transversale dans un grand nombre d’écoles.
2) Est-ce que Mme Baribaud est d’avis qu’une haute école numérique
spécialisée n’est pas nécessaire ?
Mme Baribaud répond qu’il n’existe actuellement pas les cheminées
d’apport préalable. Ainsi, le même problème surgira au niveau de cette haute
école numérique ; le problème concerne le nombre d’étudiants, il faut ainsi le
régler en amont.
3) Concernant le manque de compétence dans le domaine technique qu’il
est nécessaire de rattraper d’ici l’année 2030, est-ce que Mme Baribaud pense
qu’avec les hautes écoles et les écoles polytechniques, ce retard est rattrapable
en Suisse ?
Mme Baribaud explique que, s’il est souhaité de développer l’aspect
technique en Suisse, il est nécessaire de favoriser les apprentissages ; il s’agit
d’un aspect faisant partie de la politique ainsi que de la culture d’une grande
partie de la Suisse. Toutefois, ceci n’est pas le cas en Suisse romande. Ainsi,
cette dernière région fait preuve d’une vision partielle de la situation. Par
conséquent, une des solutions pour rattraper ce retard technique consiste à
aider massivement le développement de l’apprentissage et d’expliquer aux
jeunes que cette voie permet véritablement d’obtenir des compétences et une
utilité postérieure.
4) Demande est faite, concernant les moyens actuels tels que l’espace, les
qualifications, les équipements et les financements, de savoir si ceux-ci
peuvent être augmentés, ou s’ils sont suffisants afin de faire progresser le
domaine technique.
Mme Baribaud répond que, si une augmentation sensible du nombre
d’étudiants survient, il est possible de remplir davantage les classes ; si le
nombre d’étudiants devient trop important, il faudra alors dédoubler une classe
et engager des personnes. Toutefois, si le nombre d’étudiants augmente, il est
possible de partir du principe que le financement accroît lui aussi. S’agissant
de l’embauche, les personnes sont facilement trouvées.
5) Est-ce que les moyens actuels permettent d’effectuer cette opération ou
faut-il augmenter ces derniers ?
Mme Baribaud indique qu’il est possible d’augmenter jusqu’à une certaine
limite ; si une augmentation de 300 étudiants apparaît, il faudra alors dédoubler
M 2934-A
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des classes, engager des enseignants et prévoir des jours de cours débutant à
8h et finissant à 22h et prévoir des cours le samedi ; ainsi, il s’agira d’optimiser
la logistique ; dans l’éventualité où l’augmentation du nombre d’élèves serait
particulièrement importante, il faudrait alors prévoir de nouveaux bâtiments,
mais ceci n’est pas prêt d’arriver.
S:
1) Cette problématique liée au goulet d’étranglement mentionné
précédemment interpelle. Est-ce qu’il serait question d’élargir l’accueil aux
porteurs d’autres types de maturités professionnelles ?
Mme Baribaud répond par l’affirmative. Jusqu’à aujourd’hui, au niveau de
la HES-SO, un certain nombre de maturités professionnelles ne conviennent
qu’à certaines filières ; concernant ceci, une réflexion a été effectuée.
Notamment, il était question de savoir si le porteur d’une maturité
professionnelle était contraint à un unique domaine ; toutefois, un employé de
commerce pourrait souhaiter intégrer la filière d’agronomie ; ce serait alors à
lui de démontrer qu’il en est capable, lors de la première année, afin de ne pas
dépenser les fonds publics de manière inopportune ; ceci est la réflexion
actuelle, et elle est favorable à cette possibilité ; en outre, le rectorat a décidé
d’élargir ses lois d’apport et chaque filière doit décider des possibilités offertes.
Par conséquent, un élargissement du nombre de maturités professionnelles
possible par filière est en train d’être opéré, avec la conséquence que certains
jeunes seront moins qualifiés à l’aune de la filière qu’ils choisissent, ceci
pourrait résulter en davantage de flottement lors de la première année, mais
pourrait empêcher ledit blocage au sein d’un domaine que ces jeunes
pourraient rencontrer ; ainsi, il s’agit d’un véritable changement de paradigme
qui est actuellement en train de s’opérer au sein de la HES-SO.
2) Est-ce qu’il s’agit de reconnaître la maturité professionnelle comme un
diplôme général qui permettrait d’accéder à toutes les filières ?
Mme Baribaud répond par la négative, car les personnes aptes à décider de
ces changements sont particulièrement conservatrices ; toutefois, il s’agit d’un
premier élargissement qui s’effectue d’ailleurs pour la prochaine rentrée.
3) Cette réflexion est particulièrement opportune. Pourquoi ce changement
de paradigme ne s’effectuerait-il pas aussi concernant les maturités
gymnasiales, puisque le fait de trouver 40 semaines de stage dans le domaine
concerné est certainement une barrière supplémentaire ?
Mme Baribaud répond que, pour l’instant, il s’agit d’un choix réglementaire
pour les HES ; toutefois, cette question est régulièrement posée et plusieurs
personnes se demandent s’il ne serait pas davantage opportun d’effectuer ce
stage lors du 7e et dernier semestre de formation ; le fait que les jeunes
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M 2934-A
s’exercent au sein de leur futur métier tout en ayant acquis des connaissances
au préalable, paraît davantage optimal. Historiquement, il s’agit d’un choix
opéré afin de favoriser les porteurs de maturité professionnelle et de ralentir le
processus pour les porteurs de maturité gymnasiale.
4) Est-ce qu’une vive recommandation du Grand Conseil consistant à
élargir davantage les ouvertures pour ces filières favoriserait le processus ?
Mme Baribaud répond que ceci serait particulièrement souhaité, en
particulier s’agissant d’une augmentation du nombre de classes de maturité
professionnelle, en particulier en informatique.
Discussion interne et suite des travaux
Avis des groupes
LJS :
Souhait d’auditionner certaines entreprises genevoises, particulièrement la
Poste, les entreprises de santé, l’association professionnelle des RH, puisque
déterminer les compétences et les qualifications nécessaires est leur métier.
MCG :
Les auditionnés de cette séance font peut-être partie d’un système qui ne
souhaite pas changer et qui fait preuve d’habitudes et de vieilles pratiques
multiséculaires. Ainsi, en fonction des suggestions, avis favorable à un certain
nombre de demandes d’auditions.
S:
Sans être en faveur de cette motion, il pense qu’il serait intéressant
d’entendre le milieu professionnel, car il se dégage tout de même l’envie de
trouver une réponse à cette problématique du goulet d’étranglement. Ainsi,
entendre l’avis des entreprises concernant leurs besoins et leurs capacités à
accueillir des apprentis et des stagiaires pourrait être intéressant.
LC :
Telle que libellée, cette motion n’a pas la faveur du groupe. En outre, tous
les renseignements obtenus convergent en direction des messages déclarés
aujourd’hui par les auditionnés ; il ne s’agit pas d’une problématique de
formation supérieure, mais d’une problématique de formation de base. En
outre, le dispositif afin d’augmenter et de grandir est disponible, ceci
moyennant les finances que le Conseil d’Etat ou le Grand Conseil pourrait
offrir. Finalement, le constat des patrons a d’ores et déjà été apporté par le biais
des faîtières patronales.
M 2934-A
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Ve :
Le groupe déclare être convaincu par les auditions effectuées lors de cette
séance et n’est donc pas favorable à cette motion. Cependant, il serait
intéressant d’effectuer des auditions des milieux professionnels. Par exemple,
entendre une personne au sein de la FER afin de savoir, concernant le domaine
informatique, quelles sont les attentes des milieux professionnels, mais
également afin de connaître les propositions que les milieux professionnels
auraient afin d’augmenter le nombre d’apprentis, car le CFPT ne concerne pas
uniquement les formations à plein temps mais également les formations duales,
le goulet d’étranglement se situant au niveau des deux voies. En outre, il serait
opportun de connaître les raisons pour lesquelles si peu d’apprentis sont
engagés année après année.
PLR :
En faveur d’auditionner une faîtière professionnelle, mais ne voit aucun
intérêt à entendre un organisme particulier qui aurait peut-être effectué une
délocalisation et qui affirmera sans doute ne pas l’avoir fait pour l’argent, mais
pour la compétence. Ainsi, le discours serait biaisé. Toutefois, cette audition
ne rentrerait pas dans la problématique de la motion, car les auditions ont
convaincu du mal-fondé de cette motion.
UDC :
Cette demande d’audition ne concerne pas la motion. La commission doit
de se déterminer sur la motion et effectuer cette audition en parallèle dans un
cadre informel.
11.01.2024 – Audition de M. Frank Sobczak, directeur de formation à la
FER
M. Sobczak soutient la formation dans le numérique et rappelle que
plusieurs filières numériques sont déjà présentes dans les hautes écoles
genevoises. Toutefois, il s’inquiète des coûts engendrés par la création d’une
école propre. Il rappelle que les filières genevoises dans ce domaine peinent à
être remplies. Il pense qu’il serait plus judicieux de réfléchir à regrouper sous
un tronc commun les formations existantes et d’insister sur la promotion de
ces formations plutôt que de créer une école propre qui y est dédiée. Si la
solution de créer une nouvelle école destinée au numérique devait être
soutenue, il craint de ne pas y voir un retour sur investissement.
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M 2934-A
Questions des groupes
PLR :
1) Demande est faite d’en savoir plus sur l’incapacité de remplir les filières
sur le numérique.
M. Sobczak explique que, par exemple, certaines formations ne peuvent
pas ouvrir chaque année. Il pense que, d’une part, il y a un manque d’intérêt
pour ses filières de la part des étudiants. De l’autre, puisqu’il s’agit de
formation HES, en amont dans le cursus scolaire de ces futurs étudiants, les
entreprises qui engagent des apprentis devraient plus investir sur ces nouvelles
technologies. Il rappelle de ne pas confondre « métier numérique » et
« compétences numériques transversales ».
2) Est-ce que les particularités numériques transversales vont continuer à
grandir dans les filières ?
M. Sobczak pense que le numérique va forcément prendre de l’ampleur.
Actuellement, l’approche est plutôt sectorielle (formation centrée sur la
cybersécurité ou l’intelligence artificielle, par exemple). Il serait d’avis de
promouvoir une approche plutôt transversale. Il soutient l’idée de mieux
organiser la formation sur le numérique, mais il ne pense pas qu’il faille pour
cela créer une école spécifique.
3) Quelle a été la dernière école créée ? Est-ce un processus lourd, long et
coûteux ?
M. Sobczak pense qu’il s’agit de la HEAD.
Ve :
1) Il y a une volonté chez les jeunes du cycle et du secondaire II de rejoindre
des filières numériques, par exemple la volonté de nombreux jeunes de
rejoindre la filière informatique. Le problème semble se situer surtout au
niveau institutionnel. Il faudrait dynamiser ces filiales auprès d’employeurs et
aussi auprès du CFP afin d’avoir un numerus clausus plus élevé.
M. Sobczak partage ce point de vue. Il pense aussi que le niveau associatif
devrait être plus développé. Il déplore d’ailleurs que les formations dans le
domaine numérique soient proposées à plein temps plutôt qu’en dual.
LC :
1) Quel serait le niveau de formation dans l’informatique qu’il faudrait
(CFC, HES, niveau universitaire) ? Une école de type HES devrait mettre
plusieurs années à être créée. Est-ce que les besoins seront nécessaires pour
dans cinq ans ou les entreprises sont-elles déjà actuellement en manque ?
M 2934-A
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M. Sobczak pense que les entreprises ont déjà besoin de personnes formées
dans le numérique. Il estime que le niveau de formation nécessaire est de type
HES.
LJS :
1) Que pense M. Sobczak de la volonté de la motion de créer un centre
d’excellence qui manque dans ce domaine ? Il est important de réfléchir
maintenant pour plus tard puisque la formation est très peu développée sur le
domaine technique appliqué.
M. Sobczak pense que l’idée d’avoir un centre d’excellence est bonne, mais
il pense que, pour cela, il faudrait plutôt réorganiser les formations existantes
en développant la promotion et non en créant un nouveau bâtiment. Il pense
que la motion vise un noble objectif, mais que pour l’atteindre elle n’a pas
besoin de créer un nouveau bâtiment.
2) Il est réitéré l’importance de développer le domaine appliqué. La motion
permettrait d’anticiper un besoin.
M. Sobczak est favorable à travailler sur le côté attractif des formations.
3) Le but de la motion était d’harmoniser un problème de formation
technique. Aujourd’hui seulement 2,8% des formations proposées par
l’UNIGE s’intéressent au domaine technique. Il demande si M. Sobczak ne
pense pas qu’il serait judicieux d’avoir une haute école spécialisée dans le
domaine technique qui permettrait d’avoir en un lieu une continuité jusqu’au
doctorat. Cela permettrait d’avoir une école avec ses propres priorités.
M. Sobczak rejoint la nécessité d’avoir une connexion, mais indique que
les HES sont connectées par nature.
MCG :
1) Il est évoqué un article du 20 Minutes qui mentionne l’emploi d’un
informaticien indien qui travaillait de l’Inde pour une entreprise suisse. Il est
partout question de la pénurie d’informaticiens. Est-ce qu’il ne serait pas
favorable d’avoir un centre de formation unique dédié au domaine ?
M. Sobczak explique qu’il s’agit d’un symptôme de la situation genevoise.
Genève n’arrive pas à former des informaticiens, il est donc logique que les
personnes qualifiées soient alors recherchées ailleurs. Il serait possible
d’améliorer la situation, si ces filières étaient proposées tôt aux jeunes filles
notamment.
2) La construction d’une HES pour l’informatique serait-elle selon lui
difficile à cause des coûts des bâtiments ? Et est-ce qu’il serait favorable aux
formations qui en découleraient ?
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M 2934-A
M. Sobczak répond par l’affirmative et pense qu’un nouveau bâtiment n’est
pas nécessaire pour créer une formation. L’endroit physique n’est pas celui qui
encadre l’effort sur les nouvelles technologies.
3) Il est demandé si une structure autonome ne serait pas une façon de
lutter contre l’inertie actuelle.
M. Sobczak préfère imaginer un tronc commun qu’un lieu commun. Ainsi,
il serait possible d’incarner la volonté genevoise de présenter une formation
d’excellence.
S:
1) Un article mentionnait que 10 métiers du futur sur 7 étaient liés à
l’informatique et à la technologie. Il s’agit de l’un des domaines où les
employeurs vont chercher des talents en France voisine. Il semble que la
problématique se situe surtout sur le moyen plutôt que sur la fin. Beaucoup
d’entreprises déplacent l’informatique en dehors de Genève. La filière semble
moins privilégiée surtout parce que les étudiantes ne s’y intéressent pas.
M. Sobczak est favorable à dynamiser le domaine, mais en agissant
directement sur la filière. Il rejoint l’avis sur l’absence de jeunes filles. C’est
pourquoi il indique avoir mis en place avec le CFP des prestations et
animations pour faire la promotion de ces métiers auprès des jeunes filles.
Toutefois, il pense qu’un travail est aussi à faire auprès des parents.
2) Mettre l’accent sur les jeunes filles est important puisqu’elles
représentent la moitié de la population.
M. Sobczak confirme que beaucoup de prestations numériques sont
externalisées au sein des entreprises. Toutefois, d’autres prestations sont
maintenant maîtrisées directement sur place comme la création de films ou de
podcasts.
3) Les RH sont souvent sous-traitées à l’extérieur.
M. Sobczak rappelle le paysage économique du canton. Il explique que
75% des entreprises comptent 1 à 5 employés. Ainsi, il est normal que ce
nombre peu élevé les pousse à sous-traiter.
4) Quel serait le niveau requis de ces formations ?
M. Sobczak répond qu’elles seraient de niveau HES.
5) Quoi penser des très bons élèves qui quittent Genève pour aller à l’EPFL
ou l’ETH ou à l’étranger puisqu’il n’y a pas de formation spécifique ici ?
M. Sobczak indique que ces gens ont toujours la possibilité de revenir sur
le marché genevois par la suite.
M 2934-A
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6) Il serait intéressant d’encourager le fait que des formations soient
proposées à Genève.
M. Sobczak explique qu’au niveau du CFC le contenu change tous les
4 ans. Le numérique est de plus en plus présent dans les plans de formation.
Ainsi, il confirme que le numérique est déjà une réalité.
7) La création d’une école HES spécialisée dans le numérique risquerait
de ralentir la création d’une filière spécialisée à Genève.
M. Sobczak confirme que le fait de créer une école spécialisée risquerait
de passer à côté de l’urgence du manque d’informaticiens actuels. En effet, il
pense important de canaliser l’énergie et les moyens là où ils sont nécessaires :
dans la création d’une filière spécialisée.
Ve :
Est-ce que M. Sobczak est ouvert à la création d’une structure autonome,
même si cela n’impliquait pas la création d’un nouveau bâtiment ?
M. Sobczak répond par l’affirmative.
Point de vue du département apporté par M me Hiltpold et discussion
interne
Elle explique que la décision de créer une nouvelle haute école ne dépend
pas du canton. Il s’agit d’un système intercantonal. Le rectorat se trouve à
Delémont. Ainsi, les cantons de Suisse orientale décident ensemble des besoins
et du lieu où doivent se situer les hautes écoles. C’est pourquoi, même si la
motion était acceptée, les membres genevois du comité gouvernemental
devraient plaider devant tous les autres cantons. Elle précise d’ailleurs que les
décisions se prennent à l’unanimité. Le canton pourra uniquement donner une
impulsion.
De plus, le département n’est pas convaincu que la création d’une nouvelle
haute école soit la solution pour lutter contre la pénurie. Elle informe qu’une
autre motion est traitée à la commission de l’enseignement pour développer les
apprentissages dans les métiers de l’informatique. Elle pense que le canton
devrait plutôt agir sur le cursus de formation afin de l’adapter à la situation
actuelle. Elle évoque notamment les problèmes liés à l’accession à la maturité
professionnelle. En effet, elle explique qu’il est difficile pour une personne qui
le déciderait, après son CFC, de faire une maturité professionnelle qui n’était
pas initialement prévue dans son parcours, parce que les places sont limitées.
Elle pense donc qu’il serait intéressant d’agir sur ce point. Ainsi, il pourrait
alors y avoir plus de personnes aptes à rejoindre de hautes écoles par la suite.
De plus, elle pense important d’attirer les jeunes filles. Aussi, elle imagine
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M 2934-A
intéressant de proposer un centre professionnel de l’informatique qui
regrouperait les différents CFC du domaine sous un seul pôle. Le département
se positionne donc contre la motion, puisque celle-ci ne pourra avoir de réel
impact sur Genève (les HES étant intercantonales), mais elle est prête à faire
en sorte de trouver des adaptations réalisables localement pour répondre aux
problématiques.
Questions des groupes
MCG :
Ne serait-il pas judicieux de créer une école qui ne serait pas une haute
école, mais qui permettrait d’avoir un diplôme reconnu ?
Mme Hiltpold explique qu’il y a, déjà aujourd’hui, des possibilités d’étudier
l’informatique. Elle pense qu’il serait plus judicieux de susciter l’intérêt des
étudiants pour faire en sorte qu’ils suivent ces formations plutôt que de créer
une école supplémentaire.
S:
Que pense la conseillère d’Etat de l’idée d’avoir une maturité
professionnelle commune qui permettrait d’entrer dans n’importe quelle haute
école ? Actuellement, un jeune doit déjà savoir quand il commence sa maturité
professionnelle quelle haute école il choisira. Alors que la maturité
gymnasiale permet l’entrée à n’importe quelle faculté de l’université.
Mme Hiltpold trouve l’idée intéressante, mais pense qu’il s’agit d’une
discussion qui devra avoir lieu de façon intercantonale. En effet, le système
HES-SO implique qu’il ne serait pas logique que cela soit possible à Genève
et non ailleurs. Elle réitère que l’enjeu principal est de faire en sorte de
promouvoir les filières pour qu’elles soient choisies majoritairement.
LC :
Il semble intéressant de regrouper les filières sous un même pôle. La
motion est peut-être un peu trop avancée. Il s’agit de déjà motiver les étudiants
à suivre les formations disponibles sur Genève pour ensuite, une fois qu’elles
seront très fréquentées, insister au niveau intercantonal pour éventuellement
proposer une école autonome.
Ve :
Le problème se situe en amont. Le CFP propose uniquement 56 places
ouvertes par année pour la filière CFC. Ce nombre est excessivement bas.
Toutefois, il serait possible de l’augmenter si l’effectif est diminué dans une
autre filière (ECG, etc.). La filière est très attractive auprès des jeunes. Le
M 2934-A
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problème est qu’elle n’attire pas forcément les meilleurs profils, les élèves qui
postulent sont alors recalés. Faut-il aussi travailler sur ce point ?
Mme Hiltpold répond par l’affirmative.
LJS :
Certains CFC sont trop sélectifs. Pour le CFC en informatique, il y a eu
220 candidats pour 56 places. La motion vise à répondre aux besoins
d’aujourd’hui, et à anticiper les défis et besoins pour demain. Le rôle du
député est d’identifier et d’anticiper les difficultés. Le travail de l’Etat est
d’ensuite trouver le moyen de mettre en place une solution. Il serait positif que
Genève soit le premier canton à sensibiliser à cette problématique au sein de
l’HES-SO.
Prise de position des groupes et suite des travaux
UDC :
Le groupe UDC ne soutiendra pas la motion puisque la possibilité d’action
du canton sur les HES est très limitée. Il est inutile de créer un bâtiment
spécifique. Un député UDC rappelle qu’en cas de manque de locaux pour
accueillir les formations de cette filière, il est toujours possible de regarder
avec l’IFAGE, puisque leurs locaux sont parfois libres.
Ve :
Un député Ve indique être très largement d’accord avec les considérants et
les objectifs du texte. Il pense qu’il faut dynamiser et élargir la capacité de
formation pour le numérique. Toutefois, il est moins convaincu de la nécessité
de créer une structure de type « haute école numérique ». Cependant, il trouve
dommage que le texte disparaisse alors qu’un travail de qualité a été fait suite
aux auditions. Il pense qu’il faudrait plutôt proposer des amendements pour
que le texte soit plus adéquat. Il pense qu’il serait important de soutenir le
département dans ce sens.
