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Résumé

### 1. Titre et référence exacte du projet de loi/document législatif **Titre :** Proposition de motion pour promouvoir l’apprentissage des langues nationales et alléger les tâches administratives des enseignantes et des enseignants en la matière **Référence :** M 3014-A ### 2. Objectif principal L'objectif principal de la motion est de promouvoir l’apprentissage des langues nationales en Suisse et de soutenir le corps enseignant en allégeant leurs tâches administratives liées à cet apprentissage. ### 3. Modifications législatives proposées et leur portée Les modifications législatives proposées incluent : - Mise en place d'un système de jumelage entre les établissements du secondaire I et II du canton de Genève et ceux des cantons alémaniques et du Tessin. - Extension du système d’échanges linguistiques « clé en main » existant au niveau primaire aux niveaux secondaires I et II. - Encouragement des établissements des niveaux secondaires I et II à organiser des échanges linguistiques et des projets d’établissements. - Amélioration de la coordination et de l’information liées aux actions du département de l’instruction publique pour l’apprentissage des langues étrangères. - Réflexion sur la possibilité d’une filière bilingue allemand-français au niveau du secondaire I. ### 4. Discussions ou avis exprimés dans le document (majorité/minorité) Le rapport présente des discussions sur l'importance de l'apprentissage des langues nationales pour la cohésion du pays et l'accès à l'emploi. Les membres de la commission ont exprimé des préoccupations concernant les tâches administratives pesantes pour les enseignants et la nécessité de faciliter les échanges linguistiques. Les avis sont majoritairement favorables à la motion, avec des suggestions pour améliorer la mise en œuvre des jumelages et des échanges. ### 5. Implications principales de ce projet Les implications principales de ce projet incluent : - Une meilleure intégration des élèves dans les langues nationales, favorisant leur mobilité et leurs perspectives professionnelles. - Un soutien accru pour les enseignants, réduisant la charge administrative liée à l'organisation des échanges linguistiques. - La création de réseaux entre établissements scolaires, facilitant ainsi les échanges et l'apprentissage des langues. - Une réflexion sur l'amélioration de l'offre éducative en matière de langues, notamment avec l'introduction potentielle d'une filière bilingue.

Texte extrait

GRAND CONSEIL

de la République et canton de Genève

M 3014-A

Date de dépôt : 21 juillet 2025

Rapport

de la commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture
et du sport chargée d’étudier la proposition de motion de Natacha
Buffet-Desfayes, Yvan Zweifel, Murat-Julian Alder, Geoffray Sirolli,
Darius Azarpey, Fabienne Monbaron, Philippe Meyer, Alexis
Barbey, Joëlle Fiss, Rémy Burri, Thierry Oppikofer, Alexandre de
Senarclens, François Wolfisberg, Jean-Pierre Pasquier, Pierre
Nicollier, Masha Alimi, Marc Saudan, Christina Meissner pour
promouvoir l’apprentissage des langues nationales et alléger les
tâches administratives des enseignantes et des enseignants en la
matière
Rapport de Thierry Oppikofer (page 4)

ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 08.25

M 3014-A

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Proposition de motion
(3014-A)

pour promouvoir l’apprentissage des langues nationales et alléger les
tâches administratives des enseignantes et des enseignants en la matière

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :
– que l’apprentissage des langues étrangères et nationales est une évidence
dans un pays tel que la Suisse ;
– que la connaissance des langues nationales permet une meilleure
connaissance de la Suisse et facilite la mobilité des jeunes dans le cadre de
leur formation et, par la suite, dans celui de leur mobilité professionnelle ;
– que nombreuses sont les initiatives qui visent à promouvoir les échanges
entre classes au niveau national 1, mais que les démarches administratives
pour les enseignantes et enseignants restent, si elles se font
individuellement, lourdes et chronophages ;
– que le canton du Jura, par exemple, propose des jumelages entre les
établissements scolaires de ce canton avec les cantons de Bâle et
d’Argovie ;
– que Genève propose de nombreuses activités qui valorisent l’apprentissage
des langues nationales, mais que ces dernières relèvent, pour l’heure,
principalement de démarches personnelles 2 ;
– que, depuis le 1er janvier 2022, des cartes journalières CFF sont proposées
aux écoliers voyageant avec leur classe au prix de 15 francs,
invite le Conseil d’Etat
– à mettre en place un système de jumelage entre les établissements du
secondaire I du canton de Genève et ceux des cantons alémaniques ;
– à mettre en place un système de jumelage entre les établissements du
secondaire II du canton de Genève et ceux des cantons alémaniques et du
Tessin ;
– à étendre le système d’échanges linguistiques « clé en main » qui existe au
niveau du primaire aux niveaux secondaires I et II ;
1
2

Par exemple Movetia (https://www.movetia.ch/)
https://edu.ge.ch/site/elem/category/actualites/

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– à encourager les établissements des niveaux secondaires I et II à faire des
échanges linguistiques des projets d’établissements ;
– à améliorer encore la coordination et l’information liées aux actions du
département de l’instruction publique destinées à l’apprentissage des
langues étrangères ;
– à entreprendre une réflexion, dans le cadre des travaux sur la réforme du
cycle d’orientation, sur la possibilité d’une filière bilingue allemandfrançais au niveau du secondaire I.

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Rapport de Thierry Oppikofer
La commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport
a étudié cet objet en deux séances, les 11 et 18 juin 2025. Les travaux ont été
menés sous la présidence de Mme Francine de Planta. Mme la conseillère d’Etat
Anne Hiltpold, chargée du DIP, a assisté à la première séance, accompagnée
de Mmes Nathalie Leutwyler, directrice du service de l’enseignement, et Liv
Ducrocq, secrétaire générale adjointe. Ces deux cadres du DIP ont également
assisté à la seconde séance de la commission. Les procès-verbaux ont été pris
par Mme Alicia Nguyen. Le rapporteur remercie ces personnes de l’aide
précieuse apportée à la commission.
Présentation de la motion par Mme Natacha Buffet-Desfayes, première
signataire
L’auditionnée indique que le titre de cette motion expose clairement son
but : promouvoir l’apprentissage des langues nationales et soutenir le corps
enseignant qui s’y emploie. L’effort est ciblé sur les langues dont
l’enseignement débute en primaire, de sorte à encourager les séjours
linguistiques, et sur les langues nationales. La députée Buffet-Desfayes étant
elle-même enseignante, elle sait bien qu’il est important d’agir pour un
allégement des tâches administratives des maîtres et maîtresses. On souligne à
juste titre l’importance de maîtriser les langues nationales pour assurer la
cohésion du pays et les perspectives d’emploi. En Suisse, des initiatives visant
à promouvoir l’apprentissage des langues nationales sont chapeautées par
Movetia. Ensuite, chaque canton détermine des options pour encourager les
échanges linguistiques et l’apprentissage des langues nationales.
Se fondant sur ses quinze ans d’expérience professionnelle, Mme BuffetDesfayes constate que, lorsqu’un enseignant dans une langue envisage un
séjour linguistique avec ses élèves, il est rapidement confronté à des tâches
administratives : où aller, dans quelle école, à quelle période, etc. Le DIP
dispose d’un service ad hoc, mais les écoles et les enseignants devraient avoir
une connexion directe avec leurs homologues d’autres régions linguistiques ;
il faudrait des sortes de jumelages entre établissements du secondaire I avec
des cantons alémaniques et du secondaire II avec des cantons alémaniques et
le Tessin – l’enseignement de l’italien ne commence en effet qu’au
secondaire II.
La troisième invite pousse à étendre le système d’échanges linguistiques
« clef en main », qui existe au niveau primaire. Au primaire, il existe des
journées où un échange avec une autre école est possible, avec des activités