PLR :
Le groupe PLR ne soutiendra pas cette motion. Il est regretté qu’il n’y ait
qu’une seule invite qui souhaite la création d’une nouvelle école. Toutes les
auditions ont montré qu’il est possible de répondre à la problématique d’une
manière différente. Le groupe est prêt à soutenir le développement de ce
domaine de formation, mais non la création d’une nouvelle HES. Le groupe
PLR est favorable à la proposition du groupe Ve de travailler sur des
amendements tout en s’assurant que l’idée de la création d’une haute école
spécifique soit abandonnée.
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S:
Le groupe socialiste est favorable à un amendement sur la nécessité du
numérique en éliminant l’invite souhaitant la création d’une HES puisqu’il est
de fait impossible d’agir sur cet élément. Il faudrait proposer des amendements
visant à dynamiser la visibilité sur l’état actuel des HES. Il est important de
centrer la problématique sur l’enseignement supérieur et non ce qui se passe
avant. Il est proposé notamment d’apporter une impulsion pour qu’une
discussion soit menée au niveau régional.
MCG :
Le groupe MCG remarque que tout le monde se rejoint sur la nécessité
d’améliorer le cursus de formation de cette filière. Elle regrette que certains
pensent qu’il serait trop coûteux de créer une école spécifique. Toutefois, elle
est ouverte à travailler sur des amendements.
LJS :
Le groupe LJS maintient sa motion, mais est ouvert à proposer des
amendements et de nouvelles invites. Il est d’accord de travailler ensemble
pour modifier les invites. Le député LJS pense que c’est justement parce que
la motion est compliquée qu’elle a de la valeur pour l’avenir. Il souligne le fait
qu’une école dédiée permettrait de faire de cette filière une priorité. La majorité
est favorable à des amendements et LJS propose de travailler sur de nouvelles
invites ensemble. Le député ne peut pas dire qu’il abandonnera
catégoriquement l’idée de la création d’une école, mais il veut bien réfléchir à
une appellation qui permettrait de mettre tout le monde d’accord.
La commission renvoie le vote à une prochaine séance en vue des
amendements amenés par LJS et travaillés avec les députés et députées
intéressés.
Prise de position des groupes en l’absence d’amendement
Mme Tamara Diaz, adjointe à l’unité des hautes écoles, assiste à la
discussion.
Un député LJS rappelle que le numérique prend une place importante dans
la société actuelle. Il maintient que Genève a besoin d’une haute école
numérique et invite ses collègues à voter favorablement.
Une députée PLR indique que son groupe trouve que le numérique est un
élément central, mais que les différentes auditions ont démontré que le
développement numérique doit se faire partout et de façon transversale. Elle
note que la construction d’une école demande un investissement financier
conséquent. Le PLR est donc défavorable à cette motion.
M 2934-A
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Un député LC explique que Le Centre considère comme important, à la
lumière des diverses auditions, que le numérique ne soit pas sectorisé. Son
groupe refusera la motion.
Une députée S pense que le groupe est tout à fait enclin à l’enseignement
de nouvelles technologies, mais que celui-ci ne se fera pas en soutenant la
création d’une haute école numérique. Elle rappelle que le débat a permis de
démontrer que le domaine méritait d’être soutenu en amont des HES. Le PS ne
soutiendra pas la motion. Un député S précise que le groupe ne contestait pas
le constat qui est fait dans la motion, mais la manière dont la motion est
rédigée.
Une députée UDC estime qu’une haute école numérique n’est pas
nécessaire puisque les auditions ont démontré que des formations étaient déjà
proposées dans ce sens dans divers établissements. L’UDC ne soutiendra pas
la motion.
Un député Ve indique qu’il aurait trouvé intéressant d’avoir des
amendements. En l’absence d’amendement, le groupe des Verts soutiendra
tout de même la motion sous réserve que des amendements soient apportés.
Une députée MCG trouve regrettable d’avoir un enseignement du
numérique fragmenté. Elle ne souhaite pas la construction d’un bâtiment
spécifique, mais plutôt un tronc commun. Elle est d’avis d’attendre des
amendements proposés en plénière et dans l’intervalle, pour sa part, elle votera
favorablement à la motion.
Un député LJS pense que la commission commet une grande erreur de
considérer le numérique comme une sous-branche. Il souligne les besoins dans
le domaine de la technologie. Le vote favorable à cette motion permettrait dans
quelques années d’avoir une école qui réponde à ces besoins. Il rappelle que
Genève n’a pas assez de talents et est obligé de recruter à l’étranger. Il note, à
titre exemplatif, que la Poste a dû délocaliser ses bureaux à Lisbonne. Il
propose d’ajouter un amendement qui invite à étudier la faisabilité d’une haute
école du numérique. Il invite ses collègues à revoir leur position.
Le président met aux voix la prise en considération de la M 2934 :
Oui :
5 (1 S, 2 Ve, 1 MCG, 1 LJS)
Non :
9 (2 S, 1 LC, 4 PLR, 2 UDC)
Abstentions : 1 (1 MCG)
Le renvoi de la M 2934 au Conseil d’Etat est refusé.
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Conclusion
L’ensemble de la commission a relevé l’intérêt de la thématique soulevée
par l’auteur de la motion, soit de s’assurer d’une main-d’œuvre formée et
compétente dans le domaine numérique pouvant répondre aux besoins actuels
et futurs. Cependant, pour la majorité, la solution ne réside pas dans la création
d’une HES numérique genevoise et celle-ci rappelle que cette prérogative est
intercantonale (convention intercantonale HES-SO). Pour les raisons qui
précèdent, la majorité vous enjoint à refuser cette proposition de motion.
Annexes :
1) Présentation « Proposition de motion. Pour la création d’une Haute Ecole
Numérique. Par le Groupe LJS. Représenté par Djawed Sangdel.
Commission de l’Enseignement Supérieur »
2) Réponses de la HES aux questions de M. Djawed Sangdel
M 2934-A
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ANNEXE 1
Proposition de motion
Pour la création d'une Haute École Numérique
Par le Groupe LJS
Représenté par Djawed SANGDEL
Commission de l'Enseignement Supérieur
Genève, 19/10/2023
1
Plan de la Présentation :
1. Remerciements
2. HES-SO Genève en chiffres
3. Université de Genève en chiffres
4. Le Contexte
5. La situation actuelle et les défis à venir
6. Le chemin pour devenir un expert en informatique
7. Raisons de la création
8. Impact de la Non-Intervention
9. Conclusion
Questions et réponses
Sources et références
Genève, 19/10/2023
2
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1. Remerciements
Monsieur le Président, Chères et Chers Collègues,
Au nom du Groupe LJS et en mon nom personnel, je tiens à vous exprimer ma gratitude
pour l'attention que vous portez à la présentation de la motion relative à la création d'une
Haute École Numérique. Ce sujet revêt une grande importance pour l'économie de notre
Canton et répond aux besoins de notre pays.
Genève, 19/10/2023
3
La guerre des talents dans le domaine informatique, ainsi que la
compétition pour attirer et retenir les professionnels de
l'informatique, constituent un défi majeur.
Pourquoi?
Après la science, la technologie est souvent la première solution à
de nombreux problèmes de notre vie.
Genève, 19/10/2023
4
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2. HES-SO Genève
Nous avons 6 HES à Genève.
1. HEPIA - Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture
Architecture, Architecture du paysage, Génie civil, Technique des bâtiments, Génie mécanique, Microtechniques,
Informatique et systèmes de communication, Agronomie, Gestion de la nature
2. HEAD - Haute école d'art et de design
Arts visuels, Cinéma, Architecture d'intérieur, Communication visuelle, Illustration, Design Mode, Design Bijou et
accessoires
3. HEG - Haute école de gestion
Economie d'entreprise, Informatique de gestion, Information Science, International Business Management
4. HEM – Haute école de musique
Musique, Musique et mouvement
Genève, 19/10/2023
5
2.1.HES-SO Genève
5. HEdS - Haute école de Santé
Soins infirmiers, Sage-femme, Physiothérapie, Nutrition et diététique, Technique en radiologie médicale.
6. HETS - Haute école de travail social
Travail social, Psychomotricité (Master seulement)
Pourquoi pas ?
7. Une Haute école Spécialisée numérique
Informatique et Sciences de Données, Informatique, Intelligence Artificielle, Cybersécurité, Analyse de Données,
Technologies Numériques et Ingénierie, Ingénierie Informatique, Systèmes Embarqués, Ingénierie des
Télécommunications, Conception de Matériel Numérique, Génie Logiciel, Développement de Logiciels, Gestion de
Projets Informatiques, Design Numérique, Technologie Blockchain, Imagerie Médicale Numérique, Sciences et
Données, Entrepreneuriat Numérique
Genève, 19/10/2023
6
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2.2. HES-SO Genève en chiffres
6 hautes écoles
• La Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture (HEPIA), la Haute école d'art et de design
(HEAD), la Haute école de gestion (HEG), la Haute école de Santé (HEdS), la Haute école de
travail social (HETS) et la Haute école de musique (HEM).
18 lieux de formation
• De Champel à Jussy, 18 lieux de formation, dont certains bâtiments historiques comme celui de la
Haute école d'art et de design au boulevard James-Fazy et celui de la Haute école de musique à la
place Neuve.
6 domaines
• Ingénierie et architecture, Economie et services, Design et arts visuels, Santé, Travail social,
Musique et arts de la scène.
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7
2.3. HES-SO Genève en chiffres
28 Bachelors (yc orientations)
• Les hautes écoles HES-SO Genève offrent 28 formations professionnelles de niveau supérieur, menant à un Bachelor «of Science»
ou «of Arts». Le Bachelor correspond à 3 années d'études à plein temps, soit 180 crédits ECTS (unité de mesure de la formation
reconnue à l'échelon européen).
20 Masters dont
·
10 Masters gérés par la HES-SO Genève :
Master of Science HES-SO en Sciences de l'information, Master of Arts HES-SO en Arts visuels, Master of Arts HES-SO en
Architecture d'intérieur, Master of Arts HES-SO en Design, Master of Arts HES-SO en Composition et théorie musicale, Master of
Arts HES-SO en Interprétation musicale spécialisée, Master of Arts HES-SO en Interprétation musicale, Master of Arts HES-SO en
Pédagogie musicale, Master of Arts en Ethnomusicologie, Master of Science HES-SO en Psychomotricité.
·
10 Masters auxquels la HES-SO Genève participe :
Master of Arts HES-SO en Cinéma, Master of Science HES-SO in Engineering, Master of Science HES-SO in Life Sciences, Master
of Arts HES-SO en Architecture, Master of Science HES-SO en Business Administration, Master ès Sciences en Sciences
infirmières, Master of Arts HES-SO en Travail social, Master en Sciences de la Santé, Master of Science HES-SO en Integrated
Innovation for Product and Business Development - Innokick, Maîtrise en Développement territorial.
11 formations uniques en Suisse romande
• Agronomie, Architecture d'intérieur, Architecture du paysage, Gestion de la nature, Information documentaire, Informatique et
systèmes de communication, International business management, Musique et mouvement, Nutrition et diététique,Technique des
bâtiments et Psychomotricité.
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2.4. HES-SO Genève en chiffres
6399 étudiantes et étudiants
• dont 407 en modules complémentaires et maturité spécialisée Santé.
A la rentrée académique 2022, la HES-SO Genève enregistre une progression de 2.8% par rapport
à 2021.
921 étudiantes et étudiants en emploi et à temps partiel
• A la rentrée académique 2022, la HES-SO Genève compte 315 étudiant-e-s en emploi et 606
étudiant-e-s à temps partiel.
1489 diplômes
• C'est le nombre de diplômes délivrés en 2021 par les hautes écoles de la HES-SO Genève.
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2.5. HES-SO Genève en chiffres
Parité hommes-femmes
• La HES-SO Genève compte près de 52 % d'étudiantes en 2022 et 39%, 44% et 60% de
postes de femmes parmi respectivement le corps enseignant, le corps intermédiaire et le
personnel administratif et technique en 2021.
735 postes
• Le nombre de postes au sein du corps enseignant et du corps intermédiaire en 2021.
51 ans
• L'âge moyen du corps enseignant en 2021.
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2.6. HES-SO Genève en chiffres
230 millions
• Le projet de budget 2022 de la HES-SO Genève.
26.2 millions pour la Ra&D et les prestations de services
• Le montant des projets Recherche appliquée et développement (Ra&D) menés par la
HES-SO Genève en 2021 s'est élevé à 22 millions ; celui des prestations de services aux
tiers a été de 4.2 millions.
28 % des effectifs de la HES-SO
• Les étudiant-e-s de la HES-SO Genève représentent 29 % des effectifs de la HES-SO au
15.10.2022.
• Données 2021 / 2022, actualisées au 16.12.2022
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3. Université de Genève
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3.1. Université de Genève
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3.2. Université de Genève
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3.3. Université de Genève
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3.4. Université de Genève
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4. Le Contexte
• Le monde évolue rapidement, transformé par les avancées technologiques et
numériques.
• Genève, un pôle d'innovation et de technologie, doit adapter son système éducatif à cette
nouvelle réalité.
• L'enseignement supérieur doit répondre aux besoins de l'industrie numérique en
croissance à Genève.
• Une Haute École Numérique est nécessaire pour former la main-d'œuvre qualifiée
dont Genève a besoin et renforcer sa position en tant que leader technologique.
• Il est crucial de prévoir les besoins futurs de l'industrie et de former des professionnels
capables de relever les défis du 21e siècle
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5. La situation actuelle et les défis à venir
En Suisse, la demande croissante de professionnels en technologies de l'information (TI)
se classe en deuxième position dans l'indice de pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
Une étude récente prévoit que le pays aura besoin de 120 000 informaticiens
supplémentaires d'ici 2030 en raison des départs à la retraite, des migrations et de la
transformation numérique. Sans intervention, une pénurie de 40 000 experts en TI est à
prévoir d'ici là.
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5.1. La situation actuelle et les défis à venir
D'ici 2030, la Suisse fera face à une pénurie de près de 40 000 informaticiens en raison
des départs à la retraite, de la migration et de la transformation numérique. La sécurité
informatique est particulièrement touchée. Malgré les efforts de formation et l'immigration, le
déficit persiste, ce qui entraîne un taux de postes vacants de 4% à 26% selon les régions.
Cette pénurie aura un impact économique (perte de valeurs), estimé à 31 milliards de
dollars d'ici 2030 selon une étude complémentaire mandatée par Digitalswitzerland.
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5.2. La situation actuelle et les défis à venir
L'attraction de professionnels étrangers n'est pas une solution à long terme, car d'autres pays
attirent également ces talents, et ces professionnels sont souvent mobiles.
Pour répondre à la demande croissante, il est nécessaire d'augmenter le nombre de places
d'apprentissage, de former davantage de professionnels et de promouvoir la reconversion
professionnelle et la formation continue. L'implication des responsables politiques est essentielle pour
soutenir le secteur.
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5.3. La situation actuelle et les défis à venir
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5.4. La situation actuelle et les défis à venir
La Poste suisse a ouvert un site de développement informatique à Lisbonne pour faire face à la pénurie
d'informaticiens en Suisse. L'objectif est de trouver du personnel de qualité, principalement dans les domaines
de l'analyse d'affaires, du développement de logiciels, de l'analyse des données et de la cybersécurité.
La Poste a pris cette décision en raison de la pénurie de spécialistes des technologies de l'information en
Suisse, estimant que le pays fera face à une pénurie de 35 000 informaticiens d'ici 2028. Le directeur du
site de Lisbonne, Nuno Pedro, souligne que la motivation n'était pas de réduire les coûts, mais de trouver du
personnel de qualité. La Poste espère recruter 150 employés supplémentaires pour ce site au cours des
prochaines années.
En Suisse, la formation d'informaticiens est relativement récente, et il y a une forte concurrence pour recruter
des spécialistes dans ce domaine.
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6. Le chemin pour devenir un expert en informatique
5. Pour atteindre le statut d'expert, il est impératif de maîtriser un domaine spécifique de l'informatique, que ce soit la cybersécurité,
l'intelligence artificielle, la science des données, la gestion de bases de données, ou d'autres spécialités du domaine informatique.
4. La personne peut également obtenir des certifications professionnelles dans des domaines informatiques spécifiques, tels que la
sécurité, la gestion de projet, la programmation, etc., pour renforcer son expertise.
3. En ce qui concerne l'expérience professionnelle, il faut généralement accumuler entre 5 et 10 ans d'expérience dans un domaine
informatique particulier pour être considéré comme un expert.
2. Au niveau du Master, la plupart des experts détiennent au moins un diplôme de niveau Master, avec des différences selon leur domaine
d'expertise.
1. Au niveau du Bachelor, la personne acquiert des compétences de base en informatique et a la possibilité de se spécialiser, bien que ce
stade ne confère pas encore le statut d'expert.
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Ces étapes décrivent de manière générale le parcours pour devenir un expert en informatique.
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7. Raisons de la Création
1. Répondre à la forte demande du marché de l'emploi genevois en technologies de l'information et de la
communication numérique.
2. Positionner Genève comme un pôle d'excellence international en technologies numériques.
3. Former des experts en intelligence artificielle, cybersécurité, science des données et développement de
logiciels.
4. Prévenir les conséquences des cyberattaques en formant une population informée.
5. Satisfaire les besoins des entreprises genevoises de divers secteurs économiques.
6. Réduire la dépendance à l'importation de main-d'œuvre spécialisée.
7. Favoriser la création d'emplois et la croissance économique.
8. Éviter de perdre environ 31 milliards de dollars d'ici 2030 en manque de main-d'œuvre spécialisée.
9. Stimuler l'innovation et la recherche dans le numérique.
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8. Impact de la Non-Intervention
En l'absence d'action pour créer la Haute École Numérique, les conséquences possibles incluent :
1. Pénurie de Compétences, ralentissant la croissance des entreprises locales.
2. Perte de Compétitivité internationale et d'attractivité pour les entreprises internationales.
3. Risques Croissants en Cybersécurité pour les entreprises et les infrastructures.
4. Dépendance continue à l'importation de main-d'œuvre spécialisée, impactant l'économie et l'emploi.
5. Perte de Croissance Économique due à un manque de main-d'œuvre qualifiée et d'innovation.
6. Retard dans la Recherche et l'Innovation numériques, laissant d'autres régions prendre l'avantage.
7. Fuite des Cerveaux avec des talents locaux cherchant des opportunités à l'étranger.
8. Déséquilibre en Éducation, avec un écart de compétences difficile à combler.
9. Isolement de la Communauté Technologique, limitant les collaborations internationales et l'accès aux avancées
technologiques.
10. Inefficacité dans la Lutte Contre les Menaces Numériques, affectant la sécurité des données et des infrastructures.
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9. Conclusion
La création d'une Haute École Numérique à Genève revêt une importance cruciale, étant donné
qu'elle s'avère essentielle et même indispensable pour répondre aux besoins croissants du
marché de l'emploi, stimuler l'innovation et favoriser la croissance économique. Comme cela a été
évoqué précédemment, les compétences dans le domaine technologique sont aujourd'hui devenues
incontournables. De multiples acteurs, tant privés que publics, ont manifesté leur préoccupation quant
à la pénurie de compétences qualifiées en Suisse, situation qui représente une menace
significative pour l'économie de notre canton et de notre pays. Les structures éducatives actuelles
se trouvent limitées dans leur capacité à répondre aux besoins actuels et futurs du marché de
l'emploi. Il nous incombe dès à présent d'anticiper ces défis afin d'y remédier. Ainsi, nous vous
exhortons vivement à apporter votre soutien à cette motion, dans l'intérêt de l'avenir prospère de
Genève et de notre pays.
Comme le souligne le célèbre adage, l'éducation constitue la pierre angulaire de la vie.
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Questions et Réponses
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Sources et références
•
https://www.hesge.ch/geneve/contact-0
•
https://www.hesge.ch/geneve/hes-so-geneve/qui-sommes-nous/en-chiffres
•
https://www.unige.ch/stat/actualite/chiffresetudiants-1
•
https://cui.unige.ch/fr/formations/bachelors/
•
https://cui.unige.ch/fr/formations/masters/
•
https://www.unige.ch/sciences/fr/enseignements/formations/masters/
•
https://www.rts.ch/info/economie/14118354-la-poste-inaugure-son-site-de-developpement-informatique-a-lisbonne.html
•
https://www.kmu.admin.ch/kmu/fr/home/actuel/interviews/2022/d-ici-2030-il-manquera-environ-40-000-informaticiens-en-suisse.html
•
https://www.ictjournal.ch/etudes/2022-09-12/en-2030-il-manquera-pres-de-40000-informaticiens-en-suisse
•
https://www.hrtoday.ch/fr/article/comment-lutter-contre-la-penuriedinformaticiens#:~:text=Selon%20la%20derni%C3%A8re%20%C3%A9tude%2C%20la,de%2040%20000%20sp%C3%A9cialistes%20ICT.
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ANNEXE 2
Commission de l'enseignement supérieur
M 2934 pour la création d'une haute école numérique
Présentation par M. Sangdel le jeudi 19 octobre 2023, auteur
Réponses de la HES aux questions de M. Djawed Sangdel
1.
Combien d'étudiants sont inscrits dans vos programmes informatiques de niveau
Bachelor et Master ?
Deux filières dispensent des Bachelors en Informatique :
HEPIA – Bachelor en Ingénierie des technologies de l’information (ISC)
HEG : Informatique de gestion (IG) :
191 étudiant‐e‐s
256 étudiant‐e‐s
A ces deux filières, il faut en ajouter plusieurs autres directement en lien avec les domaines du
numérique et de l’informatique. A titre d’exemples:
HEAD : Communication visuelle et Media Design (Master)
HEG : Information Science.
HEPIA : Génie mécanique (robotique, Industrie 4.0).
Au niveau Master :
MSc BA - Orientation Management des Systèmes d'information
MSE – Orientation Computer science (CS)
MSE – Orientation Data science (DS)
MSE - Orientation Microengineering (Mic)
45
105
61
41
Remarque : les chiffres ci‐dessus concernent l’année académique 2023‐2024
2.
Comment ont évolué les inscriptions entre 2022‐2023 et 2023‐2024?
ISC : Baisse de 3% entre 22/23 et 23/24
IG : Hausse de 5% entre 22/23 et 23/24
3.