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préparées pour éviter à l’enseignant de tout devoir réinventer. La quatrième
invite vise à encourager les établissements de niveau secondaire I et II à
organiser des échanges linguistiques et des projets d’établissements.
L’auditionnée explique que cela se fait parfois au CO.
Quant à la cinquième invite, elle promeut une cohérence, une cohésion et
un accès facilité à l’information. Enfin, la sixième invite propose au DIP de
réfléchir à une filière bilingue allemand-français au secondaire I, même si ce
n’est que pas dans chaque établissement. Mme Buffet-Desfayes rappelle que
plus tôt les enfants parlent et pratiquent une langue, mieux c’est.
Un député (S) demande si l’italien est opposé à l’allemand et s’il ne sera
plus possible de choisir les deux. Mme Ducrocq confirme et relève que les
élèves qui ne souhaitent pas faire de l’allemand, le jugeant par exemple trop
difficile, choisissent l’italien.
Un député (UDC) demande pourquoi l’Autriche et l’Allemagne ne sont
pas mentionnées dans la motion, alors que des échanges ont lieu avec ces pays.
L’auditionnée répond qu’elle a privilégié le partenariat avec d’autres cantons
suisses, mais que l’échange international est également bénéfique.
Un député (LJS) s’inquiète du rattrapage des cours et du coût des
échanges. Mme Buffet-Desfayes rappelle que les échanges existent déjà, sont
organisés sur 14 jours et qu’en cas de difficultés financières des parents, le DIP
fournit une aide.
Enfin, à la question d’un député (UDC) qui évoque le suisse allemand,
l’auditionnée rappelle qu’il faut commencer par maîtriser l’allemand pour
s’atteler aux formes multiples du parler alémanique.
Audition de Mmes Catherine Sonino, responsable des échanges et de la
mobilité au DIP, et Liv Ducrocq, secrétaire générale adjointe
Mme Sonino confirme à la commission que cette motion met un accent très
clair sur l’apprentissage et l’immersion dans le parcours de formation pour les
langues nationales, et que le deuxième focus concerne surtout l’école
obligatoire, car les échanges scolaires s’y déroulent principalement. Elle
souligne également qu’il y a des éléments dans les invites concernant le
secondaire II. Il est important de considérer l’immersion des élèves dans une
langue tout au long de leur parcours de formation. De manière générale, le DIP
cherche à atteindre l’objectif fondamental que les enfants, à la fin de
l’enseignement de l’ES II, possèdent un meilleur bagage linguistique et une
plus grande autonomie, afin de favoriser leur accès à l’emploi. Genève est le
seul canton à avoir réussi à mettre cet accent sur les échanges et la mobilité
dans un programme de législature.

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Mme Sonino approuve les premières invites, à savoir créer des jumelages
avec des établissements de Suisse alémanique, mais ce n’est pas aisé, car
chaque canton a ses propres structures scolaires. A Genève, les enseignants
changent de classe chaque année, alors que, dans de nombreux cantons
alémaniques, un enseignant commence avec un niveau et suit les élèves sur
plusieurs années. De plus, les calendriers scolaires ne sont pas harmonisés, ce
qui contraint à prévoir les échanges sur une seule année scolaire. D’autre part,
certaines familles refusent d’accueillir un élève ou de laisser partir leur enfant.
Dire à des parents que leur enfant de 7 ans partira dans une autre famille à
l’autre bout de la Suisse entraîne souvent un refus. Cette réticence diminue
avec l’âge. Le troisième facteur est la distance. Pour les enseignants genevois,
l’organisation d’un échange implique presque systématiquement deux jours de
transport.
Genève nourrit une approche cohérente sur tout le parcours de formation,
ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs, où les ressources sont plus dispersées.
Concernant les projets d’établissement, Mme Sonino estime que c’est une
bonne idée, mais pense qu’il doit revenir aux directions et aux enseignants de
décider. Concernant l’amélioration de la formation, elle considère qu’il est
toujours possible de faire mieux. Toutefois, beaucoup de choses existent déjà :
des bulletins, des interventions régulières à tous les degrés, des flyers, des
outils et des séances d’information pour les parents et les jeunes.
La création d’un cursus bilingue au CO est en cours de réflexion ; cet
objectif figure dans la feuille de route du DIP. Cela sera possible une fois le
cadre de la réforme structurelle du CO stabilisé. Pour les projets « clef en
main », il en existe déjà au primaire, ainsi que des journées thématiques au CO.
Elle cite plusieurs initiatives telles que Genève Touristique, où les élèves
deviennent ambassadeurs de la ville, dans le cadre d’un échange, accompagnés
par un guide bilingue, ou le programme qui permet aux élèves d’appréhender
en bilingue les bases des organisations internationales. Il existe aussi un camp
bilingue au CO genevois, devenu programme national. Le DIP fournit la
structure, mais la partie pédagogique appartient aux enseignants, qui doivent
pleinement assumer ce rôle.
Un député (PLR) mentionne les échanges organisés en première année au
Collège de Saussure et indique que ses enfants n’ont pas été retenus à deux
reprises. Il a le sentiment que la demande est supérieure à l’offre. Mme Sonino
répond qu’il est rare d’avoir un surnombre. Dans le cas cité, il serait utile de
savoir combien d’élèves auraient souhaité participer, et si le collège aurait pu
envisager de constituer un second groupe. Le même député (PLR) demande
quels sont les freins qui empêchent les enseignants de s’investir dans les
échanges.