Quelle est la répartition par genre de vos étudiants, en pourcentage et en chiffres?
Il s’agit des chiffres pour 2022 (que l’on peut aussi consulter dans notre Rapport de gestion).
ISC : 94% d’hommes (185) – 6% de femmes (12)
IG : 80% d’hommes (194) – 20% de femmes (20)
4.
Quels sont les principaux domaines de spécialisation dans vos programmes
informatiques ?
HEPIA ‐ ISC
Dans un domaine en perpétuelle évolution, la formation est construite pour répondre aux besoins
actuels et futurs des milieux professionnels. Axée sur l’analyse de problèmes et la création de solutions
concrètes, elle développe des compétences génériques et transposables. Dès la 2e année, les étudiant‐
e‐s se spécialisent dans un secteur précis, en choisissant l’une des cinq orientations possibles :
Sécurité informatique (HEPIA)
Informatique logicielle (HEPIA)
Systèmes informatiques embarqués (HEPIA)
Ingénierie des données
Réseaux et systèmes
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M 2934-A
Cette filière est proposée à plein temps ou à temps partiel le soir en quatre ans.
Davantage
d’informations :
https://www.hesge.ch/hepia/bachelor/informatique‐et‐systemes‐
communication
HEG ‐ IG
Pluridisciplinaires, les études en informatique de gestion développent des compétences en ingénierie
logiciel et en systèmes d'information. Elles intègrent également au cursus une formation en gestion,
communication et management. La formation permet à ses diplômé‐e‐s e réaliser et de coordonner
toutes les phases du cycle de vie d'un système d'information informatisé.
Cette filière peut être suivie à plein temps ou à temps partiel.
Davantage
d’informations :
gestion#apercu‐de‐la‐formation
5.
https://www.hesge.ch/heg/formations/bachelors/informatique‐
Comment favorisez‐vous la diversité de genre parmi vos étudiants?
Depuis des années, nous organisons alternativement à HEPIA et à la HEG les cours « Internet & Code
pour les filles » destinés à 50 pré‐adolescentes de 9 à 11 ans, ainsi que les cours « Coding club pour les
filles », destinés eux aux 11‐16 ans.
Dans les deux cas, il s’agit de susciter et/ou de renforcer l’intérêt, les connaissances et la créativité des
jeunes filles dans les domaines du numérique en développant chez elles des compétences utiles dans
de nombreuses disciplines. Il s’agit aussi de leur donner la possibilité et les moyens de progresser dans
les domaines des technologies de l’information et de la communication (TIC), afin qu’elles considèrent
ces branches et celles de l’ingénierie pour leur avenir professionnel.
HEPIA participe également au forum « Elargis tes horizons », toujours dans le but de faire découvrir les
filières informatiques aux jeunes femmes et les deux hautes écoles ont des programmes spécifiques
lors de la journée « Futur en tous genres ».
Par ailleurs, nous mettons systématiquement en avant les modèles féminins lors des séances de
présentation et dans les matériels de communication.
A l’engagement de professeurs en informatique, nous favorisons les dossiers féminins à compétences
égales afin de rendre l’image de l’informatique moins masculine.
6.
Quels sont les taux de réussite et de diplomation dans vos programmes ?
Voici les taux de diplomation (cohorte 2017, dernière cohorte pour laquelle on a les chiffres définitifs,
puisque les filières en emploi /à temps partiel se font en 4‐5 ans)
ISC : 71%
IG : 44%
7.
Avez‐vous des partenariats avec des entreprises ou organisations informatiques bénéficiant à
vos étudiants ?
Oui, les deux filières entretiennent de nombreux partenariats.
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8.
56/63
Quelles sont les initiatives de recherche et développement actuelles en informatique au sein de
votre institution ?
De nombreux projets de recherche sont en cours, notamment consultables sur les sites internet des
hautes écoles.
La majorité des recherches des professeurs de la filière IG de la HEG traitent de big data, d’intelligence
artificielle et de machine learning. Le fouille de données est, par exemple, très utile en médecine pour
prouver ou découvrir des nouveaux modèles. L’intelligence artificielle fait aussi l’objet de projets plus
appliqués qui permettent d’optimiser des processus ou des flux de données dans les activités de tous
les jours. Finalement d’autres professeurs travaillent et produisent des résultats dans l’automatisation
des algorithmes (machine learning).
HEPIA fait également des recherches dans de nombreux domaines du secteur de l’informatique et des
télécoms, notamment autour de l’informatique dite à grande échelle. Avec des compétences
en particulier en:
‐Communicating, Reconfigurable, Embedded Systems
‐Data science and computational intelligence
‐Networking, trust, privacy and security
9.
Quels sont les défis majeurs dans vos activités liées à la science informatique ?
Les voies d’accès pour venir faire un Bachelor sont insuffisantes (pas assez de places CFC en école –
numérus clausus – et en entreprise).
Le biais de genre qui continue à exister.
Les freins institutionnels à l’utilisation de logiciels libres
La question de la participation de nos sociétés à la transition numérique
L’intégration en continu des nouvelles technologies
Les écoles doivent par ailleurs mettre sur le marché des professionnels responsables et compétents ce
qui signifie que, alors que la complexité du métier ne fait qu’augmenter, nous ne pouvons/voulons pas
baisser les exigences. Une mauvaise formation en informatique aurait des conséquences très
dommageables pour la société si les diplômés développent des solutions informatiques bancales ou
dangereuses.
Enfin, la responsabilité numérique envers la société en termes juridiques, en termes de protection de
la sphère privée et de la propriété intellectuelle est essentielle, de même que l’éthique, de
10. Avez‐vous des projets futurs pour promouvoir l'excellence en sciences informatiques à
Genève ?
Oui, autant au niveau de la recherche, de la sensibilisation du grand public, de mises sur pied d’atelier
ou encore de la communication.
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Date de dépôt : 14 mai 2024
RAPPORT DE LA PREMIÈRE MINORITÉ
Rapport de Danièle Magnin
Le MCG a voté oui lors de la prise en considération de cette motion, car il
nous apparaît essentiel que Genève soit au centre du développement de
l’enseignement de tout ce qui concerne le numérique.
En effet, notre économie manque actuellement d’un grand nombre
d’informaticiens, que nos entreprises publiques ou privées sont contraintes de
faire venir de l’étranger. Les personnes engagées peuvent travailler en
présentiel sur notre territoire ou à distance comme nous l’avons appris par la
presse ! Nous savons aussi que La Poste Suisse a délocalisé certains de ses
services informatiques à Lisbonne.
Le manque actuel d’informaticiens formés, de toutes les pointures
nécessaires à notre économie, va s’accentuer de façon logarithmique ces
prochaines années. Nous avons donc le devoir de changer de système
d’enseignement du numérique, au risque de devenir une petite ville de province
si nous ne réagissons pas, si nous ne faisons rien, par exemple au prétexte que
la dénomination de l’école à créer disconvient.
La commission de l’enseignement supérieur a procédé à trois auditions, soit
le rectorat de l’Université de Genève, celui de la HES-SO et le responsable de
la formation de la FER.
Il en est ressorti que tant l’Université de Genève que la HES-SO ont des
programmes pour l’enseignement du numérique en lien avec les matières
enseignées.
La HES-SO a des voies d’accès à ces formations limitées aux porteurs de
maturités professionnelles et non gymnasiales, l’enseignement étant axé sur le
travail en entreprise.
L’université a les portes d’entrée que l’on connaît : entrée réservée aux
porteurs de diplômes de maturité gymnasiale ou jugés équivalents.
Tandis que la formation duale de l’apprentissage conduisant au CFC ne
propose qu’une cinquantaine de places par année.
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On voit que l’on est donc très, très loin de pouvoir former les informaticiens
dont notre économie a besoin.
La FER a émis l’idée d’un tronc commun pour l’enseignement du
numérique afin d’éviter de passer par la construction coûteuse et chronophage
d’un bâtiment.
La commission a aussi évoqué l’idée de rédiger des amendements, mais ne
l’a pas fait dans un délai assez rapide.
C’est pourquoi le MCG vous invite premièrement à soutenir cette motion,
à entrer en matière sur les éventuels amendements, et/ou à la renvoyer en
commission, ce dont il vous saura gré.
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M 2934-A
Date de dépôt : 13 mai 2024
RAPPORT DE LA SECONDE MINORITÉ
Rapport de Djawed Sangdel
La motion M 2934 propose la création d’une nouvelle haute école
numérique à Genève. Cette initiative, soutenue par une majorité, a été
examinée lors de quatre sessions de la commission. Toutefois, malgré le
soutien, des réserves ont été exprimées concernant l’investissement initial et
les complexités intercantonales de mise en œuvre. Nous, la minorité,
soutenons que ces obstacles ne doivent pas nous empêcher de répondre à un
besoin crucial et stratégique pour notre canton et pour la Suisse dans son
ensemble.
Cette motion s’inscrit dans la continuité des six hautes écoles spécialisées
déjà présentes à Genève, telles que l’HEPIA, la HEAD, la HEG, la HEdS, la
HETS et la HEM, soulignant ainsi la nécessité d’une institution dédiée aux
technologies.
Il est capital de reconnaître la technologie comme une discipline
majeure et fondamentale, un statut qui lui manque pour l’instant. Il serait
inapproprié de la considérer simplement comme une sous-branche d’une
école de gestion ou de l’intégrer à une autre école spécialisée. La formation
technologique mérite d’être traitée et établie en tant que branche principale
autonome.
Selon la RTS, la Poste suisse a ouvert un nouveau site de développement
informatique à Lisbonne, au Portugal en juin 2023, pour répondre à la future
pénurie de spécialistes en technologies de l’information prévue en Suisse. La
décision de s’établir à Lisbonne répond à plusieurs besoins, notamment
combler le déficit de spécialistes informatiques en Suisse, estimé à 35 000
d’ici 2028, et trouver des solutions de recrutement face à la retraite prochaine
de nombreux employés de la génération des baby-boomers. Malgré les
critiques, Nuno Pedro insiste sur le fait que le choix de Lisbonne n’était pas
motivé par la recherche de coûts de main-d’œuvre moins élevés, mais plutôt
par la qualité du personnel local. La Poste se concentre à Lisbonne sur quatre
domaines principaux : l’analyse d’affaires, le développement de logiciels,
l’analyse des données et la cybersécurité et prévoit d’engager 150 personnes
supplémentaires.
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Il est préoccupant de constater que, face au manque de spécialistes qualifiés
à Genève et en Suisse, nos entreprises sont contraintes de recruter du
personnel à l’étranger et de délocaliser leurs activités. Cette tendance, si
elle perdure, risque d’avoir un impact significatif sur l’employabilité locale et
la sécurité des données. En effet, le traitement et le stockage des données des
citoyens suisses à l’étranger posent de sérieux enjeux en matière de sécurité
des informations. Il est donc impératif de prendre des mesures proactives pour
développer nos propres ressources humaines spécialisées, afin de garantir non
seulement la sécurité de l’information, mais aussi pour renforcer l’autonomie
nationale dans des secteurs critiques.
Cette situation souligne l’urgence de soutenir des initiatives telles que la
création de la Haute école numérique. Cela permettrait de répondre
efficacement à ces défis et d’assurer un avenir où la Suisse peut compter sur
ses talents locaux pour satisfaire ses besoins en compétences spécialisées.
Contexte
Genève, en tant que centre international reconnu, doit continuellement
innover dans le secteur éducatif pour maintenir et renforcer sa compétitivité
mondiale. La création d’une haute école numérique est en parfaite adéquation
avec cette nécessité, répondant aux besoins immédiats et futurs en
compétences spécialisées dans les technologies avancées.
Analyse de la situation actuelle
Capacité actuelle
En 2023, 469 étudiantes et étudiants sont inscrits dans les filières
informatiques de l’Université de Genève gérées par le département
d’informatique de la faculté des sciences et par le Centre universitaire
d’informatique (CUI). Répartition des inscriptions :
Bachelor : 261
Master : 102
Master of advanced studies (MAS) : 39
Certificats complémentaires et étudiants libres : 12
Doctorats : 55
Cependant, ce nombre reste insuffisant face à la demande croissante de
compétences numériques, surtout pour les formations très demandées sur le
marché de l’emploi.
−
−
−
−
−
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Besoin de spécialisation
Les technologies telles que l’IA, la cybersécurité et la data science évoluent
à un rythme qui dépasse la capacité des programmes éducatifs actuels à fournir
des experts en nombre suffisant.
Arguments en faveur de la motion
1. Déficit de compétences
La Suisse pourrait faire face à une pénurie de 40 000 spécialistes TIC d’ici
2030, menaçant notre économie avec des pertes potentielles estimées à
31 milliards de dollars selon une étude complémentaire mandatée par
Digitalswitzerland.
2. Avantages économiques et stratégiques
Une haute école spécialisée contribuerait à former une main-d’œuvre
qualifiée, stimulant ainsi l’innovation et attirant des investissements
significatifs.
3. Réponse aux besoins du marché
La pénurie actuelle de compétences en TIC ralentit la croissance des
entreprises locales et compromet la sécurité des infrastructures vitales.
Conséquences d’une non-intervention
L’absence d’investissement dans une haute école numérique aurait des
répercussions sérieuses et à moyen et long terme pour notre canton et pour la
Suisse :
1. Perte de compétitivité
Sans renouvellement de nos talents en TIC, Genève risque de perdre son
attractivité pour les investissements internationaux, essentiels à notre
économie.
2. Vulnérabilité accrue
Les risques en cybersécurité pourraient augmenter, affectant la sécurité des
entreprises et des infrastructures essentielles, dans un contexte où les
cyberattaques sont de plus en plus sophistiquées.
3. Dépendance économique
La dépendance continue à l’importation de main-d’œuvre spécialisée
pourrait aggraver les déficits commerciaux et réduire l’autonomie nationale en
matière de compétences technologiques.
M 2934-A
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4. Stagnation économique
Un manque de main-d’œuvre qualifiée pourrait entraîner une perte de
croissance économique, réduisant les revenus fiscaux et la capacité
d’investissement public.
5. Retard technologique
Un retard dans la recherche et l’innovation numériques permettrait à
d’autres régions de nous devancer, diminuant notre influence sur les normes
technologiques globales.
6. Exode des talents
La fuite des cerveaux, avec nos talents locaux partant à l’étranger pour des
opportunités meilleures, diminuerait notre base de connaissances et
d’expertise.
7. Déséquilibre éducatif
L’écart croissant entre les compétences disponibles et les compétences
nécessaires rendrait plus difficile l’adaptation de notre système éducatif aux
besoins futurs.
8. Isolement technologique
L’isolement de notre communauté technologique limiterait les
collaborations internationales et l’accès aux avancées technologiques,
essentiels pour rester à la pointe.
9. Inefficacité en cybersécurité
Une incapacité accrue à combattre les menaces numériques pourrait
compromettre la sécurité des données et des infrastructures, avec des
conséquences potentiellement catastrophiques.
Conclusion
Nous, la minorité de la commission, exhortons tous les députés à
reconnaître l’importance stratégique de la création d’une haute école
numérique. Cette initiative est cruciale non seulement pour notre canton mais
aussi pour toute la Suisse. En effet, la pénurie de compétences techniques et de
main-d’œuvre qualifiée est un enjeu global. Ignorer ce défi, en raison des
obstacles tels que les coûts élevés et la complexité des arrangements
intercantonaux, pourrait mener à des conséquences sévères, telles qu’une
perte de compétitivité et un retard dans l’innovation, qui pourraient
s’avérer irréversibles.
Nous soulignons que ces compétences sont essentielles pour répondre aux
besoins actuels et futurs des entreprises non seulement à Genève, mais dans
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M 2934-A
toute la Suisse. L’absence de réaction face à ce besoin urgent risque d’affecter
gravement notre capacité à rester compétitifs sur la scène internationale.
C’est pourquoi nous vous invitons, chers collègues, à soutenir résolument
cette proposition de motion. Agir maintenant est impératif pour sécuriser
l’avenir économique et technologique de notre canton.
de la République et canton de Genève
M 2934-A
Date de dépôt : 13 mai 2024
Rapport
de la commission de l’enseignement supérieur chargée d’étudier
la proposition de motion de Djawed Sangdel, Jean-Louis Fazio,
Laurent Seydoux, Masha Alimi, Jacques Jeannerat, Francisco
Taboada, Raphaël Dunand, Stefan Balaban pour la création d’une
haute école numérique
Rapport de majorité de Sophie Demaurex (page 3)
Rapport de première minorité de Danièle Magnin (page 57)
Rapport de seconde minorité de Djawed Sangdel (page 59)
ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 05bis.24
M 2934-A
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Proposition de motion
(2934-A)
pour la création d’une haute école numérique
Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que la constitution genevoise garantit l’accès et le droit à la formation ;
– que la constitution genevoise prévoit un enseignement supérieur dispensé
par une haute école spécialisée ;
– que la Haute école spécialisée de Suisse occidentale – Genève au sens de
la LHES-SO-GE (C I 26) est orientée vers l’innovation et la créativité ;
– qu’une adaptation de la formation à l’évolution de la technologie de
l’information et de la communication numérique est devenue nécessaire
pour répondre à la forte demande du marché de l’emploi genevois dans ce
domaine et pour mieux appréhender les enjeux du numérique ;
– qu’il en résultera une croissance économique grâce à une main-d’œuvre
genevoise qualifiée et un renforcement de l’attractivité de Genève en tant
que pôle d’excellence des technologies numériques,
invite le Conseil d’Etat
à encourager l’enseignement des nouvelles technologies de l’information et de
la communication numérique en soutenant la réalisation d’une haute école
numérique.
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M 2934-A
RAPPORT DE LA MAJORITÉ
Rapport de Sophie Demaurex
La commission de l’enseignement supérieur s’est réunie à quatre reprises
du 19 octobre 2023 au 14 mars 2024 afin d’étudier la proposition de motion
M 2934 « Pour la création d’une haute école numérique », sous la présidence
de M. Alexandre de Senarclens. Nous remercions Mme Sophie Gainon,
M. Vincent Dey et Mme Lara Tomacelli, procès-verbalistes, de leur travail. Ont
également assisté aux séances : Mme Anne Hiltpold (11.01.24), conseillère
d’Etat (DIP), Mme Ivana Vrbica (19.10.23), directrice de l’unité des hautes
écoles (DIP), et Mme Tamara Diaz, adjointe à l’unité des hautes écoles
(14.03.24).
Ont été auditionnés :
– M. Yves Flückiger, recteur, UNIGE ;
– Mme Sophie Huber, directrice du centre pour la formation continue et à
distance, UNIGE ;
– Mme Daniela Di Mare Appéré, directrice générale de la HES-SO ;
– Mme Claire Baribaud, directrice de l’HEPIA ;
– M. Frank Sobczak, directeur formation à la FER.
Résumé
L’auteur invite la commission à se pencher sur la création d’une haute école
numérique invoquant l’importance de ce projet pour le canton et plus
largement pour le pays en raison des défis qui se présentent en matière de
technologie. Le motionnaire interpelle les députés face à la pénurie annoncée :
il manque des experts en informatique et chaque entreprise tente d’attirer les
meilleurs éléments. La commission a auditionné la conseillère d’Etat du DIP,
les milieux de l’enseignement supérieur (université, HES, HEPIA) et les
milieux patronaux (FER). Les propos tenus au cours des diverses auditions
démontrent d’une part que les enjeux liés aux besoins actuels et futurs en
termes numériques sont partagés, mais d’autre part que les formations actuelles
intègrent le développement de compétences dans ce domaine. D’autres pistes
ont été relevées telles que favoriser l’accès à la maturité professionnelle, ce qui
augmenterait le nombre de candidats et candidates se présentant à la HES et à
l’HEPIA, les classes pouvant accueillir davantage d’étudiants et étudiantes. Il
a été rappelé que la création d’une nouvelle haute école est le fruit d’une
M 2934-A
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décision intercantonale (Suisse orientale) et que seule une impulsion peut être
donnée par Genève. Du côté du département, la création d’une haute école
numérique ne serait pas la solution à la pénurie dans le domaine. Développer
les apprentissages dans les métiers de l’informatique serait plus efficient.
Audition du motionnaire, M. Djawed Sangdel
Il y a actuellement 6 hautes écoles spécialisées à Genève, soit l’HEPIA, la
HEAD, la HEG, la HEM, la HEdS et la HETS. L’objectif des signataires de la
présente motion est d’en créer une septième, la Haute école numérique, qui
offrirait des formations techniques afin de répondre à un besoin indispensable
et qui ne fera que de s’accroître dans le futur.
Selon l’auteur, la HEG et l’UNIGE dispensent actuellement quelques
formations dans le domaine informatique, mais elles ne sont pas suffisamment
spécialisées. Le nombre d’étudiants, insuffisant, ne répondra jamais à la
demande du canton actuelle et future. En outre, il manquerait des formations
spécifiques dans plusieurs domaines essentiels pour les entreprises.
En partant de ces constatations, le groupe LJS estime donc indispensable
la création d’une haute école numérique pour les raisons suivantes :
– Répondre à la forte demande du marché de l’emploi genevois en
technologies de l’information et de la communication numérique.
– Positionner Genève comme un pôle d’excellence international en
technologies numériques.
– Former des experts en intelligence artificielle, cybersécurité, science des
données et développement de logiciels.
– Prévenir les conséquences des cyberattaques en formant une population
informée.
– Satisfaire les besoins des entreprises genevoises de divers secteurs
économiques.
– Réduire la dépendance à l’importation de main-d’œuvre spécialisée.
– Favoriser la création d’emplois et la croissance économique.
– Eviter de perdre environ 31 milliards de dollars d’ici 2030 en manque de
main-d’œuvre spécialisée.
– Stimuler l’innovation et la recherche dans le numérique.
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Avec les conséquences suivantes en cas de non-intervention :
Pénurie de compétences ralentissant la croissance des entreprises locales.
Perte de compétitivité internationale et d’attractivité pour les entreprises
internationales.
Risques croissants en cybersécurité pour les entreprises et les
infrastructures.
Dépendance continue à l’importation de main-d’œuvre spécialisée,
impactant l’économie et l’emploi.
Perte de croissance économique due à un manque de main-d’œuvre
qualifiée et d’innovation.
Retard dans la recherche et l’innovation numériques, laissant d’autres
régions prendre l’avantage.