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L’auditionnée parle en son nom, ayant elle-même organisé des échanges.
Elle explique que cela demande beaucoup de temps et d’investissement.
Certaines personnes y parviennent plus rapidement, car elles disposent de
réseaux personnels et ont déjà trouvé un partenaire. Pour les autres, trouver un
partenaire est très difficile. C’est, selon elle, le principal frein. De plus, à
Genève, le fait que les enseignants changent de classe chaque année complique
l’organisation. Les échanges scolaires relèvent de l’initiative des enseignants.
Le DIP ne peut pas se substituer à eux pour la création des échanges, car
ceux-ci bénéficient du soutien d’Erasmus. Le DIP obtient des soutiens à travers
des dépôts de projets, portés individuellement par les enseignants ou par
l’école, afin de répondre aux critères d’éligibilité. Il existe des limites au
soutien des parents. Les premiers appuis viennent de la Confédération, puis,
de manière subsidiaire, des soutiens cantonaux, à condition de répondre à
certains critères. L’un d’eux est la présence de thématiques pédagogiques
communes entre les partenaires, incluant les élèves. Ces exigences sont strictes
et nécessitent des spécialistes, c’est pourquoi les échanges scolaires sont
construits par les enseignants eux-mêmes.
Pour les échanges individuels, Mme Sonino note que le DIP a, cette année,
ouvert à tous les élèves – qu’ils soient en filière bilingue ou non, y compris
ceux de l’ECG – la possibilité de participer à un programme développé par le
service qu’elle dirige et ses partenaires au Canada, en Irlande et en Allemagne.
Les élèves peuvent ainsi effectuer un séjour en immersion de six mois ou d’un
an. Ces échanges sont également soutenus par Erasmus et le canton. Cela
signifie que le DIP a levé les obstacles à l’accès à ce type de mobilité pour
l’ensemble des élèves de l’ES II. En septembre, 180 élèves partiront au Canada
ou en Allemagne, y compris, pour la première fois, des élèves de l’ECG. Elle
souligne que, selon les budgets prévus par la Confédération, une augmentation
annuelle de 5% de ces mobilités est prévue, d’autant plus que la filière bilingue
rencontre un succès croissant.
Un député (PLR) se demande néanmoins s’il n’y a pas de limitation du
nombre de participants. La réponse est négative. Un député (UDC) évoque un
échange du CO limité à 20 places. Mme Sonino explique qu’il y a dix ou douze
CO qui organisent régulièrement des échanges. Elle estime qu’environ la
moitié mettent en place de manière traditionnelle des échanges linguistiques.
Beaucoup auraient choisi d’ouvrir ces échanges à une volée plutôt qu’à une
seule classe. Elle ne pense pas qu’il existe un numerus clausus formel. Elle
examinera comment répondre à cette demande, car elle estime cela réalisable.
Une députée (Ve) comprend que la capacité à organiser des échanges
dépend du fait que les enseignants disposent déjà de réseaux. Cela va dans le

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sens de la motion, qui vise à renforcer les jumelages entre écoles pour favoriser
les liens préalables nécessaires à l’organisation de tels échanges.
Mme Sonino explique qu’il existe trois moyens pour les enseignants de créer
un réseau : leur réseau personnel, une plate-forme de contact mise en place
entre les cantons et la Confédération appelée « March and Move », et enfin le
réseau de son service. Les enseignants peuvent s’adresser à lui s’ils souhaitent
organiser un échange. Dans ce cas, elle active son réseau cantonal pour
examiner les possibilités avec un canton partenaire. En ce qui concerne les
jumelages, elle pense que c’est plus facile dans l’autre sens : le nombre actuel
d’échanges contribue de fait à créer des jumelages. Les enseignants qui ont un
partenaire de longue date constituent déjà un jumelage, qui rayonne souvent
vers d’autres enseignants. Ces derniers développent alors leurs propres
échanges.
La même députée (Ve) note que ses enfants sont passés par le CO et
qu’elle n’a jamais entendu parler du camp bilingue cité précédemment, bien
qu’il existe depuis dix ans. Elle évoque un problème de communication. Elle
rapporte qu’un enseignant l’a contactée pour signaler l’absence de relève en
allemand et se demande si le DIP veille à ce qu’il y ait un nombre suffisant
d’enseignants formés en langues nationales.
Audition en visioconférence de M. Olivier Tschopp, directeur de Movetia
(échanges et mobilité)
M. Tschopp explique que Movetia, créée il y a huit ans, est l’agence
nationale de promotion des échanges et de la mobilité. Elle dépend à la fois de
la Confédération et des cantons, avec pour ambition que chaque jeune en
Suisse ait, au moins une fois dans son parcours scolaire, la possibilité de vivre
une expérience dans une autre région linguistique, en Suisse ou à l’étranger.
L’international représente en effet 70% à 80% des activités de Movetia, dont
le fonctionnement est calqué sur Erasmus+. La Confédération a décidé, dans
le cadre des paquets européens, de rejoindre Erasmus+ à partir de 2025. Pour
les échanges nationaux, Movetia fonctionne sur un modèle très fédéraliste,
fondé sur le principe de subsidiarité, et collabore étroitement avec les cantons,
les bureaux cantonaux des échanges ou les établissements scolaires. Les
bénéficiaires de Movetia peuvent être des écoles publiques, des écoles
enfantines – dans ce cas, des échanges pour les enseignants –, des universités,
mais aussi des associations professionnelles, des entreprises formatrices, etc.
Movetia dispose d’un budget annuel de 60 millions de francs. Genève est un
des cantons où la mise en œuvre est relativement aisée.

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M. Tschopp note que plusieurs cantons, comme le Valais ou Nidwald, ont
déjà mis en place des systèmes de jumelage. Pour Genève, un jumelage avec
Saint-Gall pourrait être envisagé. A propos de l’invite sur les établissements
du secondaire II, il mentionne que le règlement d’organisation de
reconnaissance des maturités a été modifié avec un nouvel article « échanges
et mobilité ». Il souligne que, si le canton peut soutenir ce type d’échanges et
mettre en place des conditions-cadres, cela est bienvenu. Au sujet du système
d’échange « clef en main », qui existe au primaire, il souligne le rôle crucial
du bureau d’échange. L’idée de projets d’établissement a également été
développée par Movetia, selon un modèle progressif qui propose de
commencer, au primaire, par des échanges virtuels ou épistolaires ; ensuite, au
primaire et au secondaire I, de faire des échanges collectifs, pour aboutir enfin
à des échanges individuels. Il ne suffit pas, selon lui, d’avoir un bureau
centralisé : il faut aussi, de manière décentralisée, que des enseignants ou des
membres de la direction prennent cette responsabilité.
L’idée d’une filière bilingue français-allemand est bienvenue et déjà
présente dans d’autres cantons. Le principal défi reste toutefois de trouver des
enseignants aptes à animer ces filières. L’auditionné mentionne que le canton
de Vaud a rendu obligatoire un séjour dans une autre région linguistique pour
tout étudiant en formation à la HEP Vaud. Miser sur la formation des futurs
enseignants aura un impact important sur le terrain. Ces nouveaux enseignants
seront plus enclins à promouvoir les échanges auprès des élèves.
Une députée (Ve) comprend que Genève est frustrée de ne pas recevoir
suffisamment de fonds pour ses nombreux projets. M. Tschopp répond que la
demande croît, mais que les ressources financières disponibles augmentent
plus lentement. Il y a donc davantage de concurrence entre les porteurs de
projets. Genève, qui a de grandes ambitions pour les projets tant nationaux
qu’internationaux, a dû réduire certaines demandes ou y renoncer. Il n’y a pas
d’appel à projets : les fonds sont attribués en continu tout au long de l’année.
En revanche, pour les coopérations et mobilités internationales, Movetia
organise deux appels à projets. Les fonds sont alors répartis selon les
performances antérieures et la qualité des projets.
Dernières précisions
L’audition par visioconférence ayant reporté sa réponse à la question sur le
nombre d’enseignants formés, Mme Ducrocq répond que, concernant
l’enseignement de l’allemand, il y a moins de candidats pour devenir
enseignants dans cette branche. Elle n’a cependant pas eu connaissance d’une
véritable pénurie. Elle mentionne que l’allemand n’est pas la langue la plus
populaire à Genève, mais que la mobilité peut certainement contribuer à