Fuite des cerveaux avec des talents locaux cherchant des opportunités à
l’étranger.
Déséquilibre en éducation, avec un écart de compétences difficile à
combler.
Isolement de la communauté technologique, limitant les collaborations
internationales et l’accès aux avancées technologiques.
Inefficacité dans la lutte contre les menaces numériques, affectant la
sécurité des données et des infrastructures.
Il est évoqué le cas de la Poste qui a ouvert un site de développement
informatique à Lisbonne pour pallier le manque d’experts locaux. Cet exemple
montre que des entreprises suisses sont obligées de faire appel à du personnel
étranger par manque de spécialistes dans le pays.
M. Sangdel attire l’attention de la commission sur le terme d’« expert ». En
effet, pour atteindre ce statut, il faut 10 ans depuis le niveau Bachelor, ce qui
signifie obtenir un Master, accumuler de l’expérience professionnelle,
entreprendre des formations complémentaires spécialisées et enfin maîtriser un
domaine technique spécifique. Dès lors, quand bien même une haute école
numérique serait créée aujourd’hui, les résultats n’apparaîtront que dans une
décennie. Il s’agit donc de préparer l’avenir.
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Questions des groupes
MCG :
Est-ce qu’il existe une estimation quant aux coûts de la mise en place d’une
telle école, y a-t-il une projection sur le nombre d’étudiants qui seraient
intéressés et comment les enseignants seraient-ils trouvés ?
M. Sangdel répond que le coût d’une formation s’élèverait à 16 000 francs
par année. Il s’agirait d’harmoniser la formation entre le CFC, le collège et la
HEG, car on observe actuellement un manque d’intérêt pour les formations
techniques. Les jeunes doivent être motivés et informés de manière plus
adéquate. Quant au nombre potentiel d’étudiants, il faut partir du principe que
les jeunes souhaitent se former aux métiers d’avenir mais, là encore,
l’harmonisation précédemment évoquée est cruciale.
PLR :
1) Le manque de formations est un problème réel qui touche aussi les
médecins. Cependant, il serait peut-être judicieux de penser le concept de la
haute école numérique en tant que filiale de la HEG, ou de renforcer la filiale
informatique, dès lors que la structure existe déjà, et que les 16 000 francs par
étudiant évoqués correspondent au coût d’une formation dans une telle
structure. Il faudrait dès lors chiffrer précisément le coût de la création de la
haute école désirée par les signataires.
2) Quelle serait la raison de l’absence des hautes écoles polytechniques
dans les chiffres présentés, au vu du fait que la Suisse est un petit pays et que
les étudiants peuvent aisément se déplacer entre les cantons ?
M. Sangdel est d’avis qu’une filiale de la HEG ne répondrait pas aux
besoins, car cette école propose déjà des formations dans le domaine de
l’informatique de gestion, mais ce ne sont pas celles qui pallieront les besoins
de main-d’œuvre dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la
cybersécurité, etc. La HEG, ainsi que les autres hautes écoles et universités
suisses d’ailleurs, ne possède pas la capacité d’accueillir tous les programmes
évoqués en début de présentation, ni tous les étudiants potentiels.
Concernant la structure requise pour une haute école numérique, plusieurs
locaux actuellement vides pourraient être utilisés. Un budget précis pour la
création n’a néanmoins pas encore pu être établi, mais l’on peut l’estimer à
50 millions de francs.
L’absence de la mention des EPF dans la présentation s’explique par la
volonté des signataires de présenter la situation au niveau cantonal, mais la
plupart des universités se trouvent dans la même situation que l’UNIGE et
manquent de formation dans les domaines techniques répondant aux besoins
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M 2934-A
du marché. Néanmoins, toutes les universités suisses ainsi que l’EPFL et
l’ETHZ ont été prises en compte par les experts pour leurs études.
3) Le motionnaire révèle que le CFPT, qui n’a pas été mentionné, possède
une filière informatique et qu’en réalité il n’est pas nécessaire de sortir d’une
université pour être « expert ». Les chiffres donnés quant au nombre
d’étudiants potentiels et au nombre de personnes formées désiré paraissent
également problématiques au niveau des coûts. De surcroît, s’il est nécessaire
d’attendre dix années pour que les futurs étudiants atteignent le stade
d’experts, il n’y a pas d’urgence à décider immédiatement et la commission
doit prendre le temps d’étudier correctement la question.
M. Sangdel n’a pas parlé du CFPT car il s’est concentré sur les HES, bien
que la nécessité d’augmenter les places d’apprentissage dans le domaine
informatique existe. Le besoin actuel est d’harmoniser les formations pour
inciter les jeunes à étudier dans une haute école spécialisée. Les chiffres et le
plan d’action relatifs à la création d’une HEN devront être établis par le
département concerné. Concernant la temporalité, il est évidemment possible
de procéder à des auditions.
LC :
Un député LC revient sur le nombre d’étudiants qui pourraient être
acceptés dans cette HEN si elle ouvrait ses portes maintenant, le nombre de
Bachelors/Masters qui seraient proposés, quels en seraient les débouchés et la
raison de la nécessité d’une formation HES alors que le niveau proposé par le
CPFT par exemple suffit à entrer dans le marché du travail en Suisse.
M. Sangdel atteste du besoin de réaliser une étude de marché et de
questionner les entreprises pour établir dans quels domaines la main-d’œuvre
manque le plus avant d’envisager le nombre d’étudiants et de formations
potentiels. Les jeunes doivent être informés et orientés vers les formations
demandées par le marché du travail, mais les formations dispensées par la HEN
seraient destinées aux détenteurs d’un CFC avec maturité professionnelle ainsi
qu’aux étudiants sortant des collèges.
S:
1) La pertinence de la motion est reconnue. En effet, selon une étude
mandatée par LinkedIn, 7 métiers « du futur » sur 10 en Suisse seront liés à
l’informatique et à l’intelligence artificielle. Les salaires proposés au sortir
d’une HES sont très intéressants pour les jeunes et une haute école spécialisée
dans le numérique n’aurait pas de difficulté à attirer des étudiants. Pour
rejoindre les propos d’une députée PLR, la mobilité intercantonale des
universitaires est malheureusement absente des données de la présentation.
Pour le député, l’écueil le plus important est le fait que 8 à 9 personnes
M 2934-A
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engagées dans les domaines techniques sur 10 sont des hommes, et il faut se
pencher sur cette problématique.
M. Sangdel concède qu’il manque des femmes dans les domaines
techniques et rappelle que toutes les HES et universités ont été prises en
compte dans les études.
2) Il est admis que la motion révèle un manque dans un domaine en plein
essor. Cependant, une HES regroupe plusieurs types de formations par souci
d’optimisation, comme c’est le cas pour la HEG, et il paraît précipité
d’amener un produit fini tel que la création d’une HES supplémentaire alors
que l’on pourrait étudier l’implémentation d’une filière ou d’un projet pilote
dans une structure existante pour répondre à l’urgence apparente. La HEG, si
cela n’a pas déjà été fait, devrait être interrogée sur la pertinence de la
création d’une nouvelle haute école spécialisée.
M. Sangdel opère la distinction entre une école de gestion et une école
technique numérique. Il ne s’agit pas seulement d’implémenter un ou deux
programmes supplémentaires qui ne pourront pas répondre à tous les besoins
du marché et ne feront que repousser dans le temps la nécessité réelle d’une
école entièrement dédiée aux domaines techniques cités en début de
présentation.
Position de Mme Ivana Vrbica, directrice de l’unité des hautes écoles
La présentation mériterait d’être affinée, notamment sur le contenu des
formations. Il faut préciser que l’HEPIA propose déjà un Bachelor en
informatique et systèmes de communication, et que le CUI est un centre
interfacultaire offrant des formations interdisciplinaires. Au niveau de la
recherche, il faut distinguer les HES, dont les liens avec le monde
professionnel sont inscrits dans leur ADN, et les universités. Il serait aussi
judicieux d’explorer les options existantes de manière plus approfondie dans
un souci de compréhension. Le chiffre de 16 000 francs évoqué pour la
formation d’un étudiant paraît en outre quelque peu fantaisiste. L’audition des
hautes écoles offrant une ou des formations dans le domaine numérique serait
souhaitable.
Concernant la gouvernance, la HES Genève fait partie de l’ensemble
HES-SO qui est sous couvert d’une convention intercantonale et d’un
processus légal de gouvernance. L’ouverture ou l’extension d’une filière est
une décision ne dépendant donc pas uniquement du canton de Genève et elle
repose sur une analyse fine des besoins du monde professionnel.
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M 2934-A
30.11.2023 – Audition de M. Yves Flückiger, recteur, UNIGE, et
Mme Sophie Huber, directrice du centre pour la formation continue et à
distance
Résumé de l’audition : M. Flückiger parle de la pénurie d’informaticiens
en Suisse et propose des mesures pour y faire face. Il souligne l’importance de
l’orientation des écoliers basée sur une information large et pertinente, et du
rôle des hautes écoles pour guider les étudiants vers les opportunités
professionnelles. Il préconise d’inciter les étudiants à poursuivre des
formations en informatique plutôt que d’imposer un numerus clausus. Il insiste
sur la nécessité pour les hautes écoles de s’adapter rapidement aux besoins
changeants, tant pour la formation continue que pour la formation de base. Il
appelle à un contact étroit avec le monde économique et social pour adapter
les compétences numériques nécessaires. Enfin, il souligne l’importance de
former non seulement des techniciens et des ingénieurs, mais aussi des
personnes conscientes des conséquences de l’évolution numérique sur la
société.
Sa présentation fournit une vue d’ensemble des initiatives prises pour
encourager l’intérêt des jeunes pour l’informatique, notamment par le biais du
programme « Bootstrap » destiné aux collégiennes pour équilibrer la
représentation des femmes dans ce domaine. Il mentionne également la
collaboration avec la HEG et la HES-SO, ainsi que le club « Coding Dojo »
qui offre des opportunités de programmation. L’importance de la flexibilité et
de l’évolution est soulignée, avec des références à la plateforme « Infoscope »
et au « Scienscope » de la faculté des sciences qui permettent aux jeunes de
s’engager dans l’informatique. Le texte aborde aussi la formation des futurs
enseignants en informatique et les statistiques encourageantes sur
l’augmentation des inscriptions et de la participation féminine dans les filières
informatiques de l’UNIGE. Il discute de l’importance des cours d’informatique
dans toutes les disciplines universitaires et de la création de nouvelles
formations, comme le Bachelor en science computationnel qui combine
l’informatique avec d’autres disciplines comme la biologie. Enfin, il décrit le
programme « Make IT Easy » qui aide les étudiants et les employés à évaluer
et à améliorer leurs compétences informatiques, leur offrant un passeport de
compétences qui peut être présenté aux employeurs. Il serait intéressant que ce
programme puisse être développé idéalement au sein de l’arc lémanique dans
son ensemble, ceci avec la HES-SO, l’EPFL, l’UNIL et l’Université de
Neuchâtel. Ceux-ci semblent particulièrement intéressés et semblent
également le mettre en œuvre.
Mme Huber évoque l’amélioration continue de la formation en compétences
numériques, avec une augmentation notable des flux. En 2022, une centaine
M 2934-A
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de personnes en emploi ou en reconversion professionnelle ont rejoint les
15 programmes de formation continue du centre universitaire informatique,
dont 5 nouvelles micro-certifications. Ces formations courtes et condensées
ont connu un succès immédiat, notamment la session sur l’intelligence
artificielle. Elle souligne l’importance de la flexibilité dans ces formats courts
pour répondre à la demande. Parmi les 102 participants, 49 ont été diplômés et
peuvent avancer dans le monde du travail. Les compétences numériques ne se
limitent pas à l’informatique et sont présentes dans divers domaines, comme
le droit du numérique, le CAS « Banking and Finance Law », l’éducation avec
l’e-learning et même la dentisterie. Elle mentionne également l’existence de
MOOCs gratuits et accessibles, qui attirent un grand nombre de personnes. En
2024, une formation continue pour les enseignants souhaitant devenir des
personnes-ressources en numérique sera lancée par l’Institut universitaire de
formation des enseignants avec toutes les hautes écoles pédagogiques de
Suisse romande. Mme Huber souligne l’importance de l’agilité dans la création
de nouvelles formations et de la flexibilité pour les participants. Les microcertifications, souvent créées avec les employeurs, ajoutent un élément
important à l’offre de formation. Les formations continues sont étroitement
liées à l’employabilité et sont souvent créées sur mesure, en cocréation avec
des entreprises genevoises. Elle conclut en soulignant les défis liés au
financement de la formation continue et à la nécessité de mobiliser des fonds
et des énergies pour créer de nouvelles formations.
M. Flückiger conclut au sujet de cette motion en soulignant deux
problèmes principaux : la pénurie d’informaticiens et la nécessité que les
formations correspondent aux besoins du marché du travail. Il insiste sur
l’importance de l’adaptation et du nombre, et propose d’agir par l’incitation et
l’information. Il remet en question la création d’une haute école numérique, la
jugeant coûteuse, longue à mettre en place et cyclique. Il note que le codage,
autrefois considéré comme une compétence essentielle, peut maintenant être
effectué efficacement par des outils comme ChatGPT. Il souligne que
l’UNIGE et la HES-SO sont capables de fournir des formations adaptées aux
enjeux sociétaux et aux transformations rapides du numérique. Il mentionne
également l’importance croissante de la santé digitale. Il établit un lien entre la
cybersécurité et l’informatique quantique, soulignant la nécessité de préparer
les personnes à développer ce type d’informatique et les instruments qui seront
utilisés dans l’informatique quantique. Il mentionne que Genève est un leader
mondial dans la communication quantique et que l’entreprise « ID
Quantique SA » permettra bientôt d’avoir des systèmes totalement sécurisés,
ce qui est une réponse adaptée au problème majeur de la cybersécurité. Il
conclut en soulignant la nécessité d’avoir des chercheurs, des doctorants en
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M 2934-A
physique et des apprentis pour développer l’information quantique, en
coordination étroite avec la HEG et l’HEPIA.
Questions des groupes
MCG :
1) Quelque temps auparavant, la commission a dû se prononcer s’agissant
du fait de distribuer aux élèves du cycle d’orientation du matériel
informatique. Or, il lui semble que plus l’apprentissage s’opère en étant jeune,
plus celui-ci est efficace. Concernant ledit projet, la commission l’avait refusé.
Ainsi, elle demande à partir de quel moment cette proposition effectuée par
M. Flückiger et Mme Huber et concernant l’engagement et l’incitation des
élèves envers l’informatique est envisageable. De plus, s’agissant des
formations offertes par l’université, elle souhaite savoir si les personnes étant
déjà des employés ou entrepreneurs ont la nécessité de présenter un diplôme
de maturité ou un autre diplôme équivalent afin d’accéder à ces cours, car ce
point peut consister en une barrière non négligeable.
M. Flückiger revient sur le programme « Bootstrap », actuellement ouvert
uniquement aux collégiennes, qui pourrait être étendu aux collégiens. Il
mentionne que le programme est offert lors des 3e et 4e année du collège et que
les étudiantes réussissent bien. Il souligne la nécessité d’ouvrir des places de
maturité professionnelle à des domaines techniques pour attirer plus de
personnes dans le domaine de l’informatique ou de la physique quantique. Il
reconnaît qu’il y a actuellement un goulot d’étranglement en raison du nombre
limité de classes de maturité professionnelle dans le domaine technique.
Mme Huber répond au sujet de la formation continue universitaire, qui est
en principe limitée aux personnes ayant acquis un Bachelor/baccalauréat.
Cependant, elle mentionne que les hautes écoles accueillent souvent des
personnes « sur dossier », qui ont démontré par leur parcours professionnel
qu’elles sont aptes à suivre et réussir une formation continue universitaire. Elle
parle également de l’ouverture des micro-certifications, qui rendent les
formations continues universitaires plus accessibles. Ces sessions courtes ne
requièrent aucune connaissance préalable ni formation informatique. Elle
conclut en disant que l’accessibilité des formations continues fait partie des
objectifs pour la nouvelle stratégie de formation continue de l’université durant
les années 2023 à 2027.
2) Qu’est-ce qu’il en est concernant les personnes n’ayant pas suivi de
formation, mais s’étant formées seules et qui possèdent des compétences non
certifiées ? Que faudrait-il leur suggérer ?
M 2934-A
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Mme Huber avance qu’il s’agit ici de la validation d’acquis. Elle parle d’une
initiative majeure du gouvernement français qui a mis en place un portail
national pour la validation des acquis de l’expérience (VAE) et facilite la
création de comptes personnels, avec des architectes de parcours disponibles
pour fournir des accompagnements. Ce sujet est actuellement en discussion à
l’université et une réflexion sur la formation continue sur la VAE a été lancée.
Elle espère que l’introduction des micro-certifications facilitera ce processus.
Le principal défi est de s’assurer que le processus de validation des
compétences acquises de manière informelle par les personnes accueillies ne
soit pas trop chronophage et ne constitue pas un obstacle à leur entrée dans la
VAE.
3) Concernant la formation en une semaine pour les étudiants, est-il
nécessaire d’être immatriculé à l’université ou faut-il avoir le projet de l’être ?
Mme Huber répond que, concernant ces formations d’une semaine, ces
ateliers courts et ces formations offertes à propos, par exemple, de ChatGPT
sont réservés à la communauté universitaire. Toutefois, si un besoin naissait au
niveau de la société et des citoyens, la formation continue pourrait y répondre
et offrir un équivalent.
M. Flückiger ajoute que la formation continue fait preuve d’une proximité
particulièrement vigoureuse avec les besoins de la société. De surcroît,
l’UNIGE et la HES-SO ont été ensemble les premières à lancer la VAE au
niveau universitaire, au niveau du Bachelor et au niveau du Master ; lors du
premier jour où la VAE a été ouverte 12 ou 13 ans auparavant, l’UNIGE a reçu
environ un millier d’appels, car les personnes pensaient que la VAE signifiait
qu’ils pouvaient obtenir immédiatement un diplôme de Bachelor ou Master.
Or, le système ne fonctionne pas exactement de cette manière ; certes, il était
reconnu un certain nombre d’acquis et d’expériences, mais ceci faisait l’objet
d’un processus relativement long, car l’objectif n’était pas de distribuer
gratuitement des diplômes ; au sein du domaine informatique, peu de dossiers
sont présentés, car les personnes considèrent qu’il s’agit d’un processus et
d’une démarche trop complexe.
PLR :
1) Un député indique qu’il a eu l’occasion de remettre un prix à l’ESIG,
Ecole supérieure d’informatique et de gestion, quelques semaines
auparavant ; il a constaté, en questionnant les étudiants, que ceux-ci n’avaient
pas tous trouvé une place de travail ; cette constatation s’inscrit mal dans le
corollaire de départ de M. Flückiger et Mme Huber. Ainsi, il demande si ladite
filière de formation est d’ores et déjà obsolète car le numérique connaît un
avancement particulièrement rapide ou s’il s’agit d’un problème de promotion
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M 2934-A
desdits étudiants qui sortent tout de même d’une formation de plusieurs
années.
Mme Huber parle de son expérience de travail avec la task force
« employabilité » et le Conseil pour le développement de l’employabilité. Elle
souligne que les étudiants ont du mal à trouver des emplois dans certaines
filières malgré une pénurie apparente dans ces secteurs. Elle mentionne
l’inadéquation entre les compétences visées par les formations et les besoins
réels des entreprises. Elle note également le délai nécessaire pour réviser les
programmes d’études, en particulier lorsque des ordonnances fédérales exigent
des compétences spécifiques. Elle souligne la nécessité pour les universités de
communiquer efficacement sur le profil de compétences des étudiants.
M. Flückiger ajoute que le programme « Make IT Easy » est
particulièrement intéressant et qu’il espère pouvoir l’étendre au maximum. Il
mentionne que les partenaires à qui le programme a été présenté sont très
intéressés. Il explique que ce programme permet aux étudiants qui ont terminé
leur formation de s’informer sur les domaines potentiels où ils pourraient avoir
besoin de certaines compétences, et que le programme leur permettrait de les
acquérir. Il conclut en exprimant l’espoir que le programme « Make IT Easy »
sera généralisé au niveau romand.
2) Ce que M. Flückiger et Mme Huber recommandent est qu’il faut estimer
que la motion telle que présentée n’est pas vraiment opportune et qu’il faut
ainsi plutôt rediriger les ressources afin de faire évoluer rapidement ce qui est
déjà en place, à l’aune d’une obsolescence programmée particulièrement
rapide.
M. Flückiger répond par l’affirmative.
3) Afin de rebondir sur les dires du député PLR, une députée souhaite
revenir sur la slide de conclusion du document affiché. Effectivement, elle
partage l’avis que l’instauration d’une nouvelle école, à l’aune de la vitesse
genevoise, est un processus particulièrement lent et coûteux. Elle demande si
ce qui est préconisé par les auditionnés consiste en une montée en puissance
avec les moyens d’ores et déjà à disposition ; elle souhaite savoir si cette
montée en puissance est faisable avec les acquis actuels, tant en matière de
personnel que de structure et de financement.
M. Flückiger répond qu’il est nécessaire de le faire pour les étudiants, car
leur position sur le marché du travail serait péjorée dans le cas contraire ;
s’agissant des ressources, la Convention d’objectif no 4 a été moins importante
que la Convention d’objectif no 5 ; l’université a particulièrement insisté sur la
nécessité de pouvoir combler l’ensemble des besoins au sein de chaque faculté.
Ainsi, au bout de 4 années, le défi de créer des postes dans différents domaines
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a été rempli ; les différents domaines sont couverts au sein de toutes les
facultés. Si l’on observe le domaine de la médecine personnalisée et cette
question qui se développe autour de l’usage des données et de la gestion des
données dans le domaine de la médecine, il s’agit de besoins particulièrement
importants. Certes, certaines ressources seront nécessaires, mais il s’agit d’un
devoir tout à fait nécessaire de la part de l’université ; par conséquent, il faut
agir au mieux avec les ressources à disposition.
4) Sont-ils ainsi plutôt confiants quant à ce processus en général ?
M. Flückiger répond par l’affirmative ; au sein des facultés, il existe une
prise de conscience tout à fait lucide au sein de ce domaine-là.
Mme Huber explique que la formation continue est autofinancée,
conformément à la loi fédérale. Les sessions sont dupliquées dès qu’elles
rencontrent un grand succès, comme c’est le cas pour la session sur l’IA. Le
financement n’est donc pas un problème. Le véritable défi réside dans la
disponibilité des enseignants. Pour être plus original et efficace, il est envisagé
de proposer certains enseignements à distance. Grâce à la scénarisation, il est
possible d’offrir une formation de qualité à distance. Les conseillers
pédagogiques contribuent à améliorer l’efficacité. Par exemple, il ne serait pas
possible d’offrir la session sur l’IA dix fois en un an, mais il serait envisageable
de la proposer deux fois en présentiel et deux fois à distance. L’idée est de
rechercher une certaine efficacité dans l’offre de formation, la principale
contrainte étant le temps disponible pour les enseignants.
5) Ce qu’affirment Mme Huber et M. Flückiger consiste à dire qu’il est
nécessaire d’évoluer rapidement, d’être agile, et que les ressources humaines
sont limitées ; toutefois, est-ce qu’ils n’ont pas de demandes particulières afin
de pouvoir atteindre lesdits objectifs ?
M. Flückiger exprime sa réticence à demander des fonds supplémentaires
à l’Etat et sa gratitude pour la décision prise concernant la Convention
d’objectif no 5. Mme Huber parle de la formation continue et des réflexions sur
l’employabilité qui concernent tous les établissements de formation, pas
seulement les hautes écoles. Elle note que ces institutions sont parfois en
avance sur les besoins du marché du travail, ce qui peut créer un décalage entre
la reconnaissance d’un besoin de formation et la capacité des entreprises à
libérer du temps pour la formation. Ce décalage crée un risque pour la
formation continue autofinancée. Elle suggère que la FFPC pourrait être
transformée en une « petite banque d’investissement » pour gérer la trésorerie
pendant les périodes d’investissement dans les besoins de formation. Elle
souligne que ce risque d’investissement concerne tous les prestataires de
formation continue, pas seulement les hautes écoles.
15/63
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LJS :
1) Est-ce que l’université comporte bel et bien 461 étudiants dans la faculté
de sciences et au sein de l’université informatique ?
M. Flückiger répond par l’affirmative.
2) Quel est le nombre d’étudiants par niveau d’études, qu’il s’agisse du
Bachelor et du Master, ainsi que par type de formation ?
M. Flückiger précise au préalable qu’au sein de toutes les formations, y
compris au sein de la formation économie et management, se trouvent des
formations informatiques. Ainsi, il serait intéressant d’obtenir ces données sur
l’ensemble des cours qui sont introduits au sein de l’ensemble des formations
universitaires. Il pense que l’informatique sera bientôt nécessaire dans tous les
domaines, et c’est ce que l’université essaie aujourd’hui de développer.
3) La motion ne vise que la formation dite spécialisée en informatique.
M. Flückiger répond qu’un problème pourrait ainsi apparaître, puisque s’il
est formé uniquement des informaticiens qui arrivent par la suite dans une
entreprise où ils doivent ensuite faire le lien entre le développement
pharmaceutique et l’informatique, il faut que ces personnes soient capables
d’effectuer ce lien ; il s’agit justement de ce qui est actuellement prévu avec
cette formation en sciences computationnelles qui pourra former des personnes
qui auront ainsi la double compétence nécessaire.
Mme Huber précise que ce qui a été souligné lors de la conférence du Grand
Genève à la CCIG c’est également la nécessité pour les personnes de savoir
communiquer entre professionnels à un niveau avancé ; ainsi, une surspécialisation pourra être particulièrement utile, notamment pour effectuer des
recherches, mais celle-ci peut également être un frein à l’entrée au sein d’une
entreprise et une communication interprofessionnelle avancée. Ceci se
remarque au sein même de l’université. Il est nécessaire d’acquérir des
compétences interprofessionnelles pour chaque métier afin de pouvoir
communiquer avec les professionnels informaticiens et vice-versa. Par
conséquent, l’opportunité d’avoir des compétences numériques, ceci quelle
que soit l’autre filière de formation de la personne, paraît absolument
nécessaire.
4) Il faut bien noter que la motion ne vise que les experts du domaine
numérique et non pas les informaticiens au sein de domaines
interdisciplinaires. Est-ce que M. Flückiger pense que Genève n’a pas besoin
d’une école spécialisée dans le domaine numérique ?
M. Flückiger répond par l’affirmative ; Genève est dotée de hautes écoles
de qualité, notamment la HES-SO, l’UNIGE ou encore l’EPFL. Ainsi, au sein
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16/63
de l’arc lémanique, il existe la capacité de répondre aux besoins du marché du
travail ; il est nécessaire d’avoir une certaine agilité et de faire preuve d’écoute
concernant le domaine du numérique.
5) Il n’existe pas de haute école numérique spécialisée, à l’instar d’une
haute école de gestion ou d’une haute école de musique. Est-ce que son
existence ne serait pas nécessaire ?
M. Flückiger répond par la négative, car celle-ci serait relativement
coûteuse et que la formation informatique peut tout à fait être intégrée dans les
écoles qui existent aujourd’hui.
6) Avec les capacités financières actuelles, est-il possible de gérer les défis
d’aujourd’hui, ou est-il nécessaire d’augmenter le budget ?
M. Flückiger répond que la Convention d’objectif no 5 a été relativement
généreuse en comparaison aux Conventions d’objectifs précédentes. En effet,
celle-ci a été la plus généreuse depuis que la nouvelle loi sur l’université est
entrée en vigueur. Ainsi, il est particulièrement reconnaissant concernant cet
aspect-là. De plus, il est nécessaire de se rendre compte que certains
professeurs ainsi que d’autres personnes partent immanquablement à la
retraite ; il s’agit d’une occasion de reconfigurer les postes. Ainsi, il n’existe
pas nécessairement le besoin systématique de ressources supplémentaires ; il
est opportun de réfléchir aux besoins d’aujourd’hui et de demain ainsi que de
reconfigurer les postes et de les rediriger ; ceci est quelque chose que les
entreprises effectuent constamment et que l’Université de Genève doit
également faire.
En outre, il faut constamment réfléchir s’agissant de l’ouverture des postes
mis au concours afin que ces exigences soient systématiquement introduites,
que ceci soit en médecine, en sciences ou au sein d’autres disciplines ; ceci
s’inscrit dans un cadre de restructuration et de réorientation des moyens
existants. Ainsi, il est possible de trouver la capacité de répondre aux besoins.
7) Est-ce que M. Flückiger pense que l’Université de Genève possède les
moyens d’effectuer le travail d’une école spécialisée en informatique ?
M. Flückiger répond que les hautes écoles universitaires ont notamment été
créées afin d’offrir cette complémentarité par rapport à l’UNIGE. Cette
dernière est une richesse et une force de la Suisse qu’il faut garder ; la haute
école spécialisée concerne davantage le domaine appliqué, et le
développement de l’industrie quantique, par exemple, est une très belle carte à
jouer dans ce domaine-là. Concernant la cybersécurité, il pense que
l’information quantique permettra de relever ce défi ; pour ceci, il est
nécessaire d’avoir des apprentis, des ingénieurs et des doctorants, notamment
des doctorants en physique. Il ne s’agit pas d’affirmer que l’UNIGE formera
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des ingénieurs : il s’agit d’une complémentarité entre l’UNIGE et les hautes
écoles. Ainsi, il est convaincu que les ressources sont suffisantes pour faire
face à ce défi et que la création d’une école supplémentaire n’est pas
nécessaire.
En outre, il est possible d’agir au niveau de la HEG et de l’HEPIA en
instaurant des mesures permettant d’augmenter le nombre de personnes
formées. Concernant les chiffres à propos du nombre d’étudiants par formation
et par niveau d’études, ceux-ci seront fournis à la commission postérieurement.
LC :
1) Il est souvent évoqué des besoins qui sont gigantesques. Concernant la
formation et les engagements, à quel type d’employeurs ou de chercheurs
s’adresse l’université afin de savoir le type d’informaticiens nécessaire ? A
propos de la formation continue, le système est excellent, car comme ceci a été
affirmé plus tôt, la double formation est aussi une idée remarquable.
M. Flückiger répond que l’UNIGE forme des personnes pour l’ensemble
des entreprises qui peuvent exister, tous secteurs confondus ; il s’agit de la
raison pour laquelle il existe des formations qui allient les compétences
informatiques avec les compétences concernant différents secteurs. Ainsi, a
priori, il ne s’agit pas de cibler un unique secteur ou une seule entreprise.
D’Infomaniak à l’industrie pharmaceutique, le besoin d’informaticiens se fait
ressentir ; en outre, le secteur financier connaît également le besoin d’avoir des
informaticiens. Au sein de la physique quantique, il existe une concurrence
manifeste et les talents sont choisis à travers le monde entier. Ainsi, ces
personnes formées ne sont pas contraintes de trouver un emploi à Genève.
2) A quel niveau est-il nécessaire d’effectuer de l’incitation ? Puisque,
finalement, il est opportun d’inciter les plus jeunes avant l’université ou
d’ouvrir les possibilités de maturité professionnelles afin d’offrir cette
possibilité d’accéder à la HES ou à l’université.
M. Flückiger répond qu’il faudrait déjà mettre en place ceci au niveau
secondaire I, puisqu’il est vrai qu’au stade du secondaire II, les élèves sont déjà
notablement avancés. Ainsi, il faudrait l’effectuer le plus rapidement possible ;
il est alors nécessaire de former des enseignants dans cette perspective.
3) Dans quelles filières informatiques faudrait-il insister, s’agit-il de
filières informatiques particulières ou non, à l’aune de demandes particulières
futures ?
M. Flückiger explique qu’il s’agit véritablement de former l’ensemble des
élèves dans le domaine informatique. S’agissant de cette question de la
maturité professionnelle, les débouchés ne sont pas si évidents ; il existe des
jeunes effectuant des maturités professionnelles dans des domaines techniques
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avec un potentiel assez conséquent ; à ce propos, il lui semble que le nombre
de classes ouvertes n’est pas suffisant. Concernant ceci et dans la perspective
de la motion discutée actuellement, il pense qu’il s’agit d’une manière
opportune d’effectuer une action afin d’attirer plus d’étudiants au sein des HES
et de l’université.
Mme Huber indique que son fils se trouve actuellement en 9e année du cycle
d’orientation et affirme être surprise que l’informatique soit enseignée durant
cette année mais non pas en 10e et en 11e année ; il faut alors attendre le collège
afin que l’informatique soit à nouveau un cours dispensé. Ainsi, il est
nécessaire, lors des deux années précitées, de prendre des cours
complémentaires offerts pour les professeurs afin de suivre des cours
d’informatique ; elle trouve ceci regrettable, car il s’agit d’une perte
d’opportunité pour certains jeunes de s’intéresser davantage à cette matière.
En outre, il est possible que ces étudiants développent des compétences
informatiques par une pratique personnelle et de loisir, mais celles-ci ne seront
pas forcément valorisées. Ainsi, la problématique arrive notablement en
amont.
S:
1) Dans l’éventualité où il devrait manquer certaines compétences
informatiques telles que décrites dans cette motion, l’université serait plus
agile par le biais des formations continues qu’en déployant une seule
formation uniquement numérique et informatique.
M. Flückiger répond que, par définition et par essence, la formation
continue se doit d’être agile. Il est nécessaire que l’université s’adapte d’une
manière manifestement rapide ; les formations continues sont un instrument
particulièrement précieux. Les changements s’opèrent d’une manière plus
lente au niveau de la formation de base telle que le Bachelor ou le Master ; à
ce propos, la formation en sciences computationnelles a connu une mise en
place qui a duré environ deux années ; concernant les ressources, il indique que
ceci a été mis en place sans avoir besoin de suppléments. Toutefois, si ceci
connaît un certain succès, il est possible que les personnes responsables soient
amenées à demander davantage de ressources à l’avenir. A ce propos,
l’université incite les facultés à réorienter les ressources afin d’éviter que ces
premières ne viennent en demander davantage.
2) Est-ce qu’il y a une volonté de formation relativement large afin de
répondre à une demande d’évolution technologique des entreprises ou des
administrations qui est propre à la Suisse, sachant que la grande volonté
d’avoir des spécialistes informatiques est propre à de nombreux pays ?
19/63
M 2934-A
Mme Huber répond qu’il est nécessaire d’avoir à la fois ces spécialisations
et ces compétences qu’on appelle « soft », qui sont cruciales pour tous les
étudiants en formation de base ou continue, qui sont des compétences de travail
en équipe, de communication interprofessionnelle, de négociation, etc. Ces
compétences sont en train d’être introduites au sein des curriculums au même
titre que les compétences techniques, car une personne extrêmement formée et
spécialisée pourrait rencontrer des difficultés à déployer ces compétences dans
certains contextes. Or, l’objectif d’une formation est de pouvoir déployer ces
compétences dans différents contextes ; aujourd’hui, la problématique
concerne non seulement le fait d’offrir des compétences techniques avancées,
mais également des compétences transversales qui permettent de déployer ces
premières de manière efficace ; ces compétences « soft » sont actuellement
mises en évidence comme les compétences clefs du XXIe siècle.
Ainsi, les compétences « métiers » vont devenir obsolètes particulièrement
rapidement. Il faudra systématiquement continuer à se former.
M. Flückiger pense qu’il existe un changement véritable entre les
générations d’informaticiens, car les formations se sont modifiées ; il existe
actuellement des spécialistes dans un domaine précis connaissant des
difficultés afin de pouvoir évoluer.
30.11.2023 – Audition de Mme Daniela Di Mare Appéré, directrice
générale de la HES-SO, et Mme Claire Baribaud, directrice de l’HEPIA
Résumé de l’audition : Mmes Baribaud et Di Mare Appéré ont examiné la
proposition de motion pour la création d’une haute école numérique et
soutiennent fortement l’adaptation de la formation à l’évolution de la
technologie de l’information et de la communication numérique pour répondre
à la forte demande du marché de l’emploi genevois dans ce domaine. Elles
contribuent activement à cette adaptation, en particulier depuis la création de
la HES-SO. Les hautes écoles spécialisées contribuent également à la
croissance économique et à l’attractivité de Genève en formant des diplômés.
La remise des diplômes de l’HEPIA et de la HEG a eu lieu récemment, et un
grand nombre de diplômés signent des contrats avant même l’obtention de leur
diplôme. L’innovation et la créativité sont au cœur de la HES-SO Genève.
L’activité principale de la HES-SO est de délivrer des formations tertiaires en
collaboration avec les milieux professionnels. L’offre de formations de la
HES-SO Genève comprend des formations spécialisées en informatique et en
numérique, avec une dimension informatique proprement dite et une
dimension liée à l’usage du numérique. L’interdisciplinarité est considérée
comme essentielle pour répondre aux enjeux des métiers de demain. Des
M 2934-A
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formations spécifiques en informatique sont dispensées à plein temps ou à
temps partiel en emploi. Sur cette base, la HES-SO est proactive avec un
ensemble de mesures pour renforcer l’adéquation de ces formations aux
besoins de l’économie et du terrain. Ces mesures sont organisées en quatre
axes, dont le premier est lié à l’objectif de former davantage d’experts. La
HES-SO travaille en collaboration avec le DIP pour favoriser un parcours de
formation tout au long de la vie, dès le plus jeune âge. Deux programmes
soutiennent les jeunes filles dans leur intérêt pour ces formations. Enfin,
l’objectif est d’avoir davantage de CFC.
Mmes Baribaud et Di Mare Appéré discutent de la formation duale, qui
dépend des places d’apprentissage disponibles et de l’intérêt du monde
économique pour les apprentis qui vont à la HES-SO Genève. Elles soulignent
l’importance de l’adaptation continue des formations en informatique à
l’évolution des technologies, une préoccupation centrale de la HES-SO. Elles
mentionnent également l’importance d’accroître l’expertise numérique dans
tous les domaines professionnels. Pour cela, elles mettent l’accent sur les
micro-formations et les formations courtes, mises en place en collaboration
avec l’UNIGE, pour répondre aux besoins de formation continue des personnes
déjà en emploi.
Elles parlent également de la stratégie numérique mise en place par les
rectorats de la HES-SO au niveau de la Suisse occidentale et de la HES-SO
Genève. A Genève, un bureau de la stratégie numérique a été créé pour vérifier
les compétences numériques et professionnelles des étudiants et les aider à
acquérir les compétences nécessaires en adéquation avec les besoins.
Elles soulignent l’importance d’encourager les jeunes à choisir cette voie
initiale et de travailler à toutes les étapes de l’enseignement et de la formation,
en étroite concertation avec le DIP. Elles parlent également de l’importance
d’inciter les professionnels à soutenir l’accès à la formation continue et de la
nécessité pour les employeurs de libérer leur personnel pour qu’il puisse
accéder à des formations continues sur mesure.
En conclusion, elles partagent les considérants de la proposition de motion,
mais sont contre la création d’une haute école du numérique qui isolerait cette
question du numérique. Elles préfèrent renforcer l’approche transversale
intégrée actuelle.
Questions des groupes
PLR :
1) Une députée comprend que la HES-SO développe un enseignement au
sein d’un domaine où de réels besoins existent ; elle pense qu’il s’agit de la
21/63
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raison de la rédaction de cette motion, qui est particulièrement ambitieuse,
puisqu’elle demande la création d’une nouvelle école. En outre, ayant bien
entendu les réticences concernant les problématiques de transversalité et de
silo, elle souhaite savoir si la HES-SO possède les moyens de ses ambitions.
Mme Di Mare Appéré exprime son sentiment que la HES-SO manque de
moyens financiers, en particulier dans les filières informatiques ou de gestion.
Cela a pour effet collatéral un taux d’encadrement plus faible, car le nombre
d’étudiants par enseignant est plus élevé. Elle estime que cet aspect pourrait
être amélioré avec de meilleurs moyens financiers. Mme Baribaud ajoute qu’en
termes d’infrastructure, il y a suffisamment de place pour augmenter
sensiblement le nombre d’étudiants. Le véritable problème réside dans les
filières d’apport limitées. Pour être accepté à l’HEPIA, il faut avoir une
maturité professionnelle. Or, seulement 20 à 30% des personnes possédant un
CFC effectuent cette dernière, et le nombre de places est limité dans les écoles
de type CFPT. Concernant l’informatique de gestion, la filière d’apport est plus
importante, car elle concerne les employés de commerce. En 15 ans, la filière
informatique de gestion de la HEG est passée de moins d’une centaine
d’étudiants à environ 300. Le principal problème pour l’HEPIA est le blocage
au niveau du CFPT et les formations duales, car peu d’entreprises sont prêtes
à accueillir des apprentis. Pour résoudre ce problème, l’HEPIA travaille à
accueillir davantage de maturités professionnelles afin d’élargir les filières
d’apport. Un autre thème important pour elle est le faible nombre de femmes
dans les filières informatiques. Elle a constaté que les femmes ont du mal à
s’affirmer dans des classes majoritairement masculines. Cependant, une fois
qu’elles prennent leurs marques, elles font preuve de capacités remarquables.
L’idée à l’HEPIA serait de favoriser des classes passerelles à majorité
féminine, car il est établi que, lorsqu’un genre est représenté dans une
proportion supérieure à 30%, cela attire naturellement les personnes du même
genre. Par conséquent, cette formation est privée en partie du genre féminin
tant que ce taux de 25 à 30% de présence du genre féminin au sein des classes
n’est pas atteint. Il s’agit d’une politique à mettre en place, et un soutien de
l’Etat serait nécessaire.
2) Est-ce que les 300 élèves mentionnés constituent un chiffre important ?
Mme Baribaud répond par l’affirmative. A titre d’exemple, une filière à
dimension humaine susceptible d’être gérée par un responsable de filière et
une secrétaire de filière est composée de 150 étudiants ; il s’agit alors d’une
dimension standard. En outre, les grosses filières sont composées de 600 à
700 étudiants. Ainsi, une filière de 300 étudiants n’est pas en danger du fait de
sa petite taille. S’agissant de la filière informatique à l’HEPIA, celle-ci est
composée de 250 étudiants.
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3) S’il fallait monter en puissance, celle-ci s’effectuerait-elle plutôt à la
HEG ?
Mme Baribaud répond que cela dépend du but recherché, car la filière
informatique de gestion concerne l’informatique liée au fonctionnement des
entreprises ; il peut s’agir de la gestion des logiciels mais aussi de la gérance
du réseau ou encore de la sécurité. Concernant ces 3 exemples, il s’agit du lien
avec l’utilisateur, c’est-à-dire de faire en sorte que le fonctionnement
informatique de l’entreprise soit le plus convivial possible et assure une
pérennité à l’entreprise ; au niveau de l’informatique de l’HEPIA concernant
le système et la communication, il s’agit davantage de codage, notamment
s’agissant des systèmes électroniques se trouvant sur les appareils. Ainsi, il
s’agit des tâches qu’un informaticien de l’HEPIA peut effectuer. Par
conséquent, il ne s’agit pas véritablement du même type d’informatique. En
revanche, l’intersection entre les deux n’est évidemment pas vide, car cela
signifierait qu’un domaine ne serait pas couvert. Ainsi, ceci est relativement
interchangeable ; une personne ayant fait l’HEPIA peut tout de même intégrer
une entreprise afin de fabriquer des logiciels d’entreprise.
MCG :
1) Est-ce que l’accès était vraiment limité aux porteurs de maturité
professionnelle ou, à l’aune de l’immense besoin d’informaticiens, ne serait-il
pas plus opportun de permettre un accès plus simple ? Serait-il possible
d’intégrer des formations de l’HES-SO et de l’HEPIA uniquement lorsque l’on
est porteur d’une maturité professionnelle ? Pour quelles raisons faudrait-il
empêcher les personnes porteuses d’un CFC d’accéder à l’HES-SO ou à
l’HEPIA si ces dernières souhaitent continuer à se former en informatique ?
Mme Baribaud explique que le titre phare afin d’intégrer une HES est une
maturité professionnelle ; une personne porteuse d’un CFC doit ainsi effectuer
une ou deux années supplémentaires afin d’obtenir une maturité
professionnelle pour qu’elle ait suffisamment de compétences pour intégrer
une HES. Néanmoins, les porteurs de maturité gymnasiale sont également
acceptés, mais il leur est demandé d’avoir effectué 40 semaines de stage
pratique dans le domaine qu’ils vont intégrer au sein de la HES ; ceci découle
d’une loi des HES voulue par la Confédération à laquelle il n’est pas possible
de déroger.