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renforcer son attrait. Elle rappelle qu’un master est requis, ce qui implique un
certain nombre de crédits. Le DIP devrait donc évaluer s’il existe réellement
un manque d’enseignants. A l’Université de Genève, il y a effectivement moins
de candidats, mais leur nombre reste suffisant. Le cas échéant, il faudrait
réfléchir à des moyens de faciliter l’accès à cette profession. Elle a également
entendu, en tant qu’ancienne enseignante, que certains étudiants choisissaient
l’allemand en pensant qu’ils auraient plus facilement un poste, contrairement
à d’autres disciplines où la concurrence est plus forte. Cela peut représenter un
argument positif.
Un député (S) demande s’il existe des statistiques sur le nombre d’élèves
par volée ayant effectué un échange linguistique.
Mme Sonino répond qu’après le recensement des données pour 2023-2024,
environ 2000 mobilités sont comptabilisées. Parmi elles, 300 correspondent à
des mobilités individuelles. Sur ces mobilités individuelles, 80 sont des stages
professionnels à l’étranger effectués par des apprentis de la formation
professionnelle, pour des durées allant de trois semaines à six mois, voire une
année. Ensuite, entre 180 et 200 élèves en mobilité individuelle viennent dans
les collèges de Genève ou à l’ECG. Il y a environ 700 échanges scolaires
collectifs aux collèges de Genève et 600 au CO, dont la majorité en Suisse. A
l’école primaire, il n’y a que des échanges en Suisse. Par ailleurs, environ
300 élèves participent à un échange scolaire virtuel, appelé Röschti Blog, un
programme d’échange numérique entre classes de différentes régions
linguistiques. Mme Sonino ajoute que certains établissements scolaires sont
plus actifs que d’autres. Certaines écoles primaires évoluent dans des contextes
socioculturels plus difficiles, rendant l’organisation d’échanges plus
compliquée.
Mme Ducrocq complète en soulignant que, d’autant plus que les
établissements disposent d’une grande autonomie, beaucoup développent
d’autres projets, par exemple sur le développement durable ou la lutte contre
les discriminations. Mme Sonino estime que la motion vise clairement à
encourager la mobilité, et pense que tout le monde peut partager cet objectif.
A Genève, selon elle, on agit déjà largement dans le sens de ce que la motion
propose.

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Discussion et vote
Le groupe S constate que beaucoup de choses sont déjà mises en place.
Plus on encourage le développement de systèmes de jumelage, mieux c’est. Le
PS soutiendra donc cette motion.
Le groupe des Verts soutiendra cette motion et se réjouit que le DIP veille
à assurer une bonne relève d’enseignants en allemand.
Le groupe MCG soutiendra également ce texte. Il a entendu qu’il existait
des disparités entre les écoles et cette motion permettra peut-être de faire
émerger des initiatives là où il n’y en a pas encore.
Le groupe LJS soutiendra cette motion, tout comme le groupe Le Centre,
qui attend les propositions du département concernant la réforme du CO.
Le groupe PLR souligne que les démarches administratives à effectuer
pour les enseignants sont un travail supplémentaire et que la motion va dans la
bonne direction. Il la soutiendra, tout comme le groupe UDC, qui se félicite
que Genève soit un canton précurseur et qu’un travail important ait déjà été
accompli. Il faut un soutien accru aux écoles, qui sont parfois démunies, ainsi
qu’une amélioration de la communication et des synergies.
Vote
La présidente met aux voix la M 3014 :
unanimité
Oui :
Non :

Abstentions : –
La M 3014 est acceptée.
La commission propose donc au Grand Conseil d’accepter sans hésitation
la M 3014.