2) Il est compliqué d’effectuer des années de formation supplémentaires
lorsque l’on a déjà 40 ans, par exemple.
Mme Baribaud précise qu’il est possible d’obtenir des validations par
acquis ; il faut alors faire reconnaître ses compétences.
3) Il est demandé des précisions concernant les coûts des formations.
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Mme Baribaud répond qu’en économie d’entreprise, le coût est d’environ
15 000 francs par année pour un étudiant ; en informatique de gestion, le coût
est d’approximativement 25 000 francs ; dans le domaine de l’ingénierie, il
s’agit d’un montant proche de 50 000 francs ; concernant l’informatique à
l’HEPIA, le coût est d’environ 30 000 francs par année.
4) Une inquiétude s’agissant de l’étroitesse des choix offerts est partagée ;
il n’est offert que l’informatique, l’ingénierie et l’informatique de gestion.
Mme Baribaud répond que ceci n’est pas tout à fait exact ; il s’agit
effectivement des deux filières phares en informatique à l’HES-SO Genève,
mais il en existe une autre intitulée « Information Science » qui est l’ancienne
formation documentaire s’occupant de la gestion de données. Au départ, il
s’agissait d’une école de bibliothécaire s’étant largement élargie grâce à
l’informatique, notamment concernant la gestion de données. A ce propos, un
Master a été développé qui connaît un succès significatif, accueillant aussi bien
des porteurs de Bachelor informatique que des porteurs du Bachelor
« Information Science ». D’ailleurs, les porteurs de ce dernier sont notamment
fortement recherchés par les services secrets suisses afin de faire des
recherches d’informations.
5) Les personnes ayant rédigé cette motion l’ont fait en remarquant le vide
laissé entre les filières offertes par l’HEPIA et la HES-SO et les besoins
effectifs de la société.
Mme Baribaud répond qu’il s’agit possiblement d’un problème de
communication au sujet desdites formations, mais la majorité des métiers se
retrouvent au sein des formations de l’HES-SO Genève et HES. S’agissant de
l’EPFL, les informaticiens formés sont de haut niveau, ce qui est une différence
manifeste ; ceux-ci vont davantage gérer des équipes d’informaticiens et
auront une vision plus globale.
Ve :
1) L’information la plus étonnante entendue ce soir est ce goulet
d’étranglement au niveau du CFPT qui empêche l’HEPIA de déployer les
moyens à disposition afin de former davantage d’informaticiens ; ainsi, les
chiffres présentés sont relativement faibles par rapport aux besoins effectifs de
la société. Est-ce que Mme Baribaud et Mme Di Mare Appéré auraient des idées
à proposer ainsi qu’une interaction avec le CFPT s’agissant de la dynamique
de ces filières d’apprentissage qualifié avec maturité professionnelle, qu’il
s’agisse d’apprentissage dual ou en école ?
Mme Baribaud répond que, concernant le nombre de places au sein du
CFPT, ce sujet a d’ores et déjà fait l’œuvre d’une discussion avec Mme EmeryTorracinta qui était entrée en matière mais qui n’avait pas les moyens
M 2934-A
24/63
financiers nécessaires. En outre, elle a constaté que Mme Hitpold soutient la
formation duale ; celle-ci pourrait ainsi être tout à fait attentive à cette
problématique. A priori, il est tout à fait envisageable de pouvoir augmenter le
nombre de classes, sachant que chacune est composée de 40 élèves. A ce
propos, elle ne constate pas d’opposition s’agissant de cette problématique. En
outre, il est envisagé de placer des assistants de formation dans ce programme
afin de former ces étudiants. Ainsi, le seul obstacle réside dans l’obtention de
l’aval du DIP et que la conseillère d’Etat possède le budget pour effectuer ce
changement.
Par ailleurs, concernant les admissions, pour une majorité il s’agit
d’employés de commerce venant d’obtenir une maturité professionnelle.
S’agissant du cursus informatique à l’HEPIA, 40% possèdent une maturité
professionnelle et 50% possèdent une maturité gymnasiale. A ce propos, le
taux de porteurs d’une maturité professionnelle réussissant l’HEPIA est plus
élevé que le taux de porteurs d’une maturité gymnasiale ; ceci signifie que
l’enseignement est parfaitement adapté aux personnes porteuses d’une
maturité professionnelle ; en outre, les enseignants venant du monde
professionnel doivent être porteurs d’un diplôme de Bachelor ou de Master, et
ont tendance à enseigner de la même manière qu’à l’université, c’est-à-dire
qu’ils passent d’abord par la théorie et vont ensuite vers la pratique, alors que
la maturité professionnelle est une formation s’opérant dans le sens contraire.
Par conséquent, ceci demande de renverser la méthode d’enseignement
s’agissant de la filière informatique.
Concernant les pistes auxquelles elle aurait pensé, il serait nécessaire
d’obtenir l’aval du DIP ainsi que d’engager davantage de jeunes femmes ; à
propos de ce dernier point, il s’agit d’un véritable problème, car il est alors
nécessaire de créer une sorte de ségrégation afin que celles-ci prennent
confiance, et le rectorat ne fait pas preuve d’un soutien particulièrement fort
concernant ce point. Toutefois, ce dernier possède de bons arguments tout à
fait audibles ; cependant, elle pense que la mixité est une opportunité d’attirer
plus de personnes dans le domaine informatique.
LJS :
1) La motion a été élaborée après consultation des citoyens genevois, des
jeunes et des professeurs et elle consiste en la création d’un centre
d’excellence numérique à Genève. L’HES-SO est davantage concentrée sur
l’informatique de gestion, alors que cette haute école numérique consisterait,
notamment, à former des personnes dans le domaine de la recherche.
Mme Baribaud répond que l’appellation d’« école numérique » l’interpelle,
car ceci sous-entend qu’ailleurs il n’existerait pas de formation s’agissant du
25/63
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numérique. Or, le numérique est fondamentalement transversal. Ainsi, placer
le numérique au sein d’une école reviendrait à le restreindre à une majorité.
Elle précise qu’elle évoquait l’informatique de gestion parce qu’elle préfère
évoquer les sujets qu’elle connaît particulièrement ; toutefois, il existe du
numérique dans d’autres écoles, telles que la HEAD ou encore la HETS ; ainsi,
le numérique se trouve de manière transversale dans un grand nombre d’écoles.
2) Est-ce que Mme Baribaud est d’avis qu’une haute école numérique
spécialisée n’est pas nécessaire ?
Mme Baribaud répond qu’il n’existe actuellement pas les cheminées
d’apport préalable. Ainsi, le même problème surgira au niveau de cette haute
école numérique ; le problème concerne le nombre d’étudiants, il faut ainsi le
régler en amont.
3) Concernant le manque de compétence dans le domaine technique qu’il
est nécessaire de rattraper d’ici l’année 2030, est-ce que Mme Baribaud pense
qu’avec les hautes écoles et les écoles polytechniques, ce retard est rattrapable
en Suisse ?
Mme Baribaud explique que, s’il est souhaité de développer l’aspect
technique en Suisse, il est nécessaire de favoriser les apprentissages ; il s’agit
d’un aspect faisant partie de la politique ainsi que de la culture d’une grande
partie de la Suisse. Toutefois, ceci n’est pas le cas en Suisse romande. Ainsi,
cette dernière région fait preuve d’une vision partielle de la situation. Par
conséquent, une des solutions pour rattraper ce retard technique consiste à
aider massivement le développement de l’apprentissage et d’expliquer aux
jeunes que cette voie permet véritablement d’obtenir des compétences et une
utilité postérieure.
4) Demande est faite, concernant les moyens actuels tels que l’espace, les
qualifications, les équipements et les financements, de savoir si ceux-ci
peuvent être augmentés, ou s’ils sont suffisants afin de faire progresser le
domaine technique.
Mme Baribaud répond que, si une augmentation sensible du nombre
d’étudiants survient, il est possible de remplir davantage les classes ; si le
nombre d’étudiants devient trop important, il faudra alors dédoubler une classe
et engager des personnes. Toutefois, si le nombre d’étudiants augmente, il est
possible de partir du principe que le financement accroît lui aussi. S’agissant
de l’embauche, les personnes sont facilement trouvées.
5) Est-ce que les moyens actuels permettent d’effectuer cette opération ou
faut-il augmenter ces derniers ?
Mme Baribaud indique qu’il est possible d’augmenter jusqu’à une certaine
limite ; si une augmentation de 300 étudiants apparaît, il faudra alors dédoubler
M 2934-A
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des classes, engager des enseignants et prévoir des jours de cours débutant à
8h et finissant à 22h et prévoir des cours le samedi ; ainsi, il s’agira d’optimiser
la logistique ; dans l’éventualité où l’augmentation du nombre d’élèves serait
particulièrement importante, il faudrait alors prévoir de nouveaux bâtiments,
mais ceci n’est pas prêt d’arriver.
S:
1) Cette problématique liée au goulet d’étranglement mentionné
précédemment interpelle. Est-ce qu’il serait question d’élargir l’accueil aux
porteurs d’autres types de maturités professionnelles ?
Mme Baribaud répond par l’affirmative. Jusqu’à aujourd’hui, au niveau de
la HES-SO, un certain nombre de maturités professionnelles ne conviennent
qu’à certaines filières ; concernant ceci, une réflexion a été effectuée.
Notamment, il était question de savoir si le porteur d’une maturité
professionnelle était contraint à un unique domaine ; toutefois, un employé de
commerce pourrait souhaiter intégrer la filière d’agronomie ; ce serait alors à
lui de démontrer qu’il en est capable, lors de la première année, afin de ne pas
dépenser les fonds publics de manière inopportune ; ceci est la réflexion
actuelle, et elle est favorable à cette possibilité ; en outre, le rectorat a décidé
d’élargir ses lois d’apport et chaque filière doit décider des possibilités offertes.
Par conséquent, un élargissement du nombre de maturités professionnelles
possible par filière est en train d’être opéré, avec la conséquence que certains
jeunes seront moins qualifiés à l’aune de la filière qu’ils choisissent, ceci
pourrait résulter en davantage de flottement lors de la première année, mais
pourrait empêcher ledit blocage au sein d’un domaine que ces jeunes
pourraient rencontrer ; ainsi, il s’agit d’un véritable changement de paradigme
qui est actuellement en train de s’opérer au sein de la HES-SO.
2) Est-ce qu’il s’agit de reconnaître la maturité professionnelle comme un
diplôme général qui permettrait d’accéder à toutes les filières ?
Mme Baribaud répond par la négative, car les personnes aptes à décider de
ces changements sont particulièrement conservatrices ; toutefois, il s’agit d’un
premier élargissement qui s’effectue d’ailleurs pour la prochaine rentrée.
3) Cette réflexion est particulièrement opportune. Pourquoi ce changement
de paradigme ne s’effectuerait-il pas aussi concernant les maturités
gymnasiales, puisque le fait de trouver 40 semaines de stage dans le domaine
concerné est certainement une barrière supplémentaire ?
Mme Baribaud répond que, pour l’instant, il s’agit d’un choix réglementaire
pour les HES ; toutefois, cette question est régulièrement posée et plusieurs
personnes se demandent s’il ne serait pas davantage opportun d’effectuer ce
stage lors du 7e et dernier semestre de formation ; le fait que les jeunes
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M 2934-A
s’exercent au sein de leur futur métier tout en ayant acquis des connaissances
au préalable, paraît davantage optimal. Historiquement, il s’agit d’un choix
opéré afin de favoriser les porteurs de maturité professionnelle et de ralentir le
processus pour les porteurs de maturité gymnasiale.
4) Est-ce qu’une vive recommandation du Grand Conseil consistant à
élargir davantage les ouvertures pour ces filières favoriserait le processus ?
Mme Baribaud répond que ceci serait particulièrement souhaité, en
particulier s’agissant d’une augmentation du nombre de classes de maturité
professionnelle, en particulier en informatique.
Discussion interne et suite des travaux
Avis des groupes
LJS :
Souhait d’auditionner certaines entreprises genevoises, particulièrement la
Poste, les entreprises de santé, l’association professionnelle des RH, puisque
déterminer les compétences et les qualifications nécessaires est leur métier.
MCG :
Les auditionnés de cette séance font peut-être partie d’un système qui ne
souhaite pas changer et qui fait preuve d’habitudes et de vieilles pratiques
multiséculaires. Ainsi, en fonction des suggestions, avis favorable à un certain
nombre de demandes d’auditions.
S:
Sans être en faveur de cette motion, il pense qu’il serait intéressant
d’entendre le milieu professionnel, car il se dégage tout de même l’envie de
trouver une réponse à cette problématique du goulet d’étranglement. Ainsi,
entendre l’avis des entreprises concernant leurs besoins et leurs capacités à
accueillir des apprentis et des stagiaires pourrait être intéressant.
LC :
Telle que libellée, cette motion n’a pas la faveur du groupe. En outre, tous
les renseignements obtenus convergent en direction des messages déclarés
aujourd’hui par les auditionnés ; il ne s’agit pas d’une problématique de
formation supérieure, mais d’une problématique de formation de base. En
outre, le dispositif afin d’augmenter et de grandir est disponible, ceci
moyennant les finances que le Conseil d’Etat ou le Grand Conseil pourrait
offrir. Finalement, le constat des patrons a d’ores et déjà été apporté par le biais
des faîtières patronales.
M 2934-A
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Ve :
Le groupe déclare être convaincu par les auditions effectuées lors de cette
séance et n’est donc pas favorable à cette motion. Cependant, il serait
intéressant d’effectuer des auditions des milieux professionnels. Par exemple,
entendre une personne au sein de la FER afin de savoir, concernant le domaine
informatique, quelles sont les attentes des milieux professionnels, mais
également afin de connaître les propositions que les milieux professionnels
auraient afin d’augmenter le nombre d’apprentis, car le CFPT ne concerne pas
uniquement les formations à plein temps mais également les formations duales,
le goulet d’étranglement se situant au niveau des deux voies. En outre, il serait
opportun de connaître les raisons pour lesquelles si peu d’apprentis sont
engagés année après année.
PLR :
En faveur d’auditionner une faîtière professionnelle, mais ne voit aucun
intérêt à entendre un organisme particulier qui aurait peut-être effectué une
délocalisation et qui affirmera sans doute ne pas l’avoir fait pour l’argent, mais
pour la compétence. Ainsi, le discours serait biaisé. Toutefois, cette audition
ne rentrerait pas dans la problématique de la motion, car les auditions ont
convaincu du mal-fondé de cette motion.
UDC :
Cette demande d’audition ne concerne pas la motion. La commission doit
de se déterminer sur la motion et effectuer cette audition en parallèle dans un
cadre informel.
11.01.2024 – Audition de M. Frank Sobczak, directeur de formation à la
FER
M. Sobczak soutient la formation dans le numérique et rappelle que
plusieurs filières numériques sont déjà présentes dans les hautes écoles
genevoises. Toutefois, il s’inquiète des coûts engendrés par la création d’une
école propre. Il rappelle que les filières genevoises dans ce domaine peinent à
être remplies. Il pense qu’il serait plus judicieux de réfléchir à regrouper sous
un tronc commun les formations existantes et d’insister sur la promotion de
ces formations plutôt que de créer une école propre qui y est dédiée. Si la
solution de créer une nouvelle école destinée au numérique devait être
soutenue, il craint de ne pas y voir un retour sur investissement.
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M 2934-A
Questions des groupes
PLR :
1) Demande est faite d’en savoir plus sur l’incapacité de remplir les filières
sur le numérique.
M. Sobczak explique que, par exemple, certaines formations ne peuvent
pas ouvrir chaque année. Il pense que, d’une part, il y a un manque d’intérêt
pour ses filières de la part des étudiants. De l’autre, puisqu’il s’agit de
formation HES, en amont dans le cursus scolaire de ces futurs étudiants, les
entreprises qui engagent des apprentis devraient plus investir sur ces nouvelles
technologies. Il rappelle de ne pas confondre « métier numérique » et
« compétences numériques transversales ».
2) Est-ce que les particularités numériques transversales vont continuer à
grandir dans les filières ?
M. Sobczak pense que le numérique va forcément prendre de l’ampleur.
Actuellement, l’approche est plutôt sectorielle (formation centrée sur la
cybersécurité ou l’intelligence artificielle, par exemple). Il serait d’avis de
promouvoir une approche plutôt transversale. Il soutient l’idée de mieux
organiser la formation sur le numérique, mais il ne pense pas qu’il faille pour
cela créer une école spécifique.
3) Quelle a été la dernière école créée ? Est-ce un processus lourd, long et
coûteux ?
M. Sobczak pense qu’il s’agit de la HEAD.
Ve :
1) Il y a une volonté chez les jeunes du cycle et du secondaire II de rejoindre
des filières numériques, par exemple la volonté de nombreux jeunes de
rejoindre la filière informatique. Le problème semble se situer surtout au
niveau institutionnel. Il faudrait dynamiser ces filiales auprès d’employeurs et
aussi auprès du CFP afin d’avoir un numerus clausus plus élevé.
M. Sobczak partage ce point de vue. Il pense aussi que le niveau associatif
devrait être plus développé. Il déplore d’ailleurs que les formations dans le
domaine numérique soient proposées à plein temps plutôt qu’en dual.
LC :
1) Quel serait le niveau de formation dans l’informatique qu’il faudrait
(CFC, HES, niveau universitaire) ? Une école de type HES devrait mettre
plusieurs années à être créée. Est-ce que les besoins seront nécessaires pour
dans cinq ans ou les entreprises sont-elles déjà actuellement en manque ?
M 2934-A
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M. Sobczak pense que les entreprises ont déjà besoin de personnes formées
dans le numérique. Il estime que le niveau de formation nécessaire est de type
HES.
LJS :
1) Que pense M. Sobczak de la volonté de la motion de créer un centre
d’excellence qui manque dans ce domaine ? Il est important de réfléchir
maintenant pour plus tard puisque la formation est très peu développée sur le
domaine technique appliqué.
M. Sobczak pense que l’idée d’avoir un centre d’excellence est bonne, mais
il pense que, pour cela, il faudrait plutôt réorganiser les formations existantes
en développant la promotion et non en créant un nouveau bâtiment. Il pense
que la motion vise un noble objectif, mais que pour l’atteindre elle n’a pas
besoin de créer un nouveau bâtiment.
2) Il est réitéré l’importance de développer le domaine appliqué. La motion
permettrait d’anticiper un besoin.
M. Sobczak est favorable à travailler sur le côté attractif des formations.
3) Le but de la motion était d’harmoniser un problème de formation
technique. Aujourd’hui seulement 2,8% des formations proposées par
l’UNIGE s’intéressent au domaine technique. Il demande si M. Sobczak ne
pense pas qu’il serait judicieux d’avoir une haute école spécialisée dans le
domaine technique qui permettrait d’avoir en un lieu une continuité jusqu’au
doctorat. Cela permettrait d’avoir une école avec ses propres priorités.
M. Sobczak rejoint la nécessité d’avoir une connexion, mais indique que
les HES sont connectées par nature.
MCG :
1) Il est évoqué un article du 20 Minutes qui mentionne l’emploi d’un
informaticien indien qui travaillait de l’Inde pour une entreprise suisse. Il est
partout question de la pénurie d’informaticiens. Est-ce qu’il ne serait pas
favorable d’avoir un centre de formation unique dédié au domaine ?
M. Sobczak explique qu’il s’agit d’un symptôme de la situation genevoise.
Genève n’arrive pas à former des informaticiens, il est donc logique que les
personnes qualifiées soient alors recherchées ailleurs. Il serait possible
d’améliorer la situation, si ces filières étaient proposées tôt aux jeunes filles
notamment.
2) La construction d’une HES pour l’informatique serait-elle selon lui
difficile à cause des coûts des bâtiments ? Et est-ce qu’il serait favorable aux
formations qui en découleraient ?
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M 2934-A
M. Sobczak répond par l’affirmative et pense qu’un nouveau bâtiment n’est
pas nécessaire pour créer une formation. L’endroit physique n’est pas celui qui
encadre l’effort sur les nouvelles technologies.
3) Il est demandé si une structure autonome ne serait pas une façon de
lutter contre l’inertie actuelle.
M. Sobczak préfère imaginer un tronc commun qu’un lieu commun. Ainsi,
il serait possible d’incarner la volonté genevoise de présenter une formation
d’excellence.
S:
1) Un article mentionnait que 10 métiers du futur sur 7 étaient liés à
l’informatique et à la technologie. Il s’agit de l’un des domaines où les
employeurs vont chercher des talents en France voisine. Il semble que la
problématique se situe surtout sur le moyen plutôt que sur la fin. Beaucoup
d’entreprises déplacent l’informatique en dehors de Genève. La filière semble
moins privilégiée surtout parce que les étudiantes ne s’y intéressent pas.
M. Sobczak est favorable à dynamiser le domaine, mais en agissant
directement sur la filière. Il rejoint l’avis sur l’absence de jeunes filles. C’est
pourquoi il indique avoir mis en place avec le CFP des prestations et
animations pour faire la promotion de ces métiers auprès des jeunes filles.
Toutefois, il pense qu’un travail est aussi à faire auprès des parents.
2) Mettre l’accent sur les jeunes filles est important puisqu’elles
représentent la moitié de la population.
M. Sobczak confirme que beaucoup de prestations numériques sont
externalisées au sein des entreprises. Toutefois, d’autres prestations sont
maintenant maîtrisées directement sur place comme la création de films ou de
podcasts.
3) Les RH sont souvent sous-traitées à l’extérieur.
M. Sobczak rappelle le paysage économique du canton. Il explique que
75% des entreprises comptent 1 à 5 employés. Ainsi, il est normal que ce
nombre peu élevé les pousse à sous-traiter.
4) Quel serait le niveau requis de ces formations ?
M. Sobczak répond qu’elles seraient de niveau HES.
5) Quoi penser des très bons élèves qui quittent Genève pour aller à l’EPFL
ou l’ETH ou à l’étranger puisqu’il n’y a pas de formation spécifique ici ?
M. Sobczak indique que ces gens ont toujours la possibilité de revenir sur
le marché genevois par la suite.
M 2934-A
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6) Il serait intéressant d’encourager le fait que des formations soient
proposées à Genève.
M. Sobczak explique qu’au niveau du CFC le contenu change tous les
4 ans. Le numérique est de plus en plus présent dans les plans de formation.
Ainsi, il confirme que le numérique est déjà une réalité.
7) La création d’une école HES spécialisée dans le numérique risquerait
de ralentir la création d’une filière spécialisée à Genève.
M. Sobczak confirme que le fait de créer une école spécialisée risquerait
de passer à côté de l’urgence du manque d’informaticiens actuels. En effet, il
pense important de canaliser l’énergie et les moyens là où ils sont nécessaires :
dans la création d’une filière spécialisée.
Ve :
Est-ce que M. Sobczak est ouvert à la création d’une structure autonome,
même si cela n’impliquait pas la création d’un nouveau bâtiment ?
M. Sobczak répond par l’affirmative.
Point de vue du département apporté par M me Hiltpold et discussion
interne
Elle explique que la décision de créer une nouvelle haute école ne dépend
pas du canton. Il s’agit d’un système intercantonal. Le rectorat se trouve à
Delémont. Ainsi, les cantons de Suisse orientale décident ensemble des besoins
et du lieu où doivent se situer les hautes écoles. C’est pourquoi, même si la
motion était acceptée, les membres genevois du comité gouvernemental
devraient plaider devant tous les autres cantons. Elle précise d’ailleurs que les
décisions se prennent à l’unanimité. Le canton pourra uniquement donner une
impulsion.
De plus, le département n’est pas convaincu que la création d’une nouvelle
haute école soit la solution pour lutter contre la pénurie. Elle informe qu’une
autre motion est traitée à la commission de l’enseignement pour développer les
apprentissages dans les métiers de l’informatique. Elle pense que le canton
devrait plutôt agir sur le cursus de formation afin de l’adapter à la situation
actuelle. Elle évoque notamment les problèmes liés à l’accession à la maturité
professionnelle. En effet, elle explique qu’il est difficile pour une personne qui
le déciderait, après son CFC, de faire une maturité professionnelle qui n’était
pas initialement prévue dans son parcours, parce que les places sont limitées.
Elle pense donc qu’il serait intéressant d’agir sur ce point. Ainsi, il pourrait
alors y avoir plus de personnes aptes à rejoindre de hautes écoles par la suite.
De plus, elle pense important d’attirer les jeunes filles. Aussi, elle imagine
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M 2934-A
intéressant de proposer un centre professionnel de l’informatique qui
regrouperait les différents CFC du domaine sous un seul pôle. Le département
se positionne donc contre la motion, puisque celle-ci ne pourra avoir de réel
impact sur Genève (les HES étant intercantonales), mais elle est prête à faire
en sorte de trouver des adaptations réalisables localement pour répondre aux
problématiques.
Questions des groupes
MCG :
Ne serait-il pas judicieux de créer une école qui ne serait pas une haute
école, mais qui permettrait d’avoir un diplôme reconnu ?
Mme Hiltpold explique qu’il y a, déjà aujourd’hui, des possibilités d’étudier
l’informatique. Elle pense qu’il serait plus judicieux de susciter l’intérêt des
étudiants pour faire en sorte qu’ils suivent ces formations plutôt que de créer
une école supplémentaire.
S:
Que pense la conseillère d’Etat de l’idée d’avoir une maturité
professionnelle commune qui permettrait d’entrer dans n’importe quelle haute
école ? Actuellement, un jeune doit déjà savoir quand il commence sa maturité
professionnelle quelle haute école il choisira. Alors que la maturité
gymnasiale permet l’entrée à n’importe quelle faculté de l’université.
Mme Hiltpold trouve l’idée intéressante, mais pense qu’il s’agit d’une
discussion qui devra avoir lieu de façon intercantonale. En effet, le système
HES-SO implique qu’il ne serait pas logique que cela soit possible à Genève
et non ailleurs. Elle réitère que l’enjeu principal est de faire en sorte de
promouvoir les filières pour qu’elles soient choisies majoritairement.
LC :
Il semble intéressant de regrouper les filières sous un même pôle. La
motion est peut-être un peu trop avancée. Il s’agit de déjà motiver les étudiants
à suivre les formations disponibles sur Genève pour ensuite, une fois qu’elles
seront très fréquentées, insister au niveau intercantonal pour éventuellement
proposer une école autonome.
Ve :
Le problème se situe en amont. Le CFP propose uniquement 56 places
ouvertes par année pour la filière CFC. Ce nombre est excessivement bas.
Toutefois, il serait possible de l’augmenter si l’effectif est diminué dans une
autre filière (ECG, etc.). La filière est très attractive auprès des jeunes. Le
M 2934-A
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problème est qu’elle n’attire pas forcément les meilleurs profils, les élèves qui
postulent sont alors recalés. Faut-il aussi travailler sur ce point ?
Mme Hiltpold répond par l’affirmative.
LJS :
Certains CFC sont trop sélectifs. Pour le CFC en informatique, il y a eu
220 candidats pour 56 places. La motion vise à répondre aux besoins
d’aujourd’hui, et à anticiper les défis et besoins pour demain. Le rôle du
député est d’identifier et d’anticiper les difficultés. Le travail de l’Etat est
d’ensuite trouver le moyen de mettre en place une solution. Il serait positif que
Genève soit le premier canton à sensibiliser à cette problématique au sein de
l’HES-SO.
Prise de position des groupes et suite des travaux
UDC :
Le groupe UDC ne soutiendra pas la motion puisque la possibilité d’action
du canton sur les HES est très limitée. Il est inutile de créer un bâtiment
spécifique. Un député UDC rappelle qu’en cas de manque de locaux pour
accueillir les formations de cette filière, il est toujours possible de regarder
avec l’IFAGE, puisque leurs locaux sont parfois libres.
Ve :
Un député Ve indique être très largement d’accord avec les considérants et
les objectifs du texte. Il pense qu’il faut dynamiser et élargir la capacité de
formation pour le numérique. Toutefois, il est moins convaincu de la nécessité
de créer une structure de type « haute école numérique ». Cependant, il trouve
dommage que le texte disparaisse alors qu’un travail de qualité a été fait suite
aux auditions. Il pense qu’il faudrait plutôt proposer des amendements pour
que le texte soit plus adéquat. Il pense qu’il serait important de soutenir le
département dans ce sens.
PLR :
Le groupe PLR ne soutiendra pas cette motion. Il est regretté qu’il n’y ait
qu’une seule invite qui souhaite la création d’une nouvelle école. Toutes les
auditions ont montré qu’il est possible de répondre à la problématique d’une
manière différente. Le groupe est prêt à soutenir le développement de ce
domaine de formation, mais non la création d’une nouvelle HES. Le groupe
PLR est favorable à la proposition du groupe Ve de travailler sur des
amendements tout en s’assurant que l’idée de la création d’une haute école
spécifique soit abandonnée.
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S:
Le groupe socialiste est favorable à un amendement sur la nécessité du
numérique en éliminant l’invite souhaitant la création d’une HES puisqu’il est
de fait impossible d’agir sur cet élément. Il faudrait proposer des amendements
visant à dynamiser la visibilité sur l’état actuel des HES. Il est important de
centrer la problématique sur l’enseignement supérieur et non ce qui se passe
avant. Il est proposé notamment d’apporter une impulsion pour qu’une
discussion soit menée au niveau régional.
MCG :
Le groupe MCG remarque que tout le monde se rejoint sur la nécessité
d’améliorer le cursus de formation de cette filière. Elle regrette que certains
pensent qu’il serait trop coûteux de créer une école spécifique. Toutefois, elle
est ouverte à travailler sur des amendements.
LJS :
Le groupe LJS maintient sa motion, mais est ouvert à proposer des
amendements et de nouvelles invites. Il est d’accord de travailler ensemble
pour modifier les invites. Le député LJS pense que c’est justement parce que
la motion est compliquée qu’elle a de la valeur pour l’avenir. Il souligne le fait
qu’une école dédiée permettrait de faire de cette filière une priorité. La majorité
est favorable à des amendements et LJS propose de travailler sur de nouvelles
invites ensemble. Le député ne peut pas dire qu’il abandonnera
catégoriquement l’idée de la création d’une école, mais il veut bien réfléchir à
une appellation qui permettrait de mettre tout le monde d’accord.
La commission renvoie le vote à une prochaine séance en vue des
amendements amenés par LJS et travaillés avec les députés et députées
intéressés.
Prise de position des groupes en l’absence d’amendement
Mme Tamara Diaz, adjointe à l’unité des hautes écoles, assiste à la
discussion.
Un député LJS rappelle que le numérique prend une place importante dans
la société actuelle. Il maintient que Genève a besoin d’une haute école
numérique et invite ses collègues à voter favorablement.
Une députée PLR indique que son groupe trouve que le numérique est un
élément central, mais que les différentes auditions ont démontré que le
développement numérique doit se faire partout et de façon transversale. Elle
note que la construction d’une école demande un investissement financier
conséquent. Le PLR est donc défavorable à cette motion.
M 2934-A
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Un député LC explique que Le Centre considère comme important, à la
lumière des diverses auditions, que le numérique ne soit pas sectorisé. Son
groupe refusera la motion.
Une députée S pense que le groupe est tout à fait enclin à l’enseignement
de nouvelles technologies, mais que celui-ci ne se fera pas en soutenant la
création d’une haute école numérique. Elle rappelle que le débat a permis de
démontrer que le domaine méritait d’être soutenu en amont des HES. Le PS ne
soutiendra pas la motion. Un député S précise que le groupe ne contestait pas
le constat qui est fait dans la motion, mais la manière dont la motion est
rédigée.
Une députée UDC estime qu’une haute école numérique n’est pas
nécessaire puisque les auditions ont démontré que des formations étaient déjà
proposées dans ce sens dans divers établissements. L’UDC ne soutiendra pas
la motion.
Un député Ve indique qu’il aurait trouvé intéressant d’avoir des
amendements. En l’absence d’amendement, le groupe des Verts soutiendra
tout de même la motion sous réserve que des amendements soient apportés.
Une députée MCG trouve regrettable d’avoir un enseignement du
numérique fragmenté. Elle ne souhaite pas la construction d’un bâtiment
spécifique, mais plutôt un tronc commun. Elle est d’avis d’attendre des
amendements proposés en plénière et dans l’intervalle, pour sa part, elle votera
favorablement à la motion.
Un député LJS pense que la commission commet une grande erreur de
considérer le numérique comme une sous-branche. Il souligne les besoins dans
le domaine de la technologie. Le vote favorable à cette motion permettrait dans
quelques années d’avoir une école qui réponde à ces besoins. Il rappelle que
Genève n’a pas assez de talents et est obligé de recruter à l’étranger. Il note, à
titre exemplatif, que la Poste a dû délocaliser ses bureaux à Lisbonne. Il
propose d’ajouter un amendement qui invite à étudier la faisabilité d’une haute
école du numérique. Il invite ses collègues à revoir leur position.
Le président met aux voix la prise en considération de la M 2934 :
Oui :
5 (1 S, 2 Ve, 1 MCG, 1 LJS)
Non :
9 (2 S, 1 LC, 4 PLR, 2 UDC)
Abstentions : 1 (1 MCG)
Le renvoi de la M 2934 au Conseil d’Etat est refusé.
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Conclusion
L’ensemble de la commission a relevé l’intérêt de la thématique soulevée
par l’auteur de la motion, soit de s’assurer d’une main-d’œuvre formée et
compétente dans le domaine numérique pouvant répondre aux besoins actuels
et futurs. Cependant, pour la majorité, la solution ne réside pas dans la création
d’une HES numérique genevoise et celle-ci rappelle que cette prérogative est
intercantonale (convention intercantonale HES-SO). Pour les raisons qui
précèdent, la majorité vous enjoint à refuser cette proposition de motion.
Annexes :
1) Présentation « Proposition de motion. Pour la création d’une Haute Ecole
Numérique. Par le Groupe LJS. Représenté par Djawed Sangdel.
Commission de l’Enseignement Supérieur »
2) Réponses de la HES aux questions de M. Djawed Sangdel
M 2934-A
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ANNEXE 1
Proposition de motion
Pour la création d'une Haute École Numérique
Par le Groupe LJS
Représenté par Djawed SANGDEL
Commission de l'Enseignement Supérieur
Genève, 19/10/2023
1
Plan de la Présentation :
1. Remerciements
2. HES-SO Genève en chiffres
3. Université de Genève en chiffres
4. Le Contexte
5. La situation actuelle et les défis à venir
6. Le chemin pour devenir un expert en informatique
7. Raisons de la création
8. Impact de la Non-Intervention
9. Conclusion
Questions et réponses
Sources et références
Genève, 19/10/2023
2
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1. Remerciements
Monsieur le Président, Chères et Chers Collègues,
Au nom du Groupe LJS et en mon nom personnel, je tiens à vous exprimer ma gratitude
pour l'attention que vous portez à la présentation de la motion relative à la création d'une
Haute École Numérique. Ce sujet revêt une grande importance pour l'économie de notre
Canton et répond aux besoins de notre pays.
Genève, 19/10/2023
3
La guerre des talents dans le domaine informatique, ainsi que la
compétition pour attirer et retenir les professionnels de
l'informatique, constituent un défi majeur.
Pourquoi?
Après la science, la technologie est souvent la première solution à
de nombreux problèmes de notre vie.
Genève, 19/10/2023
4
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2. HES-SO Genève
Nous avons 6 HES à Genève.
1. HEPIA - Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture
Architecture, Architecture du paysage, Génie civil, Technique des bâtiments, Génie mécanique, Microtechniques,
Informatique et systèmes de communication, Agronomie, Gestion de la nature
2. HEAD - Haute école d'art et de design
Arts visuels, Cinéma, Architecture d'intérieur, Communication visuelle, Illustration, Design Mode, Design Bijou et
accessoires
3. HEG - Haute école de gestion
Economie d'entreprise, Informatique de gestion, Information Science, International Business Management
4. HEM – Haute école de musique
Musique, Musique et mouvement
Genève, 19/10/2023
5
2.1.HES-SO Genève
5. HEdS - Haute école de Santé
Soins infirmiers, Sage-femme, Physiothérapie, Nutrition et diététique, Technique en radiologie médicale.
6. HETS - Haute école de travail social
Travail social, Psychomotricité (Master seulement)
Pourquoi pas ?
7. Une Haute école Spécialisée numérique
Informatique et Sciences de Données, Informatique, Intelligence Artificielle, Cybersécurité, Analyse de Données,
Technologies Numériques et Ingénierie, Ingénierie Informatique, Systèmes Embarqués, Ingénierie des
Télécommunications, Conception de Matériel Numérique, Génie Logiciel, Développement de Logiciels, Gestion de
Projets Informatiques, Design Numérique, Technologie Blockchain, Imagerie Médicale Numérique, Sciences et
Données, Entrepreneuriat Numérique
Genève, 19/10/2023
6
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2.2. HES-SO Genève en chiffres
6 hautes écoles
• La Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture (HEPIA), la Haute école d'art et de design
(HEAD), la Haute école de gestion (HEG), la Haute école de Santé (HEdS), la Haute école de
travail social (HETS) et la Haute école de musique (HEM).
18 lieux de formation
• De Champel à Jussy, 18 lieux de formation, dont certains bâtiments historiques comme celui de la
Haute école d'art et de design au boulevard James-Fazy et celui de la Haute école de musique à la
place Neuve.
6 domaines
• Ingénierie et architecture, Economie et services, Design et arts visuels, Santé, Travail social,
Musique et arts de la scène.
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7
2.3. HES-SO Genève en chiffres
28 Bachelors (yc orientations)
• Les hautes écoles HES-SO Genève offrent 28 formations professionnelles de niveau supérieur, menant à un Bachelor «of Science»
ou «of Arts». Le Bachelor correspond à 3 années d'études à plein temps, soit 180 crédits ECTS (unité de mesure de la formation
reconnue à l'échelon européen).
20 Masters dont
·
10 Masters gérés par la HES-SO Genève :
Master of Science HES-SO en Sciences de l'information, Master of Arts HES-SO en Arts visuels, Master of Arts HES-SO en
Architecture d'intérieur, Master of Arts HES-SO en Design, Master of Arts HES-SO en Composition et théorie musicale, Master of
Arts HES-SO en Interprétation musicale spécialisée, Master of Arts HES-SO en Interprétation musicale, Master of Arts HES-SO en
Pédagogie musicale, Master of Arts en Ethnomusicologie, Master of Science HES-SO en Psychomotricité.
·
10 Masters auxquels la HES-SO Genève participe :
Master of Arts HES-SO en Cinéma, Master of Science HES-SO in Engineering, Master of Science HES-SO in Life Sciences, Master
of Arts HES-SO en Architecture, Master of Science HES-SO en Business Administration, Master ès Sciences en Sciences
infirmières, Master of Arts HES-SO en Travail social, Master en Sciences de la Santé, Master of Science HES-SO en Integrated
Innovation for Product and Business Development - Innokick, Maîtrise en Développement territorial.
11 formations uniques en Suisse romande
• Agronomie, Architecture d'intérieur, Architecture du paysage, Gestion de la nature, Information documentaire, Informatique et
systèmes de communication, International business management, Musique et mouvement, Nutrition et diététique,Technique des
bâtiments et Psychomotricité.
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2.4. HES-SO Genève en chiffres
6399 étudiantes et étudiants
• dont 407 en modules complémentaires et maturité spécialisée Santé.
A la rentrée académique 2022, la HES-SO Genève enregistre une progression de 2.8% par rapport
à 2021.
921 étudiantes et étudiants en emploi et à temps partiel
• A la rentrée académique 2022, la HES-SO Genève compte 315 étudiant-e-s en emploi et 606
étudiant-e-s à temps partiel.
1489 diplômes
• C'est le nombre de diplômes délivrés en 2021 par les hautes écoles de la HES-SO Genève.
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2.5. HES-SO Genève en chiffres
Parité hommes-femmes
• La HES-SO Genève compte près de 52 % d'étudiantes en 2022 et 39%, 44% et 60% de
postes de femmes parmi respectivement le corps enseignant, le corps intermédiaire et le
personnel administratif et technique en 2021.
735 postes
• Le nombre de postes au sein du corps enseignant et du corps intermédiaire en 2021.
51 ans
• L'âge moyen du corps enseignant en 2021.
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2.6. HES-SO Genève en chiffres
230 millions
• Le projet de budget 2022 de la HES-SO Genève.
26.2 millions pour la Ra&D et les prestations de services
• Le montant des projets Recherche appliquée et développement (Ra&D) menés par la
HES-SO Genève en 2021 s'est élevé à 22 millions ; celui des prestations de services aux
tiers a été de 4.2 millions.
28 % des effectifs de la HES-SO
• Les étudiant-e-s de la HES-SO Genève représentent 29 % des effectifs de la HES-SO au
15.10.2022.
• Données 2021 / 2022, actualisées au 16.12.2022
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3. Université de Genève
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3.1. Université de Genève
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3.2. Université de Genève
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3.3. Université de Genève
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3.4. Université de Genève
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4. Le Contexte
• Le monde évolue rapidement, transformé par les avancées technologiques et
numériques.
• Genève, un pôle d'innovation et de technologie, doit adapter son système éducatif à cette
nouvelle réalité.
• L'enseignement supérieur doit répondre aux besoins de l'industrie numérique en
croissance à Genève.
• Une Haute École Numérique est nécessaire pour former la main-d'œuvre qualifiée
dont Genève a besoin et renforcer sa position en tant que leader technologique.
• Il est crucial de prévoir les besoins futurs de l'industrie et de former des professionnels
capables de relever les défis du 21e siècle
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5. La situation actuelle et les défis à venir
En Suisse, la demande croissante de professionnels en technologies de l'information (TI)
se classe en deuxième position dans l'indice de pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
Une étude récente prévoit que le pays aura besoin de 120 000 informaticiens
supplémentaires d'ici 2030 en raison des départs à la retraite, des migrations et de la
transformation numérique. Sans intervention, une pénurie de 40 000 experts en TI est à
prévoir d'ici là.
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5.1. La situation actuelle et les défis à venir
D'ici 2030, la Suisse fera face à une pénurie de près de 40 000 informaticiens en raison
des départs à la retraite, de la migration et de la transformation numérique. La sécurité
informatique est particulièrement touchée. Malgré les efforts de formation et l'immigration, le
déficit persiste, ce qui entraîne un taux de postes vacants de 4% à 26% selon les régions.
Cette pénurie aura un impact économique (perte de valeurs), estimé à 31 milliards de
dollars d'ici 2030 selon une étude complémentaire mandatée par Digitalswitzerland.
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5.2. La situation actuelle et les défis à venir
L'attraction de professionnels étrangers n'est pas une solution à long terme, car d'autres pays
attirent également ces talents, et ces professionnels sont souvent mobiles.
Pour répondre à la demande croissante, il est nécessaire d'augmenter le nombre de places
d'apprentissage, de former davantage de professionnels et de promouvoir la reconversion
professionnelle et la formation continue. L'implication des responsables politiques est essentielle pour
soutenir le secteur.
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5.3. La situation actuelle et les défis à venir
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5.4. La situation actuelle et les défis à venir
La Poste suisse a ouvert un site de développement informatique à Lisbonne pour faire face à la pénurie
d'informaticiens en Suisse. L'objectif est de trouver du personnel de qualité, principalement dans les domaines
de l'analyse d'affaires, du développement de logiciels, de l'analyse des données et de la cybersécurité.
La Poste a pris cette décision en raison de la pénurie de spécialistes des technologies de l'information en
Suisse, estimant que le pays fera face à une pénurie de 35 000 informaticiens d'ici 2028. Le directeur du
site de Lisbonne, Nuno Pedro, souligne que la motivation n'était pas de réduire les coûts, mais de trouver du
personnel de qualité. La Poste espère recruter 150 employés supplémentaires pour ce site au cours des
prochaines années.
En Suisse, la formation d'informaticiens est relativement récente, et il y a une forte concurrence pour recruter
des spécialistes dans ce domaine.
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6. Le chemin pour devenir un expert en informatique
5. Pour atteindre le statut d'expert, il est impératif de maîtriser un domaine spécifique de l'informatique, que ce soit la cybersécurité,
l'intelligence artificielle, la science des données, la gestion de bases de données, ou d'autres spécialités du domaine informatique.
4. La personne peut également obtenir des certifications professionnelles dans des domaines informatiques spécifiques, tels que la
sécurité, la gestion de projet, la programmation, etc., pour renforcer son expertise.
3. En ce qui concerne l'expérience professionnelle, il faut généralement accumuler entre 5 et 10 ans d'expérience dans un domaine
informatique particulier pour être considéré comme un expert.
2. Au niveau du Master, la plupart des experts détiennent au moins un diplôme de niveau Master, avec des différences selon leur domaine
d'expertise.
1. Au niveau du Bachelor, la personne acquiert des compétences de base en informatique et a la possibilité de se spécialiser, bien que ce
stade ne confère pas encore le statut d'expert.
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Ces étapes décrivent de manière générale le parcours pour devenir un expert en informatique.
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7. Raisons de la Création
1. Répondre à la forte demande du marché de l'emploi genevois en technologies de l'information et de la
communication numérique.
2. Positionner Genève comme un pôle d'excellence international en technologies numériques.
3. Former des experts en intelligence artificielle, cybersécurité, science des données et développement de
logiciels.
4. Prévenir les conséquences des cyberattaques en formant une population informée.
5. Satisfaire les besoins des entreprises genevoises de divers secteurs économiques.
6. Réduire la dépendance à l'importation de main-d'œuvre spécialisée.
7. Favoriser la création d'emplois et la croissance économique.
8. Éviter de perdre environ 31 milliards de dollars d'ici 2030 en manque de main-d'œuvre spécialisée.
9. Stimuler l'innovation et la recherche dans le numérique.
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8. Impact de la Non-Intervention
En l'absence d'action pour créer la Haute École Numérique, les conséquences possibles incluent :
1. Pénurie de Compétences, ralentissant la croissance des entreprises locales.
2. Perte de Compétitivité internationale et d'attractivité pour les entreprises internationales.
3. Risques Croissants en Cybersécurité pour les entreprises et les infrastructures.
4. Dépendance continue à l'importation de main-d'œuvre spécialisée, impactant l'économie et l'emploi.
5. Perte de Croissance Économique due à un manque de main-d'œuvre qualifiée et d'innovation.
6. Retard dans la Recherche et l'Innovation numériques, laissant d'autres régions prendre l'avantage.
7. Fuite des Cerveaux avec des talents locaux cherchant des opportunités à l'étranger.
8. Déséquilibre en Éducation, avec un écart de compétences difficile à combler.
9. Isolement de la Communauté Technologique, limitant les collaborations internationales et l'accès aux avancées
technologiques.
10. Inefficacité dans la Lutte Contre les Menaces Numériques, affectant la sécurité des données et des infrastructures.
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9. Conclusion
La création d'une Haute École Numérique à Genève revêt une importance cruciale, étant donné
qu'elle s'avère essentielle et même indispensable pour répondre aux besoins croissants du
marché de l'emploi, stimuler l'innovation et favoriser la croissance économique. Comme cela a été
évoqué précédemment, les compétences dans le domaine technologique sont aujourd'hui devenues
incontournables. De multiples acteurs, tant privés que publics, ont manifesté leur préoccupation quant
à la pénurie de compétences qualifiées en Suisse, situation qui représente une menace
significative pour l'économie de notre canton et de notre pays. Les structures éducatives actuelles
se trouvent limitées dans leur capacité à répondre aux besoins actuels et futurs du marché de
l'emploi. Il nous incombe dès à présent d'anticiper ces défis afin d'y remédier. Ainsi, nous vous
exhortons vivement à apporter votre soutien à cette motion, dans l'intérêt de l'avenir prospère de
Genève et de notre pays.
Comme le souligne le célèbre adage, l'éducation constitue la pierre angulaire de la vie.
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Questions et Réponses
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Sources et références
•
https://www.hesge.ch/geneve/contact-0
•
https://www.hesge.ch/geneve/hes-so-geneve/qui-sommes-nous/en-chiffres
•
https://www.unige.ch/stat/actualite/chiffresetudiants-1
•
https://cui.unige.ch/fr/formations/bachelors/
•
https://cui.unige.ch/fr/formations/masters/
•
https://www.unige.ch/sciences/fr/enseignements/formations/masters/
•
https://www.rts.ch/info/economie/14118354-la-poste-inaugure-son-site-de-developpement-informatique-a-lisbonne.html
•
https://www.kmu.admin.ch/kmu/fr/home/actuel/interviews/2022/d-ici-2030-il-manquera-environ-40-000-informaticiens-en-suisse.html
•
https://www.ictjournal.ch/etudes/2022-09-12/en-2030-il-manquera-pres-de-40000-informaticiens-en-suisse
•
https://www.hrtoday.ch/fr/article/comment-lutter-contre-la-penuriedinformaticiens#:~:text=Selon%20la%20derni%C3%A8re%20%C3%A9tude%2C%20la,de%2040%20000%20sp%C3%A9cialistes%20ICT.
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ANNEXE 2
Commission de l'enseignement supérieur
M 2934 pour la création d'une haute école numérique
Présentation par M. Sangdel le jeudi 19 octobre 2023, auteur
Réponses de la HES aux questions de M. Djawed Sangdel
1.
Combien d'étudiants sont inscrits dans vos programmes informatiques de niveau
Bachelor et Master ?
Deux filières dispensent des Bachelors en Informatique :
HEPIA – Bachelor en Ingénierie des technologies de l’information (ISC)
HEG : Informatique de gestion (IG) :
191 étudiant‐e‐s
256 étudiant‐e‐s
A ces deux filières, il faut en ajouter plusieurs autres directement en lien avec les domaines du
numérique et de l’informatique. A titre d’exemples:
HEAD : Communication visuelle et Media Design (Master)
HEG : Information Science.
HEPIA : Génie mécanique (robotique, Industrie 4.0).
Au niveau Master :
MSc BA - Orientation Management des Systèmes d'information
MSE – Orientation Computer science (CS)
MSE – Orientation Data science (DS)
MSE - Orientation Microengineering (Mic)
45
105
61
41
Remarque : les chiffres ci‐dessus concernent l’année académique 2023‐2024
2.
Comment ont évolué les inscriptions entre 2022‐2023 et 2023‐2024?
ISC : Baisse de 3% entre 22/23 et 23/24
IG : Hausse de 5% entre 22/23 et 23/24
3.
Quelle est la répartition par genre de vos étudiants, en pourcentage et en chiffres?
Il s’agit des chiffres pour 2022 (que l’on peut aussi consulter dans notre Rapport de gestion).
ISC : 94% d’hommes (185) – 6% de femmes (12)
IG : 80% d’hommes (194) – 20% de femmes (20)
4.
Quels sont les principaux domaines de spécialisation dans vos programmes
informatiques ?
HEPIA ‐ ISC
Dans un domaine en perpétuelle évolution, la formation est construite pour répondre aux besoins
actuels et futurs des milieux professionnels. Axée sur l’analyse de problèmes et la création de solutions
concrètes, elle développe des compétences génériques et transposables. Dès la 2e année, les étudiant‐
e‐s se spécialisent dans un secteur précis, en choisissant l’une des cinq orientations possibles :
Sécurité informatique (HEPIA)
Informatique logicielle (HEPIA)
Systèmes informatiques embarqués (HEPIA)
Ingénierie des données
Réseaux et systèmes
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M 2934-A
Cette filière est proposée à plein temps ou à temps partiel le soir en quatre ans.
Davantage
d’informations :
https://www.hesge.ch/hepia/bachelor/informatique‐et‐systemes‐
communication
HEG ‐ IG
Pluridisciplinaires, les études en informatique de gestion développent des compétences en ingénierie
logiciel et en systèmes d'information. Elles intègrent également au cursus une formation en gestion,
communication et management. La formation permet à ses diplômé‐e‐s e réaliser et de coordonner
toutes les phases du cycle de vie d'un système d'information informatisé.
Cette filière peut être suivie à plein temps ou à temps partiel.
Davantage
d’informations :
gestion#apercu‐de‐la‐formation
5.
https://www.hesge.ch/heg/formations/bachelors/informatique‐
Comment favorisez‐vous la diversité de genre parmi vos étudiants?
Depuis des années, nous organisons alternativement à HEPIA et à la HEG les cours « Internet & Code
pour les filles » destinés à 50 pré‐adolescentes de 9 à 11 ans, ainsi que les cours « Coding club pour les
filles », destinés eux aux 11‐16 ans.
Dans les deux cas, il s’agit de susciter et/ou de renforcer l’intérêt, les connaissances et la créativité des
jeunes filles dans les domaines du numérique en développant chez elles des compétences utiles dans
de nombreuses disciplines. Il s’agit aussi de leur donner la possibilité et les moyens de progresser dans
les domaines des technologies de l’information et de la communication (TIC), afin qu’elles considèrent
ces branches et celles de l’ingénierie pour leur avenir professionnel.
HEPIA participe également au forum « Elargis tes horizons », toujours dans le but de faire découvrir les
filières informatiques aux jeunes femmes et les deux hautes écoles ont des programmes spécifiques
lors de la journée « Futur en tous genres ».
Par ailleurs, nous mettons systématiquement en avant les modèles féminins lors des séances de
présentation et dans les matériels de communication.
A l’engagement de professeurs en informatique, nous favorisons les dossiers féminins à compétences
égales afin de rendre l’image de l’informatique moins masculine.
6.
Quels sont les taux de réussite et de diplomation dans vos programmes ?
Voici les taux de diplomation (cohorte 2017, dernière cohorte pour laquelle on a les chiffres définitifs,
puisque les filières en emploi /à temps partiel se font en 4‐5 ans)
ISC : 71%
IG : 44%
7.
Avez‐vous des partenariats avec des entreprises ou organisations informatiques bénéficiant à
vos étudiants ?
Oui, les deux filières entretiennent de nombreux partenariats.
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8.
56/63
Quelles sont les initiatives de recherche et développement actuelles en informatique au sein de
votre institution ?
De nombreux projets de recherche sont en cours, notamment consultables sur les sites internet des
hautes écoles.
La majorité des recherches des professeurs de la filière IG de la HEG traitent de big data, d’intelligence
artificielle et de machine learning. Le fouille de données est, par exemple, très utile en médecine pour
prouver ou découvrir des nouveaux modèles. L’intelligence artificielle fait aussi l’objet de projets plus
appliqués qui permettent d’optimiser des processus ou des flux de données dans les activités de tous
les jours. Finalement d’autres professeurs travaillent et produisent des résultats dans l’automatisation
des algorithmes (machine learning).
HEPIA fait également des recherches dans de nombreux domaines du secteur de l’informatique et des
télécoms, notamment autour de l’informatique dite à grande échelle. Avec des compétences
en particulier en:
‐Communicating, Reconfigurable, Embedded Systems
‐Data science and computational intelligence
‐Networking, trust, privacy and security
9.
Quels sont les défis majeurs dans vos activités liées à la science informatique ?
Les voies d’accès pour venir faire un Bachelor sont insuffisantes (pas assez de places CFC en école –
numérus clausus – et en entreprise).
Le biais de genre qui continue à exister.
Les freins institutionnels à l’utilisation de logiciels libres
La question de la participation de nos sociétés à la transition numérique
L’intégration en continu des nouvelles technologies
Les écoles doivent par ailleurs mettre sur le marché des professionnels responsables et compétents ce
qui signifie que, alors que la complexité du métier ne fait qu’augmenter, nous ne pouvons/voulons pas
baisser les exigences. Une mauvaise formation en informatique aurait des conséquences très
dommageables pour la société si les diplômés développent des solutions informatiques bancales ou
dangereuses.
Enfin, la responsabilité numérique envers la société en termes juridiques, en termes de protection de
la sphère privée et de la propriété intellectuelle est essentielle, de même que l’éthique, de
10. Avez‐vous des projets futurs pour promouvoir l'excellence en sciences informatiques à
Genève ?
Oui, autant au niveau de la recherche, de la sensibilisation du grand public, de mises sur pied d’atelier
ou encore de la communication.
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Date de dépôt : 14 mai 2024
RAPPORT DE LA PREMIÈRE MINORITÉ
Rapport de Danièle Magnin
Le MCG a voté oui lors de la prise en considération de cette motion, car il
nous apparaît essentiel que Genève soit au centre du développement de
l’enseignement de tout ce qui concerne le numérique.
En effet, notre économie manque actuellement d’un grand nombre
d’informaticiens, que nos entreprises publiques ou privées sont contraintes de
faire venir de l’étranger. Les personnes engagées peuvent travailler en
présentiel sur notre territoire ou à distance comme nous l’avons appris par la
presse ! Nous savons aussi que La Poste Suisse a délocalisé certains de ses
services informatiques à Lisbonne.
Le manque actuel d’informaticiens formés, de toutes les pointures
nécessaires à notre économie, va s’accentuer de façon logarithmique ces
prochaines années. Nous avons donc le devoir de changer de système
d’enseignement du numérique, au risque de devenir une petite ville de province
si nous ne réagissons pas, si nous ne faisons rien, par exemple au prétexte que
la dénomination de l’école à créer disconvient.
La commission de l’enseignement supérieur a procédé à trois auditions, soit
le rectorat de l’Université de Genève, celui de la HES-SO et le responsable de
la formation de la FER.
Il en est ressorti que tant l’Université de Genève que la HES-SO ont des
programmes pour l’enseignement du numérique en lien avec les matières
enseignées.
La HES-SO a des voies d’accès à ces formations limitées aux porteurs de
maturités professionnelles et non gymnasiales, l’enseignement étant axé sur le
travail en entreprise.
L’université a les portes d’entrée que l’on connaît : entrée réservée aux
porteurs de diplômes de maturité gymnasiale ou jugés équivalents.
Tandis que la formation duale de l’apprentissage conduisant au CFC ne
propose qu’une cinquantaine de places par année.
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On voit que l’on est donc très, très loin de pouvoir former les informaticiens
dont notre économie a besoin.
La FER a émis l’idée d’un tronc commun pour l’enseignement du
numérique afin d’éviter de passer par la construction coûteuse et chronophage
d’un bâtiment.
La commission a aussi évoqué l’idée de rédiger des amendements, mais ne
l’a pas fait dans un délai assez rapide.
C’est pourquoi le MCG vous invite premièrement à soutenir cette motion,
à entrer en matière sur les éventuels amendements, et/ou à la renvoyer en
commission, ce dont il vous saura gré.
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M 2934-A
Date de dépôt : 13 mai 2024
RAPPORT DE LA SECONDE MINORITÉ
Rapport de Djawed Sangdel
La motion M 2934 propose la création d’une nouvelle haute école
numérique à Genève. Cette initiative, soutenue par une majorité, a été
examinée lors de quatre sessions de la commission. Toutefois, malgré le
soutien, des réserves ont été exprimées concernant l’investissement initial et
les complexités intercantonales de mise en œuvre. Nous, la minorité,
soutenons que ces obstacles ne doivent pas nous empêcher de répondre à un
besoin crucial et stratégique pour notre canton et pour la Suisse dans son
ensemble.
Cette motion s’inscrit dans la continuité des six hautes écoles spécialisées
déjà présentes à Genève, telles que l’HEPIA, la HEAD, la HEG, la HEdS, la
HETS et la HEM, soulignant ainsi la nécessité d’une institution dédiée aux
technologies.
Il est capital de reconnaître la technologie comme une discipline
majeure et fondamentale, un statut qui lui manque pour l’instant. Il serait
inapproprié de la considérer simplement comme une sous-branche d’une
école de gestion ou de l’intégrer à une autre école spécialisée. La formation
technologique mérite d’être traitée et établie en tant que branche principale
autonome.
Selon la RTS, la Poste suisse a ouvert un nouveau site de développement
informatique à Lisbonne, au Portugal en juin 2023, pour répondre à la future
pénurie de spécialistes en technologies de l’information prévue en Suisse. La
décision de s’établir à Lisbonne répond à plusieurs besoins, notamment
combler le déficit de spécialistes informatiques en Suisse, estimé à 35 000
d’ici 2028, et trouver des solutions de recrutement face à la retraite prochaine
de nombreux employés de la génération des baby-boomers. Malgré les
critiques, Nuno Pedro insiste sur le fait que le choix de Lisbonne n’était pas
motivé par la recherche de coûts de main-d’œuvre moins élevés, mais plutôt
par la qualité du personnel local. La Poste se concentre à Lisbonne sur quatre
domaines principaux : l’analyse d’affaires, le développement de logiciels,
l’analyse des données et la cybersécurité et prévoit d’engager 150 personnes
supplémentaires.
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Il est préoccupant de constater que, face au manque de spécialistes qualifiés
à Genève et en Suisse, nos entreprises sont contraintes de recruter du
personnel à l’étranger et de délocaliser leurs activités. Cette tendance, si
elle perdure, risque d’avoir un impact significatif sur l’employabilité locale et
la sécurité des données. En effet, le traitement et le stockage des données des
citoyens suisses à l’étranger posent de sérieux enjeux en matière de sécurité
des informations. Il est donc impératif de prendre des mesures proactives pour
développer nos propres ressources humaines spécialisées, afin de garantir non
seulement la sécurité de l’information, mais aussi pour renforcer l’autonomie
nationale dans des secteurs critiques.
Cette situation souligne l’urgence de soutenir des initiatives telles que la
création de la Haute école numérique. Cela permettrait de répondre
efficacement à ces défis et d’assurer un avenir où la Suisse peut compter sur
ses talents locaux pour satisfaire ses besoins en compétences spécialisées.
Contexte
Genève, en tant que centre international reconnu, doit continuellement
innover dans le secteur éducatif pour maintenir et renforcer sa compétitivité
mondiale. La création d’une haute école numérique est en parfaite adéquation
avec cette nécessité, répondant aux besoins immédiats et futurs en
compétences spécialisées dans les technologies avancées.
Analyse de la situation actuelle
Capacité actuelle
En 2023, 469 étudiantes et étudiants sont inscrits dans les filières
informatiques de l’Université de Genève gérées par le département
d’informatique de la faculté des sciences et par le Centre universitaire
d’informatique (CUI). Répartition des inscriptions :
Bachelor : 261
Master : 102
Master of advanced studies (MAS) : 39
Certificats complémentaires et étudiants libres : 12
Doctorats : 55
Cependant, ce nombre reste insuffisant face à la demande croissante de
compétences numériques, surtout pour les formations très demandées sur le
marché de l’emploi.
−
−
−
−
−
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Besoin de spécialisation
Les technologies telles que l’IA, la cybersécurité et la data science évoluent
à un rythme qui dépasse la capacité des programmes éducatifs actuels à fournir
des experts en nombre suffisant.
Arguments en faveur de la motion
1. Déficit de compétences
La Suisse pourrait faire face à une pénurie de 40 000 spécialistes TIC d’ici
2030, menaçant notre économie avec des pertes potentielles estimées à
31 milliards de dollars selon une étude complémentaire mandatée par
Digitalswitzerland.
2. Avantages économiques et stratégiques
Une haute école spécialisée contribuerait à former une main-d’œuvre
qualifiée, stimulant ainsi l’innovation et attirant des investissements
significatifs.
3. Réponse aux besoins du marché
La pénurie actuelle de compétences en TIC ralentit la croissance des
entreprises locales et compromet la sécurité des infrastructures vitales.
Conséquences d’une non-intervention
L’absence d’investissement dans une haute école numérique aurait des
répercussions sérieuses et à moyen et long terme pour notre canton et pour la
Suisse :
1. Perte de compétitivité
Sans renouvellement de nos talents en TIC, Genève risque de perdre son
attractivité pour les investissements internationaux, essentiels à notre
économie.
2. Vulnérabilité accrue
Les risques en cybersécurité pourraient augmenter, affectant la sécurité des
entreprises et des infrastructures essentielles, dans un contexte où les
cyberattaques sont de plus en plus sophistiquées.
3. Dépendance économique
La dépendance continue à l’importation de main-d’œuvre spécialisée
pourrait aggraver les déficits commerciaux et réduire l’autonomie nationale en
matière de compétences technologiques.
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4. Stagnation économique
Un manque de main-d’œuvre qualifiée pourrait entraîner une perte de
croissance économique, réduisant les revenus fiscaux et la capacité
d’investissement public.
5. Retard technologique
Un retard dans la recherche et l’innovation numériques permettrait à
d’autres régions de nous devancer, diminuant notre influence sur les normes
technologiques globales.
6. Exode des talents
La fuite des cerveaux, avec nos talents locaux partant à l’étranger pour des
opportunités meilleures, diminuerait notre base de connaissances et
d’expertise.
7. Déséquilibre éducatif
L’écart croissant entre les compétences disponibles et les compétences
nécessaires rendrait plus difficile l’adaptation de notre système éducatif aux
besoins futurs.
8. Isolement technologique
L’isolement de notre communauté technologique limiterait les
collaborations internationales et l’accès aux avancées technologiques,
essentiels pour rester à la pointe.
9. Inefficacité en cybersécurité
Une incapacité accrue à combattre les menaces numériques pourrait
compromettre la sécurité des données et des infrastructures, avec des
conséquences potentiellement catastrophiques.
Conclusion
Nous, la minorité de la commission, exhortons tous les députés à
reconnaître l’importance stratégique de la création d’une haute école
numérique. Cette initiative est cruciale non seulement pour notre canton mais
aussi pour toute la Suisse. En effet, la pénurie de compétences techniques et de
main-d’œuvre qualifiée est un enjeu global. Ignorer ce défi, en raison des
obstacles tels que les coûts élevés et la complexité des arrangements
intercantonaux, pourrait mener à des conséquences sévères, telles qu’une
perte de compétitivité et un retard dans l’innovation, qui pourraient
s’avérer irréversibles.
Nous soulignons que ces compétences sont essentielles pour répondre aux
besoins actuels et futurs des entreprises non seulement à Genève, mais dans
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toute la Suisse. L’absence de réaction face à ce besoin urgent risque d’affecter
gravement notre capacité à rester compétitifs sur la scène internationale.
C’est pourquoi nous vous invitons, chers collègues, à soutenir résolument
cette proposition de motion. Agir maintenant est impératif pour sécuriser
l’avenir économique et technologique de notre canton.